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  • : Blog d'information libre de toutes consignes politiques et syndicales, des salariés de HOP! La rédaction est assurée par un collectif composé en grande partie de militants de la CGT, certes, mais totalement libres de leurs propos et de leurs positions.
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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 12:33

Une année 2017 "lourde" en élections.

Il est indiscutable que la notion même de suffrage universel ne nous offre plus aucun espoir.

Oui, le système est pourri, totalement corrompu. La justice poursuit les salariés qui défendent leurs emplois et relaxe les Wildenstein et Lagarde.

Les "politiques" se serrent les coudes pour se maintenir au pouvoir, les grands patrons n'ont jamais été aussi riches, les actionnaires n'ont jamais reçu autant de dividendes et les droits des salariés et de ceux qui les défendent, après plus d'un demi-siècle de progrès se voient attaqués de toutes parts au nom, encore, du profit maximum.

Les 62 personnes les plus riches possèdent autant que les 3,5 milliards le plus pauvres! (A lire içi).

Dans ces conditions, espérer un changement de société par les urnes, alors que tous ont intérêt à ce que SURTOUT rien ne change, ce n'est plus de la naïveté....

Il est essentiel, à mon avis, de lire ce point de vue sur les scrutins divers et variés (que je partage, mais ce n'est certainement pas le plus important) publié sur "Lepressoir-info.org".

 

Je suis abstentionniste et tu viens m’insulter...

 

Dans le contexte électorale qui vient, ce texte me parait important à lire. Les pseudo-arguments pro-vote se multiplient. Effectivement les parties politiques et autres institutions jouent leurs légitimités. C’est pas de président, c’est de société qu’il faut changer.
Ecrit pendant les élections municipales de 2014 par une personne anonyme. Le rédacteur est attaqué pour son abstentionnisme et rendu coupable de la montée du FN. Il réplique...

Je suis abstentionniste et tu viens m’insulter, toi l’électeur, toi le votant, toi qui portes, scrutin après scrutin, des hommes et des femmes au pouvoir et qui n’auront de cesse de te décevoir. Qui te trahissent tout en te jurant que la prochaine fois ils feront mieux.
Tu viens m’insulter, déverser sur moi ton aigreur suite à la défaite de ton camp, comme un soldat tenant son fusil face à un peloton de déserteurs. Dans ton esprit ardent de combativité, si tu as perdu ce n’est pas parce que ton ennemi est meilleur, ce n’est pas parce que tes leader sont mauvais, c’est simplement ma faute, à moi, qui ne veut pas me battre.

Je suis le coupable.

Tu t’affirmes éclairé, instruit, intelligent. Tu méprises copieusement les presque trois quart de la population française qui n’ont pas voté, ou qui ont voté pour des partis ennemis à tes yeux. Tu les traites de connards, d’ignorants, de cons, de débiles, de sombres merdes ignorant tout de leur Histoire, n’entendant rien à la politique. Nous ne sommes tous pour toi que des fainéants abrutis de publicité. Tu nous es supérieur.

Alors que nous dis-tu ? Que nous enseignes-tu, toi, l’homme instruit ?

Tu nous dis que la montée de l’abstention provoque une montée du Front National. Tu affirmes même que c’est mathématique. Tu l’ériges en loi physique.

Observons cette loi physique.

     2014, élection européenne, on nous annonce une abstention de 57% et un vote Front National de 25%.
     2009, élection européenne, l’abstention était de 59%, le vote Front National était de 6,5%. Abstention plus forte, vote FN plus faible.
     2004, élection européenne, l’abstention était de 57%, le vote Front National était de 10%. Le Parti Socialiste totalise à lui seul près de 30% des voix (du jamais vu dans une élection européenne) et la gauche dans son ensemble obtient 42% des votes. Un raz-de-marée de gauche pour une abstention pourtant équivalente à celle de 2014.

Toi, le mathématicien, l’analyste des chiffres, peux-tu oui ou non affirmer qu’il y a corrélation entre le taux d’abstention, le vote d’extrême droite, et le vote à gauche ?
Peux-tu me regarder dans les yeux et affirmer que les chiffres prouvent que l’abstention fait monter le FN et baisser la gauche ? Que c’est mathématique ?

Tu n’es pas seulement mathématicien, tu es aussi sociologue.

Tu affirmes que si tout le monde « bougeait son cul », que si tout le monde allait voter, l’extrême-droite serait balayée et la gauche triomphante pourrait enfin révolutionner la France. Tu affirmes savoir que les sympathisants d’extrême-droite vont tous voter alors que les abstentionnistes sont tous des gauchistes trop fainéants pour se bouger.
Si on doit faire de la sociologie de comptoir, essayons au moins d’utiliser un outil statistique. Voici quelques chiffres tirés d’une analyse de l’électorat français pour les européennes de 2014, réalisée par Ipsos. Si tu as plus fiable, je suis preneur. En attendant...

50% des personnes ayant voté Le Pen au premier tour des dernières élections présidentielles se sont abstenus aux européennes. 50%. Un frontiste de 2012 sur deux n’est pas allé voter en 2014.
La même question pour les électeurs de Hollande et Sarkozy donne respectivement 58 et 48.

Si l’on s’en tient aux sympathisants (c’est à dire ceux qui se déclarent proches de tel ou tel parti mais n’ont pas été voté cette fois) on obtient 53% d’abstentions pour les sympathisants du Front National, 50% d’abstention pour les sympathisants de l’UMP, 58% d’abstention pour les sympathisants du Parti Socialiste. Et avec seulement 43% d’abstentionnistes parmi leurs sympathisants, le Front de Gauche est le mouvement politique qui possède en apparence la plus faible réserve électorale parmi les non-votants. Étonnant, non ?

