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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 12:33

Une année 2017 "lourde" en élections.

Il est indiscutable que la notion même de suffrage universel ne nous offre plus aucun espoir.

Oui, le système est pourri, totalement corrompu. La justice poursuit les salariés qui défendent leurs emplois et relaxe les Wildenstein et Lagarde.

Les "politiques" se serrent les coudes pour se maintenir au pouvoir, les grands patrons n'ont jamais été aussi riches, les actionnaires n'ont jamais reçu autant de dividendes et les droits des salariés et de ceux qui les défendent, après plus d'un demi-siècle de progrès se voient attaqués de toutes parts au nom, encore, du profit maximum.

Les 62 personnes les plus riches possèdent autant que les 3,5 milliards le plus pauvres! (A lire içi).

Dans ces conditions, espérer un changement de société par les urnes, alors que tous ont intérêt à ce que SURTOUT rien ne change, ce n'est plus de la naïveté....

Il est essentiel, à mon avis, de lire ce point de vue sur les scrutins divers et variés (que je partage, mais ce n'est certainement pas le plus important) publié sur "Lepressoir-info.org".

 

Je suis abstentionniste et tu viens m’insulter...

 

Dans le contexte électorale qui vient, ce texte me parait important à lire. Les pseudo-arguments pro-vote se multiplient. Effectivement les parties politiques et autres institutions jouent leurs légitimités. C’est pas de président, c’est de société qu’il faut changer.
Ecrit pendant les élections municipales de 2014 par une personne anonyme. Le rédacteur est attaqué pour son abstentionnisme et rendu coupable de la montée du FN. Il réplique...

Je suis abstentionniste et tu viens m’insulter, toi l’électeur, toi le votant, toi qui portes, scrutin après scrutin, des hommes et des femmes au pouvoir et qui n’auront de cesse de te décevoir. Qui te trahissent tout en te jurant que la prochaine fois ils feront mieux.
Tu viens m’insulter, déverser sur moi ton aigreur suite à la défaite de ton camp, comme un soldat tenant son fusil face à un peloton de déserteurs. Dans ton esprit ardent de combativité, si tu as perdu ce n’est pas parce que ton ennemi est meilleur, ce n’est pas parce que tes leader sont mauvais, c’est simplement ma faute, à moi, qui ne veut pas me battre.

Je suis le coupable.

Tu t’affirmes éclairé, instruit, intelligent. Tu méprises copieusement les presque trois quart de la population française qui n’ont pas voté, ou qui ont voté pour des partis ennemis à tes yeux. Tu les traites de connards, d’ignorants, de cons, de débiles, de sombres merdes ignorant tout de leur Histoire, n’entendant rien à la politique. Nous ne sommes tous pour toi que des fainéants abrutis de publicité. Tu nous es supérieur.

Alors que nous dis-tu ? Que nous enseignes-tu, toi, l’homme instruit ?

Tu nous dis que la montée de l’abstention provoque une montée du Front National. Tu affirmes même que c’est mathématique. Tu l’ériges en loi physique.

Observons cette loi physique.

     2014, élection européenne, on nous annonce une abstention de 57% et un vote Front National de 25%.
     2009, élection européenne, l’abstention était de 59%, le vote Front National était de 6,5%. Abstention plus forte, vote FN plus faible.
     2004, élection européenne, l’abstention était de 57%, le vote Front National était de 10%. Le Parti Socialiste totalise à lui seul près de 30% des voix (du jamais vu dans une élection européenne) et la gauche dans son ensemble obtient 42% des votes. Un raz-de-marée de gauche pour une abstention pourtant équivalente à celle de 2014.

Toi, le mathématicien, l’analyste des chiffres, peux-tu oui ou non affirmer qu’il y a corrélation entre le taux d’abstention, le vote d’extrême droite, et le vote à gauche ?
Peux-tu me regarder dans les yeux et affirmer que les chiffres prouvent que l’abstention fait monter le FN et baisser la gauche ? Que c’est mathématique ?

Tu n’es pas seulement mathématicien, tu es aussi sociologue.

