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  • : Le blog d'info des salariés de HOP!
  • : Blog d'information libre de toutes consignes politiques et syndicales, des salariés de HOP! La rédaction est assurée par un collectif composé en grande partie de militants de la CGT, certes, mais totalement libres de leurs propos et de leurs positions.
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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 14:26

JL'Europe de la "libre entreprise" qu'ils disaient!

Comment voulez vous faire cohabiter au sein d'une union économique, des états aux lois sociales et commerciales si différentes?

Les instances dirigeantes de l'UE laissent faire et encouragent. De quoi se plaint on alors?

Dans le Parisien de ce matin:

Ryanair licencie un pilote qui a critiqué la sécurité de la compagnie

Ryanair a annoncé jeudi le renvoi du pilote John Goss qui avait critiqué la sécurité au sein de la compagnie aérienne irlandaise à bas coûts dans une émission d'investigation de la télévision britannique. Il travaillait dans la compagnie depuis 27 ans.

«La compagnie a mis fin aujourd'hui au contrat de M. Goss avec effet immédiat» et a «demandé à ses avocats de lancer une procédure judiciaire» contre le pilote, a indiqué Ryanair dans un communiqué. En cause, «les contributions diffamatoires (du pilote) dans la récente émission Dispatches sur Channel 4» consacrée à la sécurité aérienne de cette entreprise.

«Nous ne laisserons pas un employé de Ryanair diffamer la sécurité à la télévision seulement trois semaines après avoir confirmé en écrivant à Ryanair qu'il n'avait aucune crainte à l'égard de la sécurité et aucune raison d'adresser un rapport confidentiel de sécurité à l'IAA (l'autorité irlandaise de l'aviation) ou à Ryanair», a dénoncé un porte-parole de la compagnie irlandaise. «La sécurité de Ryanair a été confirmée de façon indépendante comme étant sur un pied d'égalité avec les compagnies les plus sûres d'Europe», a-t-il affirmé, en soulignant «l'engagement absolu envers la sécurité» du personnel de la compagnie.

L'émission Dispatches de Channel 4 «Ryanair: Secrets from the Cockpit» («Ryanair : secrets en provenance du cockpit»), diffusée lundi soir, faisait état de craintes de certains pilotes de la compagnie concernant sa politique en matière de carburant.

Selon un sondage réalisé par l'association The Ryanair Pilot Group (RPG), une grande majorité des pilotes de Ryanair (88,8%) considèrent que la compagnie n'a pas «une culture de la sécurité ouverte et transparente». 1.093 commandants et copilotes ont répondu à ce sondage, soit près d'un tiers des effectifs.

Ryanair, qui a critiqué cette étude «dépourvue d'indépendance, d'objectivité et de fiabilité», a annoncé mardi qu'elle allait également poursuivre en justice Channel 4.

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Published by Ernesto
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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 07:51

Cet article est reposté depuis les-ailes-des-pnc.overblog.com.

L'avarice de Ryanair met en danger les passagers...

Une fois de plus, le pirate de l'air Ryanair fait parler de lui. En effet, selon un rapport des autorités espagnoles, les pratiques de la compagnie irlandaise pour économiser du carburant sont dangereuses.

Y’aura-t-il assez de carburant jusqu’à l’atterrissage? Cette question, les pilotes du vol RY9ZC de Londres à Alicante, ont dû se la poser le 14 mai 2010. En effet, ils ont dû se résoudre à envoyer un appel au secours à leurs collègues au sol, rapporte le Bund.

Selon leur " mayday, ils s’inquiétaient de savoir si leur appareil contenait encore suffisamment de carburant pour pouvoir atterrir – non pas à Alicante, comme prévu, mais à Valence, pour cause de retard causé par des vents contraires.

Des cas comme celui-là sont très fréquents chez Ryanair . Les autorités espagnoles se sont penchées sur plusieurs cas où les appareils de la LOW COST ont été contraints de se poser en urgence.

The Independent a révélé peu après un de ces incident que les restrictions budgétaires de la compagnie irlandaise obligeaient les pilotes à procéder à un ravitaillement minimum en kérosène et à justifier par écrit tout excédent.

Ryanair s’est toujours défendue en affirmant que tous ses vols opéraient avec "les niveaux de kérosène requis" et assure qu’aucune pression n'est exercée sur ses pilote.

Mais voilà qu'en juin 2013, des documents publiés par Le Nouvel Observateur sont venus confirmer les allégations de The Independent. Des courriers envoyés aux pilotes les invitent en effet à limiter leur consommation de carburant.

Les plus économes ( ou dangereux malgré eux...?) ont même droit à une lettre de félicitations à la fin de chaque mois et un tableau des performances de chacun est régulièrement affiché. Si un pilote dépasse de 300 kg la limite de carburant fixée par la compagnie, il doit présenter une explication "valide et raisonnable".

Selon certaines informations qui ont " fuité " dans la presse britannique, 90% des pilotes estiment que Ryanair n’a pas une politique de sécurité "transparente". Pire : plus de la moitié n'osent pas aborder ces problèmes avec leurs supérieurs. Car neuf pilotes sur dix estiment que la compagnie dissuade les pilotes de partager leurs inquiétudes quant à la sécurité des vols.

Bien évidemment, selon le patron de Ryanair, Michael O'Leary, tout ceci n'est qu'un " sale mensonge " et aurait provoqué une terrible colère chez O'Leary. Comme on dit, " il n'y a que la vérité qui blesse " Monsieur O'Leary.

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Published by Briand Sylvia. CGT PNC Régional.
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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 11:59

Ah ben, nous voilà bien!

A moins d'un mois de la journée de mobilisation du 10 septembre, voilà la CGT critiquée par certains de ses propres adhérents.

Nous ferrions "le jeu de la droite" qu'ils disent. Ce ne sont certes pas de adhérents ordinaires, puisque ces critiques émanent de militants du Parti "Socialiste".

Pour eux, la CGT devrait s’abstenir de tout appel à mobilisation contre les réformes et la politique d'un gouvernement "ami"...

Gouvernement "ami"...????

Je ne vois pas en quoi F. Hollande, JM Ayrault et ses ministres pourraient être considérés comme les amis des travailleurs. Ils ont trompés les électeurs (cf le discours du Bourget, c'est hallucinant), et simplement continués la politique économique de leurs prédécesseurs.

Pour ne parler que de notre métier, souvenez vous du passage à l'assemblée nationale de la loi Diard. Ah ça, ils criaient les députés de l'opposition de l'époque, qui contre une atteinte inadmissible aux droits fondamentaux des travailleurs, qui contre une mesure populiste totalement démagogique. Il eut été logique de voir, dès les premières semaines du quinquennat, cette loi inique abrogée. Que nenni mes petits! Quand on a des amis comme ça....

