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  • : Le blog d'info des salariés de HOP!
  • : Blog d'information libre de toutes consignes politiques et syndicales, des salariés de HOP! La rédaction est assurée par un collectif composé en grande partie de militants de la CGT, certes, mais totalement libres de leurs propos et de leurs positions.
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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 19:48
C'est un peu le chemin que ça prend...

C'est un peu le chemin que ça prend...

Je vais vous parler "grève".

Non, lecteur pressé, le fait que je sois largement plus proche de la fin que du début d'une vie, ma foi, forte intéressante jusque là, n'altère pas (encore) mes capacités intellectuelles. Je pense que cela viendra, j'ai des exemples....

Non, je voulais, très brièvement parce que mon plumard (et la couette) me fait de l’œil, simplement vous faire partager ce qui fut, dans un premier temps, une belle colère, puis un événement qui m'a plongé dans une profonde prostration. Ça me fait ça quand je ne comprends pas, ou alors quand la bêtise atteint des sommets qui me laissent sans aucune possibilité d'en trouver la moindre justification.

Ores donc, mes Camarades et les autres représentants syndicaux étaient en négociations cette semaine à Rungis. (Ils étaient aussi au ministère des transports, jeudi, ou ils ont rencontré le Secrétaire d’État, mais je réserve le CR de cette réunion aux adhérents. Et oui...) Cette cession devait présenter les propositions de la direction concernant le sujet rémunérations et la quadrature du cercle (Wiki), il faut le reconnaître, que représente l'harmonisation salariale entre les salariés des trois ex-compagnies fusionnées au sein de HOP!

C'est là que les bras m'en tombent, que la chaise, sous mon fessier, se dérobe, que yeux et langue se voient pris dans un mouvement TexAveresque.!

Vous savez ce que nous avons vécu? Ce que fut la réalité de la mobilisation des salariés en grève durant les deux jours de notre mouvement? "Historique", c'est bien le mot qui décrivait le mieux ce qui c'est passé vendredi et samedi dernier. Et bien, croyez le, ou pas, Dimanche, Lundi, deux petits jours... Mardi, qu'est donc venue proposer la direction en la personne du gouleyant responsable des "ressources humaines" détaché sur le site de Nantes? Accrochez-vous: un mécanisme "d'harmonisation" entraînant, dans un premier temps, une baisse du taux horaire des salariés!

Pour ceux qui ne sont pas très au fait des conséquences de la moindre diminution du taux horaire sur un salaire, c'est la base de calcul du salaire! toutes les majorations d'heures de nuit, de jour fériés, de dimanche, supplémentaires, éventuellement sont calculées avec cette base. Imaginez! Nous entrons très clairement dans un dispositif de baisse des salaires, on ne parle même plus de "maintien"! Bien sûr, la direction vient, comment dire, parce que ce mot ne se prête pas du tout à la situation, "tempérer" sa proposition en parlant de mise en place de primes différentielles et donc de conservation de la rémunération.

Et puis, j'oubliais, noix de coco sur le baba au rhum le dispositif s'appliquerait (le "...querait", est capital) aux techniciens de l'escale de Roissy-CDG... "Parce que ça serait là que le problème est le plus probant du fait de la "juxtaposition" de salariés ex-DB et ex-YS"... C'est vrai, c'est probant, ça doit être sûrement le seul endroit ou il y a "juxtaposition"!

L'exemple est vraiment bien choisit!

Voilà une escale ou la plus grande partie des techniciens est régulièrement en grève, défendent, avec les conséquences financières que cela entraîne pour eux, leurs conditions de travail et une certaine éthique professionnelle, escale dont je suis, accessoirement salarié, et bien, il n'y a qu'un exemple à prendre sur les, quoi, 1200, 1300 salariés du Sol et c'est celui là!

Je ris, car je sais que le monsieur précédemment cité va sûrement me taxer de "manipulateur", de, comme quoi "je déforme totalement la réalité", "que c'était l'exemple le plus parlant" etc... etc...

Je sais, non, je pense, que vous ne l'avez peut-être pas fait sciemment, mais que, conduit par votre logique de maniaco-dépressif de la réduction des coûts, vous ayez choisit ce qui était, peut-être, cela, d'ailleurs, reste à démontrer, l'exemple, avec un grand E, deux jours après notre mouvement....Ce qui me navre, me désespère, m'exaspère, m'use, m'attriste, m'énerve, me révolte et au bout du compte, me laisse complètement anéantis, c'est que vous n'avez même pas la décence, dans un soucis, à minima, d'apaisement, de respecter le message envoyé par les salariés!

Non, ça c'est impossible! Il faut en "remettre une couche", rappeler leur "place" aux employés. "Ils appellent "ça" une victoire, on va leur montrer qui c'est qui commande", provoquer, avoir le dernier mot! Même si vous venez, deux jours plus tard, préciser que la proposition n'était qu'une "hypothèse de travail"... Y'en a pas d'autres à trouver des hypothèses!??

Je le répète, et cette répétition n'est pas plus que précédemment le fruit d'une affection neurodégénérative, NOUS, Direction et Salariés (vous aurez remarqué la majuscule, c'est un signe typographique historiquement unique sur ce blog, il salut la fonction idyllique parfois d'ailleurs tenue avec succès par des ouvriers), NOUS, avions l'occasion unique de réaliser du "grand", pas une vague d'augmentation générale, les salariés pensaient le projet irréalisable, mais une harmonisation salariale cohérente, une vraie mise à plat des statuts professionnelles, des anciennetés! Cette solution avait une avantage majeur: elle obéissait à une démarche logique, justifiée, basée sur des points concrets connus et partagés, les "jalousies" et autres positions égoïstes se seraient facilement "diluées" avec le temps.