Il y a donc entre 50 et 53% d’abstentions chez les partisans du Front National. Score supérieur à celui de la droite, inférieur à celui de la gauche et très largement supérieur à celui de l’extrême-gauche.

Tu es certain de vouloir conduire tous les abstentionnistes aux urnes ? Tu peux affirmer que si « tout le monde se bougeait le cul et allait voter » les choses changerait ? Tu l’affirmes, d’accord, mais sur quelle base ?

Tu n’es pas seulement mathématicien et sociologue, tu es également capable de pénétrer mon cerveau pour en extraire les raisons de mon abstention : en résumé, parce que je suis un gros connard de fainéant lâche et hypocrite trop ignorant des choses de la Politique pour prendre conscience que si je ne vais pas glisser un bout de papier dans une boîte, quand on me le demande, le monde va s’écrouler. 
Puis-je te dire, moi le crétin, moi l’idiot, moi l’inepte détritus de l’Humanité, pourquoi je ne vote pas ?

Par conviction.

Je vomis l’extrême-droite et ses petits pantins crapuleux carriéristes et affairistes qui se prétendent proches du peuple et du pavé pour mieux caresser les patrons dans le sens du poil.
Je vomis la droite et ses costards-cravates aux sourires si aveuglant qu’on en oublierait presque les chairs sanguinolentes des travailleurs suicidés qu’ils ont encore coincées entre leurs dents.
Je vomis la gauche et ses crânes chauves aux ventres mous, cette assemblée de traîtres qui confisque un idéal pour mieux le brader aux banquiers comme une reconnaissance de dette.
Je vomis l’extrême-gauche et ses révolutionnaires légalistes, ses Che Guevara de plateaux télé, moralistes coupables incapables de défiler sans accord de la Préfecture.
Je me vomis, moi, moi et ma cagoule noire depuis trop longtemps au fond de mon tiroir, moi et ce corps qui commence à oublier ce qu’est l’impact d’une flashball, d’un coup de matraque, d’un bracelet de menottes.

Je ne vaux pas mieux que toi, pas mieux que les autres, j’abandonne, je baisse les bras, je constate avec amertume que tout nous échappe. Toi, tu t’accroches au vote.
Moi je m’accroche à cette idée lancée par Etienne de la Boétie dans son Discours de la servitude volontaire, cette idée qui dit « Ce tyran, il n’est pas besoin de le combattre, ni de l’abattre. Il est défait de lui-même, pourvu que le pays ne consente point à sa servitude. Il ne s’agit pas de lui ôter quelque chose, mais de ne rien lui donner. »
Je ne donnerai pas ma voix parce que j’estime qu’elle est pour le pouvoir en place l’instrument de sa légitimité.

Parce que j’estime que ce pouvoir est malfaisant. Et c’est précisément parce que je le critique, précisément parce que je m’y oppose, que je ne souhaite lui donner aucune légitimité en participant à son sacre.
J’estime à l’heure actuelle que l’ensemble de la classe politique, sans aucune exception, n’a pour fonction que de servir les intérêts des pillards et de trahir les idéaux de leurs victimes.
J’estime que ceux qui leur donnent leur voix en sont les complices, les serfs, les esclaves et qu’ils se complaisent dans une servitude volontaire. Et qu’ils me haïssent parce que je ne porte pas avec eux le fusil et l’uniforme fourni par ceux qui se soucient moins de nos vies que de leurs profits.

L’abstention est l’expression même de mon opinion politique.

Tu es en droit de juger que je me fais des illusions, que mon opinion politique n’en est pas une, que c’est être bien naïf que d’imaginer qu’en ôtant toute légitimité à un pouvoir il finira par s’écrouler de lui-même. Tu peux dire que c’est utopique. Tu auras sans doute raison.
Laisse-moi juste te dire que depuis des années tu vas voter aux heures où on te demande de le faire, pour les personnes que l’on te propose, en suivant la procédure mise en place par le pouvoir en place.

A chaque rendez-vous électoral tu espères que ça change. 
A chaque rendez-vous électoral, tu te dis que cette fois-ci ce sera la bonne ou qu’au moins on aura évité le pire.
Tu colmates sans cesse les brèches d’un bateau qui coule en espérant qu’à force il se passera quelque chose de nouveau.
Et années après années, élections après élections, tes espoirs sont sans cesse déçus par ceux-là mêmes en qui tu avais placé ton espoir.
On te désigne des coupables, tu les insultes, tu oublies les élections précédentes, et tu recommences.

Encore et encore.

Qui est utopiste ?

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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 20:56

A l’invitation des travailleurs et des Syndicats CGT et CGC de Fralib en lutte depuis 1000 jours, pour la sauvegarde de leur emploi et de leur entreprise, contre la multinationale Unilever qui doit assumer toutes ses responsabilités, les salariés et les syndicats des entreprises en lutte pour l'emploi et la défense du potentiel industriel national se sont réunis à l'usine de Gémenos (13) le 28 juin 2013 dans un "carrefour des luttes.

A cette initiative de lutte participaient l’Union locale d’Aubagne (13), l’Union départementale des Bouches-du-Rhône, la Fédération Nationale Agroalimentaire et Forestière (FNAF-CGT) et la Confédération CGT.

L’ensemble des participants ont condamné avec force les décisions et attitudes du patronat, ainsi que les politiques d’austérité du gouvernement et leur choix de casse industrielle, de casse des droits des travailleurs et d’abandons économiques.

Ils condamnent toutes criminalisations de l’action syndicale et exigent l’amnistie des militants syndicaux.