Et pourtant, je pense que les instances de la CGT ont été particulièrement conciliantes durant les premiers mois du mandat Hollande. Imaginez seulement que l'Accord National Interprofessionnel ait été négocié sous Sarkozy! On en parlerait encore.

Militants Socialistes (la majuscule est volontaire), ce qui fait le jeu de la droite c'est Hollande, vos ministres et vos dirigeants, pas plus, pas moins! Ils ont trahis vos idéos! Et il ne faudrait rien dire!

Deuxième aspect de la question, pourquoi un syndicat, organisation regroupant des salariés, devrait'il "soutenir" un gouvernement?

Pensez vous que nos intérêts soient convergents? Le système économique capitaliste peut'il se permettre le soutien d'un état aux travailleurs? (Il en va de même, d'ailleurs, dans la vision soviétique de l'économie collectiviste). A partir du moment ou le pouvoir est confisqué par un groupe, un parti, ou quoi que se soit du même acabit, ce pouvoir s'exercera au détriment du plus grand nombre, il générera des modes de fonctionnements ou il protégera SES intérêts aidé en ça par sa main-mise sur la police, l'armée, la justice.

Donc, pour moi, un Syndicat digne de ce nom ne peut'être la courroie de transmission entre un parti et les travailleurs. Il doit fermement garder son indépendance, et pour ne parler que du seul qui m'intéresse, la CGT, sur la base de la défense farouche des idées qui ont amené à sa création.

Nous ne sommes pas là pour servir la soupe! A qui que ce soit!

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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 11:45

Contre la double peine des femmes en matière de retraite

Les inégalités entre les femmes et les hommes en termes de salaires, autour de 22%,explosent au moment de la retraite : l’écart monte alors à 47%. En effet, actuellement la pension moyenne de droit direct des femmes est d’environ 900 euros contre environ 1600 euros pour les hommes.

Incriminer la décote n’est pas faux mais la décote est loin d’expliquer l’essentiel du différentiel : elle ne s’applique que depuis 2004 dans la fonction publique et par ailleurs 30% des femmes attendent 65 ans pour liquider leur pension afin précisément de ne pas subir la décote (1). L’explication principale de la double peine des femmes, ce sont les annuités (et les points dans le régime complémentaires) qui conditionnent la hauteur de la pension au nombre d’années travaillées. Même en tenant compte des bonifications pour enfants, compter les trimestres validés (dans le régime général), les années de service (dans la fonction publique) ou les points accumulés au long de la carrière (dans les régimes Agirc-Arrco), revient à pénaliser les femmes une seconde fois. Non seulement, du fait de la double journée, elles arrivent à 60 ans avec un salaire inférieur aux hommes parce que, bien qu’étant plus diplômées, elles accèdent à des postes moins qualifiés faute de pouvoir mener leur carrière ; mais, en plus, cette discrimination (qui en soi leur vaudrait une pension inférieure de 22% à celle des hommes) leur est imputée pour doubler la peine : elles n’ont pas une « carrière complète », donc leur pension sera encore considérablement amputée.

1. supprimer les annuités (et le compte des cotisations, qu’il soit en points comme à l’Arrco ou notionnel comme en Suède) dans le calcul de la pension.

On voit bien que le retour aux 37,5 annuités ne réglera pas cette inadmissible discrimination, pas plus que la comptabilisation des années d’études dans les annuités, ou le retour aux 10 meilleures années pour le calcul du salaire de référence. C’est le principe même des annuités (ou des points, car il s’agit fondamentalement de la même chose : tenir compte de la durée de la carrière pour calculer la pension) qu’il faut récuser. Grâce à une reprise de la hausse régulière du taux de cotisation, abandonnée depuis plus de 15 ans, chacun doit, à 55 ans, avoir à vie une pension équivalant à 100% de son meilleur salaire net (avec le Smic comme plancher), quels que soient le montant et la durée de ses cotisations (2) :

- reprise de la hausse régulière du taux de cotisation : si le taux de remplacement (3) a pu considérablement progresser entre 1945 et 1995, au point que les salariés du secteur privé nés en 1930 sont partis en retraite (entre 1990 et 1995) avec, pour une carrière complète, un taux de remplacement de 84% (la première pension nette est en moyenne 84% du dernier salaire net), c’est parce que le taux de cotisation a connu une croissance régulière au cours de ces cinquante années, passant de 8% du salaire brut plafonné à 26% du salaire brut total. Cette progression est totalement interrompue depuis le milieu des années 1990 et le taux de remplacement régresse dans le silence syndical sur la nécessaire hausse du taux de cotisation : facteur décisif de la réussite des pensions dans le demi-siècle qui a suivi la naissance de la
sécurité sociale, elle ne figure en tête d’aucun programme revendicatif ;

- à 55 ans : rien ne légitime le recul revendicatif en matière d’âge légal, qu’il s’agisse du passage de 55 à 60 ans dans les revendications de la CGT ou du slogan réactionnaire contre « la retraite couperet » : l’âge de retraite est un âge politique, le même pour tous, auquel les salariés entrent dans une seconde carrière de salaire à vie et peuvent enfin travailler en étant libérés du marché du travail et donc des employeurs et des actionnaires (d’où leur bonheur au travail, constaté dans toutes les enquêtes), et le plus tôt est le mieux ;

- 100% du net : la revendication traditionnelle de 75% du brut (soit 100% du net compte tenu des 23% de cotisation salarié) est aujourd’hui source d’équivoque autour de la formule « 75% du salaire de référence » qui conduit trop souvent à revendiquer 75% du net4, quand ce n’est pas un « niveau décent » de pension, ce qui fait disparaître de la revendication le critère décisif du taux de remplacement ;

- le meilleur salaire : notre système de pension ne s’est pas construit sur le « j’ai cotisé j’ai droit » (ce sur quoi s’appuient les réformateurs pour préconiser que ce soit le salaire moyen de toute la carrière qui devienne le salaire de référence, ou la somme des cotisations qui soit la mesure du droit à pension), mais sur la conquête d’une pension qui soit le remplacement à vie du salaire de fin de carrière. C’est le cas de la fonction publique, des entreprises publiques avant la réforme, et il s’agit de l’étendre à tous ;

- quels que soient le montant et la durée des cotisations : cette revendication n’a jamais été posée clairement dans le syndicalisme de transformation sociale alors même qu’elle seule peut en finir avec la double peine des femmes en matière de pension. Elle est évidemment très fermement récusée par les réformateurs, qui veulent tourner le dos à l’histoire du combat pour les pensions en abandonnant toute revendication de hausse du taux de cotisation et toute référence à un âge légal, à un salaire de référence et à un taux de remplacement pour fonder le droit à pension sur la durée et le montant des cotisations, à taux de cotisation constant fixé sur la longue durée, comme dans le modèle suédois. L’entreprise réformatrice ne peut être mise en échec que si, précisément, les trois critères qu’elle abandonne sont réaffirmés, et qu’est totalement abandonnée la référence qu’elle promeut à la durée et au montant des cotisations en même temps qu’est revendiquée une hausse massive du taux de cotisation pour rattraper le gel des quinze dernières années.