Au lieu de ça, la solution du siècle: des primes différentielles. La prime Proteus, le retour!!

Direction, aveugle! Sourde! Tu continues à te comporter comme si rien ne s'était passée! Je ne dirai qu'une chose, continue, le cap est le bon! Toutes ces années passées à défendre les intérêts des travailleurs, m’ont appris une chose: les meilleurs Syndicalistes, ce sont les patrons qui les font!...

Les Patrons, et les RH...

 

les suites.... mais certainement pas la fin!
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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 20:13
Et après..?

Bon, on a vécu quelque chose d'incroyable.

Malheureusement (ou heureusement, d'ailleurs), un trait de caractère particulièrement pénible, parfois, compose l'ensemble de la personnalité complexe qui tente de vous faire partager ses réflexions sur, entre autre, la Compagnie: il se trouve que j'ai tendance, après la joie ou la peine causée par un événement quelconque, à éviter de rejoindre l'opinion général... En fait, je me satisfait rarement des élans fanatiques du "groupe", idem pour les séances d'affliction. 

En l'occurrence, nous avons vécu un moment historique. Oui, et après?

Ce n'est pas tant aux salariés, qu'ils faut d'ailleurs encore féliciter pour leur mobilisation, que je souhaite adresser mes réflexions, mais plus aux "syndicalistes" de tous bords, et quelque soit leur appartenance, leur étiquette, plutôt.

Je pense que le signal qu'envoie cette mobilisation ne s'adressait pas seulement à la direction de Hop! ou d'Air France. Elle met l'ensemble du "corps social" (c'est pompeux, non? Surtout quand on sait ce que, parfois, il représente...), devant ses responsabilités. Beaucoup d'entre nous se sont un peu reposés sur "l'effet fusion", beaucoup aussi, ont passé du temps à se déchirer entre ex Machin, ex Truc. On a entendu des "choses" concernant les salariés des autres sociétés qui ne devrait jamais se retrouver dans la bouche de "syndicalistes" (vous me passerez, j'en suis sûr, les guillemets... j'ai tellement de respect pour ce qu'est le Syndicalisme, tellement d'admiration pour ceux qui souffrent, poursuivis par les tribunaux, harcelés par leur patrons, que je ne peux utiliser sans prévenir le même mot pour désigner ce que je pense être fondamentalement différent).

Les salariés se sont mobilisés, nous nous devons être à leur côté. Pour ceux qui en doutaient, je crois que le signal est fort: ce sont eux qui commandent. 

Je ne vais parler que pour l'Organisation dont je suis adhérent, militant, plus exactement.  Nous avions, à la demande des salariés, d'ailleurs, laissés de côté nos ex-pratiques que certain(e)s qualifiaient de "positions de blocage" (quand on confond "blocage" et "détermination"). Il fallait laisser, nous disait t'on, du temps pour que la nouvelle société se mette en place.

Je pense que les événements qui ont immédiatement suivis la fusion de Hop!, ont largement contribué à la perte de contact avec les salariés. Si dans un premier temps, chacun s'est vraiment concentré sur son activité professionnelle, tentant d'arranger les choses à son niveau, très rapidement, dans certains services ils et elles ont perdu pieds. Informés, nous avons réagit de façon très sage, en fait, alertes auprès de la direction, en CE, en DP,  avec les CHSCT. C'est là, en fait, que nous aurions dû comprendre!

Au lieu de prendre nos remarques fonctionnelles en compte, ce qu'aurait fait n'importe lequel dirigeant pragmatique qui souhaite "avancer", les méthodes pratiquées dans les compagnies avant fusion ont perduré. Celà aurait dû nous alerter. Comment, alors que nous étions censés tous avancer dans le même sens, avec le même objectif et que nous apportions des remarques et des solutions pour faire avancer le projet, des critiques souvent constructives, comment la direction pouvait t'elle maintenir "le cap", ne changeant rien, ni a ses méthodes de négociations, ni dans la prise en considération des alertes?

En fait, il s'agissait d'une véritable stratégie! Nous nous sommes laissés embobinés, enfermés dans des réunions, des "groupes de travail", chacun pensant avoir des relations privilégiées avec la direction. Nous n'avons pas (la CGT) échappé aux conséquences de cette pratique.

Entre les difficultés au Comité d'Entreprise, (élus ne se connaissant pas, rivaux au sein de la même organisation syndicale parfois), l'organisation des nouvelles instances, et de nombreuses petites "broutilles" habituelles dans la vie d'une organisation quelle qu'elle soit, nous n'avions plus le temps nécessaire pour entendre et écouter. De plus, la diversité géographique des sites représente aussi une difficulté, il est de plus en plus difficile d'aller à la rencontre des salariés.

Ors, pourtant, la solution est bien là. Le Secrétaire Générale de la CGT, l'homme dont le monde entier nous envie la moustache nous le disait lors de son passage à CFE "nous devons reprendre le contact direct avec les salariés.../... nous nous sommes trop laissés enfermer dans ces réunions... c'est un véritable changement de comportement des patrons, nous le voyons dans toutes les boites..."

Donc, syndicalistes,  il faut absolument se mettre au boulot, TOUS et TOUTES! Bien faire comprendre à nos dirigeants que l'on à cesser de rire et que, maintenant, on va réellement discuter! C'est d'autant plus facile que l'on sait maintenant qui nous avons derrière nous. 

Serrons nous à la hauteur de la situation?  Je n'en doute pas. Il faudra seulement arrêter de négocier "étroit" en ne pensant qu'à son ancienne société, ou à son métier, à son service. Il faudra aussi ne pas limiter sa participation à une action syndicale au simple envoi de son Logo (fusse t'il "déposé" d'ailleurs).

