Une excellente initiative!
A réitérer!
Les entreprises ne vivent que grâce à leurs salariés
Libres et indépendants
Blog d'information syndicale & politique, tenu, entre autres, par des militants de la CGT-Régional Compagnie Aérienne Européenne,
filiale d'Air France
"Soyez résolus de ne plus servir, et vous serez
libre"
Etienne De La Boétie, Discours sur la servitude volontaire
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Une excellente initiative!
A réitérer!
Les entreprises ne vivent que grâce à leurs salariés
Le 6 février était le premier jour du préavis de grève déposé par l'ensemble des syndicats du transport aérien.
Ainsi, on pouvait voir figurer sur les tracts distribués à cette occasion, l'ensemble des logos des organisation syndicales de ce secteur d'activité.
Chez Régional, UNE FOIS DE PLUS, force est de constaté qu'il y a loin entre la simple apposition d'une "étiquette" et la réalité de l'envie de défendre une liberté fondamentale des travailleurs.
En effet, hier matin à Clermont-ferrand, dans l'aéroport occupé par les militants, les représentants syndicaux de l'UNSA, de la CFDT, de FO brillaient.....par leurs absences.
Si l'on peut comprendre que les salariés n'aient pas répondu massivement à l'appel à mobilisation, intoxiqués par la stratégie de la peur véhiculée par la direction d'Air France et massivement relayée par les médias, que dire de la réaction des représentants des différentes organisations, l'un d'eux allant même à déclarer à ses adhérents "qu'il ne servait à rien de faire grève".
Quand on a des alliés comme ça, on a pas besoin de se méfier de ses adversaires!
Dans quelques jours, quelques semaines, seront dénoncés les accords d'entreprises définissant nos rémunération, notre régime de mutuelle, nos déplacement.
Dans le nuit de vendredi à samedi, le gouvernement a publié un décret modifiant le code du travail. Désormais, la réduction de la rémunération n'est plus une modification substantielle du contrat de travail!
La Fédération National de l'Aviation Marchande, syndicat patronal où Air France mène la danse, réclame au gouvernement "des mesures permettant d'abaisser le coût du travail".
Comprenez vous?
Quand nos salaires, nos primes, nos jours de congés seront réduits, ces mêmes responsables syndicaux répondront ils aux salariés "ce n'est pas la peine de se défendre" "on ne peut rien faire"?
Afficheront t'ils avec la même hypocrisie, leurs logos sur les appels à la grève de la CGT-Regional et des syndicats en lutte pour défendre les intérêts des salariés?
Terminé!
Fini!
Plus une étiquette de "circonstances".
Les travailleurs sauront choisir et faire confiance à leurs vrais défenseurs
Une analyse d'un sociologue, militant de la CGT...
Sûreté aéroportuaire : noël au balcon social
La grève des agents de la sûreté aéroportuaire a ouvert la campagne du candidat Nicolas Sarkozy en lui rappelant quelques épisodes de sa mandature. Le président annonçait fièrement : « Quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit » (juillet 2008). Ce n’était certainement pas le cas en ces veilles de fêtes de noël 2011 ! Le même candidat plaçait sa mandature sous le signe du « travailler plus pour gagner plus » : ces grévistes faisaient le choix de cesser le travail pour gagner plus, leur méthode a d’ailleurs davantage prouvé son efficacité que les slogans présidentiels. Enfin, cerise sur le gâteau, c’est une grève de salariés jeunes, souvent des femmes, mais aussi de salariés issus de l’immigration qui osaient s’affronter au gouvernement, au point que celui-ci envoie ses gendarmes remplacer ces grévistes …
Quelques semaines après ce conflit, il est possible de tirer des enseignements de cette grande mobilisation, historique sur les aéroports (deux mille salariés en grève dans plusieurs entreprises et s’étendant à tous les aéroports français, des assemblées générales importantes, des représentants élus des salariés participants aux premières négociations) et dans ce secteur spécifique de la sûreté. Les questions de salaire, de conditions de travail, mais aussi plus simplement le refus du mépris dont ils font l’objet, autant d’ingrédients pour une grève qui fut sans doute, fondamentalement, une grève pour la fierté.