Quel est en effet l’enjeu ?

Les réformateurs veulent imposer un autre projet pour la pension5 : non plus la continuation du salaire dans un salaire à vie, mais la contrepartie des cotisations passées, en faisant des cotisations de toute la carrière (y compris dans la fonction publique) l’assiette des pensions. Il ne sera possible de s’opposer victorieusement à cette entreprise qu’en récusant explicitement le réactionnaire « j’ai cotisé, j’ai droit » (ou, ce qui revient au même, la thématique de la solidarité intergénérationnelle : notre génération a cotisé, elle a droit à récupérer par les cotisations des actifs actuels l’équivalent de ce qu’elle a donné aux retraités quand elle était active (6)).

L’innovation considérable des régimes bismarckiens, en opposition aux régimes beveridgiens qui prévalent en Europe du Nord et dont se réclament les réformateurs, c’est qu’ils ne sont pas une prévoyance en répartition mais une socialisation du salaire qui attribue de la valeur économique à l’activité des retraités (7). Il est temps d’assumer « pour soi » cette nouveauté « en soi » en posant la pension comme les prémices du salaire à vie pour tous. La pension n’a pas comme contrepartie les cotisations des actifs mais la valeur économique attribuée à l’activité des retraités dès lors qu’ils sont payés à vie, tout comme le grade des onctionnaires les paie à vie et reconnaît leur participation à la création de valeur économique.

Ce point décisif mérite explication.

2. assumer la nouveauté révolutionnaire de la cotisation sociale finançant un salaire à vie.

La cotisation sociale fait l’objet d’un contresens très répandu : la solidarité et le salaire différé. La lecture spontanée de la feuille de paie, qui met en évidence un salaire total composé de 55% de salaire direct et de 45% de cotisations et CSG (8), est la suivante : « ma force de travail vaut 3700 euros, mais je n’en touche directement que 2000, et je verse les 1700 autres à des caisses qui vont exprimer ma solidarité avec les retraités, les malades, les parents et les chômeurs ; par la même occasion, ce versement de solidarité fonde mon droit à percevoir ce salaire non consommé comme un revenu différé quand moi-même je serai retraité, malade, parent ou chômeur ». « Salaire différé » : chacun sait qu’il ne touchera pas l’exacte contrepartie de ses cotisations, comme dans toute démarche d’assurance, mais il pense que sa légitimité à percevoir demain une pension financée par les cotisations vieillesse des actifs vient de ce que lui-même est en train de financer par ses propres cotisations la pension des retraités actuels. Cette représentation de la cotisation comme salaire différé (y compris quand « salaire différé » est remplacé dans les textes syndicaux par « salaire socialisé », comme le recommande par exemple la CGT) n’assume pas la dynamique selon laquelle s’est construit le système des retraites, même si le pragmatisme de cette construction, interrompue depuis la fin des années 1980, n’était pas exempt d’ambiguïté.

Les termes essentiels de la construction sont : taux de remplacement, âge légal, salaire de référence, taux de cotisation, indexation sur les salaires, durée de cotisation. Les quatre premiers – ceux précisément que les réformateurs veulent éliminer – expriment clairement l’ambition de faire de la pension un remplacement à vie du salaire, et la revendication syndicale constante d’une hausse du taux de remplacement, d’une indexation sur les salaires tant des pensions liquidées que des salaires portés au compte, d’une baisse de l’âge légal et du rapprochement du salaire de référence du meilleur salaire conduit évidemment à une pression constante à la hausse du taux de cotisation. L’ambiguïté s’exprime dans le maintien, à côté de ces autres dimensions, de la durée de cotisation, qu’il s’agisse des annuités dans le régime général et des fonctionnaires, ou des points dans les régimes complémentaires, qui renvoie à une tout autre logique, celle de la prévoyance. La logique de la prévoyance et celle du salaire continué sont contradictoires. La première construit un droit à pension qui est la contrepartie des cotisations passées et donc des emplois passés du retraité, alors que la contrepartie d’un salaire à vie est la contribution actuelle du retraité à la production de valeur économique alors même qu’il est libéré de l’emploi. Taux de remplacement à 100% du meilleur salaire net à un âge politique le plus bas possible financé par une croissance du taux de cotisation : la logique est ici la lutte contre le marché du travail et la subordination à un employeur, l’affirmation d’une autre convention de valeur que le carcan capitaliste du travail dans l’emploi. Durée de cotisations (annuités), montant des cotisations (évalué en points ou dans un compte notionnel), stabilité sur le long terme du taux de cotisation : la prévoyance du revenu différé affirme au contraire que ce n’est qu’en passant par le marché du travail et la subordination à un employeur qu’on produit de la valeur. Dans le premier cas, la cotisation est la reconnaissance d’une valeur économique créée par les retraités en-dehors de la convention capitaliste de valeur (9), c’est un supplément ajouté à la valeur capitaliste dans le PIB. Dans le second cas, la cotisation est une ponction sur la valeur capitaliste servant à financer des retraités non productifs.

Nous sommes ici au coeur de la lutte de classes. La pugnacité de la classe ouvrière en matière de salaire a construit un système de retraite porteur avec le salaire continué de la nouveauté d’une convention de valeur alternative à celle du capital mais encore marqué par la convention capitaliste avec la référence à la carrière, par les points ou les annuités. Cette ambiguïté, liée au fait que le marxisme mobilisé par le mouvement syndical naturalisait la valeur capitaliste, a conduit à un salaire à vie certes « en soi » anticapitaliste, mais pas assumé « pour soi » par une classe ouvrière décidée à changer la définition de la valeur et sa maîtrise. La classe ouvrière a lu cette construction avec les lunettes du récit capitaliste : il n’y a de valeur que capitaliste, et on va en soustraire une partie à des fins de solidarité. Cette sous estimation par ses initiateurs de la portée révolutionnaire de la sécurité sociale, lue comme la construction d’un espace de « solidarité » au nom de la « justice » et non pas comme la mise en cause de la convention capitaliste de la valeur, n’est plus tenable depuis qu’à la fin des années 1980 a commencé l’offensive réformatrice. Son projet de remplacer le salaire continué par le revenu différé, de réaffirmer donc la convention capitaliste de la valeur contre sa, convention salariale en cours d’affirmation, laisse ses opposants démunis s’ils continuent à ne pas lire l’affrontement comme un conflit de conventions de valeur et à mener la mobilisation au nom de la solidarité et de la justice.