"Tout ça pour ça". Patron(e)s, vous auriez dû être sincères, travailler dans le véritable intérêt des salariés et de la compagnie, avec une CGT qui pour une fois était bien disposée, c'est dommage... C'était possible, je vous l'assure.

Et dire que tout celà a démarré lors des négociations "Sol"....

Et après..?
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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 20:47
L'entrée du site de maintenance HOP! à Morlaix

L'entrée du site de maintenance HOP! à Morlaix

Historique, c'est bien le mot!

Certes, l'histoire courte de notre compagnie pipe un peu les dés, mais si je dis "historique", c'est bien que jamais dans l'histoire des trois ex-filiales d'Air France, Airlinair, Britair et Régional, un mouvement de grève n'avait recueilli une telle mobilisation.

Aujourd'hui, premier jour du mouvement: 

210 vols annulés en "préventif", 127 vols Hop! et 83 vols Air France (sur Roissy-CDG, les Embraer de Hop! sont affrétés par Air France). Pour remplacer les avions cloués au sol par les différents arrêts de travail, Hop! (ou Air France, ou Hop! Air France, ou les deux, ou les trois, on ne sait plus!!!), ont fait appel à des compagnies "externes" au groupe (et au pays aussi parfois, d'ailleurs): 50 vols ont été effectués par ce moyen. Enfin, 40 plutôt, puisque 10 ont été repris en propre par Air France.

En fait, nous sommes assez habitués, même en tant normal, à voir des avions plus ou moins exotiques voler sur des lignes Hop!. Nos clients ont pu encore récemment, sur le Lille-Marseille ou sur le Lille-Toulouse, apprécier le délicat accent Batave du personnel de cabine. Donc, oui, il n'y a pas besoin d'être en grève pour voir Hop! louer des avions chez d'autres, alors qu'elle en a et "des" qui ne volent pas.... C'est d'ailleurs l'un des sujets qui ont motivé notre mouvement.

A noter, la malhonnêteté de notre direction qui annonce à la presse un nombre d'annulation en rajoutant les Airbus d'Air France, alors que son personnel n'est pas concerné par la grève.. A moins, et celà ne m'étonnerai pas plus que ça, que nos deux compagnies aient brusquement fusionnées dans la nuit de jeudi à vendredi...  A vraie dire, peu importe, hypocrisie, malhonnêteté, nous y sommes régulièrement confronté, c'est juste une question d'habitude. Et puis, celà nous fera des arguments pour le tribunal quand nous irons réclamer l'UES avec Air France.

Comment ça? Vous semblez étonnés? 

Dites donc, cadres de toutes dimensions et dirigeants plus ou moins éphémères, vous ne croyez tout de même pas que, vous, la grande compagnie Nationale, celle dont les pilotes ont appris à voler aux oiseaux, vous allez continuer comme ça pendant encore des plombes à démolir votre, presque, dernière filiale aérienne, profitant des avantages de son exploitation, de la bonne volonté et de la souplesse de ses salariés!

20 ans que les différents pistonnés gouvernementaux, ou les "Camarades" de bancs de grandes écoles se succèdent à la tête du fleuron du transport aérien mondial (ce n'est pas de moi), et qu'ils se cassent les dents à essayer de le reformer. 

Il aura fallut moins de deux ans aux salariés de Hop! pour atteindre un "presque équilibre financier". Ca s'était juste avant que vous ne décidiez qu'en fait, Hop! représentait un excellent réservoir pour compenser votre manque d'anticipation concernant le recrutement de pilotes. Et voilà, nous y étions presque... En fait, celà fait presque vingt ans que "nous y sommes presque" et celà fait presque vingt ans que vos interventions ou celle du SNPL nous empêche de nous développer.

Je radote, je sais, cinquante fois que je répète cette histoire.

Tiens justement, elle m'en rappelle une autre en relation avec les répétitions. Je n'arrive plus à me souvenir le nombre de fois ou mes Camarades et moi-même sommes intervenus pour vous alerter sur ce que vivaient les salariés de Hop! Combien de fois! Combien de PV de Comité d'Entreprise aux passages entiers sur la souffrance des salariés? PNC, personnel au Sol. Dirigeants, vous avez volontairement minimisés nos alertes, pire, vous avez laisser certains de vos cadres continuer à se comporter de façons totalement inapropriées avec des salariés déjà en souffrance.

Alors, Patron, Patronne et petits mitrons, quand j'apprends, par un indiscrétion, que vous ne comprenez pas le "pourquoi" de ce mouvement de grève, je reste, quand même, malgré une expérience du sujet que certains me reconnaissent, comment dire.... "sur le cul". Vous me passerez la familiarité, mais j'avoue que l'expression s'avère tout à fait approprier pour exprimer et l'étonnement, et le "non, ce n'est pas possible", et le "oh! les malhonnêtes" (en fait, ce n'était pas l'adjectif auquel je pensais, mais un gros mot par page, ça suffit).

Comment pouvez vous être encore sincèrement surpris(e)s par ce mouvement??

Etes vous vraiment sincères? Je doute encore.

Et puis, mon innocence naturelle s'envole quand je prends connaissance de la deuxième petite phrase rapportée par "la fuite": vous auriez prévenu les grévistes qu'ils allaient " faire fuir les nos clients".

Alors là, je ne m'étonne plus, j'explose!!! Vous vous moquez de qui messieurs zé Mesdames??