L’ensemble des syndicats réunis appelle à élever les luttes et les résistances coordonnées, à leur donner détermination et cohérence, à ouvrir des perspectives sociales, politiques et démocratiques transformatrices. Un processus durable et le plus unitaire possible de mobilisations massives est indispensable. La satisfaction des revendications des travailleurs et leur émancipation seront l’œuvre des travailleurs eux-mêmes.

L’ensemble des militants présents au Carrefour des luttes appelle les salariés de leur entreprise et de tout le pays à construire et faire grandir le mouvement social, avec une participation massive aux journées nationales d’actions interprofessionnelles de grèves et de manifestations pour les salaires, l’emploi et les retraites, lancée par la CGT, prévue dés la rentrée, entre le 9 et le 12 septembre 2013. Ils s’engagent à contribuer à cette mobilisation de toute leur force.

Gémenos, le 28 juin 2013

Extrait de la déclaration:

Dans sa réunion du 10 juin 2013, la CE Fédérale de la Chimie CGT considère qu’il y a « un problème de fonctionnement dans la CGT nationale, non-conforme aux règles de vie statutaire de cette organisation ».

…La loi dite « Sécurisation des emplois » (ANI) a été votée après une mobilisation qui n’a pas été à la hauteur des enjeux. L’UMP et le PS, le MEDEF et la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC l’ont négociée dans le dos des salariés.

…Au 50ème congrès le débat sur « le syndicalisme rassemblé et/ou l’union d’action » a été refusé. Il ne s’est pas terminé avec une journée nationale d’action telle qu’attendue par les délégués, à cause de démarches dites « unitaires » qui faisaient l’impasse sur les oppositions de fond concernant l’ANI.

Cette action a été renvoyée à la décision de la Commission Exécutive Confédérale, qui elle-même l’a renvoyée au Bureau Confédéral !!! Pour finir sur un appel de dernière minute pour le 16 mai, sans préparation, ni plan de travail. On ne peut pas dire que les conditions de réussite de la mobilisation aient été créées.

Au Comité Confédéral National (CCN) des 22/23 mai 2013, la FNIC-CGT (Fédération Nationale des Industries Chimiques –CGT) a porté l’exigence de construire le rapport de force CGT, avec une feuille de route claire, visible, perceptible pour les militants et salariés, avec au cœur une action nationale avant les congés, un plan de travail durant les congés, ainsi qu’une action pour la rentrée décidée dès maintenant,

...Le 29 mai, avant la réunion de la Commission Exécutive Confédérale du 4 juin, tombe une déclaration de la CGT avec l’ensemble des signataires de l’ANI, pour un rassemblement le 19 juin à Paris, excluant ceux qui hier, étaient avec la CGT dans la bataille soit, FSU, Solidaires, FO … Comment justifier cette déclaration, sachant que la veille, le 28 mai 2013, ces mêmes organisations signaient un livre de 165 pages de partage d’analyse avec nos adversaires que sont le MEDEF, l’UPA et la CGPME, sur des mesures partagées pour « améliorer la compétitivité des entreprises ».

Le Comité Exécutif fédéral (CEF) de la FNIC CGT tient à exprimer son désaccord profond sur cette stratégie… Que dire à nos militants, aux syndicats CGT qui subissent au quotidien les conséquences de ces alliances et qui doivent expliquer « une fois blanc » « une fois gris », « une fois noir », en fonction d’alliances au sommet, c’est difficilement compréhensible

Les pourfendeurs du Code du travail d’hier sont les seuls à y trouver un intérêt.

Le Comité Exécutif Fédéral FNIC CGT en appelle à l’ensemble de la CGT, il y a urgence à renforcer l’unité de la CGT face au danger du repli.

Il nous faut une CGT engagée résolument et en priorité sur la mobilisation, à partir de nos propositions revendicatives CGT, l’unité, à l’entreprise des salariés et de leurs organisations est le moteur de la construction du rapport de force sans lequel le mot « négociation » n’a aucun fondement.

Le Comité Exécutif Fédéral demande la mise en place d’un plan de travail, d’actions, pour toute la CGT, avec une action nationale avec grèves et manifestations sur les enjeux, pour la rentrée, décidées dès maintenant.

Sachant que sur le dossier des retraites, le gouvernement veut limiter la durée de la concertation à deux mois, sans oublier la période des congés.

****

Cette adresse a été expédiée aux 1400 syndicats de la CGT-Chimie, aux UD et UL CGT et plus largement encore.

"Confédération, debout!"
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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 11:24

La confiscation de l'épargne réclamée par le dirigeant d'UNICREDIT, banque Italienne.

 

A lire en suivant ce lien:

 


 Convulsions mortifères des marchés financiers

 

 

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 13:50

Gérad Filoche est un inspecteur du travail. Était, car il a fait valoir ses droits à la retraite et je peux vous dire qu'il y a un paquet de patrons qui ont poussé un grand "Ouff" de soulagement.

Véritable défenseur du Code du Travail, il intervient dans la vidéo en lien sur le nouvel Accord National Interprofessionnel.

Pour la petite histoire, il est membre du bureau national du Parti Social (incroyable mais vrai)

C'est long, certes, mais passionnant.


A ne pas rater!

 

l'accord national interpro expliqué par un spécialiste du travail

 


 

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 12:57

Vous trouverez ci-dessous le texte, extrait du site de l'Assemblée Nationale, de la question sur la loi Diard que le député Auvergnat a posé au gouvernement.

Cette loi doit être abrogée, c'est une nécessité!

