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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 20:39

Voilà, je pense que j'ai fini, pour ce soir, de vous faire partager mes lectures du WE.

I am Spartacus

Témoigner, dénoncer, s'engager pour lutter contre les injustices.

Blacks, blancs, beurs, la bavure pour tous
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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 20:34

Lu chez Politis,içi

24 propositions du Medef pour démolir les retraites

Le Medef a publié le 25 juillet un brûlot autour de l’actuel système de retraite. Et met en évidence le non-dit des réformes : la retraite par répartition est mise en péril pour développer la capitalisation.

Dans le document de 28 pages, intitulé : « 24 propositions pour équilibrer durablement nos régimes de retraite », rendu public le 25 juillet, le nouveau patron du Medef, Pierre Gattaz, le dit sans détour :

« Il convient de développer la retraite par capitalisation de manière complémentaire au "système cœur" par répartition. En effet, même si toutes les mesures qui s’imposent sont prises pour la pérennité des régimes obligatoires par répartition, il reste que leur équilibre financier dépend pour partie de la croissance. Dans le même temps, le taux de remplacement est plus bas chez les cadres que chez les non cadres. Encourager un complément de retraite par capitalisation notamment chez les jeunes cadres permettrait donc de leur assurer un meilleur taux de remplacement et donnerait une souplesse supplémentaire pour équilibrer le régime général. »

Certes, rien de nouveau dans la position du Medef et dans le camp des ultralibéraux. Dès le mois de mai, le think tank ultralibéral Ifrap a publié ses « 15 clés de la réforme » et défendu une « réforme [qui] devra forcément s’accompagner d’un partage des efforts entre actifs et retraités, y compris d’un recul de l’âge de la retraite, à l’image de ce qui se pratique partout en Europe, et de l’introduction d’une part de capitalisation obligatoire ».

Pierre Gattaz ne fait que décrire en quelques mots la volonté, ancienne, des assureurs et des banquiers de voir se développer le très profitable marché de l’épargne retraite et des fonds de pension. Un marché financier aussi très profitable pour les épargnants les plus aisés.

Les 24 propositions de l’organisation patronale vont donc dans ce sens, c’est-à-dire vers cet objectif de la privatisation et de la financiarisation du système par répartition au profit des investisseurs privés et des grandes entreprises qui ont besoin d’une épargne de long terme. A nouveau réformé, le système de retraite deviendra de plus en plus inégalitaire et soumis aux aléas des marchés financiers.

Lire le dossier de Politis : « Retraites : capitalisation contre solidarité »

D’où vient cette inspiration très libérale ? Des recommandations de la Commission européenne, rédigées sous l’influence des industriels de la finance, validées par les conseils européens, dans lesquels les chefs d’État et de gouvernements n’ont pas opposé de veto.

Ainsi, les analyses du Medef rejoignent les récentes recommandations de « réformes » présentées le 29 mai à la France par la Commission européenne. Chargé d’appliquer les nouvelles procédures de contrôle budgétaire, regroupées sous le nom de « semestre européen », l’exécutif européen exige de « nouvelles mesures » qui doivent « être prises d’urgence » pour remédier aux importants déficits du système de retraite. Dans tous les cas de figure préconisés, le taux de remplacement sera faible. En clair le niveau des pensions baissera assurément.

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault devrait à tout le moins l’admettre. De fait, la future entreprise de démolition des retraites par répartition sera accompagnée d’un développement de la capitalisation. Par exemple, sous Sarkozy, la réforme des retraites de 2010 a favorisé l’essor de l’épargne retraite collective (le deuxième pilier de la retraite, selon la Commission européenne, voir plus bas). Il n’est donc pas inutile de rappeler que se joue en coulisse la place laissée à la capitalisation. Le Medef ne fait que donner le coup d’envoi des grandes manœuvres. Pour le gouvernement, il s’agit de faire passer, discrètement, le diktat de la Commission, pas forcément dans la réforme des retraites, ce qui serait trop visible.

A la suite des recommandations de la Commission qui a fixé un délai réduit pour résorber le déficit public, le Premier ministre a estimé que les préconisations de Bruxelles sont dans « la droite ligne de ce qui avait été annoncé ». Mais les réformes seront faites « à notre manière », a-t-il ajouté. Oui à la baisse des pensions du régime général, qu’il faudra bien compenser par des mesures qui concerneront l’épargne financière (chez les socialistes, on ne dit pas épargne retraite), laquelle assure à peine 3 % des revenus des retraités français.

Ainsi, les « objectifs généraux » du document du Medef fixe le cap : il s’agit de « garantir la soutenabilité du système de retraite par répartition, en contribuant au rééquilibrage des finances publiques tout en assurant un bon niveau de retraite pour les jeunes générations, à conforter par une part de retraite par capitalisation ».

Le long chapitre du document consacré au « nécessaire développement de la retraite par capitalisation » est révélateur de la proximité de vue entre la Commission européenne et les lobbyistes patronaux. Le développement de la capitalisation passe par les trois piliers définis par la Commission européenne : des régimes obligatoire par répartition (une sorte de minima social), des régimes collectifs par capitalisation et des régimes individuels par capitalisation (la fameuse retraite « supplémentaire » pour éviter de désigner ces systèmes par leur vrai nom : les fonds de pension).

Le commissaire européen en charge des services et du marché intérieur, Michel Barnier, a récemment rappelé cette architecture dans une proposition de directive destinée à « améliorer la gouvernance et la supervision des fonds de pension professionnels à l’automne 2013 » (pour les généraliser), c’est-à-dire les régimes collectifs, qui constituent le deuxième pilier de la retraite.