Qui fait fuir les clients? Qui a mis en place le plan Recoverex à la suite de la fusion parce que la compagnie était incapable d'assurer avec sa nouvelle organisation, d'assurer la totalité des vols de la compagnie? Voulez vous que je vous rappelle (sans prendre les chiffres d'Air France) combien de vols ont été annulés de votre fait? Voulez vous que nous parlions des vols de deux heures effectués par des turbopropulseurs en lieu et place des jets? Voulez vous que nous parlions des annulations de vols parce que la Maintenance, en complète désorganisation, n'avait parfois pas une simple roue de rechange pour en remplacer une usée? Voulez vous que nous parlions des fréquences changées, des lignes annulées, des lignes affrétées par des compagnies "étonnantes"? 

Et vous osez, VOUS OSEZ, accuser les grévistes de faire fuir les clients!! Mais dirigeants sourds et aveugles, vous l'avez tellement bien fait que nous ne pourrons jamais faire pire!

Il me vient à l'esprit une citation Audiardesque, concernant ceux qui osent. Pour la même raison que précedemment, je nous épargnerai sa retranscription.

Les chifres du jour:

89% des PNC sont en grève. Sur les différents sites, une forte mobilisation à Morlaix (près de 200 personnes), rassemblement à Rungis d'une cinquantaine de personne, idem à Nantes, bonne participation (exeptionelle?) des salariés du siège malgré l'avertissement de dernière minute du représentant local des "Ressources inhumaines" qui ne peut s'empêcher de rajouter toujours son petit mot pour "titiller". Merci à nos Camarades de l'AGO (syndicat CGT de l'aéroport) et de l'Union Locale CGT.

A Clermont-ferrand, piquet de grève tenu par "l'homme du jour" (selon La Montagne) depuis 00:00 et ce, jusqu'à samedi 24:00. Pas d'information quand à la mobilisation, mais environ 80% de grévistes. Sur les escales commerciales (enregistrement, bagages aux aéroports), 80% sur Nantes, 100% à Lyon ou les renseignements généraux avaient interdit tout rassemblement... Donc, elles étaient deux, et devinez qui?

Sur les escales techniques, Nantes, Strasbourg, Orly, Roissy CDG, Bordeaux, Biaritz, Pau,Toulouse, Lannion, Brest, Rennes, Lyon, et j'en oublie, plus de 70% des techniciens avaient cesser le travail. Souvent, seuls les intérimaires assuraient la Maintenance. Nous n'avons pas les informations en provenance de Lille et il semble que les salariés de Lyon-Maintenance aient totalement cessé le travail aussi.

Un mail à été adressé au secrétaire d'état aux transports pour lui demander la médiation du gouvernement dans ce conflit.

Nous ne mesurerons pas le succès de ce mouvement au nombre de vols annulés. Nous ne nous faisons aucun espèce de plaisir sadique à compliquer la vie de nos passagers et de toutes façons a direction arrivera toujours à "arranger" les chiffres. Par contre, à leur place, je me poserai certaines questions....89% des PNC... 100% au sol dans certains secteurs..."ça cause", "ça indique", "ça signifie", non?

Une grève réussit...Et sans les pilotes!!

 

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 22:49
Conférence de presse suite à la grève chez HOP!

Bonsoir

Suite à l'annonce de notre mouvement de grève du 7 et 8 avril prochain, une conférence de presse se tiendra demain à 13h devant le siège de la compagnie rue de Villeneuve à Rungis (à deux pas de la gare RER C de La Fraternelle), avec la participation de Mme Lebranchu.

Si vos pas vous conduisent dans le coin....

 

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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 20:42
Et tout ça pour ça...

Et voilà.

Le 6 mars dernier, la CGT HOP ! déclenchait le processus de conflit. Héritage « social » de la fusion entre les trois compagnies Airlinair, Britair et Régional, le processus dit de « veille sociale » en vigueur dans la compagnie Bretonne était censé donner aux partenaires sociaux, le temps de négocier avant un éventuel mouvement de grève.

C'est une forme « d'obligation à négocier » qui, il faut bien le dire, à totalement disparu dans le transport aérien du fait de la loi Diard, en effet, l'obligation faite par cette loi aux grévistes de se déclarer 48heures avant de cesser le travail, devait servir à permettre l'ouverture de négociations. Or, la réalité est bien autre, et ces 48 heures sont seulement mis à profit pour déployer des dispositifs de remplacement des salariés en grève.

Le dispositif de « veille sociale » prévoit donc, deux réunions entre les Organisations Syndicales qui sont à l'origine de la mise en œuvre du cette procédure, la CGT HOP ! et l'UNAC, dans le cas qui nous concerne aujourd'hui, et la direction.

Ces réunions se sont tenues, la seconde lundi dernier.

Nous ne pouvons que constater, avec regrets d'ailleurs, que la direction ne répond à aucune de nos revendications.

Ah si, il faut reconnaître, concernant l'activité de la compagnie : « nous vous garantissons 70 charges (avions, pour faire simple) pour le programme hiver 2017...si nous avons les pilotes ».

Il vaut mieux en rire, car c'est bien le sujet principal sur lequel nous avons interpellé la direction depuis le début de cette « hémorragie » de chauffeurs d'avion vers Air France, notre propriétaire.

Je rappelle, pour ceux qui n'auraient pas lu nos dernières publications, les revendications de la CGT HOP !:

  • Définition d'un périmètre d'activité de la compagnie HOP ! au sein du groupe Air
    France

  • Présentation d'un business plan.

  • Devenir du secteur Turbo-propulseur

  • Mesures concrètes concernant l'amélioration des conditions de travail et la
    gestion des RPS

  • Négociation des futurs accords collectifs dans une véritable démarche
    d'harmonisation sociale

En fait, tous les points découlent du premier !