Tu affirmes que si tout le monde « bougeait son cul », que si tout le monde allait voter, l’extrême-droite serait balayée et la gauche triomphante pourrait enfin révolutionner la France. Tu affirmes savoir que les sympathisants d’extrême-droite vont tous voter alors que les abstentionnistes sont tous des gauchistes trop fainéants pour se bouger.
Si on doit faire de la sociologie de comptoir, essayons au moins d’utiliser un outil statistique. Voici quelques chiffres tirés d’une analyse de l’électorat français pour les européennes de 2014, réalisée par Ipsos. Si tu as plus fiable, je suis preneur. En attendant...

50% des personnes ayant voté Le Pen au premier tour des dernières élections présidentielles se sont abstenus aux européennes. 50%. Un frontiste de 2012 sur deux n’est pas allé voter en 2014.
La même question pour les électeurs de Hollande et Sarkozy donne respectivement 58 et 48.

Si l’on s’en tient aux sympathisants (c’est à dire ceux qui se déclarent proches de tel ou tel parti mais n’ont pas été voté cette fois) on obtient 53% d’abstentions pour les sympathisants du Front National, 50% d’abstention pour les sympathisants de l’UMP, 58% d’abstention pour les sympathisants du Parti Socialiste. Et avec seulement 43% d’abstentionnistes parmi leurs sympathisants, le Front de Gauche est le mouvement politique qui possède en apparence la plus faible réserve électorale parmi les non-votants. Étonnant, non ?

Il y a donc entre 50 et 53% d’abstentions chez les partisans du Front National. Score supérieur à celui de la droite, inférieur à celui de la gauche et très largement supérieur à celui de l’extrême-gauche.

Tu es certain de vouloir conduire tous les abstentionnistes aux urnes ? Tu peux affirmer que si « tout le monde se bougeait le cul et allait voter » les choses changerait ? Tu l’affirmes, d’accord, mais sur quelle base ?

Tu n’es pas seulement mathématicien et sociologue, tu es également capable de pénétrer mon cerveau pour en extraire les raisons de mon abstention : en résumé, parce que je suis un gros connard de fainéant lâche et hypocrite trop ignorant des choses de la Politique pour prendre conscience que si je ne vais pas glisser un bout de papier dans une boîte, quand on me le demande, le monde va s’écrouler. 
Puis-je te dire, moi le crétin, moi l’idiot, moi l’inepte détritus de l’Humanité, pourquoi je ne vote pas ?

Par conviction.

Je vomis l’extrême-droite et ses petits pantins crapuleux carriéristes et affairistes qui se prétendent proches du peuple et du pavé pour mieux caresser les patrons dans le sens du poil.
Je vomis la droite et ses costards-cravates aux sourires si aveuglant qu’on en oublierait presque les chairs sanguinolentes des travailleurs suicidés qu’ils ont encore coincées entre leurs dents.
Je vomis la gauche et ses crânes chauves aux ventres mous, cette assemblée de traîtres qui confisque un idéal pour mieux le brader aux banquiers comme une reconnaissance de dette.
Je vomis l’extrême-gauche et ses révolutionnaires légalistes, ses Che Guevara de plateaux télé, moralistes coupables incapables de défiler sans accord de la Préfecture.
Je me vomis, moi, moi et ma cagoule noire depuis trop longtemps au fond de mon tiroir, moi et ce corps qui commence à oublier ce qu’est l’impact d’une flashball, d’un coup de matraque, d’un bracelet de menottes.

Je ne vaux pas mieux que toi, pas mieux que les autres, j’abandonne, je baisse les bras, je constate avec amertume que tout nous échappe. Toi, tu t’accroches au vote.
Moi je m’accroche à cette idée lancée par Etienne de la Boétie dans son Discours de la servitude volontaire, cette idée qui dit « Ce tyran, il n’est pas besoin de le combattre, ni de l’abattre. Il est défait de lui-même, pourvu que le pays ne consente point à sa servitude. Il ne s’agit pas de lui ôter quelque chose, mais de ne rien lui donner. »
Je ne donnerai pas ma voix parce que j’estime qu’elle est pour le pouvoir en place l’instrument de sa légitimité.