Dire que le projet réformateur met en cause la « solidarité intergénérationnelle » alors qu’au contraire il repose sur le postulat que les retraités, n’ayant pas d’emploi, ne peuvent pas produire de valeur et donc doivent être financés par les cotisations des actifs ; dire que le régime par comptes notionnels met en cause la « solidarité intragénérationnelle » alors que le minimum de pension suédois est supérieur à la pension de droits directs moyenne des femmes en France et que des réformateurs comme Piketty veulent tenir compte dans le calcul des pensions de la différence d’espérance de vie par CSP, condamne d’avance les opposants à la réforme à l’échec. Les réformateurs ne pourront être mis en échec que si leurs opposants assument explicitement que ce qui a été construit au 20ème siècle n’est pas un correctif de la convention capitaliste de valeur au nom de la solidarité et de la justice, mais une alternative à cette convention qui ne demande qu’à être généralisée en remplaçant le marché du travail par la qualification des personnes et donc le salaire à vie à compter de la majorité, en remplaçant la mesure de la valeur par le temps de travail abstrait par sa mesure par la qualification des producteurs, en supprimant la propriété lucrative et en généralisant la propriété d’usage de tous les lieux de travail par des salariés maîtrisant l’investissement grâce à une cotisation économique se substituant au profit et au crédit.

Dans ces conditions, supprimer les annuités et les points dans le calcul de la pension est impératif non seulement pour lutter contre la discrimination dont les femmes sont victimes mais pour mettre en échec les réformateurs et retrouver la dynamique de la sécurité sociale interrompue depuis bientôt trente ans. Mener la nouvelle bataille des pensions annoncée pour 2013 avec cette revendication permettrait d’être enfin à l’offensive et de lier la bataille pour les pensions à celle contre la CSG, à celle de la promotion de la fonction publique et à la revendication du nouveau statut du salarié et de la sécurité sociale professionnelle. Il faut proclamer un droit universel à la qualification de la personne, c’est-à-dire à la reconnaissance de sa contribution à la définition, à la mesure, à la production et à la répartition de la valeur économique. Chacun, à sa majorité politique, se verrait attribuer trois droits politiques inséparables10 : le premier niveau de qualification et le salaire à vie qui va avec, par exemple 1500 euros, premier temps d’une carrière salariale de quatre niveaux de qualification par exemple comme le propose la CGT (et donc un salaire mensuel net maximum de 6000 euros) ; la propriété d’usage de son lieu de travail, et donc la codécision de ce qui va être produit et comment ; la maîtrise de l’investissement et de la création monétaire par participation à la délibération des caisses d’investissement alimentées par la cotisation économique et des caisses créant la monnaie à l’occasion de l’attribution des qualifications.

annexes

1 Rappelons que la décote disparaît si la salariée liquide sa pension à l’âge légal, soit 65 ans jusqu’à la réforme Sarkozy-Fillon de 2010 qui a organisé son report progressif à 67 ans.

2 Pour d’autres développements, voir Bernard Friot, L’enjeu du salaire, La Dispute, 2012 ; La révolution du salaire, entretien dans RdL La revue des Livres, n° 7, septembre-octobre 2012 ; et le site de l’association d’éducation populaire Réseau salariat : reseau-salariat.info, en particulier Tout le PIB à la cotisation ! et Pour un statut politique du producteur.

3 Pourcentage du dernier salaire net dans la première pension nette. Le taux de remplacement de la cohorte 1930 cité ici provient de l’échantillon inter régimes des retraités (DREES, 1997)

4 Sauf démenti qui serait évidemment le bienvenu, il semble (car le flou est tel qu’il est impossible de recueillir des informations cohérentes y compris de militants en charge du dossier) que la CGT revendique aujourd’hui non plus 75% du brut mais 75% du net, soit, si c’est confirmé, dix points de moins que le taux observé dans les années 1990-95, début de la réforme.

5 L’entreprise réformatrice en matière de retraite et les réactions syndicales sont longuement analysées dans Nicolas Castel, La retraite des syndicats, La Dispute, 2009, où l’on trouvera un dossier exhaustif sur la période 1970-2008.

6 Sur les effets dévastateurs de la problématique de la contributivité dont se prévalent les réformateurs, voir le livre incisif de Christine Jakse, L’enjeu de la cotisation sociale, Le Croquant, 2012.

7 Les lecteurs désireux de connaître la façon dont les régimes des retraites se sont construits en France au 20ème siècle dans une logique bismarckienne de salaire socialisé à l’échelle interprofessionnelle, contre la logique beveridgienne additionnant un (faible) premier pilier universel à financement fiscal et un (fort) second pilier professionnel à financement en capitalisation, trouveront un dossier très documenté dans Bernard Friot, Puissances du salariat, La Dispute, 2012.

8 Pour un salaire net de 2000 euros mensuels, il y a près de 1700 euros de cotisations et CSG : elles représentent 45% du salaire total, 65% du salaire brut et 83% du salaire net.

9 Pour un exposé de l’opposition entre convention capitaliste et convention salariale de la valeur économique et donc du travail, voir Bernard Friot, L’enjeu du salaire, dont c’est la thématique principale.

10 Pour des développements sur ce droit, voir Réseau Salariat, Pour un statut politique du producteur, et Bernard Friot, Un droit fondateur de la démocratie économique, Le sujet dans la cité, n° 3, janvier 2013

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 11:17

Scandaleux et dire que c'est nos impôts qui les payent....!!!!

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Published by Ernesto
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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 14:46

Lu sur Avaaz.

Triste? Ecoeurant? Injuste?

Rien ne sera jamais assez fort pour décrire ce que vivent au quotidien les habitants des territoires occupés.

Occupés, encore et toujours, malgré les résolutions de l'ONU. Occupés encore et toujours avec la bénédiction de nos gouvernements.

C'étai la semaine la plus chaude de l’année. Tout ce que Fadel Jaber voulait, c’est de l’eau pour sa famille. Mais Fadel vit dans les territoires occupés de Cisjordanie, où le gouvernement israélien a redirigé les réseaux hydrauliques pour remplir les piscines des colons juifs. Résultat : les robinets des familles palestiniennes comme celle de Fadel sont vides.

Les forces israéliennes ont arrêté Fadel pour avoir pris de l’eau tandis que Khaled, son fils de 5 ans, hurlait «baba, baba!», le cœur brisé qu'on lui enlève son père. C’est le quotidien des Palestiniens qui vivent sous l’emprise brutale de la loi martiale. Leurs terres et leur eau ont été volées par les colons. Ils sont privés de leurs libertés fondamentales. Mais après des années de violence et de désespoir, un mouvement s’éveille en Palestine, un mouvement de résistance non violente pour obtenir tout ce que les Israéliens possèdent déjà: la liberté, la dignité et un État à eux.