Au pouvoir depuis plus d’un an, François Hollande et Jean-Marc Ayrault n’ont pas affronté la Commission européenne sur ce terrain de la réforme des retraites et de la capitalisation. Pourtant, sans la capitalisation, point de salut, défendent l’exécutif européen comme le Medef. Encore une pilule amère à faire avaler au peuple de gauche…

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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 20:20

A lire! Vu sur le site Les mots sont importants içi

la construction des classes dangereuses

Les sept subterfuges du discours « sécuritaire »

par Pierre Tevanian
24 juillet 2013

Officialisé en 1997 par le premier ministre Jospin et son ministre de l’intérieur Chevènement, un consensus droite-gauche (sans parler des grands médias) s’est installé sur « l’explosion de la violence chez les jeunes de banlieue » et sur le « laxisme de la justice » face à cette violence, ou du moins sur son « inadaptation » aux nouvelles générations de délinquants. Plutôt que de dénoncer au coup par coup les lois et les politiques publiques de plus en plus brutales qui sont mises en place au nom de ce discours, il vaut mieux prendre le problème à la racine et déconstruire ce qu’il faut bien appeler le mythe de l’insécurité. Il est en effet crucial de ne pas céder sur ce point : l’insécurité telle qu’elle est problématisée dans le débat public est un mythe. Il est indispensable de ne pas rallier, comme l’ensemble de la classe politique l’a déjà fait de longue date sur « le problème de l’immigration » [1], le postulat faussement « réaliste » selon lequel « le problème de l’insécurité » est une « vraie question » – ce qui nous condamne à ne critiquer que les « réponses » les plus ostensiblement « antirépublicaines » des démagogues qui nous gouvernent. Il faut enfin résister au discours d’intimidation désormais omniprésent selon lequel quiconque met en doute la réalité des diagnostics catastrophistes est nécessairement « angélique », coupé des réalités en général et des classes populaires en particulier.

Car le « problème de l’insécurité » est bel et bien un mythe, même si – comme tout mythe – il mobilise des éléments de vérité, en particulier des faits divers dramatiques : ce qui est est mensonger est la manière dont ces faits divers sont présentés, mis en scène, coupés de leur contexte et réinterprétés. C’est ce que s’efforcent de montrer les sept remarques qui suivent.

1. Le mythe des chiffres qui « parlent d’eux mêmes » [2].

La thèse selon laquelle la « violence des jeunes » connaît une expansion sans précédent, justifiant une « adaptation » de la réponse politique dans le sens d’une plus grande « fermeté », se fonde en grande partie sur une instrumentalisation des chiffres de la délinquance. Or, les chiffres ne parlent jamais d’eux-mêmes. Ils demandent à être interprétés, et surtout lus de manière critique, en s’interrogeant notamment sur leur mode de fabrication. Car on l’oublie souvent : les chiffres publiés et abondamment commentés chaque année sont des chiffres produits par la police et la Justice, qui reflètent donc au moins autant la réalité de l’activité policière que celle des faits de délinquance. En effet, plus les forces de police sont mobilisées sur une forme particulière de délinquance, plus elles contrôlent, plus elles interpellent, et plus elles enregistrent une part importante de la réalité. Parmi les exemples les plus parlants, on peut évoquer le cas du viol, des violences sexuelles incestueuses ou plus largement des violences sur enfant qui ont lieu essentiellement dans l’espace familial. Si les chiffres ne cessent d’augmenter, c’est avant tout parce que ces formes de violence n’étaient quasiment pas enregistrées il y a quelques décennies, puisque la police – mais aussi l’ensemble de la « société civile » – n’en faisait pas une préoccupation importante.

Il en va de même pour toutes les formes de délinquance : c’est avant tout la focalisation du débat public et de l’activité policière sur la délinquance de rue qui fait augmenter les chiffres de la petite délinquance en général et de la délinquance des mineurs en particulier. Un exemple illustre parfaitement cet effet d’optique que peuvent produire les statistiques : celui de l’outrage à agent. Les outrages à agent sont en effet l’une des infractions qui contribue le plus à faire augmenter les chiffres de la délinquance. Il est certes probable que les tensions, les conflits et donc les échanges de « mots » avec les forces de police soient réellement en augmentation (pour des raisons sur lesquelles il faudra revenir), mais il faut également souligner

d’une part que la « susceptibilité » des agents de police augmente elle aussi, et que le seuil au-delà duquel un mot de travers devient un « outrage » semble de plus en plus bas ; d’autre part que les situations propices au conflit et à « l’outrage » sont artificiellement créées par la multiplication, ces dernières années, des contrôles d’identité ou des opérations « coup de poing » dans des situations où aucune infraction n’a été commise.

Les tribunaux voient de ce fait défiler des jeunes qui n’avaient commis aucun délit avant l’intervention de la police, et que cette intervention a amenés à commettre un « outrage » [3].

Mais l’exemple le plus frappant est sans doute celui de la « toxicomanie ». Les infractions liées à l’usage, à la cession ou au trafic de stupéfiants sont en effet les infractions qui font le plus gonfler les chiffres de la délinquance. Or, comme le rappelle Laurent Mucchielli, lorsqu’on regarde de près les données enregistrées dont on dispose, on s’aperçoit qu’il s’agit dans la quasi-totalité des cas de faits ayant trait à la consommation ou à la vente de petites quantités de drogues douces (cannabis ou herbe essentiellement). Ces infractions qui font tellement gonfler les chiffres correspondent par conséquent à des comportements dont on sait par ailleurs, par des enquêtes sociologiques, qu’ils sont depuis les dernières décennies en train de se banaliser et qu’ils concernent une minorité de plus en plus importante, et cela dans tous les milieux sociaux.

Or, il est une autre information que nous donne la lecture des chiffres de la délinquance : c’est que les personnes mises en cause pour possession de petites quantités de drogues douces sont quasi-exclusivement des personnes jeunes, de sexe masculin et issues des classes populaires. On le voit : au lieu de « laisser parler d’eux même » les chiffres, au lieu plutôt de leur faire dire ce qu’ils ne disent pas (« les jeunes sont devenus des sauvages »), on peut en tirer quelques enseignements précieux – mais cela suppose qu’on tienne compte des biais et qu’on croise les chiffres de la police ou de la justice avec d’autres données – et ce qu’on découvre alors, dans le cas de la « toxicomanie », c’est qu’un comportement comme la consommation et la revente de drogue douce, également répandu dans tous les milieux sociaux, ne mène devant les tribunaux qu’une petite partie des personnes concernées : les « jeunes des banlieues ». Ce qu’on découvre, en d’autres termes, c’est que nous avons bien affaire, en la matière, à une justice de classe.

S’interroger ainsi sur la genèse des chiffres, et sur les chiffres comme indicateurs d’un choix politique, nous amène finalement à découvrir une autre omission : lorsqu’on assimile la réalité de la délinquance à la seule délinquance enregistrée, on occulte du même coup la partie non-enregistrée ou sous-enregistrée de la délinquance et de la violence. En effet, partout où l’investissement de la police et de la Justice est nul, faible ou en baisse, les chiffres sont par la force des choses nuls, faibles ou en baisse : la délinquance patronale par exemple (et notamment le non-respect du code du travail) est de moins en moins contrôlée, et moins de 1% des infractions constatées par les inspecteurs du travail aboutissent à des condamnations en justice – avec, qui-plus-est, des condamnations dérisoires.