Quelle est la place de HOP ! dans le groupe Air France.

 

La main-mise d'Air France

Pour les salariés des trois ex compagnies, Airlinair, Britair, Régional cela fait plus de 10 ans que « ça dure » !

10 ans de déclarations d'intentions, pour arriver à cette fusion, que je juge, ratée.

En fait, Air France ne s'occupe de ses filiales que lorsqu'elle y trouve SON intérêt, et seulement le sien.

C'est une tradition des dirigeants, des cadres et des syndicats de cette compagnie : « seuls nos intérêts comptent ».

Ainsi quand l'activité à Toulouse et à Marseille fut reprise par Air France, Régional fut tout simplement retiré de ses bases et les compensations financières accordées furent loin, mais alors très loin de combler les pertes d'exploitation de la filiale.

« Nous offrons des postes de PNC à celles de vos hôtesses qui souhaitent rester chez elles à Marseille et à Toulouse ….Naturellement, elles passeront les sélections et seront incorporées sans aucune ancienneté ». « Vous comprenez la chance et l'honneur que nous leur faisons d'incorporer la compagnie nationale, quand même »

En fait, la vérité, c'est que le plan « base province » initié par les dirigeants de cette compagnie, se trouvait contrecarré par le manque de volontaires chez les PNC d'Air France, la modification de leurs conditions de travail qu’entraînait cette mutation n'attirant pas les « masses ».

Air France ne faisait donc de cadeau à personne, les organisateurs de ce plan avaient simplement besoin de monde pour lancer la première de leur base... Marseille.

Une fois que le bouche à oreille eut fonctionné, et que les effectifs furent au complet, personne n'avait plus besoin des Toulousain(e)s de Régional qui avaient pourtant réussit les sélections. Elles attendent toujours...

Pendant des années, Air France s'est servit des filiales pour, soit « défricher » des lignes, soit les faire effectuer en affrètement à des coûts tels, qu'ils mettaient en danger la survie économique des entreprises.

Les dirigeants, les cadres, les Syndicats d'Air France dirigent et tentent de sauver Air France, le reste (les filiales) ne sont que des faire-valoir et cela fait bien longtemps que cela dure....

 

Air France manque de pilotes :

Aujourd'hui, c'est des pilotes dont Air France à besoin.

Une fois de plus, (encore), c'est au manque d'anticipation des cadres dirigeants que nous devons cette situation. Ces mêmes cadres dirigeants qui étaient capables de dire à la veille de la décennie « les low-cost ? Pffff, ce n'est qu'un épiphénomène ». Ben l'épi, effectivement, il est phénoménal !

Rassurez vous, en excellents politiciens-technocrates, ils vous expliquent avec le même aplomb frisant la plus totale mauvaise foi, qu'en fait, vous n'avez rien compris, le marché évolue, à l'époque cela était vrai... etc...etc.... Ils n'auront de toutes façons jamais tord !

Donc, il manque des pilote chez Air France de part un manque total d'anticipation des besoins par ses dirigeants. « Qu'à cela ne tienne ! On va leur refaire le coup des bases provinces, et comme en plus, les chauffeurs d'avion ne rêvent que d'une chose, voler sur des avions toujours plus gros, nous ne risquons pas de manquer de volontaires.... signons donc un accord avec le SNPL et notre manque de prévoyance paraîtra une excellente mesure de carrière de salariés des filiales ».

Accord signé, l’hémorragie débute. Les conséquences n'ont pas tarder à se faire sentir.

Plus de pilotes pour les avions de HOP !

Déjà extrêmement fragilisé par une fusion précipitée, l'exploitation de cette toute nouvelle compagnies se retrouve gravement affecté.

La flotte diminue, diminue encore. Alors que la direction d'Air France jure ses grands dieux que nous sommes « un maillon essentiel » dans les plans sur l'avenir du court courrier d'Air France, il faut bien se rendre à l'évidence, si les un peu plus de 3000 salariés après fusion correspondent à une flotte de 75 charges, ce niveau ne pourra bientôt plus être maintenu...

 

Tout ça pour ça !

Voilà.... un an d'effort, un an de sacrifice, de pleurs, pour certaines, de véritables drames humains provoqués par les mobilités professionnelles et géographiques, et tout cela remis en cause parce Air France à besoin de Pilotes !

C'est quand même formidable : Air France est à l'origine de la fusion (on ne me ferra jamais croire qu'une telle décision ait pu être prise au seul niveau de la direction de l'ex holding HOP !...), Air France est donc responsable pour partie de ce que nous subissons aujourd'hui et c'est Air France qui est en train de « dynamiter » ce qu'elle a créer.

On marche sur la tête !

Tout cela pousserait plutôt à la rigolade, si des vies de femmes et d'homme n'étaient très largement, au minimum, perturbées.

Accords collectifs, RPS, fin de secteurs, maintien de la flotte : tout ces problèmes ont la même origine ! Tout, en fait, découle directement de notre place au sein de groupe Air France.

Pourquoi se mobiliser seulement sur les discussions en cours concernant nos accords collectifs, alors que même l'avenir de l'entreprise en en jeu.

C'est la raison qui a fait que la CGT HOP ! et l'UNAC ont déclenché ce processus de veille sociale.

 

Une direction perdue

Il ne faut pas s'étonner de voir la direction de HOP ! bien incapable d'apporter la moindre réponse concrètes à nos questions.

Nous y avons été habitués par la passé : les directions des filiales ne dirigent pas, elles sont aux ordres. Même si je leur accorde, par naïveté sûrement, au moins la volonté d'essayer, la décision finale appartient à la maison mère.