Depuis des années, les médias ne montrent que la violence de militants palestiniens, et aujourd’hui encore les extrémistes des deux côtés ne font que saboter le processus de paix. Mais au milieu du conflit, les grands perdants sont les familles comme celle de Fadel, qui n’aspirent à rien d’autre qu’une vie normale. Aujourd’hui ces familles font un pas en avant. Elles organisent des manifestations pacifiques, des occupations non violentes, et travaillent avec des militants palestiniens pour obtenir justice et liberté. En réponse, l’armée israélienne les jette en prison, brutalise les animateurs et arrache leurs enfants à leur lit.

Il y a quelques jours, je me suis rendue en Cisjordanie pour rencontrer ces Palestiniens courageux et pacifiques. Quand j’ai proposé que les membres d’Avaaz leur viennent en aide, leurs yeux se sont illuminés. Ils ont besoin de fonds pour payer un avocat quand ils sont emprisonnés pour des raisons fallacieuses, de caméras et d’appareils photo pour témoigner des abus, de formations en communication avec les médias et à la résistance non violente ainsi que de chargés de campagne pour transformer ces manifestations locales en mobilisation mondiale. Ces familles sont le véritable espoir du processus de paix. Faisons tous une promesse de don de 4€ pour que le mouvement pacifique l'emporte sur les mouvements extrémistes et donnons à Khaled un avenir digne des rêves de son père.Avaaz n'encaissera les dons que si nous récoltons suffisamment de promesses pour faire une véritable différence.

https://secure.avaaz.org/fr/palestine_rpr_frnd/?bmxjabb&v=27784

Ce conflit dure depuis bien trop longtemps et depuis trop longtemps la solution est verrouillée par les extrémistes des deux côtés. Mais aujourd’hui, il y a quelques points qui font consensus: tout d’abord, les Israéliens comme les Palestiniens devraient posséder un État. Par ailleurs, le traitement des Palestiniens dans les territoires occupés bafoue la justice internationale, nationale, et même le simple bon sens. Même d’anciens responsables de la sécurité israéliens de la ligne dure le reconnaissent!

Mais le gouvernement israélien en place ne fait qu'aggraver les choses. Alors qu'officiellement il contribue au processus de paix et à une solution à deux États, ses déclarations ne sont que des paroles en l’air, et dans les faits il autorise les colonies en Cisjordanie, rendant de fait une solution à deux États impossible pour toujours. Et dans les territoires occupés, l’armée israélienne soumet les Palestiniens à des lois totalement différentes de celles des colons qui occupent ces terres. L’armée va même jusqu’à emprisonner des enfants et ce pendant plusieurs mois.

Notre meilleur espoir de mettre fin à ces injustices et enfin parvenir à la paix est ce mouvement de résistance pacifique. Voici quelques exemples de la manière dont nous pouvons le soutenir:

  • Fournir le soutien juridique dont ils ont tant besoin afin d’aider les leaders du mouvement à se défendre contre des accusations fabriquées de toutes pièces et des simulacres de procès;

  • Faire intervenir des experts en désobéissance civilevenus d’autres mouvements pour partager leurs stratégies et tactiques avec les Palestiniens de toute la Cisjordanie;

  • Fournir aux chefs de file des équipements et une formation aux relations avec les medias afin qu’ils puissent conserver et proposer un témoignage visuel des abus, parler au monde entier de leur mouvement porteur d’espoir et galvaniser les foules;

  • Recruter les meilleurs chargés de campagne et les déployer sur le terrain pour soutenir en permanence le mouvement, organiser des actions dans toute la Cisjordanie et faire participer tous les membres d’Avaaz pour faire de ce combat local une mobilisation de résistance pacifique mondiale;

  • Diffuser en temps réel leurs actions pacifiques sur notre site et organiser une journée d’action mondiale sur toute la planète.

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Published by Ernesto
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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 10:01

Je soumets à votre analyse ces deux articles. C'est édifiant!

Suppression de postes, licenciements?

Une conséquence directe: la hausse de l'action.

Et dire qu'il y a encore des travailleurs pour croire aux vertues de l'actionnariat salarié...

La route est encore longue..