 

 

 

 

14ème législature


Question N° : 20915de M. André Chassaigne ( Gauche démocrate et républicaine - Puy-de-Dôme )

 

 

 


Question écrite


Ministère attributaire > Transports, mer et pêche

 

Ministère interrogé > Transports, mer et pêche

 

Rubrique > transports aériens

Analyse > législation. perspectives
Tête d'analyse > grèvesQuestion

publiée au JO le : 12/03/2013 page : 2746

Texte de la question


M. André Chassaigne attire l'attention de M. le ministre délégué auprès de la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, chargé des transports, de la mer et de la pêche, sur la loi Diard encadrant le droit de grève et instaurant un service minimum dans les transports. Datant de mars 2012, la loi Diard a étendu au transport aérien les dispositions de loi relative à la continuité du service public dans le domaine du transport de voyageurs. Cette loi prévoit que les salariés doivent se déclarer grévistes individuellement quarante-huit heures à l'avance et déclarer leur reprise 24h à l'avance. La loi Diard, ainsi que les dispositifs de la loi d'août 2007, remettent profondément en cause le droit de grève mais aussi l'aspect collectif d'un mouvement social. De nombreux syndicats contestent à juste titre le maintien de ce service minimum qui défavorise le dialogue social, au lieu de l'améliorer, et envenime le climat dans les entreprises et le secteur des transports. À l'adoption de ces lois, de nombreux parlementaires de gauche avaient contesté leurs fondements antisociaux. En conséquence, il lui demande s'il compte abroger la loi relative au service minimum dans les transports de voyageur ainsi que la loi Diard. Ces abrogations seraient un signe fort envoyé aux organisations syndicales et aux salariés afin de garantir un véritable droit de grève.

Texte de la réponse

 

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 14:39
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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 20:28

Pour ceux qui pensent encore que l'autogestion ne peut pas marcher.

Pour tout ceux et toutes celles qui pensent qu'il faut un chef

http://13h15-le-samedi.france2.fr/?page=accueil&rubrique=reportages&video=manuel_13h15_reportage_1_20130323_220_23032013135707_F2

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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 20:12

Nicolas Sarkozy a été mis en examen.

Son fidel (hi hi..) ex-conseiller mais toujours ami monte aux créneaux pour assurer la défense du chef:

"Qui peut croire que Nicolas Sarkozy ait pû faire ça" (abus de faiblesse) "qui?

MOI, monsieur Guaino! Moi! Sans aucun problème.

Je ne sais pas s'il est coupable de ce dont on l'accuse, mais je n'ai personnellement et en tant que simple citoyen, aucun doute sur la capacité qu'il aurait eu de le faire.

Il a bien abusé de 50 millions de français pendant 5 ans, dont un grande partie de smicards pourquoi n'aurait'il pas pû profiter de la faiblesse d'une vieille dame pleine aux as?

Moi, monsieur Gaino, j'y crois.

Et il n'était pas nécessaire qu'un juge le dise.

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 19:55

Voilà.

On aurait pû penser qu'un président socialiste aurait au moins eu la décence de respecter l'expression libre du Peuple en colère.

C'était se faire, encore une fois, une illusion.

Il aura vraiment trompé son électorat sur toute la ligne!

Que ce serait'il passé si le pauvre gars que vous verrez dans la vidéo avait eu la mauvaise idée de crier "casse toi pauvre con"?

Ce qui, soit dit en passant, aurait été largement mérité...

 


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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 23:07

C'était un grand Homme.

Son "enveloppe" disparue, il reste, heureusement, ses livres, ses entretiens, des vidéos...

La première, j'ai cru voir un gosse de 10ans avec des rides. En 3 phrases il savait donner des raisons d'espérer.

Que tous les vils flatteurs qui ne manqueront pas de "rendre hommage au grand Homme" et qui le traitaient de "fou", d'utopiste et de bien d'autre qualificatifs tous aussi sympathiques, soient hantés toutes les nuits par sa prose et torturés par ses idées, car pour eux, se sera un vrai supplice. Pensez donc, obsédé par les droits de l'Homme, acharné de l'égalité entre les peuples, anti-raciste.

Il n'avait que des qualités.

Et dire que les autres sont toujours vivants...

 

Stéphane Hessel et Edgar Morin : deux résistants, deux tempéraments, deux figures phares de l’engagement. L’ancien diplomate et le sociologue se sont rencontrés le 19 juillet 2011, au Théâtre des idées, le cycle de rencontres intellectuelles du Festival d’Avignon. Vifs, graves, alertes et enjoués, ils ont donné ce jour-là quelques raisons d’espérer, malgré la crise mondiale, quelques motifs de croire en la politique en dépit de toutes les désillusions auxquelles nous a conduit le règne des cyniques. En tontons flingueurs de la pensée, ils s’en sont même pris aux nouvelles forces réactionnaires droitières comme aux impasses d’un progressisme de reniement. LE MONDE  28.02.2013 Propos recueillis par Nicolas Truong
Stéphane Hessel.

 

En France, c’était le crépuscule des années Sarkozy, le moment où la volonté de récupérer la« politique de civilisation » d’Edgar Morin par le président de la République s’était depuis longtemps noyée dans le discours de Dakar en juillet 2007 sur « l’homme africain [qui] n’est pas assez entré dans l’Histoire » ou celui de Grenoble de 2010 sur les Roms et la déchéance de la nationalité. En Europe, les populistes extrémistes prospéraient. Dans le monde entier, la crise financière ne cessait de projeter son ombre portée. Pour ces deux amis qui s’étaient rencontrés à l’orée des années 1980, le temps de la réaction s’installait. Régression politique, économique, mais aussi idéologique. Car la bien-pensance avait changé de camp, et le lâchage sur les immigrés ou les « assistés » cartonnait dans les écrits et sur les écrans.