Parce que j’estime que ce pouvoir est malfaisant. Et c’est précisément parce que je le critique, précisément parce que je m’y oppose, que je ne souhaite lui donner aucune légitimité en participant à son sacre.
J’estime à l’heure actuelle que l’ensemble de la classe politique, sans aucune exception, n’a pour fonction que de servir les intérêts des pillards et de trahir les idéaux de leurs victimes.
J’estime que ceux qui leur donnent leur voix en sont les complices, les serfs, les esclaves et qu’ils se complaisent dans une servitude volontaire. Et qu’ils me haïssent parce que je ne porte pas avec eux le fusil et l’uniforme fourni par ceux qui se soucient moins de nos vies que de leurs profits.

L’abstention est l’expression même de mon opinion politique.

Tu es en droit de juger que je me fais des illusions, que mon opinion politique n’en est pas une, que c’est être bien naïf que d’imaginer qu’en ôtant toute légitimité à un pouvoir il finira par s’écrouler de lui-même. Tu peux dire que c’est utopique. Tu auras sans doute raison.
Laisse-moi juste te dire que depuis des années tu vas voter aux heures où on te demande de le faire, pour les personnes que l’on te propose, en suivant la procédure mise en place par le pouvoir en place.

A chaque rendez-vous électoral tu espères que ça change. 
A chaque rendez-vous électoral, tu te dis que cette fois-ci ce sera la bonne ou qu’au moins on aura évité le pire.
Tu colmates sans cesse les brèches d’un bateau qui coule en espérant qu’à force il se passera quelque chose de nouveau.
Et années après années, élections après élections, tes espoirs sont sans cesse déçus par ceux-là mêmes en qui tu avais placé ton espoir.
On te désigne des coupables, tu les insultes, tu oublies les élections précédentes, et tu recommences.

Encore et encore.

Qui est utopiste ?

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commentaires

DURAND 02/04/2017 11:55

NOUS..NE VOTERONS..PLUS..EN 2017.?VOTER NE SERT PLUS A RIEN EN 2017.?VOTER POUR CAUTIONNER TOUS SES POLITIQUES..ENARQUES TECHNOCRATES..OU PAS.//.MAFIEUX..POURRIES DE DROITE..COMME DE GACHE..QUI NOUS DEGOUTE.?LA FRANCE..LES FRANCAIS..VEULENT DES GESTIONNAIRES..PAS DE CARRIERISTES QUI NE PENSE QUE CARRIERE ET CUMUL DE MANDATS.//.PLUS VOUS AVEZ DE MANDATS./.PLUS VOUS AUREZ DE RETRAITES..?VOILA LA GRANDE DEMOCRATIE DE TOUS SES POLITIQUES POURRIES MAFIEUX.RETROGRADES..DROITE...GAUCHE..ET LEURS SYSTEMES DE POLITIQUES A LANCIENNE.?QUI DATE DES ANNEES 1900.?TOUT ET REPETITIF..SUR 50.ANS RIEN NA CHANGER..VOIR LES ARCHIVES SUR LE NET DE TOUS SES POLITIQUES MINABLES.RETROGRADE..GAUCHE DROITE??DONC NOUS NE VOTERONS PLUS EN 2017..CELA NE SERT A RIEN..TOUT ET REPETITIF..?ET COMME TOUJOURS AUCUN POLITIQUES NE PARLE DES ETUDIANTS...DES SDF...DE LA PAUVRETE EN FRANCE..DES SDF..FEMMES.?DES SALAIRES QUI SONT NUL..DES RETRAITES QUI SONT ENCORE PLUS NUL.?DONC VOTER..POURQUOI FAIRE POUR SUBIR TOUS SES CHIOTTES DE POLITIQUES POURRIES DROITE GAUCHE.??ET TOUS SES ENARQUES DEBILES COMME CE FILLON LE CONNARD POURRIES DE CHIOTTE.QUI NOUS DEGOUTE..?BONNE JOURNEE A TOUS LES ZOMBIES FRANCAIS.?