Un conflit est à la fois cristallisation d’éléments antérieurs d’une situation, et mode de résolution dynamique de ces difficultés. Il aboutit à « transformer les rapports de force en rapports de droit »1. Il met surtout en lumière les situations et les rapports sociaux présents sous nos yeux, mais que nous omettons si souvent de regarder…
Salaire : une revendication dynamique
La revendication des deux cents euros mensuels a été la revendication centrale de ce conflit. Le rôle unifiant de la revendication tient sans doute à son montant uniforme réclamé pour toutes et tous, quelques soit les parcours situations de travail. Une telle revendication a vocation à s’adresser à tous les salariés. Des personnels de situation proche, comme les personnels de nettoyage de l’aéroport, auraient par exemple pu reprendre cette revendication à leur compte et donner un nouveau souffle au conflit.
La négociation s’est jouée autour de cette revendication. Elle a permis d’élargir le conflit à tous les aéroports français, dont les salariés de la sûreté vivent les mêmes situations. Paradoxalement, cette extension a aussi fragilisé le mouvement, car tout en favorisant le rapport de force, elle a donné l’occasion pour les employeurs de s’exonérer de la pression des salariés de Roissy, les dirigeants fédéraux menant alors les négociations parisiennes2.
Les salariés de la sûreté aéroportuaire figuraient parmi les seuls salariés de la sûreté à bénéficier d’une prime annuelle, à travers l’annexe VIII de leur convention collective obtenue à la suite d’un conflit national (mais de moindre ampleur) en juillet 2002. Les syndicats reprochent à cette prime d'être aléatoire selon les entreprises et de ne pas être garantie comme une rémunération fixe. Elle peut être amputée en fonction des incidents tels qu'un retard, même minime, ou une négligence dans la tenue. C’est fondamentalement le détournement opéré sur cette prime qui est ici mis en cause : ces « amendes » démontrent qu’elle est envisagée comme prime de responsabilité plutôt que comme élément de qualification. Les salariés de la sûreté qui ne sont plus affectés sur l’aéroport en perdent le bénéfice, contrairement au principe suivant lequel toute qualification reconnue est acquise, quelque soit le poste auquel l’employeur affecte le salarié. Le conflit porte cette exigence de reconnaissance, liéé au constat fait par un récent rapport parlementaire3 : les agents de la sûreté aéroportuaire ont augmenté leur qualification de façon importante depuis quelques années, notamment à travers le Certification de Qualification professionnelle exigé depuis 2009. Cette hausse de qualification a certainement freiné le turn-over (indiqué de 20 % dans cette même étude, avec une ancienneté moyenne de 4.5 années), augmentant les capacités de mobilisation, et elle se traduit parallèlement par une exigence de reconnaissance salariale, non prise en compte par les employeurs avant le conflit…
Le non-dit des conditions de travail
La revendication salariale a su souder ces salariés dans un élan commun, mais ce conflit est incompréhensible sans aborder les conditions de travail. Les salariés de la sûreté aéroportuaire subissent des horaires de travail éprouvants, les effectifs insuffisants ne permettent pas de prendre les pauses dont ils auraient besoin. « Les personnels de sûreté sont les victimes de conditions de vie et de travail difficiles, parfois peu compatibles avec la vigilance et la concentration qu’exige leur activité de contrôle, conditions de vie et de travail qui nuisent dès lors à leur efficacité et compliquent leur acceptation par les personnes contrôlées. »4
Les paroles des salariés recueillis par la presse rejoignent l’étude5, publiée la veille du conflit par l’Union locale CGT de Roissy, sur les conditions de travail. « L’environnement dans lequel on travaille, ce n’est pas jojo : les bacs qui ne sont pas lavés, et les odeurs des passagers… et puis vous pouvez imaginer leur humeur quand le vol a du retard ou quand ils ont raté leur correspondance ». Un autre : « On scelle entre 900 et 1200 plombs en plastique par journée de travail. Je travaille, baissé, les mains tendues, c’est une posture pénible pour les cervicales et il faut aller vite » ; « Certains salariés travaillent entre 7h et 9h en poste, avec une pause de 20 mn. » Au moment des plages de départ des avions, les agents contrôlent un flux de camions, dans une odeur de kérosène. Dès qu’un portique sonne, il faut contrôler le passager… autant de génuflexions à faire. L’ingénieur de prévention de la Caisse d’assurance Maladie déclarait à l’occasion de la rencontre organisée à propos cette étude, que le taux d’accident du travail des agents de la sûreté aéroportuaire égale celui des salariés de la charpente dans le bâtiment.