 « INDIGNEZ-VOUS ! »

Le succès du petit livre de Stéphane Hessel, Indignez-vous ! (Indigène, 2010) était retentissant. Mais l’ancien déporté en connaissait bien les limites et les critiques. Au sein même de son propre camp s’élevaient des réserves sur ses appels incantatoires à la résistance et ses références historiques prestigieuses mais datées. Formé à la philosophie auprès de Maurice Merleau-Ponty, Stéphane Hessel savait que l’indignation, qui est, selon Spinoza, « la haine que nous éprouvons pour celui qui fait du mal à un être semblable à nous », peut-être aussi une « passion triste ». Lui l’envisageait comme un sursaut face à la résignation politique et la fatalité sociale. Il voyait dans La Voie, l’ouvrage d’Edgar Morin qui reliait toutes les réformes pratiques et théoriques, le chemin. D’où l’importance d’avancer aussi par affects politiques, loin des grands discours programmatiques.

« Caminante no hay camino, se hace el camino al andar », disait le poète Antonio Machado qu’Edgar Morin aime à citer : « Toi qui marche, il n’y a pas de chemin. Le chemin se fait en marchant. » Vaincre la tyrannie des marchés et réformer la pensée, telle était l’urgence de ces deux maîtres rêveurs. Dessiner une France solidaire, forger une Europe politique, esquisser un monde moins inégalitaire, tous ces chantiers restent d’actualité.

Stéphane Hessel tint à terminer cette rencontre par une chanson anticolonialiste écrite avec sa femme Vitia, sur l’air de Il n’y a pas d’amour heureux, le célèbre poème d’Aragon mis en musique par Georges Brassens. Stéphane Hessel et Edgar Morin, qui publièrent ensemble Le Chemin de l’espérance (Fayard, 2011), savaient pourtant bien qu’il y existait aussi des amours heureux. Mais ce jour-là, c’est l’amitié qui prenait le quart. Jeunes et vieux regardaient éblouis ces papys qui avaient fait et faisaient encore de la résistance. Et qui réactivèrent de concert le principe espérance.

Comment expliquez-vous le mouvement de repli réactionnaire qui s’opère aujourd’hui, notamment en Occident ?

 Edgar Morin : Cette tendance régressive est due au sentiment de perte d’avenir. Nous avons longtemps vécu dans l’idée que le progrès était une loi historique. Jusqu’à Mai 68, nous étions persuadés que la société industrielle développée résoudrait la plupart des problèmes humains et sociaux.

Tandis que la Russie soviétique et la Chine maoïste promettaient un avenir radieux, on s’imaginait que le progrès allait s’emparer des pays anciennement colonisés pour y faire advenir le développement économique et le socialisme arabe. Le futur s’est effondré, laissant place à l’incertitude et à l’angoisse : aujourd’hui, nul ne sait de quoi le lendemain sera fait.

Quand le présent est incertain et angoissant, on a tendance à se recroqueviller sur le passé. Dans cette situation, les partis qui représentaient la France républicaine de gauche se sont progressivement vidés de leur substance.

Du communisme, il reste l’étoile naine du Parti communiste français ; quant à la sociale-démocratie, elle n’a pas su se régénérer pour répondre aux défis de la mondialisation. D’où ce sentiment d’impuissance et de résignation face à la spéculation financière. Par ailleurs, la dispersion de la connaissance, compartimentée entre experts de différentes disciplines, nous empêche d’adopter une vision globale.

Stéphane Hessel : Entre les idéologies communiste et néolibérale, il s’agit de frayer un passage à la vraie démocratie fondée sur la majorité populaire. Dans mon livre Indignez-vous !, je rappelle le programme élaboré par le Conseil national de la Résistance en France, dont certains points mériteraient d’être réactivés.

Face à la crise économique qui nous menace aujourd’hui, il convient de revenir à ces valeurs démocratiques et de faire face au souvenir de Vichy, du dreyfusisme, du versaillisme à la fin de la guerre de 1870, à cette France réactionnaire qui ressurgit au gré des crises.

La situation actuelle n’est certes pas aussi tragique que dans les années 1930, mais le poids qui pèse sur la France n’est pas moins lourd. Il ne nous vient plus d’une occupation extérieure ni même du capitalisme français, mais de l’économie mondiale et de son néolibéralisme effréné.

C’est un poids contre lequel luttaient les syndicats et les mouvements de la Résistance, dans le souci de revenir aux valeurs fondamentales de liberté, d’égalité et de fraternité.

Aujourd’hui plus que jamais, il nous faut renouer avec les valeurs promues par les résistants : Sécurité sociale pour tous, résistance contre les féodalités économiques, école pour tous, sans oublier la presse indépendante.

Le philosophe et sociologue Edgar Morin à Paris, le 2 février 2007.

Edgar Morin : Le programme du Conseil national de la Résistance entendait réanimer la République des années 1930, qui avait failli sous le poids des scandales et de son incapacité à répondre à la crise économique ou à aider l’Espagne.

Aujourd’hui encore, il s’agit de régénérer la démocratie en lui imprimant un caractère social. Il y a toujours eu deux France mais, sous la IIIe République, le peuple avait le dessus. La reconnaissance de l’innocence de Dreyfus, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, l’instauration de la laïcité étaient des victoires sur la France de la réaction.