le bras armé 17/02/2017 11:51

Samedi dernier à Bobigny, nous étions 4000 à jeter d’une seule voix « tout le monde déteste la police » à la face des cadors en uniforme qui nous toisaient depuis leur passerelle de métal. Comme l’avaient fait avant nous les manifestants qui n’avalaient pas l’assassinat de Rémi Fraisse et les mensonges d’État. Comme l’ont fait durant tout le printemps ceux qui ont combattu le monde dévasté que promet la loi « Travaille ! ». Comme n’ont pas manqué de le crier bien des soutiens de la famille Traoré. Il n’y a pas d’ « affaire Théo » : l’« affaire Théo », c’est un élément de langage gouvernemental et médiatique qui vise à ramener une situation criante de vérité, et d’une vérité en quoi nous nous sommes tous reconnus, à un cas isolé, une « bavure », un brave garçon ayant fait l’objet d’une « violente interpellation » et quelques brebis galeuses ayant infiltré la police. Ce qu’il y a, c’est ceci : une police absolument souveraine, qui fait ce qu’elle veut et s’est arrogée une impunité à peu près totale car elle est le dernier levier qui répond encore un peu entre les mains des gouvernants. La police est à ce point souveraine qu’elle a pu marcher sur l’Élysée, armée, masquée, au cri de « Les racailles en prison ! » à l’automne dernier, et ratonner les mécontents au passage. Elle est de moins en moins un instrument aux mains d’autorités terminalement discréditées, et de plus en plus une force autonome ayant d’ores et déjà pris parti, pour une majorité d’entre ses éléments, pour le Front National. C’est ce que tous les appels au calme, à la République, au vivre-ensemble et à l’union nationale, ce que toute cette désastreuse bonne volonté de gauche et l’hypocrite invocation d’une « police citoyenne » cherche à masquer. Le véritable tort de la BST d’Aulnay, c’est de s’être fait pincer, et d’avoir un peu anticipé sur la domination nue à quoi ils associent la victoire de Marine Le Pen . Ceux qui disent que tout va bien, que la démocratie triomphera, qu’il faut se concentrer sur le vote utile, continuer de débattre et élaborer un nouveau projet de société et que le FN n’est tout de même pas le NSDAP puisqu’il n’a pas de sections d’assaut, font mine de ne pas voir qu’il a déjà de vastes troupes de choc, et que celles-ci sont parfaitement armées, organisées et entraînées aux frais de l’État - puisqu’elles travaillent à la BAC. Les éditorialistes qui glosent avec quinze ans de retard sur l’incompréhensible « fossé » qui s’est creusé entre police et population font semblant de ne pas voir que, s’il y a un fossé qui s’est creusé, c’est entre une population qui déteste la police pour des raisons évidentes et un tas apeuré de « citoyens », de retraités, de bons Français, d’employés et de cadres, de petits et grands bourgeois qui voient en elle leur unique planche de salut, et qui votent. Le jeu de massacre à quoi se réduit de plus en plus la campagne présidentielle – quel est le prochain candidat montant qui va se désintégrer au contact des prochaines révélations ? -, le dégoût général pour la politique et ses mensonges, le besoin de s’extraire du cours d’un monde qui va visiblement au gouffre quitte à s’y jeter sans attendre, la lâcheté de tout ce qui se dit encore « de gauche » et le fétiche persistant de la Nation, tout se configure en une sorte de conjonction astrale maudite qui semble promettre à Marine Le Pen l’appareil d’État. Et ce n’est pas Macron, le candidat du Capital, qui y pourra quelque chose au vu des intérêts qui se cachent derrière lui et des révélations dont il sera à son tour l’objet, au moment opportun.

Depuis qu’avec l’été les affrontements de rue déclenchés par la loi « Travaille ! » ont cessé, l’irréalité de la politique et l’obscénité du cirque présidentiel avaient repris le dessus : il avait à nouveau fallu endurer l’usuelle mascarade de faux débats, de déclarations à l’emporte-pièce, le feuilleton des ambitions, des concussions et des trahisons. Le spectacle de la politique se survivait comme spectacle de sa décomposition, et le feuilleton n’en était en un sens pas moins passionnant, quoiqu’un peu plus cruel. C’était somme toute une assez bonne série américaine avec ses rebondissements inattendus à la fin de chaque épisode. Les acteurs les plus célèbres, les candidats logiques aux premiers rôles, étaient justement ceux qui passaient à la trappe sous l’oeil médusé des spectateurs les plus avertis. De révélation en scandale, d’élimination en déchirement des « familles politiques », il aurait pu durer encore des mois ce Koh-Lanta présidentiel qui divertit et détourne le regard de ce qui est là, de ce qui se fait, de ce qui peut se faire et de ce qui menace.