« Normale » me direz vous.

Certes, quand cela obéit à une certaine logique. Quand on « s'emmanche » dans la création d'une nouvelle compagnie, et que, dans le même temps, on lui enlève ses « bras », il faudra quand même m'expliquer la logique commerciale et opérationnelle de la manœuvre.

Il semble bien que les partisans de Transavia aient réussi à faire valoir leur thèse. En effet, c'est bien à cette compagnie que la direction d'AF souhaite transférer une partie de l'activité court et moyen courrier. Le projet de la voir opérer sur le réseau domestique est ancien, il avait été baptisé du doux nom de « Mimosas » et prévoyait le développement à partir de bases en province (et oui...) de lignes effectuées par cette soit disant low-cost.

Je dis « soit-disant » car cette compagnie n'a rien en fait d'une compagnie à bas coûts. Elle vit ses coûts au siège-kilomètre-offert (CSKO) très sensiblement impactés quand il fallut, après un accord avec le SNPL d'Air France, intégrer des pilotes d'Air France aux salaires d'Air France. Il y a deux jours, la presse relatait également l'augmentation générale des salaires des PNT de cette compagnie pour les amener, tous, au niveau de ceux de la compagnie mère.

Quelle logique commerciale et économique !

Tandis que l'on demande à l'ensemble des salariés du groupe des efforts, à grand coûts d'accords « réduction des coûts » (que certains par une naïveté coupable s'empressent de signer, imposant par là, des mesures d'économie totalement injustifiées aux moins bien lotis), on lâche des augmentations salariales aux seuls pilotes d'une compagnie qui n'a jamais, jamais gagné d'argent.

La précision est d'importance !

Des cadeaux au SNPL d'Air France et un avenir sombre pour le reste ! (PNC compris, ce qui est quand même formidable pour des gens travaillant, en fait, dans le même avion...).

 

Appel à la grève :

Cet exposé un peu long pour annoncer un échec, car la grève est un échec et je n'ai, personnellement, aucun plaisir à appeler les salariés à cesser le travail.

Pourtant, je vous assure que nous ne voyons aucun dénouement positif à la situation que vivent les hommes et les femmes de la compagnie.

Nous pensons qu'il y a une absolue nécessité à ce que les salariés de HOP ! montrent, enfin, leur colère devant ce monumental gâchis.

La CGT HOP !, l'UNAC et, je l'ai appris dans la journée, la CFDT et le SAC (mieux vaut tard que jamais), appellent l'ensemble des salariés de la compagnie à se mobiliser les 7 et 8 avril 2017.

 

Nous ne pouvons rester simples spectateurs de décisions qui mettent en jeu notre avenir !

Ne rien faire c'est accepter !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 23:33
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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 20:47
Une catastrophe écologique prochaine?

Il semblerait bien qu'une nouvelle catastrophe menace la planète, si ce n'est la planète, le pays, à minima.

La forêt est en danger, c'est indéniable! La raison de ce fléau malheureusement inévitable: la langue de bois dont l'utilisation se généralise à toutes les "sphères" de la société.

En effet, si les politiques nous avaient habitué à l'exercice au point que nous n'y faisions même plus attention, c'est maintenant au sein des entreprises que nous constatons avec un certain étonnement, l'utilisation massive de cet artifice de communication.

Comme la direction d'Air France est à la "pointe" de la modernité en matière de stratégie d'annonces, elle n'échappe donc pas à la règle, et en a donné un superbe exemple entre hier et aujourd'hui en adressant sa réponse au courrier que les élus du Comité d'Entreprise de HOP! lui avaient adressé au lendemain de la présentation du plan "Trust Together".

En effet, ce plan censé réorganiser Air France ne faisait pas une seule fois, référence à la toute nouvelle compagnie fruit de la fusion, laborieuse, (la direction l'analyse comme une véritable réussite) de Britair, Airlinair et Régional. Les inquiétudes étaient donc palpables: "comment??? Ne ferions nous plus partie des plans de la "grande" direction ???"

Donc, on nous a répondu.

"Et" me direz-vous? "Vous allez devenir quoi?"

Et bien, on ne sait pas.... Il y a des pistes, des suppositions, des possibilités, mais Il semblerait bien que notre avenir se décidera en fin de compte chez Air France, entre direction et syndicats de la "maison mère". En gros, les "bases province" bis répétita.

Mais, comme on dit, "chat échaudé craint l'eau froide", "tant va la cruche à l'eau qu'un jour elle se casse", etc... etc... il semblerait que cette fois, la rébellion soit en marche...C'est une rébellion un peu pépère pour l'instant, je vous l'accorde, mais c'est l'avantage des démarrages lents, ils évitent les claquages et permettent de tenir longtemps...longtemps...

En attendant "la révolte", je vous propose la vision d'une petite vidéo avec un "formateur en communication", Franck Lepage. La vidéo date de 2012, elle n'a jamais été autant d'actualité.

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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 21:55

Vous trouverez ci-dessous, en pdf, une communication de la CGT HOP! suite aux annonces faites par le nouveau président d'Air France jeudi 3 novembre.

Hormis le peu de cas que la direction fait des filiales du groupe en général et de HOP! en particulier, il faut revenir juste une petite minute sur ces annonces.

"Création d'une compagnie Low-cost par Air France" titraient l'ensemble des publications "spécialisées" jeudi et vendredi dernier. A l'exception d'un ou deux journalistes toujours extrêmement bien renseignés, peu d'entre eux avaient vraiment lus ou écoutés les propos de Mr Janaillac. En effet, si c'est de Low-cost dont il est question, cette "réduction" ne s'adresse pas aux passagers, mais bien aux salariés de cette future compagnie (à l'exception des pilotes, c'est vrai). 