Il a fallu un désastre sans précédent, que Charles Maurras appelait « la divine surprise », pour que la deuxième France prenne le pouvoir. Cette deuxième France, qui s’est manifestée dans ses caractères les plus xénophobes, s’est discréditée dans la collaboration et désintégrée avec la Libération. D’où l’importance de régénérer ce peuple républicain cultivé par les instituteurs laïques, par les partis qui enseignaient la solidarité mondiale…

Les sécurités élémentaires de l’Etat-providence sont aujourd’hui menacées par la compétitivité économique : les entreprises dégraissent, imposent des rythmes de travail qui peuvent conduire à des suicides… La régression peut prendre des formes multiples. Il faut désormais prendre conscience du péril et chercher de nouvelles voies.

Stéphane Hessel : Certains disent qu’Indignez-vous !, c’est bien beau, mais cela ne nous dit pas ce qu’il faut faire. Effectivement, ce petit texte de 30 pages n’est que le prélude à une réflexion indispensable. Il faut commencer par nous indigner pour ne pas nous laisser endormir.

Toute une génération risque de se dire qu’on n’y peut rien : c’est à cela qu’il faut trouver une réaction. Il ne suffit pas de savoir que ça va mal, il faut savoir comment aller dans la bonne direction. C’est là que l’apport d’Edgar Morin, dans La Voie, est précieux.

Il nous montre qu’il y a des amorces de véritables marches en avant dans un certain nombre de domaines : l’économie sociale et solidaire, par exemple, qui permet d’aller plus loin que cette tyrannie du profit. Nous ne devons en aucun cas perdre confiance dans la capacité d’aller de l’avant et de renouveler les aspirations légitimes des résistants sous le régime de Vichy et l’occupation allemande.

D’où vous vient cet optimisme, vous qui avez traversé un tragique XXe siècle ?

Stéphane Hessel : Edgar Morin et moi-même avons une longue vie derrière nous ; nous avons été témoins de situations qui paraissaient insolubles, comme l’Occupation, la Chine de Mao, la Russie de Staline, la décolonisation. Il faut avoir confiance et patience : les problèmes ne sont pas plus graves aujourd’hui qu’ils l’étaient dans notre jeunesse et, l’expérience l’a montré, ils ne sont pas insurmontables.

Cela me rappelle une discussion que j’ai eue avec le philosophe Walter Benjamin (1892-1940), grand ami de mon père, notamment traducteur de Proust en allemand. C’était à Marseille, en août 1940, avant qu’il cherche à rejoindre l’Espagne et se donne la mort dans la petite ville de Port-Bou, dans les Pyrénées. J’avais 23 ans et, lui, 48.

« Nous sommes dans le nadir de la démocratie, m’a-t-il dit. Avec la victoire d’Hitler, nous sommes au point le plus bas où elle peut tomber. » Je me souviens lui avoir répondu : « Mais non, croyez-moi, nous allons trouver les voies de la résistance. D’ailleurs j’essaye de rejoindre le général de Gaulle, à Londres »

Edgar Morin : Nous avons su garder nos aspirations d’adolescents, même si, en ce qui me concerne, j’ai perdu quelques illusions. Nous sommes animés par le souci permanent du destin de l’humanité.

Lors de ma première rencontre avec Philippe Dechartre, l’un des responsables du mouvement de résistance auquel j’ai appartenu, il m’a demandé : « Qu’est-ce qui te motive, toi ? » Je lui ai répondu que c’était, bien sûr, la libération de la France, mais surtout mon désir de participer à la lutte de l’humanité pour son émancipation. Ce souci du destin humain est resté le mien.

De même que nous avons lutté contre le nazisme, nous entendons résister à toute forme de barbarie, et surtout à cette barbarie froide et glacée que les philosophes allemands Theodor Adorno (1903-1969) et Max Horkheimer (1895-1973) appelaient la raison instrumentale, c’est-à-dire une rationalité destructrice fondée sur le calcul, où la raison est un moyen et non une fin.

Nous avons le sentiment que le monde court à la catastrophe. Nous sommes confrontés à une série de crises économiques et écologiques. Mais mille initiatives naissent de par le monde, comme ce fut le cas pendant la Résistance. Voilà ce qui a maintenu mon optimisme.

Stéphane Hessel : La métamorphose que propose Edgar Morin est à la portée de toute société à condition qu’elle développe une immunologie à l’égard de ce qui l’entoure : au lieu de mettre les Roms à la porte, qu’on les aide à trouver leur place dans la société.

Au lieu d’enlever la nationalité à celui qui est né à l’étranger, qu’on l’accueille pour lui donner la possibilité d’être un Français même encore plus dynamique que ses camarades. Voilà le changement d’orientation par lequel la société peut devenir autre ! Il ne faut jamais penser que l’horizon est bouché. Aucune des situations que nous avons traversées avec Edgar Morin n’est restée bloquée.

Pensez-vous que des institutions comme l’ONU sont des leviers pour inventer une autre voie et lutter contre ces périls ?

Stéphane Hessel : Nous avons la chance de disposer d’une institution mondiale qui n’a pas seulement pour objectif de mettre un terme aux conflits mais de promouvoir les ressources de l’humanité et de respecter les libertés fondamentales.

En réalité, ce ne sont pas les peuples qui y siègent, mais les Etats souverains. Faire travailler les Etats ensemble s’est avéré beaucoup plus difficile que nous le croyions à l’époque où les Nations unies ont été créées.

Nous sommes dans une phase où les oligarchies économiques et financières dominent les Etats qui ne peuvent se sortir individuellement de ces oppressions. Pourraient-ils en sortir collectivement ? Oui, sans doute, l’Union européenne pourrait le faire.