Avec les faits d’Aulnay-sous-Bois et le début d’incendie qu’ils ont déclenché, un peu de réel fait à nouveau irruption dans l’exercice de dénégation générale. Ce réel est celui d’une montée aux extrêmes, d’une guerre civile larvée où nous nous présentons désarmés, inorganisés, fichés, sans stratégie et inaudibles. Les pitres du PCF, de la « France insoumise », des Verts et du Parti Socialiste qui « jouent l’apaisement », « condamnent les violences », « appellent à la responsabilité » et entendent « faire renaître l’espoir » sont en vérité ceux qui organisent notre désarmement. Ils sont les grands irresponsables. Ils nous veulent inorganisés pour nous mener à l’isoloir comme on mène le troupeau à l’abattoir. Ils nous veulent sans stratégie pour pouvoir se livrer à leurs intrigues de palais. Ils nous veulent pleins d’espoir car nul n’a jamais agi par espoir, et que notre passivité est leur fonds de commerce. Il y a à craindre que si l’incendie ne se propage pas et ne tourne pas au conflit ouvert, politique, il aura formé une parfaite piqûre de rappel pour tous ceux qui hésitaient encore à voter FN. Plus que jamais, il faut soutenir l’émeute. Car la bande émeutière est une première esquisse d’auto-organisation, une reprise de confiance en soi et dans les autres, l’expérience d’une libre capacité d’agir. L’émeute, si elle paraît négative dans ses résultats, est tout entière positive dans son processus. La joie éruptive qui l’accompagne toujours en témoigne assez.

La situation est la suivante : il ne restait plus à l’État, pour se justifier, que la légitimité plébiscitaire des grandes élections démocratiques, or cette ultime source de légitimité est à présent épuisée. Quel que soit le résultat de l’élection présidentielle, même si c’est l’option d’un « pouvoir fort » qui l’emporte, ce sera un pouvoir faible. Ce sera comme si l’élection n’avait pas eu lieu. La minorité qui se sera mobilisée pour faire vaincre son favori l’aura mis aux commandes d’un navire en perdition. Comme on le voit avec Trump aux États-Unis, la promesse de refaire brutalement l’unité perdue de la société et de ressusciter la Nation se retourne en son contraire : une fois parvenu au pouvoir, le candidat du retour à l’ordre trouve face à lui non seulement des pans entiers de la société, mais des pans entiers de l’appareil d’État lui-même. Il ne fait qu’accélérer le processus de fragmentation général à quoi il avait juré de mettre fin. Ça fuit de toutes parts. Pour la France, cela signifie que nous allons au-devant de grands désordres, de temps durs mais riches en possibles. Cela signifie surtout qu’il y a urgence à s’organiser, à tisser des complicités inattendues, à se doter de tous les moyens nécessaires. Chaque fragment du social en lambeaux, et qui ne consent pas à son écrasement, doit trouver les chemins, les contacts et les liens avec ceux qui furtivement désertent dans la même direction, quels que soient les points inattendus d’où ceux-ci partent. Tout ce qui contribuera à faire brèche dans l’irréalité de la campagne, tout ce qui ramènera du réel dans un pays en état de siège fictif - comme les appels à rassemblement de ces derniers jours, comme la manifestation de Nantes contre le Front National le 25 février - ne peut qu’entamer un peu plus la légitimité d’un grand barnum électoral déjà en faillite, et du futur pouvoir. Le moment est venu d’y aller, en toutes directions. Souvenons-nous qu’il y a moins d’un an, un mouvement de quatre mois soulevait le pays suite à un simple appel de youtubeurs. La démesure des déploiements policiers que déclenche le moindre appel à manifester sur Facebook dit assez la panique du parti adverse. Rien n’est fini, tout commence.

Parti Imaginaire (tendance Bobigny)