Il en va de même pour ce qui concerne la discrimination raciste à l’embauche ou au logement : aucune augmentation spectaculaire ne peut être constatée si l’on se réfère aux données du ministère de la Justice (on reste depuis de nombreuses années à moins d’une dizaine de condamnations par an), pour la simple raison qu’aucune volonté politique, et par conséquent aucun investissement policier ou judiciaire, n’existe en la matière. Il existe pourtant une multitude d’indicateurs, autres que policiers ou judiciaires, qui permettent d’affirmer que la discrimination est une forme de délinquance particulièrement répandue [4]. Quant à la violence de la chose, et sa gravité, elle n’est pas à démontrer. Mais de cette violence-là, peu d’élus se préoccupent.

2. « La violence » : une catégorie d’amalgame

Une règle élémentaire de méthode veut qu’on commence toujours par définir les termes qu’on utilise. C’est précisément ce que se gardent bien de faire les journalistes et les élus qui partent en croisade contre les « violences urbaines » et « l’insécurité ». Ces derniers font en effet comme si le sens des mots violence, délinquance et insécurité allait de soi, comme si ces mots étaient interchangeables et comme s’ils étaient tous synonymes de : jeune homme basané vêtu d’une casquette insultant une vieille dame avant de lui voler son sac...

Or, violence n’est pas synonyme de délinquance :

il existe des formes de délinquance qui sont peu ou pas du tout violentes, et ce sont justement celles-là qui contribuent à faire augmenter le chiffre global de la délinquance (l’outrage à agent, par exemple, ne peut pas sérieusement être considéré comme un acte très violent, et la consommation de cannabis encore moins) ;

inversement, les formes de délinquance les plus violentes, comme les homicides volontaires, ne sont pas en hausse (ils stagnent autour de 600 cas par an – soit : pas plus que les décès causés par des accidents de travail, et dix à vingt fois moins que les décès par accident de la route ou par suicide), pas plus que les homicides volontaires commis par des mineurs (autour de trente cas par ans) ou que les homicides commis contre des policiers.

Par ailleurs, il y a des formes diverses de violence, plus ou moins graves, et plus ou moins légitimes. Quoi de commun entre un vol à l’arraché, une injure, une gifle, un meurtre, un viol, et une émeute consécutive à une « bavure » policière ? Quel intérêt, pour la compréhension de ces phénomènes, de les ranger tous sous la même catégorie générique ? Aucun. Le seul intérêt de cette catégorie d’amalgame est qu’elle permet d’imposer sans le dire une thèse implicite : la thèse selon laquelle il existe une réalité homogène, « la violence », qui commence dès le premier mot de travers, dès la première « incivilité », et qui se poursuit inéluctablement, si on n’y prend garde, dans une escalade qui culmine avec la criminalité organisée et l’homicide. En d’autres termes : lorsqu’on se refuse à distinguer entre délinquance et violence, ou entre différents types et degrés de violence, on aboutit très facilement à la « théorie de la vitre cassée » et à la doctrine de la « tolérance zéro ».

3. Le mythe de l’âge d’or

Les discours catastrophistes sur l’explosion de la violence des jeunes reposent également sur une amnésie plus ou moins volontaire : pour pouvoir affirmer que nous vivons une période de déferlement sans précédent de la violence, il faut au préalable avoir bien oublié ce qu’il en était réellement de la violence dans le passé.

Or, si l’on se réfère sérieusement à toutes les sources qui sont à notre disposition sur le passé comme sur le présent, forme de délinquance par forme de délinquance, on s’aperçoit qu’il existe aujourd’hui des formes nouvelles de délinquance et de violence, ou du moins des formes de délinquance et de violence qui semblent actuellement en augmentation (par exemple les caillassages de bus, les outrages à agent et plus largement les conflits avec les institutions, ou encore la consommation de cannabis), mais que ces formes de délinquance sont les moins violentes, et qu’inversement les formes les plus violentes (comme les homicides volontaires, les homicides commis par des mineurs ou les viols collectifs) ne sont pas en augmentation [5]. L’âge d’or dont nous parle le nouveau sens commun sécuritaire fut en réalité une période où le risque de se faire tuer était bien supérieur à ce qu’il est aujourd’hui. À ceux qui nous accusent d’être angéliques, il faut donc répondre que ce sont eux qui ont une vision angélique du passé.

4. La logique du bouc émissaire

Il est un autre mensonge, l’un des plus répandus et des plus pervers, qui consiste à évoquer des faits réels, mais en prétendant, sans la moindre preuve, que les jeunes de banlieue en ont le monopole. C’est ainsi, par exemple, qu’on parle des « tournantes », et plus largement des formes plus ou moins agressives de sexisme ; c’est ainsi également qu’on parle de l’antisémitisme. Dans tous les cas, le discours dominant a ceci de pervers qu’il pointe du doigt des problèmes bien réels, dont la gravité est indiscutable, mais qu’il oublie de dire que les problèmes en question concernent en réalité l’ensemble de la société française, et qu’aucune donnée empirique ne permet d’affirmer que la jeunesse des banlieues est davantage en cause que le reste de la société [6].

5. La marque du négatif

Le tableau que la majorité des dirigeants politiques et des grands médias dressent de la banlieue et des jeunes qui y vivent est également mensonger parce qu’un certain nombre de réalités y sont absentes. En effet, si le mot violence renvoie de manière automatique à la banlieue et à ses « jeunes », qui semblent de ce fait en avoir le monopole, la réciproque est vraie : les mots jeunes, banlieue et « jeune de banlieue » renvoient automatiquement au mot « violence », comme si, en banlieue, ou du moins chez ces jeunes, il n’y avait que de la violence.

Or, il se passe beaucoup de choses en banlieue, qui ne se résument pas à l’incendie d’une poubelle, au vol d’une voiture ou au règlement de compte entre cités. Parmi les problèmes que vivent les habitants de la banlieue, et dont les élus et les grands médias parlent moins volontiers que de la « violence des jeunes », il y a aussi des violences autrement plus graves et plus fréquentes, qui sont commises par l’entreprise ou par l’institution, et qui frappent au premier chef ces jeunes qu’on stigmatise et qu’on accuse : chômage, précarité, discriminations, brutalités policières...