Bonne lecture

Air France: une nouvelle saignée pour l'emploi

Un nouveau plan de départs volontaires au niveau Air France a été annoncé ce mercredi par le PDG de la compagnie Frédéric Gagey. 2500 postes seront supprimés d'ici 2014, aggravant la facture sociale pour les salariés de l'entreprise déjà confrontés au plan "transform 2015" qui visait en 2012 à réduire de 10% les effectifs.Une deuxième purge en perspective pour les salariés d'Air France. Après l'annonce du plan Transform 2015 qui, en 2012, prévoyait 5 122 départs soit 10% des effectifs, la facture sociale s'alourdit avec le lancement d'un nouveau plan de départs volontaires officialisé par Frédéric Gagey, PDG d'Air France, et Xavier Broseta, directeur des ressources humaines du groupe, lors d'un comité central d'entreprise (CCE), ce mercredi. La CGT a indiqué à l'issue du CCE que ce seront ainsi 2 500 postes qui seront supprimés d'ici à 2014. "Mais il n'y aura aucun départ contraint", assure-t-on au niveau de la direction de la compagnie, qui n'a pas souhaité confirmer ou infirmer ces chiffres."Crash pour l'emploi"Dans un communiqué, le parti communiste français s'alarme et dénonce la casse sociale d'Air France. "Au nom de la rentabilité de la compagnie, la direction d'Air France, pour réaliser les 2 milliards d'économies s'apprête à restructurer plusieurs secteurs(…) le PDG d'Air France peut employer tous les termes pour minimiser l'impact des mesures, rien n'y change : plus de 2500 personnes sont à nouveau concernées et autant de postes qui vont être détruits. Un vrai crash pour l'emploi dans une période de chômage de masse". Le PCF réitère ainsi son soutien aux syndicats opposés à ce plan de restructuration massif. " Le PCF se place résolument au coté des syndicats et des salariés qui s'opposent au dépeçage d'Air France. Il réaffirme que les solutions ne sont ni dans les politiques d'austérité, ni dans les politiques ultralibérales imposées au nom de la politique européenne". Le communiqué ajoute "qu'une grande entreprise aérienne nationale dont l'Etat est actionnaire ne peut être gérée aux seuls critères de rentabilité et de concurrence au risque de mettre la sécurité des usagers en dangerLes courts et moyens courriers dans le viseurDe son coté, Air France justifie ce nouveau plan par la chute vertigineuse de son activité dans le court et le moyen-courrier. Celle-ci aurait généré une perte de 800 millions d'euros l'an dernier (plus de 600 millions imputables à Air France, le reste à KLM), contre 700 millions d'euros en 2011. Son activité cargo (transport de fret) serait elle aussi en perte de vitesse. "Nous devons accélérer notre restructuration" assure-t-on au ainsi sein de la direction, faisant fit de l'avenir des salariés au nom du retour à l'équilibre budgétaire, prévu initialement  pour la fin de 2014 dans le cadre du plan "Transform 2015", mais " ça sera plus compliqué que prévu" assure-t-on au niveau d'Air France. La direction envisage également de transférer des lignes Air France vers ses filiales low cost Hop! et Transavia, à l'image de ce qu'a fait Lufthansa avec sa compagnie à bas coût Germanwings. Des fermetures de lignes déficitaires ne sont pas non plus à exclure. En revanche, aucune des trois bases de province d'Air France (situées à Toulouse, Nice et Marseille) ne devrait fermer, assure Alexandre de Juniac, le PDG d'Air France-KLM, contrairement à ce qu'avaient un temps présagé les syndicats.Réduction de la flotteAir France compte également réduire sa flotte court et moyen-courrier. Celle-ci devrait passer de 146 appareils à la mi-2012 à 127 à l'été 2014. Sur la même période, la flotte régionale devrait également passer de 150 à 118 appareils. Au premier semestre, Air France-KLM a enregistré une perte nette de 793 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 12,3 milliards d'euros. Différentes mesures de départs volontaires, de temps partiel et de congés sans solde devraient donc être examinées lors d'un prochain CCE, prévu le 12 septembre, avant d'être finalisées le 4 octobre. Air France-KLM monte, Citigroup salue la restructurationL'action Air France-KLM enregistre vendredi en début d'après-midi l'une des plus fortes hausses du SBF 120 et des compagnies aériennes européennes, Citigroup, qui a relevé son conseil sur le titre de "neutre" à "acheter", soulignant les effets à venir du plan de restructuration du groupe. A 13h28, le titre gagne 3,42% à 6,478 euros, contre un gain de 0,58% pour l'indice Thomson Reuters regroupant les compagnies aériennes européennes. L'indice SBF 120 est stable (+0,01%) au même instant. En janvier 2012, la compagnie Air France a mis en oeuvre un plan d'économies baptisé "Transform 2015" dont le but est de réduire ses coûts de 20% et d'abaisser de deux milliards à près de 4,5 milliards d'euros sa dette nette d'ici fin 2014. "Nous relevons notre conseil à 'acheter' en raison du plan de restructuration et des niveaux de valorisations", indique dans une note Citigroup, estimant qu'environ 85% de bénéfices de ce programme doivent encore venir. Selon des données Thomson Reuters I/B/E/S, Air France-KLM se paye 23,3 fois ses résultats attendus pour les 12 prochains mois (PE) et 0,5 fois sa valeur comptable (PB) contre en moyenne un PE de 16,1 et un PB de 2,3 pour ses principaux concurrents européens. "Les nouvelles initiatives qui viennent d'être annoncées sont positives mais coûteuses", ajoute le broker. La compagnie aérienne Air France a présenté mercredi aux organisations syndicales un projet prévoyant près de 2.600 suppressions d'emplois supplémentaires d'ici la fin 2014 afin de faire face à un environ économique difficile, ces suppressions s'ajoutant au plan initial touchant 5.122 postes.

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Published by Ernesto
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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 09:14

Cet article est reposté depuis les-ailes-des-pnc.overblog.com.

Mercredi 31 Juillet 2013 s’est tenue une session du Comité Central d’Entreprise Air France. En parcourant la presse les jours précédents, nous avons découvert qu’Alexandre de Juniac, fraîchement élu PDG du Groupe AF/KLM, comptait faire des annonces aux élus du CCE. Une fois de plus, nous déplorons cette attitude qui consiste à orchestrer des fuites dans la presse afin de préparer les esprits des salariés et de leurs représentants. Ainsi, notre direction nous a fait un bilan sommaire du plan Transform’2015 pour tenter de nous convaincre de sa réussite alors même que 2500 nouveaux départs sont fortement envisagés, avec une présentation détaillée en session du CCE le 4 octobre prochain !!! La CGT, qui clame depuis de nombreux mois que Transform’2015 est un mauvais plan, se trouve aujourd’hui malheureusement confortée dans son analyse. Il n’y a pas pire mépris envers les salariés qu’une direction qui n’affiche pas clairement ses objectifs ! C’est à se demander s’il y a encore un pilote à bord de l’avion Air France … Toujours aucun projet industriel d’avenir, juste un désengagement programmé de certaines escales de province. C’est énorme, il s’agit du troisième plan de départs en 4 ans, ce qui démontre le peu d’imagination de la direction et qui décrédibilise le management Air France dans son ensemble. Durant de nombreux mois, la direction Air France n’a eu de cesse de se gargariser en clamant péremptoirement que son plan était un « joyau » ciselé à l’euro près. Il doit être bien compliqué aujourd’hui de faire marche arrière et de reconnaître l’inefficacité de ce plan… Face à cette nouvelle attaque sur l’emploi Air France, la CGT appelle plus que jamais la direction Air France et le gouvernement à travailler de concert pour assurer la pérennité du Transport Aérien traditionnel, aujourd’hui fortement menacé par la concurrence déloyale des low‐cost et des compagnies d’Etats (Chine, pays du Golfe, …). Nous réclamons toujours un véritable projet industriel. En retour, nous n’avons que des plans sociaux.

Remis au gouvernement dans le courant du mois de juillet, un rapport de la mission du Commissariat Général à la Stratégie et à la Prospective confirme l’analyse de la CGT Air France :

 Si le gouvernement ne remplit pas son rôle d’Etat stratège, l’avenir même d’Air France est en danger, quelles que soient les concessions sociales faites par les salariés.

 Il convient d’organiser rapidement des Assises du Transport Aérien, avec tous les acteurs du secteur (Patrons du secteur aérien, syndicalistes, politiques). Ces Assises doivent permettre d’aller vers un transport aérien citoyen, socialement responsable, avec une tolérance zéro en ce qui concerne les questions de sûreté et de sécurité aérienne.

La CGT Air France, déjà opposée à Transform’2015, n’accepte pas ce nouveau plan social dans le plan social ! La CGT va aller à la rencontre des salariés de l’entreprise afin de mettre en débat avec eux notre analyse de la situation et nos propositions.

Une chose est sûre : nos renoncements permettent à la direction d’avancer. Il est temps que les salariés prennent leur destin en main sans quoi d’autres le feront à leur place, nous en percevons déjà les premiers résultats…

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Published by Briand Sylvia. CGT PNC Régional.
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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 23:17

Gérard Filoche, ancien inspecteur du travail (en retraite, le veinard), membre du bureau national du parti socialiste... Incroyable quand on connait ses positions.