De plus, cette compagnie ne s'envolera pas seulement vers de lointaines destinations, mais une partie de ses moyens sera destinée à alimenter les hubs de la compagnie avec des avions courts et moyens courriers, des "A320" cite monsieur le nouveau patron.

Les grands "perdants" de ce "thrust together"? Les PNC, sûrement, dont le métier subit une lente mais constante altération. Les salariés du sol également, ou les recours à la sous-traitance et la course, là aussi à la "réduction des coûts" entraînent, dégradation des conditions de travail et diminution des rémunérations.

C'est étonnant comment la distance entre le cockpit et le reste de la cabine augmente.

Je ne parle pas de celle entre ce poste de pilotage et le "sol"!

Pour des dirigeants qui voulaient restaurer la confiance et la solidarité entre les métiers, c'est assez réussit, non?

 

 

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 22:37

Vous trouverez ci-dessous, le préavis de grève et le tract qui l'accompagne, concernant l'action de la CGT sur le site de HOP!Régional à Clermont-ferrand.

Philippe Martinez, Secrétaire Générale de la CGT, sera présent sur place et rencontrera salariés et syndiqués.

Seront également présents, en plus de délégations Auvergnates de militants, nos Camarades de la CGT d'Air France.

Merci de diffuser largement cette information autour de vous!

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 22:44

Voiçi l'analyse d'un sociologue sur la libéralisation de l'assistance aéroportuaire. C'est extrait d'un article du Monde du 3 novembre 2015.

Voyez, lisez, ce que provoque le libéralisme prôné par notre gouvernement dans la droite (c'est le cas de le dire) ligne de la politique pratiquée à Bruxelles. Cautionnée aussi, il faut le dire, par son administration, DGAC en tête.

Nous travaillons sur l'aéroport de Roissy-CDG, avec une société d'assistance aéroportuaire. Je connais certains salariés depuis maintenant plus de 12 ans. D'Europe Handling, à une société dont je ne me rappelle même plus le nom, en passant par Vivendi, tract'piste, tous les changements de sous-traitants se sont soldés par UN grand point commun: la dégradation des conditions de travail pour les salariés! Certains services ont vu leurs effectifs divisés par deux. "Quatre bagagistes pour décharger un avion? C'est trop voyons, deux suffirons". "Un "chef avion" par appareil? On va bien trouver le moyen de le "couper" en deux, il assurera la gestion de deux touchées (escale) en même temps". Temps d'escale qui, dans le même temps, ont été réduits (moins de 25mn en fait la plupart du temps).

Conséquences: un Embraer190 (bi-réacteur 100 places) se retrouve avec une surcharge "bagage" de 400kg, A un autre, on donne un plan de chargement destiné à un ATR etc... Cette situation a conduit la CGT de Swissport à porter l'affaire devant le préfet de l'aéroport et la DGAC avec l'aide de l'Union Locale CGT. Résultats: rien.

Les conséquences sont aussi dramatiques sur les salariés eux mêmes. Des salariés de 30 ans sont atteins de Troubles Musculo-Squelletique se rencontrant généralement sur des individus en fin de carrière: problèmes vertébraux, de genou, d'épaules, les corps souffrent, c'est le moins que l'on puisse dire. Un pourcentage effarants de salariés en restriction médicale, un nombre incroyable d'arrêts de travail, les corps et les têtes souffrent. Il est en effet psychologiquement extrêmement difficile de tenter de faire son travail du mieux possible et de voir que sa propre direction ignore la réalité du terrain et la souffrance de ceux qui, pourtant, produisent la richesse.

Les donneurs d'ordres, en l'occurrence, la direction d'Air France sont à l'origine de ces dérives! Elle sait parfaitement ce qui est possible et à quel prix. Qu'importe! "Vous êtes trop chers!".

Car le sujet est bien là! "Réduction des coûts". Salariés, ce n'est pas parce que médias et politiciens rabâchent, ressassent, répètent toujours et encore "vous êtes trop chers", qu'ils ont forcément raison. D'autres l'ont déjà dit, et pas forcément de vilains gauchistes.

Il faut stopper cette spirale infernale et ne pas être pessimiste ou désabusé, nous en avons vraiment les moyens! Il suffit juste d'y croire et se mettre en action.

Bonne lecture....

Fabien Brugière est l’auteur d’une thèse intitulée « Sous les avions, la « piste ». Sociologie des ouvriers de l’assistance aéroportuaire confrontés à la modernisation du travail », soutenue en 2014 à l’université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, sous la direction de Danièle Linhart.

"Vingt ans de déréglementation menacent la survie d'Air France"

Le Monde | 03.11.2015 à 16h03 • Mis à jour le 03.11.2015 à 17h37 | et de s'apercevoirnnnnnnnnnnn

Depuis le début du conflit social opposant les salariés d’Air France à leur direction, les divers experts s’exprimant dans les médias n’ont de cesse de rappeler le bilan déficitaire de la compagnie depuis 2008. La compagnie pionnière de la consolidation européenne d’hier serait-elle aujourd’hui en danger de mort à cause de salariés incapables de remettre en cause leurs privilèges ?

Le spectre de la faillite est agité par la direction du groupe afin de légitimer la mise en application d’un « plan B » de restructuration donnant lieu à une réduction d’effectifs de 2 900 postes, qui viendrait s’ajouter aux 14 200 postes supprimés depuis 2015. Qu’en est-il en réalité ?