Il y a aussi en banlieue un potentiel énorme, rarement reconnu : une vitalité, des solidarités et des formes de vie sociale, culturelle et politique qui s’inventent [7], dans l’indifférence générale des élus et des grands médias. Il est extrêmement important de le rappeler, car le plus souvent, les mieux intentionnés tentent de défendre les jeunes de banlieue en les réduisant au statut de victimes. Mis à part la violence, admettent-ils d’un commun accord avec leurs adversaires « sécuritaires », « il n’y a rien » [8]. Un nouveau sens commun progressiste, alimenté par certains sociologues, décrit la banlieue comme un « désert », un « no man’s land », où vivent des jeunes qui « ne sont unis que par la galère, la désorganisation et la rage » [9]. On parle également d’anomie, d’absence de repères et d’absence de conscience politique... Cette vision misérabiliste est non seulement fausse, mais aussi inopérante pour contrer l’offensive sécuritaire que nous affrontons aujourd’hui : tout au plus permet-elle de modérer la peur et la haine ; ce qu’elle laisse en revanche intact, c’est le mépris des « jeunes de banlieue ».

6. L’oubli de l’origine

Ce qui engendre le mépris, et donne une apparence de réalité à l’image du jeune de banlieue comme corps furieux, « sauvage » ou « dé-civilisé », c’est aussi l’oubli, ou plutôt le refoulement de l’origine des phénomènes de délinquance ou de violence. On peut le constater à propos de la petite délinquance : on a assisté, ces dernières années, de manière plus ou moins consciente et délibérée, à la mise à l’écart des enseignements que nous apporte la sociologie sur la corrélation forte existant entre origine sociale et incarcération (la population carcérale est une population plus jeune, plus masculine et d’origine plus pauvre que la moyenne). Dans les grands médias, les sociologues ont peu à peu cédé la place à de nouveaux « experts » : des psychologues qui dépolitisent la question en rattachent « la violence » en général à la nature humaine et au « besoin d’agression » ou au « manque de repères », voire à la « carence d’éducation », ou des entrepreneurs en « sécurité publique » comme le très influent Alain Bauer, qui a réussi à publier un Que sais-je ? sur les « violences urbaines », et dont le moins qu’on puisse dire est qu’il est juge et partie...

Il en va de même si l’on considère les émeutes urbaines qui se sont succédées depuis le début des années 90, de Vaulx-en-Velin (1990) et Mantes-la-Jolie (1991) à Clichy-sous-Bois (2005), Villiers-le-Bel (2007) et Grenoble(2010). Ces émeutes que la classe politique, les grands médias et les sociologues les plus médiatisés ont quasi-unanimement présenté comme des poussées de fièvre nihiliste, « aveugle, autodestructrice et sans objet » [10], dépourvues de toute dimension politique, de toute dimension revendicative et de toute rationalité, ces émeutes qu’on présente aujourd’hui comme les preuves irréfutables d’un manque d’éducation ou d’humanité, ont toutes eu pour événement déclencheur la mort violente d’un jeune, le plus souvent issu de l’immigration, le plus souvent au cours d’une intervention policière.

Par conséquent, indépendamment de tout jugement moral ou de toute considération de stratégie politique, force est d’admettre que ces émeutes ont une rationalité et une dimension politique, et qu’elles constituent une forme de résistance. Si, en plus de cette anamnèse quant à l’élément déclencheur des émeutes, on remonte plus loin, si l’on se souvient qu’au début des années 80, des événements du même type (les crimes racistes et sécuritaires) avaient été pour beaucoup dans le déclenchement de la Marche pour l’Égalité [11] et de Convergence 84, si l’on se souvient que tous les moyens politiques non-violents avaient alors été mobilisés (la prise de parole publique, la manifestation, la marche pacifique, mais aussi le recours aux tribunaux pour juger les crimes policiers) [12], si l’on se souvient qu’alors des promesses avaient été faites par les autorités et si l’on se souvient enfin que durant les années qui ont suivi, rien n’est advenu (hormis des non-lieux, du sursis ou des acquittements de policiers assassins), alors les « explosions » de Vaulx-en-Velin, Mantes la Jolie, Dammarie-les-Lys, Toulouse, Roubaix, Clichy, Villiers ou Grenoble apparaissent tout à coup bien moins imprévisibles, bien moins irrationnelles et même bien moins illégitimes. Alors, surtout, loin de témoigner d’un ensauvagement de la jeunesse des banlieues, ces émeutes témoignent au contraire de l’existence d’un souci de la vie d’autrui, d’une mémoire et d’une incapacité à se résigner face à l’injustice, qui sont la marque même de l’humain.

7. Le legs colonial

Parmi les ressorts du consensus sécuritaire que nous affrontons aujourd’hui, bien d’autres pistes mériteraient d’être explorées, en particulier du côté du passé colonial et des représentations qui se sont forgées et transmises durant cet épisode « épique ». En effet, tant du point de vue des représentations que des dispositifs politiques et policiers qui se mettent en place aujourd’hui, la filiation est évidente : si l’on parle aussi facilement de « reconquête territoriale », d’espaces « décivilisés », de « sauvageons », de « défaut d’intégration » ou de « défaut d’éducation », si l’on parle aussi facilement de « nécessaire adaptation » de notre dispositif pénal à des populations radicalement différentes des « blousons noirs de jadis », vivant « en dehors de toute rationalité », c’est que ce vocabulaire, et le regard qui le sous-tend, n’ont rien de nouveau. C’est le même vocabulaire et le même regard qui ont eu cours il y a plus d’un siècle lorsqu’il s’est agi d’inventer un discours sur « l’indigène » – dont les « jeunes de banlieue » aujourd’hui incriminés se trouvent être, en grande partie, les descendants.

Et c’est également dans l’héritage colonial qu’il faut aller chercher si l’on veut comprendre la genèse des dispositifs d’exception qui se mettent en place ou se renforcent dans les banlieues : qu’il s’agisse du couvre-feu, de la « guerre préventive » que constituent les contrôles policiers à répétition (ou les dispersions intempestives dans les halls d’immeuble) ou qu’il s’agisse de la pénalisation des parents pour les fautes des enfants, nous avons affaire à des pratiques qui violent un certain nombre de principes fondamentaux (comme le principe de la présomption d’innocence ou celui de la responsabilité individuelle) et qui par conséquent apparaissent comme des anomalies au regard d’une certaine tradition du Droit français, mais qui ne tombent pas du ciel. Si l’on se réfère à l’autre tradition française, à la part d’ombre que constitue le droit d’exception qui s’est inventé et expérimenté dans les colonies françaises, alors la surenchère « sécuritaire » à laquelle nous assistons depuis près de deux décennies perd beaucoup de sa nouveauté ou de son originalité.