La lutte se mène de l'intérieur, certes, mais ça ne doit pas être facile tous les jours:

Au boulot n° 148 Rembourser la dette augmente la dette ! (à lire chaque semaine dans « L’Humanité Dimanche »)

Des millions de gens ont forcément du mal à comprendre que « rembourser la dette en priorité aboutit à augmenter la dette ».

Il faut dire que chaque matin les radios mentent : « il n’y a plus d’argent dans les caisses », « si on ne rembourse pas la dette, nos enfants devront la payer », « chaque enfant qui nait, nait avec 25 000 euros de dette sur la tête », « un état c’est comme un ménage, il ne doit pas dépenser plus que ce qu’il gagne », « on dépense trop », « il faut faire des économies ».

Comment comprendre que tout ça est de la propagande pour faire bosser plus en vous donnant moins ? Comment admettre que notre gouvernement de gauche reprennent ces leitmotivs ? Et qu’incroyablement, il vienne de décider d’un nouveau budget d’austérité 2014 qui s’avère un record dans les annales.

Pourtant la preuve est faite année après année : la dette publique de la France s’élevait à 85,9 % fin 2011 et à 90,2 % fin 2012. Elle a atteint 91,7 % du PIB à la fin du premier trimestre 2013, selon l’INSEE. Quelle est cette politique qui aboutit au contraire de ce qui est escompté et annoncé ?

A quoi ça sert que le déficit baisse de 5,3 % en 2011 à 4,8 % en 2012 qu’il atteigne 3,9 % du PIB en 2013. Il est fixé à 3 % en 2014 et à 0,5 % en 2017 pour obéir aux libéraux de Bruxelles et au TSCG (« Traité sur la stabilité, al coordination et la gouvernance » sic)

Mais au fur et a mesure, la dette publique augmente de plusieurs dizaines de milliards d’euros. Pourquoi ? Parce que cet argent qui va à rembourser la dette, ces économies qui sont faites sur les dépenses induisent stagnation de la croissance et récession. Le blocage du Smic et le gel des points d’indice des fonctionnaires, la baisse des salaires et retraites, aboutit à la baisse des recettes fiscales et sociales. La stagnation des salaires et des prestations sociales exigées par le Medef et la Commission européenne écrase la demande solvable des salariés.

C’est comme un commerçant dont la banque exige de payer des traites à marche forcée au détriment de l’approvisionnement de ses stocks. Son chiffre d’affaire baisse et sa dette augmente au fur et à mesure qu’il la rembourse.

C’est comme un jardinier qui arrose le fleuve pendant que son jardin dépérit.

Donner priorité à la dette et a la réduction des déficits, c’est non seulement jeter des steaks aux requins, mais c’est l’enlever de la bouche des passagers du navire.

Sans desserrer l’étau usurier des banques privés, sans remettre en cause les dettes publiques de l’état, et investir tout de suite, de façon urgente, dans la relance, il n’y a pas d’issue.

En un mot, il faut dépenser « plus » (et non pas « moins ») pour nous en sortir. Au lieu de nous serrer la ceinture, de nous flexibiliser, il faut travailler mieux, moins, tous, et gagner plus… Tout de suite. Il va falloir être nombreux – comme au Portugal, en Turquie, en Egypte, au Brésil – à manifester à la rentrée en défendant nos retraites, pour que la gauche entende cela.

Gérard Filoche.

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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 08:28

Lundi dans la presse: "moins 1000 salariés chez Air France"

Mardi: "moins 2000"

Il était donc normal de voir aujourd'hui, dans les journaux spécialisés, "3000 suppressions de postes envisagés chez AF".

Vivement la fin de la semaine, que ça s'arrête!

Quelques articles sur le sujet:

Air France : jusqu’à 3000 postes supprimés ?

Alors que la compagnie aérienne Air France s’apprête à annoncer de nouvelles mesures dans le cadre du plan de restructuration Transform 2015, les réductions d’effectif pourraient concerner 3000 postes selon un syndicat.. A en croire le secrétaire général de la CGT Air France Didier Fauvette, « le chiffre qui circule est de 2 500 à 3 000 suppressions de postes », des niveaux « relativement élevés » qui signifient que l’on « aura fait partir plus de 10 000 salariés en quatre ans ». Un autre syndicaliste a estimé que 2000 à 2200 postes au sol étaient visés, le reste se répartissant entre PNC et agents techniques. La compagnie nationale française s’est refusé à commenter ces chiffres, devant présenter ce mercredi en comité central d’entreprise les grandes lignes de son action (les détails seront finalisés d’ici l’assemblée générale d’octobre). Le PDG du groupe Air France – KLM Alexandre de Juniac avait annoncé un nouveau tour de vis « sans départ contraint » en raison de résultats insuffisants dans le court et moyen-courrier et dans l’activité cargo, et d’une baisse des charges de personnel (-1,1%) pas à la hauteur des espérances « malgré les réductions d’effectif et le gel des salaires et de l’avancement », comme le rappelait Les Echos. Et ce malgré les bons résultats financiers dévoilés par le groupe de l’alliance SkyTeam, avec notamment une baisse de la perte nette au premier semestre et un résultat d’exploitation positif au deuxième trimestre, une première depuis 2008. Rappelons que la première phase de Transform 2015 avait entrainé la suppression de 5122 postes, dont 2767 départs volontaires, pour une baisse totale des effectifs de 5,3% depuis l’été 2012 (100 700 salariés, intérimaires compris).

Transform 2015 (II) : Air France va devoir tailler encore dans les effectifs...

Plusieurs milliers d'employés devront quitter Air France sur le mode du volontariat en 2014. C'est ce que prévoit d'annoncer la compagnie aux élus du personnel aujourd'hui en comité central d'entreprise. Une mesure qui s'avère nécessaire si la compagnie veut gagner en compétitivité. Ces départs devraient concerner en priorité le personnel moyen courrier et cargo.

Cette année, à fin juin 2013, les partants volontaires des emplois sol sont plus nombreux à partir que l'objectif fixé (2880 partants pour un objectif de 2770). "Le moyen courrier n'est pas une cause perdue !" Alexandre de Juniac, le Pdg d'Air France l'affirmait pendant la dernière présentation des résultats semestriels, vendredi 26 juillet.