A l’heure actuelle, il est vain de compter seulement sur les gouvernements pour prendre des mesures qui permettraient le redressement de l’économie mondiale. L’article 71 de la charte des Nations unies évoque la possibilité pour les organisations non gouvernementales d’être consultées par les instances mondiales.

Nous avons besoin d’ONG plus nombreuses et plus solides, capables de faire pression sur les instances internationales pour les empêcher de subir la dictature des oligarchies financières.

Edgar Morin : A mon sens, il faut maintenir la mondialisation dans le sens où elle établit la solidarité des peuples, mais il faut aussi préserver le local et le régional contre l’emprise des multinationales.

Dans certains pays d’Afrique, des multinationales achètent aux gouvernements d’immenses quantités de terre dont on dépossède les paysans pour y faire de l’agriculture intensive d’exportation, provoquant ainsi de nouvelles famines. Toute nation doit avoir son autonomie vivrière. C’est aux Etats, à l’opinion et aux citoyens de l’imposer.

La crise de la notion prométhéenne de progrès s’est accentuée avec des catastrophes écologiques comme celle de Fukushima. Le monde occidental peut-il envisager un autre chemin que celui de la raison instrumentale ?

Edgar Morin : Quand un système n’est pas capable de résoudre les problèmes qui le menacent, soit il se désintègre, soit il s’enfonce dans la barbarie, soit il parvient à opérer une métamorphose.

Les catastrophes de Hiroshima et Nagasaki ont marqué la fin de l’Histoire, non pas au sens où l’entendait le politologue américain Françis Fukuyama, pour qui la démocratie libérale marquait un aboutissement de l’Histoire, mais au sens où tout est à réinventer.

C’est là que le principe de métamorphose prend toute sa pertinence. La mondialisation est à la fois la pire et la meilleure des choses. En quoi est-ce la meilleure ? Elle a fait apparaître une communauté de destins pour une humanité confrontée aux mêmes problèmes fondamentaux, qu’ils soient écologiques, sociaux, politiques ou autres.

Ainsi, nous ne pourrons arriver aux changements que souhaite Stéphane Hessel sur le plan de la gouvernance mondiale qu’en développant un sentiment d’appartenance à la communauté, à ce que j’appelle la « terre patrie ».

Ce mot de patrie est très important ; il fonde la communauté de destins sur une filiation partagée. La « terre patrie » ne signifie pas qu’il faille dissoudre les communautés nationales et ethniques : l’humanité a besoin de préserver sa diversité en produisant son unité.

Il est vital de créer une instance capable de décider des problèmes écologiques, d’anéantir les armes de destruction massive et de réguler l’économie de façon à juguler la spéculation financière.

Quelles sont les mesures concrètes qui permettraient de s’engager sur une nouvelle voie ?

Stéphane Hessel : Enumérer une succession de mesures phares n’est pas une solution au vu de la complexité et de l’interdépendance de tous ces problèmes. A la base de tout, il faut une réforme de la pensée, une réforme du vivre et de l’éducation.

Si l’on veut aller vers une métamorphose, il faut travailler sur tous les fronts à la fois.

Edgar Morin : Une autre politique économique est possible. Elle ne passe pas seulement par le développement d’une économie verte, mais par de grands travaux de revitalisation des campagnes, de dépollution et de réhumanisation des villes…

Par ailleurs, dans les marges, on voit déjà se mettre en place une économie sociale et solidaire, avec des banques qui permettent l’épargne, des monnaies locales, des microcrédits. Le commerce équitable et l’agriculture biologique suppriment les intermédiaires prédateurs et refoulent l’agriculture industrielle, polluante et destructrice des sols.

Il convient de recréer une alimentation de proximité qui nous donnerait une autonomie vivrière, indispensable en cas de crise ou de désastre. Autant de mesures qui montrent qu’au-delà des chiffres de la croissance, une autre politique est possible.

Aujourd’hui, les adolescents des banlieues sont livrés à l’économie des trafics et à la délinquance à laquelle on ne veut répondre que par une répression accrue, alors que nous savons que les prisons sont des couveuses de criminalité.

Dans des favelas de Rio, un investisseur a ouvert une maison où les jeunes peuvent apprendre à lire, à écrire, pratiquer des activités sportives ou artistiques : quand ces enfants des bidonvilles sont reconnus dans leur intégrité, la délinquance baisse. Mille exemples montrent qu’on peut trouver des solutions.

Votre programme serait ainsi une synthèse des trois gauches, la gauche libertaire, la gauche socialiste et la gauche communiste ?

Edgar Morin : Le libertarisme se focalise sur l’individu, le socialisme vise à ce que la société soit meilleure et le communisme insiste sur le commun. La gauche ne peut se régénérer qu’en reliant ces trois sources. Je souhaite que les partis se décomposent et se recomposent en une nouvelle formule.

La perte de confiance dans les élites peut se traduire par un vote d’extrême droite ou par l’abstention, mais elle peut également susciter des mouvements libertaires qui expriment des aspirations profondes. Comme nous l’avons vu récemment dans les révolutions du monde arabe, il nous manque une force organisatrice dotée d’une pensée politique capable de donner un sens à l’action.

On peut se révolter, aspirer à une autre vie démocratique mais, une fois que cette inspiration s’est manifestée, ces mouvements se déchirent. Il importe avant tout d’élaborer une pensée politique fondée sur un diagnostic de la situation.

Croyez-vous encore que ces partis traditionnels peuvent porter les réformes que vous appelez de vos voeux ?

Stéphane Hessel : Oui, et même tels qu’ils sont. Que faut-il essayer d’obtenir ? L’élection d’un président de gauche soutenu par les trois composantes citées. La constitution d’une vraie gauche au Parlement européen est primordiale. Il ne faut surtout pas se dire « je ne vote plus car les partis sont décevants » : tous les partis sont décevants, mais nous avons besoin d’un gouvernement.