En guise de conclusion

Le travail de déconstruction que nous venons d’esquisser est nécessaire, mais pas suffisant. Il laisse en effet de côté d’autres points sur lesquels il faudrait s’interroger, et sur lesquels nous avons proposé ailleurs quelques analyses [13]. En particulier, une fois établi le caractère fondamentalement mythique du discours dominant sur la violence et l’insécurité, il reste à s’interroger sur les raisons de son succès : comment un discours aussi grossièrement mensonger, bête et méchant a-t-il pu s’imposer dans des franges aussi larges de l’opinion ? On se contentera ici de dire qu’à notre sens, le Front national est sans doute l’un des grands bénéficiaires de la dérive sécuritaire, mais qu’il est loin d’en être l’acteur principal : il y a une responsabilité écrasante du reste de la classe politique, de gauche comme de droite, ainsi que des grands médias.

Une autre question qui ne doit pas être perdue de vue est celle des effets concrets de cette dérive sécuritaire. Les discours s’accompagnent en effets d’actes, qu’ils suscitent ou qu’ils légitiment après-coup, et ces actes sont criminels. D’abord parce que les discours et les pratiques sécuritaires produisent une partie des maux qu’ils prétendent déplorer et combattre : ils sèment la méfiance, la peur, le repli sur soi, l’individualisme, la haine et la division, et donc suscitent ou entretiennent les tensions les plus stériles et les plus dangereuses. La prolifération de discours stigmatisant la banlieue entretient non seulement le racisme et le mépris de classe, mais elle sème également la peur, la haine et le mépris au sein même des classes populaires : entre adultes et « jeunes », entre « bons » et « mauvais parents », entre filles et garçons, entre Français « de souche » et « immigrés », entre « laïques » et « musulmans » encore entre « bons » et « mauvais » musulmans...

La logique du bouc-émissaire est aussi dommageable pour l’ensemble de la société : en entretenant l’illusion que l’égoïsme, l’individualisme, la dépolitisation ou encore le sexisme, l’homophobie et l’antisémitisme n’existent qu’en banlieue, le moins que l’on puisse dire est qu’on n’incite pas les classes moyennes et supérieures à traiter ces problèmes qui sont aussi les leurs, et qu’on réserve de ce fait aux femmes, aux homosexuels ou aux Juifs de très déplaisantes surprises.

Mais si le discours et les pratiques sécuritaires pourrissent l’ensemble des rapports sociaux, on ne peut pas nier malgré tout que ceux qui en subissent le plus directement et le plus brutalement les conséquences sont les « jeunes de banlieue », en particulier ceux qu’on qualifie d’ « issus de l’immigration » :

d’abord parce qu’on est en train de briser par milliers des jeunes en les envoyant en prison ou en « centre fermé », en lieu et place de toute réponse sociale ;

ensuite parce que la focalisation sur les « violences et incivilités » dont certains de ces jeunes se rendent coupables constitue une formidable puissance d’occultation et de diversion : occupés à se défendre ou à se faire oublier un peu, il leur est plus difficile que jamais de faire entendre leur voix, leur avis et leurs griefs contre une société qui leur impose le chômage, la précarité, le racisme et la discrimination ;

enfin parce que le consensus sécuritaire se traduit par une légitimation et une banalisation (voire unelégalisation de fait) des violences institutionnelles les plus illégitimes (et théoriquement illégales), en particulier les abus policiers : contrôles à répétition, contrôles au faciès, fouilles humiliantes, passages à tabacs, usages abusifs de la procédure d’ « outrage », et même homicides.

Par légalisation de fait, il faut entendre ceci, parmi bien d’autres exemples possibles : en septembre 2001, le policier Hiblot, qui avait abattu le jeune Youssef Khaif, en fuite à bord d’une voiture, d’une balle dans la nuque tirée à plus de douze mètres, a été purement et simplement acquitté.

Reste enfin une ultime question, la plus urgente : comment résister ?

p.-s.

Ce texte, paru sous une forme sensiblement différente en 2002 dans la revue Hommes et libertés, reprend les grandes lignes du livre de Pierre Tevanian, Le ministère de la peur. Réflexions sur le nouvel ordre sécuritaire, paru aux éditions L’esprit frappeur en 2004. La présente version est légèrement remaniée et actualisée.

notes

[1] Cf. Pierre Tevanian, Sylvie Tissot, Dictionnaire de la lepénisation des esprits, L’esprit frappeur, 2002

[2] L’analyse qui suit fait référence aux données chiffrées citées et analysées par Laurent Mucchielli dansViolence et insécurité. Mythes et réalités dans le débat français, La découverte, 2001

[3] Cf. Laurent Bonelli et Gilles Sainati, La machine à punir, L’esprit frappeur, 2001, et Clément Schouler, Vos papiers ! Que faire face à un contrôle d’identité, L’esprit frappeur, 2001

[4] Sur ce point, cf. Pierre Tevanian, La mécanique raciste, Dliecta, 2008.

[5] Cf. Laurent Mucchielli, Violence et insécurité. Mythes et réalités dans le débat français, La découverte, 2001

[6] Nonna Mayer a par exemple montré que les enquêtes d’opinion contredisent la thèse de la « nouvelle judéophobie », élaborée par Pierre-André Taguieff et relayée par de nombreux médias : les idées antisémites ne sont pas, comme le prétend Pierre-André Taguieff, dominantes dans les milieux d’extrême gauche et dans la jeunesse issue de l’immigration maghrébine ; elles restent, aujourd’hui comme par le passé, présentes dans l’ensemble de la société française, avec des « pics »à la droite de la droite, dans les franges de l’opinion qui manifestent par ailleurs un très fort rejet de l’immigration maghrébine : en 2000, les sondés qui approuvent l’énoncé « les Juifs sont trop nombreux en France » (soit 20% des sondés) approuvent à 97% l’énoncé « il y a trop d’Arabes ». Cf. N. Mayer, Le Monde, 04/04/2002.