Concurence par les coûts au détriment des salariés

Depuis la crise financière et le « 3e choc pétrolier » de 2008, face à la persistance des déficits, la direction d’Air France s’est lancée dans un programme de compétitivité avec le plan Tranform 2015, qu’elle compte poursuivre avec le plan Perform 2020. Les résultats économiques semblent être positifs puisqu’on observe une baisse de 8 % des coûts (soit 1 milliard d’euros d’économies récurrentes), les gains de productivité sont de l’ordre de 20 % et les profits sont de retour en 2015.

Malgré ces bons résultats, la direction souhaite poursuivre la réduction du coût unitaire de ses vols, encore supérieur, à ses dires, à ceux de la concurrence, en accroissant à nouveau la productivité de 17 % sans compensation salariale fixe.

Lire aussi : Air France, 15 ans de perte de vitesse

Face à l’essor des transporteurs à bas coûts, la compagnie franco-néerlandaise développe une offre low cost par le biais de sa filiale Transavia, dont le trafic a augmenté de 60 % depuis 2011. Cette filiale va probablement poursuivre sa croissance à un niveau européen, sachant que le projet Transavia Europe stoppé par la grève des pilotes il y a un an, reste dans les cartons de la direction.

Le développement rapide du marché low cost fait en effet peser un risque de perte d’activité aux transporteurs qui ne s’y engagent pas, tout en présentant une perspective de profitabilité élevée. La logique de concurrence y régnant s’y appuie sur la réduction des coûts, en premier lieu ceux du travail. On a pu voir une même logique à l’œuvre de façon particulièrement claire dans le cadre de l’assistance au sol.

Déréglementation synonyme de précarisation

La directive européenne 96/67/CE d’octobre 1996 décrétant l’ouverture à la concurrence des activités d’assistance au sol (opérations de piste, manutention et tri bagages et fret, catering, carburant, armement, nettoyage, etc.), à l’origine intégralement prises en charge par les gestionnaires d’aérodrome et les compagnies aériennes, a suscité leur externalisation. Elles sont désormais majoritairement sous-traitées à des prestataires de services indépendants.

Air France n’en a conservé qu’une certaine partie, le fameux « plan B » prévoyant d’ailleurs la suppression de 1 700 postes de personnels au sol invisibles médiatiquement. La compagnie française, à l’instar de ses concurrentes, a préféré, selon le jargon économique consacré, se recentrer sur son « cœur de métier » de l’offre de voyages plus profitable que les activités d’assistance dont les marges demeurent faibles.

Lire aussi : Air France : chronique d’un crash devenu inévitable

La déréglementation a ainsi favorisé le développement d’un modèle économique où les entreprises dominantes se réservent les activités à forte valeur ajoutée et sous-traitent à des prestataires de services celles de moindre valeur. À cette division du travail et du profit entre les entreprises, se superpose une hiérarchie similaire entre les salariés des entreprises centrales et ceux des entreprisespériphériques où les conditions de travail et d’emploi sont dégradées.

Plus concrètement, l’emploi précaire se diffuse sous diverses formes (CDD, contrat de professionnalisation, intérim) en touchant en premier lieu les postes les moins qualifiés ainsi que de manière croissante les postes les plus qualifiés, dans le but d’ajuster à court terme le volant de main-d’œuvre au niveau d’activité. La mise en concurrence des salariés pour l’accès et le maintien dans le noyau stable devient le moteur de la mobilisation au travail (avec la peur du chômage), de même que l’instrument de la casse des solidarités de métiers, notamment syndicales.

Vers un marché du travail aéroportuaire Low-cost

Avec l’élévation actuelle des transporteurs à bas coûts comme modèle de référence, la précarisation franchit un nouveau pallier en prenant d’assaut les salariés « centraux » encore relativement épargnés par la remise en cause des conditions de travail et des avantages salariaux, ce qu’illustre le conflit en cours chez Air France. La progression sur le marché de compagnies comme Ryanair ou easyJet repose sur leur profitabilité, qui, au-delà de choix stratégiques concernant les dessertes ou la tarification à la carte des services, se fonde sur la contraction des coûts et la flexibilisation du travail, notamment grâce au dumping social et au contournement des syndicats.

L’alignement des compagnies traditionnelles sur leurs nouveaux concurrents faitplaner l’ombre d’une « lowcostisation » du marché du travail aéroportuaire (faisant écho au débat récent sur l’« uberisation »), autrement dit un nivellement par les bas des salaires (horaires) et les conditions de travail pénibles.

Lire aussi : Air France : le syndicat des pilotes refuse à nouveau le projet Transavia Europe

C’est la raison pour laquelle les « privilèges » et le « corporatisme » des salariés d’Air France sont aujourd’hui la cible des critiques libérales au nom d’une compétitivité indispensable à la survie sur le marché, pourtant assurée en partie par l’intensification du travail consentie par ces mêmes salariés.

Face aux sombres perspectives salariales d’une hégémonie du low cost, il serait pertinent de dresser vingt ans après le bilan des politiques de déréglementation en prenant en compte les coûts sociaux de ces changements. Gardons à l’esprit que l’Union européenne et les États européens conservent les manettes de la régulation du marché. Accepter que la « démocratisation » des transports aériens s’effectue au détriment des salariés est un choix politique en rien inéluctable. Il peut d’ailleurs prendre des allures plus dramatiques encore, lorsqu’on considère l’importance de la sécurité dans le secteur aérien, que quelques chemises arrachées.

On pense notamment au crash meurtrier (150 morts) du vol 9525 de la Germanwings - filiale low cost de Lufthansa citée en exemple par les détracteurs d’Air France -, provoqué par un jeune pilote en proie à des troubles psychologiques (que certains experts assimilent à un burn-out professionnel) et contraint de voler pour rembourser ses dettes envers son employeur.

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