Nous manquons d’inventivité politique. Les gens votent pour des partis sans en comprendre exactement le fonctionnement. En France, le nombre de syndiqués est minime par rapport à d’autres pays. Nous ne vivons pas véritablement dans une démocratie. L’élection d’un président de la République au suffrage universel est contraire au fonctionnement d’une démocratie parlementaire.

Il faut viser une nouvelle constitution fondée sur la décentralisation et une plus grande participation des forces intermédiaires. Il reste du travail à faire, mais il n’est pas insurmontable : il y a un désir latent de sortir du seul système des vieux partis politiques français.

Il faut nous mettre à l’écoute de la volonté populaire qui appelle un changement radical du fonctionnement de la démocratie.

Edgar Morin, vous souhaitez nous faire partager des strophes méconnues de « La Marseillaise ». Et vous, Stéphane Hessel, nous faire découvrir un poème écrit avec votre femme et qui porte le titre de « Il n’y a plus de 14-Juillet ».

Edgar Morin : Oui, il s’agit des 11e et 12e strophes de La Marseillaise qui sont pratiquement inconnues alors qu’elles portent le mieux le grand message de 1789. Dans ces strophes, le chant allie le sentiment patriotique à l’universalisme le plus grandiose, qu’on en juge :

« La France que l’Europe admire a reconquis la liberté/Et chaque citoyen respire sous les lois de l’égalité/sous les lois de l’égalité !/Un jour son image chérie s’étendra sur tout l’univers/Peuples ! Vous briserez vos fers et vous aurez une patrie. Aux armes, citoyens ! « 

Stéphane Hessel : Au moment où nous en voulions encore au général de Gaulle de ne pas avoir mis fin plus rapidement à la colonisation, nous écrivions, ma femme Vitia et moi, un petit texte dont je vous dirai simplement les deux dernières strophes que nous chantions sur l’air deIl n’y a pas d’amour heureux :

« Où sont passées, Paris, tes passions populaires, le bruit de tes pavés faisait trembler les rois et l’Histoire s’avançait au rythme de tes pas et quand, seul contre tous tu chantais « ça ira », ça en faisait du bruit au-delà des frontières, ça c’était le 14-Juillet. Maintenant que tu t’es rangé, ces mots qui t’enflammèrent, on les retrouve encore sur tes vieux monuments mais ceux qui meurent pour ça à Bône et à Oran, ce sont des fellagas, ce sont des musulmans. Tes filles dansent avec ceux qui les pacifièrent, on appelle ça le 14-Juillet. »

C’était sévère, mais peut-être juste.

Propos recueillis par Nicolas Truong

Edgar Morin Né à Paris, le 8 juillet 1921, Edgar Nahoum, enfant unique de Vidal et Luna Nahoum, juifs séfarades originaires de Salonique émigrés à Ménilmontant, perd sa mère à l’âge de 10 ans. Combattant volontaire de la Résistance, lieutenant des Forces françaises combattantes (1942-1944), membre du Parti communiste dont il est exclu en 1951, Edgar Morin est directeur de recherches émérite au CNRS, président de l’Agence européenne pour la culture (Unesco) et de l’Association pour la pensée complexe. Il se consacre depuis vingt ans à la recherche d’une méthode apte à relever le défi de la complexité qui s’impose à la connaissance scientifique et à nos problèmes humains, sociaux, politiques (La Méthode, Seuil, 2007). Il a effectué d’importantes recherches en sociologie contemporaine et s’est efforcé de concevoir la complexité anthropo-sociale en y incluant les dimensions biologiques et imaginaires. Un hors série du Monde, « Edgar Morin, le philosophe indiscipliné », lui a été consacré. Il vient de publier Mon Paris, ma mémoire (Fayard, 270 p. 19 €) après La Voie(2012, Fayard/Pluriel), Pour l’avenir de l’humanité (Fayard, 2011) et Mes philosophes(Germina, 2011).

 

Stéphane Hessel

Naît le 20 octobre 1917 à Berlin. Son père, Franz Hessel, essayiste, ami de Walter Benjamin et traducteur de Proust, appartient à l’intelligentsia de la République de Weimar. Sa mère, Helen Grund, a inspiré le roman Jules et Jim d’Henri-Pierre Roché, adapté au cinéma par François Truffaut (1962). Elevé dès le début des années 1920 en France, Stéphane Hessel intègre l’Ecole normale supérieure en 1937 et fait des études de philosophie.

Après la débâcle de 1940, il est proche de l’Américain Varian Fry qui s’efforce alors de faire sortir les intellectuels allemands menacés de la France occupée, puis gagne Londres où il travaille pour le Bureau central de renseignements et d’action. Arrêté au cours d’une mission en 1944, il est déporté à Buchenwald, Dora puis Bergen-Belsen et ne retrouve Paris qu’en mai 1945. Devenu diplomate, il assiste à la naissance de l’ONU. Il y sera chef de la délégation française à partir de 1977 et élevé à la dignité d’ambassadeur de France en 1981.

Infatigable signataire de pétitions en faveur des causes qui lui tenaient à coeur, la lutte contre la pauvreté, la défense des Palestiniens ou celle des objectifs du Conseil national de la Résistance. Ce proche de Michel Rocard et amateur de poésie s’est engagé jusqu’à la fin de son existence à travers son texte Indignez-vous ! (Indigène, 2010), dont le retentissement fut mondial. Il est mort le 27 février à Paris.

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Published by Ernesto - dans Actualité
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