[7] Cf. David Lepoutre, Cœur de banlieue, Odile Jacob, 1998, et surtout Saïd Bouamama (dir. ), Contribution à une mémoire des banlieues, Volga éditions, 1994

[8] François Dubet, La galère, Fayard, 1987.

[9] François Dubet, La galère, Fayard, 1987.

[10] François Dubet, « Violences urbaines », Cultures et conflits, n°6, 1992

[11] Rebaptisée « Marche des beurs » dans par la mémoire officielle.

[12] Cf. Bouzid, La Marche, Sinbad, 1983 ; Convergence 84, Ruée vers l’égalité, Mélanges, 1984 ; Saïd Bouamama, Vingt ans de marche des beurs, Desclée de Brouwer, 1994.

[13] Cf. Pierre Tevanian, Le ministère de la peur, L’esprit Frappeur, 2004.

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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 18:18

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Compte-rendu du CE du 25 juillet 2013.

Hier, jeudi 25 juillet, s'est déroulée une réunion du comité d'entreprise.

Parmi les points évoqués, voici les plus importants:

1°) Information sur le bilan de la phase du PDV-PSE SOL: 98 appels de salariés ont été reçus afin de recueillir des informations pour des créations d'entreprise, des projets personnels ou des droits à la retraite.

Sur ces 98 appels,80 entretiens ont eu lieu pour 50 salariés différents. A la date de clôture de la phase de recueil, 39 dossiers ont été déposés.

Sur ces 39 dossiers, 27 concernaient des projets personnels, 9 concernaient des créations d'entreprise, 7 salariés ont reçu des promesses d'embauches extérieures et 1 personne va pouvoir prétendre à la retraite.

Au jour d'aujourd'hui, 25 dossiers de convention de rupture à l'amiable ont été finalisés et signés.

Certains dossiers restent à traiter concernant des postes de salariés figurant dans l'ensemble 2, c'est à dire que ces postes doivent trouver un remplaçant avant de pouvoir laisser partir les salariés occupant ces postes.

Les questions restant en suspend sur ce point sont les suivantes:

- Quel est le nombre exacte de salariés de Régional ayant postulé pour intégrer la holding HOP!?

- Sur ce nombre de postulant, combien d'entre eux ont été recrutés au sein de la holding HOP!?

Nous devrions avoir les réponses à ces questions au plus tard fin septembre.

Les recrutements chez HOP! sont quasiment finalisés.

Pour information, sachez que notre Directrice des ressources humaines, Mme Laurence Pastre, a quitté l'entreprise. Elle a été remplacée par Mr Laurent Charbonnier, RH sol qui va désormais devoir se pencher sur notre ACPN...

Je souhaite une bonne continuation à nos collègues du sol qui nous quittent.

2°) Les autres sujets à l'ordre du Jour de cette réunion étaient tellement "désordonnés" que je serais bien incapable d'en faire le compte-rendu aujourd'hui. Par ailleurs, un grand nombre de ces sujets seront réévoqués ultérieurement.

Néanmoins, les constatations qui ont été faites sont les suivantes:

- un flou total règne au niveau de l'organisation et de l'organigramme de HOP!.

- quel est l'organigramme officiel de HOP!?

- quelles sont les fonctions des différents acteurs?

3°) Souvenez-vous du procès que le comité d'entreprise a gagné au mois d'avril...Ce référé concernait la proposition de Régional relative au PDV-PSE SOL et PNT.

La société Régional avait été condamnée à 15.000€ de dommages et intérêts:

- 5000€ au titre de l'article 700 destinés à régler les frais de justice.

- les 10.000€ restant ont été versés sur compte du budget social du CE.

4°) Quelques informations concernant l'arrêt de certaines lignes: à compter de la saison hiver, le Lyon-Barcelone, le Strasbourg-Venise, le Strasbourg-Rome et le Strasbourg-Vienne seront fermés.

Certaines rumeurs relatives à la récupération de lignes de Cityjet au profit de Régional, Brit Air ou Airlinair n'ont pas été confirmées par notre Directrice Générale.

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Published by Briand Sylvia. Secrétaire adjointe du CE Régional. Syndicat CGT PNC Régional.
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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 18:17

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Référé au tribunal: Plan de départs volontaires pilotes et délit d'entrave...

Souvenez-vous...

... lors du CE extraordinaire du 5 juillet dernier ayant pour objet " Information et consultation du comité d'entreprise sur le PDV-PSE PNT ", les Élus avaient refusé de rendre un avis et lu une délibération relatant les nombreuses irrégularités présentes dans ce PDV ainsi que l'absence totale de reclassement.


Notre Direction, jugeant que le CE avait été suffisamment informé et consulté était " passé en force" lançant ainsi le processus de plan de départ volontaire.
Cette action représente un délit d'entrave caractéri
sé.


Pour cette raison, le CE a dû lancer une nouvelle procédure auprès du tribunal de grande instance de Nantes.
L'audience de référé a eu lieu le jeudi 25 juillet. Pour soutenir notre avocate, étaient présents à cette audience:
- Mr Joel Rondel, élu CE CGT et secrétaire du comité d'entreprise de Régional.
- Mr Fabrice Terrier, élu CE CGT et trésorier adjoint.
- Mr Philippe Guégan, représentant syndical CGT au comité d'entreprise.
- Mr Armand Simon, élu CE SNPL.

Quel est le but de ce procès?
Arrêter le processus se mise en place du plan de départ volontaire pilote jusqu'à l'audience de délibéré du jugement sur le fond du 3 septembre 2013.
En effet, lors d'une précédente audience, le juge du tribunal de grande instance de Nantes s'était déclaré " non-compétent" pour rendre un quelconque avis sur ce PDV, le jugeant trop technique. Il avait, par conséquent, renvoyé la procédure devant le juge des fonds. Le délibéré aura lieu le 3 septembre.

Le délibéré de l'audience de ce jeudi 25 juillet aura lieu le 1er août.
Comme à son habitude, l'avocate du CE a été magis
trale!

Comme vous vous en doutez sûrement, notre Directrice Générale déplore ces procédures...Il aurait été tellement plus simple de dire AMEN à tout en fermant les yeux...!
Les élus du CE par le biais de son secrétaire n'entament pas ces procédures pour le plaisir d'enquiquiner la Direction de Régional, d'autant plus que tout ceci demande un travail considérable dont on se passerait très bien!!

RDV le 1er août pour le prochain épisode.