Oui, mais à quel prix ? C'est ce que les élus du personnel devraient entendre aujourd'hui, lors du comité central d'entreprise où il leur sera présenté un bilan des réalisations - apparemment insuffisantes à mi parcours - du plan Transform 2015 et les décisions complémentaires nécessaires au redressement. Les deux sources de pertes désignées par la direction d'Air France restent le cargo et le moyen courrier. Certains syndicats contestent la méthode de calcul des revenus du moyen courrier estimant que sur un vol long courrier nourri par un vol moyen courrier, l'apport du tronçon moyen courrier est systématiquement minoré pour faire la part belle à la recette du long courrier. Manque de chance, même les recettes unitaires du long courrier ont souffert lors du second trimestre de l'exercice en cours à -1,3%.Il est donc peu probable qu'Air France accorde beaucoup d'attention à cet argument. La compagnie française devrait annoncer de nouvelles suppressions de lignes, des transferts de lignes vers ses partenaires stratégiques que sont Air Europa et Air Berlin, et l'octroi de lignes supplémentaires à Hop et Transavia.

Or, s'il est trop tôt après trois mois d'activité pour juger de la performance de Hop qui regroupe les filiales d'Airlinair, Britair et Régional, chacune travaillant avec des règles sociales différentes, Transavia n'affiche pas la meilleure des performances low cost qu'Air France/KLM pourrait en attendre. La compagnie (France et Hollande) affiche un résultat d'exploitation négatif de 54 millions d'euros pour le premier semestre (-46 millions en 2012) et sa recette unitaire accuse une baisse de 3,7% en dépit de remplissages records. On peut donc s'attendre à de vraies coupes dans le moyen courrier non essentiel au hub de CDG, sans toutefois laisser une place vide là où les low cost pourraient immédiatement se faufiler. Pointées du doigt, les bases de province dont les négociations sociales nécessaires aux gains de productivité attendus ont trainé en longueur. Mais ce sont toutes les implantations hexagonales, bases ou pas, qui peuvent s'inquiéter. D'un peu plus d'un millier de postes à supprimer - chiffre estimé par certains syndicats début juillet, le curseur est passé hier à 2500 à 3000, selon une source syndicale CGT citée par BFM. Ceci s'ajoutant à la première mouture du plan Transform 2015 qui, en 2012 prévoyait 5122 départs d'équivalents temps plein jusqu'en 2014. Cette année, à fin juin 2013, les partants volontaires des emplois sol sont plus nombreux à partir que l'objectif fixé (2880 partants pour un objectif de 2770). A l'inverse les pilotes tardent à se décider (270 partants sur un objectif de 300. Quant aux PNC, l'objectif est de 500 départs volontaires. Nul doute que les trois catégories de personnel seront à nouveau touchées par les mesures complémentaires que s'apprête à annoncer Air France - mais tous ces départs devraient encore s'effectuer sur la base du volontariat comme le prévoit l'accord paritaire. La direction d'Air France devrait donc annoncer aujourd'hui les grandes lignes de la nouvelle phase du plan Transform 2015 avant d'en détailler tous les aspects en octobre lors d'un prochain CCE.

Air France: Les nouvelles réductions d'effectifs prévues annoncées ce mercredi

Les syndicats ont accueilli sans surprise l'annonce de nouvelles restructurations qui étaient attendues pour septembre...

Air France-KLM, engagé dans une vaste restructuration depuis 2012, doit informer ce mercredi les représentants du personnel d'un nouveau plan de départs volontaires, phase 2 du plan Transform 2015 qui a déjà entraîné la suppression de 5.600 postes au sein de la compagnie aérienne. Le PDG du groupe franco-néerlandais, Alexandre de Juniac, a prévenu vendredi que de nouvelles réductions d'effectifs seraient annoncées aux syndicats mercredi à l'occasion d'un comité central d'entreprise (CCE).

Des mesures difficiles

«Nous avons un ordre de grandeur du sureffectif potentiel chez Air France», a-t-il déclaré, indiquant que «ces mesures sont difficiles». Mais, a-t-il précisé, aucune ne sera «contrainte». Elles prendront la forme de plans de départs volontaires, de temps partiel et de congés sans solde. Les syndicats ont accueilli sans surprise l'annonce de nouvelles restructurations qui étaient attendues pour septembre. Pour Béatrice Lestic, secrétaire général de la CFDT, «il n'y a pas de vraie surprise sur cette annonce-là». «On attend d'avoir le chiffrage du sureffectif», a-t-elle déclaré à l'AFP. «L'essentiel des mesures sera détaillé plutôt à la rentrée lors du CCE du 4 octobre», a-t-elle précisé. Elle a toutefois rappelé que, dans le cadre de Transform 2015, un accord avait été signé avec la direction «avec un engagement de l'entreprise de ne pas recourir à des départs contraints». «Je pense qu'on va être sur des niveaux relativement élevés puisque la direction table sur des départs chiffrés allant de 2.500 à 3.000 personnes», a déclaré pour sa part Didier Fauverte, secrétaire général de la CGT Air France. Il a rappelé qu'un plan de départ volontaire avait déjà été mis en œuvre deux ans avant l'accord sur Transform 2015. «En l'espace de 4 ans, on va avoir perdu entre 12 et 15.000 personnes. Cela commence à faire beaucoup», a-t-il jugé.

Faiblesse du court et moyen courrier

«Au point de vue opérationnel, notamment dans les escales, ça devient plus que tendu. Il y a de moins en moins de personnes au contact des passagers», a-t-il affirmé, ajoutant ne pas être «persuadé que les économies sont faites au bon endroit». La première phase de Transform 2015 a d'ores et déjà entraîné entre juin 2011 et juin 2013 une baisse des effectifs de 5,3%, soit 5.600 personnes. Les effectifs sont ainsi passés de 106.300 à 100.700 salariés, intérimaires compris. Transform 2015 doit permettre de réaliser en trois ans deux milliards d'euros d'économies, en partie grâce à une efficacité économique supplémentaire de 20%, et de ramener la dette à 4,5 milliards fin 2014 contre 6,5 milliards en janvier 2012. Au printemps, la direction avait néanmoins prévenu que le plan allait être amplifié, le groupe souffrant toujours de la faiblesse du réseau court et moyen-courrier chez Air France et du cargo pour l'ensemble du groupe. Le réseau court et moyen-courrier de KLM sera, lui, épargné par les nouvelles mesures.

La restructuration porte ses fruits

Le court et moyen-courrier d'Air France, affecté par la vive concurrence des compagnies à bas coûts, a enregistré l'an dernier 800 millions de pertes contre 700 millions en 2011. Dans l'activité cargo, le groupe va encore réduire ses capacités, abandonnant de plus en plus les avions tout cargo au profit du fret en soute. La restructuration mise en oeuvre depuis un an et demi chez Air France s'est pourtant traduite par des résultats en nette amélioration au deuxième trimestre 2013. D'avril à juin, le groupe a divisé par cinq sa perte nette, à moins 163 millions d'euros.

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