Pourtant, le relevé de conclusion du conflit aborde cette question avec prudence. Il prévoit : « Un état des lieux sera réalisé avec les représentants du personnels (…) et portera sur les points suivants : salles de repli, vestiaires, sanitaires, navettes. Cet état des lieux permettra de recenser les points d’amélioration souhaités et sera transmis aux principaux donneurs d’ordre ». Le protocole cite aussi la demande d’accès aux salles de restauration (qui dépendent des comités d’entreprise, mais leur accès doit faire l’objet d’un protocole avec les entreprises pour la prise en charge d’une partie des frais). Concernant les horaires, les employeurs s’engagent à « donner de la visibilité aux salariés sur leur planning prévisionnels », et à « améliorer l’équilibre vie privée – vie professionnelle ».
L’étude ergonomique des postes serait sans doute nécessaire, pour des salariés amenés soit à se baisser devant un passager pour le fouiller, soit à soulever un bagage lourd pour le fouiller plus à fond. Autant de gestes qui, dans un contexte de stress, peuvent provoquer ces Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) si fréquents dans cette population. Reste à envisager de faire monter le passager à fouiller sur un petit piédestal, afin de le fouiller sans se baisser. Une mesure envisagée d’ailleurs par le rapport parlementaire mais sans doute moins en adéquation avec leur statut social, que le fait de voir se prosterner l’agent de sûreté…
L’exigence de passer à temps plein les salariés en temps partiels, élément essentiel expliquant les bas salaires, n’est pas mentionné dans le protocole d’accord. Ces salariés représentent pourtant 36 % des employés6. Il s’agit ici en effet d’un point central : le calcul des effectifs. Concernant ce point, la mission parlementaire déjà citée propose de construire les contrats de sous-traitance autour d’une exigence d’effectifs, faisant le lien entre la possibilité par exemple de prendre des pauses durant les vacations et la capacité à remplir leur mission de sûreté. Nul doute qu’une telle question centrale restera source de conflit, faute d’être résolue.
Les organisations syndicales ont été divisées sur la nécessité d’exiger la présence d’Aéroport de Paris à la négociation, ceci correspondant sans doute à un débat sur la nature du conflit et la centralité de la question salariale : conflit contre l’Etat ? contre leurs propres employeurs ? contre l’entreprise donneuse d’ordre et la répartition de la taxe aéroportuaire ? La mission régalienne de sûreté est confiée par l’Etat à l’aéroport, qui lui-même la sous-traite à des entreprises privées. La taxe aéroportuaire de sûreté, prélevée au titre de la puissance publique sur tout billet d’avion, est gérée dans ce but par les aéroports. C’est l’aéroport qui organise l’environnement de travail de ces salariés, même si ceux-ci appartiennent à de grands groupes français de la sûreté. S’il y a un domaine où l’absence des aéroports s’est révélée cruciale dans ce conflit, c’est bien celui des conditions de travail.
Une grève majoritairement d’immigrés
Mais de cette exigence de meilleures conditions de travail, ressort finalement une question fondamentale : est-ce que des salariés d’une population d’origine majoritairement immigrée (mais toutes et tous de nationalités européennes, suivant une obligation réglementaire), ont le droit d’exiger des conditions de travail décentes ?
La particularité de la division sociale du travail sur l’aéroport se démontre en effet une fois de plus à travers ce conflit. Les emplois subalternes de l’aéroport sont réservés à une population précise, souvent originaire des quartiers populaires de Seine-Saint-Denis et Val d’Oise, et majoritairement issue de l’immigration. La fragmentation des emplois entre entreprises sous-traitantes et donneuses d’ordre les cantonne à ces entreprises, sans espoir d’évolution professionnelle vers les emplois les plus nobles ou les moins pénibles. Les employeurs, considérés collectivement, s’exonèrent ainsi de l’obligation de proposer des postes ou des emplois adaptés en cas de restriction médicale. La pression maintenue par le biais d’un contrôle tatillon (et ne reposant pas toujours sur une base légale) sur les badges aéroportuaires, les maintient dans la catégorie des « classes dangereuses »… tout en leur confiant les multiples taches dévaluées de sûreté et de sécurité.
Cette division raciale du travail donne un sens particulier à la relation sociale spécifique qui se noue entre le passager et l’agent de sûreté. Ces salariés sont souvent méprisés par les passagers, d’une classe sociale à l’opposé de la leur. Et si cela ne suffisait pas, le mépris hiérarchique recouvre, dans un mouvement symétrique, ce mépris des passagers, comme cela a pu être observé concernant les salariés de l’enregistrement.