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Published by Briand Sylvia. Secrétaire adjointe du CE. Syndicat CGT PNC Régional.
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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 10:55

On a bien raison de ne vouloir rien lâcher!

Air France-KLM : perte divisée par cinq

Les Echos – le 26/07/2013

La compagnie aérienne franco-néerlandaise récolte les fruits de son plan de restructuration. Les recettes sont néanmoins inférieures aux prévisions, pénalisées par les activités moyen-courrier et cargo.

D’avril à juin 2013, Air France-KLM a divisé par cinq sa perte nette, à -163 millions d’euros. - AFP

En restructuration depuis un an et demi, Air France-KLM a publié vendredi matin des résultats en forte amélioration au deuxième trimestre 2013. D’avril à juin, le groupe franco-néerlandais a divisé par cinq sa perte nette, à -163 millions d’euros. Dans le même temps, il a dégagé un bénéfice d’exploitation de 79 millions d’euros contre une perte de 79 millions un an plus tôt, ce qui, « pour un deuxième trimestre, est une première depuis cinq ans », a indiqué à l’AFP un porte-parole. Sur le premier semestre, la perte nette est elle ramenée à 793 millions contre près de 1,3 milliard un an plus tôt. Et la perte d’exploitation a été parallèlement réduite de 239 millions d’euros pour tomber à 451 millions. Air France-KLM entend garder le cap sur la second partie de l’année avec « pour objectif une amélioration du résultat d’exploitation en ligne avec celle du premier semestre ». « L’amélioration significative de nos résultats est en très grande partie le résultat de la mise en oeuvre du plan (de restructuration) Transform », a commenté le PDG du groupe, Alexandre de Juniac dans un communiqué . Selon lui, il « se déroule conformément à son plan de marche ». « Trimestre après trimestre, depuis un an, nos résultats s’améliorent en dépit d’un environnement économique dégradé », a-t-il insisté. Il déplore néanmoins des recettes inférieures aux prévisions et un redressement des activités moyen-courrier et cargo moins rapide que prévu. Le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 6,5 milliards au deuxième trimestre, en hausse de 1,2%. Cumulé sur six mois, il atteint 12,3 milliards, en augmentation de seulement 1,3%.

Nouveaux départs volontaires en vue

Par conséquent, ajoute le dirigeant, « à la rentrée prochaine, des mesures complémentaires seront prises dans ces deux secteurs ». Le groupe avait essuyé une perte de 800 millions l’an passé pour le seul réseau court et moyen-courrier. Les mesures « concerneront des mesures de départs volontaires ainsi que des décisions industrielles et commerciales », précise le groupe qui a préparé les esprits à cette échéance automnale depuis plusieurs mois. Les compagnies du groupe, Air France en particulier, souffre de la vive concurrence des compagnies à bas coûts sur le réseau court et moyen-courriers, qui représente 50% du chiffre d’affaires de la compagnie. Pour les contrer, Air France a mis en place des bases en province à Marseille, Nice et Toulouse qui consiste à poster des avions et des personnels pour augmenter leur productivité. Mais dès le printemps, la direction avait fait savoir que ces bases ne produisaient pas de résultats suffisants. Air France devra donc en passer par une nouvelle phase de restructuration de son activité court et moyen-courrier ainsi que de la branche cargo, dont les grandes lignes seront dévoilées en septembre prochain. Dans le cadre de Transform 2015, le groupe a déjà supprimé 5.122 postes. La direction n’a pas encore dévoilé quelle pourrait être l’ampleur d’un nouveau plan de départs volontaires. Dans l’activité cargo, le groupe pourrait réduire encore ses capacités, abandonnant de plus en plus les avions tout cargo au profit du fret en soute.

Réduction de la dette de 630 millions d’euros

S’agissant des objectifs initiaux du plan de Transform, à savoir la réduction de coûts de deux milliards d’euros et une dette nette ramenée à 4,5 milliards fin 2014 contre 6,5 milliards en janvier 2012, ils seront tenus, a en revanche indiqué Alexandre de Juniac. De janvier à juin, Air France-KLM a réduit sa perte de 630 millions d’euros, la ramenant à 5,3 milliards. Le groupe dispose par ailleurs « d’une trésorerie de 4,7 milliards d’euros et de lignes de crédit entièrement disponibles de 1,85 milliard d’euros ». « Nous sommes sur la bonne trajectoire », a estimé le directeur financier, Philippe Calavia, relevant que le coût unitaire avait baissé de 2,2% au premier semestre. « Nous sommes sur la bonne voie sur tous les fronts : les coûts, les résultats, le commercial », a renchéri Alexandre de Juniac, en concluant : « we are back », le groupe fait son retour.

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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 23:13
A méditer
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Published by Ernesto
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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 22:38

Signé par la CFDT, la CGC, la CFTC, l'ANI, c'est ça:

A peine l'Accord ANI définitivement validé, une entreprise a aussitôt annoncé la fermeture de l'entreprise grâce à la procédure allégée de licenciements...

Extrait de Médiapart.fr

Dans le Puy-de-Dôme, une salariée explique : « Si on m'avait expliqué ce que signifiait l'Ani, j'aurais été de toutes les manifestations comme pour les retraites en 2010. » Marie pleure en se mordant les doigts. Elle ne connaît « rien au droit du travail », n'a pas fait d'études. Lorsqu'au printemps dernier, les détracteurs de l'accord national interprofessionnel dit de « sécurisation de l'emploi » ont appelé les salariés à manifester dans toute la France contre ce texte qualifié de « casse sociale », cette ouvrière de la papeterie Elba à la Monnerie-Le-Montel dans le Puy-de-Dôme, ne s'est pas sentie « concernée ». Non syndiquée, en CDI depuis trente ans dans une entreprise en bonne santé, elle n'a pas jugé bon d'aller protester contre « ce cadeau de la gauche au Medef »...

...Ce n'est que ce lundi 8 juillet qu'elle a réalisé « la tragédie » que représente pour elle ce texte devenu loi le 14 juin dernier, après le feu vert du Conseil constitutionnel. Et notamment le décret qui bouleverse la donne en matière de licenciements économiques collectifs. Lorsque son patron, le groupe Hamelin, leader de la papeterie de qualité, a annoncé, à quinze jours des vacances, qu'il allait rayer de la carte dès le mois d'octobre leur usine ainsi que deux autres sites en France, à Troyes dans l'Aube et Villeurbanne dans le Rhône, soit deux cents emplois sacrifiés.

Hamelin n'a pas perdu de temps pour profiter des outils que lui confère désormais la nouvelle législation. Il n'a même pas attendu que les cadres hiérarchiques de l'administration du travail (les Direccte) soient, le 5 juillet, formés par leur ministère à ce Code du travail revisité par pans entiers. Dès le 2 juillet, soit au lendemain de l'entrée en vigueur de la mesure concernant les licenciements collectifs, il a déroulé en comité européen d'entreprise son plan de restructuration, invoquant la crise du secteur. Le 8, il en informait les salariés.

Et la première réunion de négociation du plan social, prévue ce 25 juillet, intervient étonnamment à la veille de la date où l'usine ferme pour congés durant trois semaines, réduisant un peu plus le délai de deux mois déjà très court durant lequel le comité d'entreprise peut se retourner.

S'il voulait tuer toute velléité de lutte, Hamelin ne pouvait pas mieux s'y prendre. D’autant qu'en supprimant la possibilité d’intervention du juge des référés durant la procédure, la nouvelle loi désarme les représentants des salariés. Exit l'avocat qui pouvait suspendre en amont le plan, jouer la montre, gagner jusqu'à un an de répit. Quant au délai de deux mois, il ne permet plus à l’expert, éventuellement désigné par le comité d’entreprise, d’analyser sérieusement la validité du motif économique des licenciements comme par le passé. Désormais, seule l’administration du travail donnera un avis, lequel se limitera à juger la qualité des reclassements des salariés, sans aucune possibilité de contester le bien-fondé du motif économique...unilatérale de l'employeur –, elle aura 21 jours àcompter du 25 septembre pour homologuer ou non le plan.

En Auvergne, c'est le premier PSE qui découle de l'Ani qui a tant fracturé la gauche. Et c'est aussi un premier cas d'école en France pour l'administration de Michel Sapin. Car la méthode comme le calendrier du groupe Hamelin, 454e fortune de France selon le magazine Challenges, 3 000 salariés dans 21 pays, 700 millions d'euros de chiffre d'affaires, plus connue pour ses marques Oxford, Canson, Bantex, Super Conquérant, interrogent. Jusque dans les étages de la Direccte Auvergne où un proche du dossier reconnaît en “off” « un comportement de voyou où le minimum a été prévu en matière de congés de reclassement (4 mois au lieu de douze mois), d'indemnités supra-légales ». Ira-t-elle jusqu'à l'invalider ?...

Merci à Daniel de la FILPAC CGT pour cet art. de Médiapart.fr

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Published by Ernesto - dans ANI CFDT CGC CFTC
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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 08:29

Air France : suppressions de lignes à l’automne ?La compagnie aérienne Air France pourrait annoncer à la rentrée la suppression de certaines lignes et la sous-traitance d’autres, lors de l’actualisation du plan de restructuration Transform 2015.A en croire BFM TV qui cite des sources syndicales, la fermeture de lignes non-rentables figure parmi les mesures que le nouveau PDG Frédéric Gagey s’apprêterait à annoncer lors de l’assemblée générale d’octobre 2013. Air France a déjà transféré de nombreuses routes à ses filiales, la régionale HOP! et la low cost Transavia, mais cela ne serait pas suffisant. Pas de précision sur les destinations concernées, mais la chaîne ajoute que d’autres routes pourraient être à l’avenir sous-traitées, en particulier vers l’Europe de l’est et l’Allemagne au travers d’Air Berlin, dont le principal actionnaire est Etihad Airways avec qui Air France et KLM ont signé une alliance stratégique.BFM TV explique que ces décisions ajoutées à une revue en profondeur des bases de province de la compagnie de l’alliance SkyTeam pourraient conduire à la suppression de 1500 à 2500 postes, engendrant donc un nouveau plan de départs volontaires. Rappelons qu’une enquête des Echos affirmait au début juillet que le plan Transform 2015 avait permis de réaliser les deux-tiers des économies envisagées d’ici la fin 2014, un résultat toutefois insuffisant pour empêcher une actualisation. Le journal parlait alors d’un « recours accru aux partenaires européens Alitalia et Air Europa pour l’alimentation du hub de Roissy » – le tout faisant l’objet « d’intenses travaux en interne ». Air France n’a pas fait de commentaires.

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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 14:47

Les chômeurs: l'armée de réserve du capitalisme!

Ce n'est pas de moi...

C'est un peu comme chez Régional pour certains techniciens. Tu es libre de partir, mais on passe des coups de fil pour t'empêcher de trouver du boulot.

La liberté du travail en somme...

Ryanair réplique à la formation d’un syndicat

Suite à la formation du premier conseil exécutif du Ryanair Pilot Group, Ryanair affirme dans un communiqué ne pas reconnaître son existence en tant que « groupe de pilotes Ryanair ».

« Le RPG n’est pas un groupe de pilotes Ryanair et est en réalité un groupe de pilotes non-Ryanair. Les cinq membres du conseil « Ryanair » incluent quatre pilotes de compagnies concurrentes – Aer Lingus, KLM, Air France et Southwest, a déclaré Jonathan Brisy, directeur vente et marketing sur la Belgique, France et Maroc. Ce conseil montre que le European Cockpit Association n’a pas assez de pilotes Ryanair pour même former un comité. N’importe quel pilote Ryanair qui n’est pas satisfait est libre de quitter l’entreprise vu que nous avons une liste d’attente de 5000 pilotes et membres d’équipages souhaitant se joindre à Ryanair. »

Rappelons que plus de la moitié des 3500 pilotes de Ryanair aurait rejoint le groupe RPG, fondé à l’automne 2012, selon ce syndicat. Le commandant de bord en activité chez Ryanair, l’Irlandais John Goss, les commandants de bord Evert Van Zwol (777, Hollande – président) et Carl Kuwitzky (737 chez Southwest Airlines, USA), l’officier pilote Samuel Giezendanner (France) et l’ancien dirigeant d’ALPA Irlande Ted Murphy viennent d’être élus au tout nouveau conseil exécutif intérimaire. RPG a en outre fait savoir dans le quotidien allemand Die Zeit que si la direction refusait de les reconnaître dans de prochaines négociations, elle n’excluait pas de préparer une grève. Ce qui serait un événement plus qu’historique, et même une petite révolution au sein de la low cost irlandaise.

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