La structure même de l’aéroport rejoint cette hiérarchisation raciale des emplois. Dans un département parmi les plus pauvres de France, Roissy rassemble le rêve, le voyage, la richesse. Comme le dit un des employeurs de la sûreté à propos de ses salariés7 : « Roissy constituant une structure énorme mélangeant le grand luxe et la pauvreté, ils ne peuvent se l’approprier. » Et pourtant, gageons que les manifestations quotidiennes dans les aérogares, manifestations festives intégrant les enfants, mouvement continu dans ces aérogares luxueux de Roissy et des autres villes de France, recelaient cette prise de pouvoir sur leur lieu de travail.
L’Etat grand présent absent sur l’aéroport
Le remplacement des grévistes de la sûreté aéroportuaire par des membres des forces de l’ordre vient de le rappeler avec éclat à l’opinion publique : ces agents effectuent une mission de service public en assurant la sûreté des vols. C’est une mission régalienne de l’Etat sous-traitée à des entreprises privées par le biais d’Aéroport de Paris.
Sur l’aéroport, l’Etat n’est jamais absent. Qu’il s’agisse de garantir la sécurité des passagers en imposant des normes strictes de maintenance aux compagnies aériennes ou d’autoriser la reprise d’une activité soumise à un agrément préfectoral, à chaque fois la puissance publique intervient et fixe des normes de travail et de formation. L’agent de sûreté aéroportuaire se trouve lui-même soumis à des procédures précises. Il doit « opérer des palpations » sur une partie déterminée des passagers se présentant aux filtres. Le temps d’observation des écrans où défilent les bagages ne peut être supérieur à 20 mn. Ces normes s’appliquant à l’organisation du travail, se prolongent par des obligations portant sur les agents eux-mêmes. Le droit d’effectuer des palpations et la surveillance des écrans est soumis à une habilitation liée à des stages.
Cette réglementation stricte du travail, reflet des tâches d’intérêt général confiée par l’Etat à ces salariés, vise à répondre à une forte déréglementation de l’emploi. La sous-traitance de ces activités, par des contrats commerciaux attribués souvent aux « moins disant social », conduit à une déstabilisation des personnels. La reprise d’un marché, au bout des trois années de vie du contrat, annonce souvent la remise en cause des emplois et des acquis du personnel, acquis salariaux mais aussi dans le domaine des conditions de travail. Dans tous ces faits sont présents tous les ingrédients du conflit actuel, salaire, mépris, conditions de travail, amenant cette grève pour la dignité.
L’Etat délègue pourtant à ces entreprises ses fonctions régaliennes de contrôle du travail. Il ne s’interroge pas si ces salariés méprisés, fatigués, démotivés, sont à même d’assumer ces responsabilités qui leur sont confiées. Il n’intervient pas à propos de situations illégales connues. Lui qui a seul la capacité d’amener à la table de négociation les différents intervenants de l’aéroport (par exemple Aéroport de Paris dans les négociations de la sûreté), devrait donner l’essor aux garanties collectives, vecteur d’un sens au travail en commun.
L’Etat seul peut garantir aux agents de sûreté l’autonomie professionnelle, la capacité de s’exprimer librement dans leur travail sans danger de licenciement, la stabilité de l’emploi, tous ces éléments constitutifs de la fonction d’agents du service public liée à la responsabilité qui leur est confiée. Seule son intervention est à même de garantir sécurité et sûreté aux passagers. En quelque sorte, un statut de fonction publique à réinventer, ce que demandent les agents de la sûreté aéroportuaire à travers ce conflit sans précédent.
Droit de grève
L’entreprise Aéroport de Paris, en charge de cette mission du contrôle des passagers, a évoqué un temps en interne la possibilité de réquisitionner les salariés de la sûreté à leur poste de travail, comme cela a déjà été fait lors de grèves de bagagistes en 2005. Mais cet arrêté avait été cassé en 20108, de même que l’Arrêté du Conseil d’Etat limitait les réquisitions des salariés des dépôts pétroliers aux « risques pour la sécurité routière et l’ordre public »9. Le gouvernement a donc choisi un autre terrain plus spectaculaire, la mobilisation de gendarmes et d’agents de la police des frontières sur les filtres de sécurité. Mais choix peu efficace sans doute, comme le remarque l’éditorialiste du Monde (25 décembre 2011).
La grève est l’occasion pour le gouvernement de poursuivre dans sa remise en cause du droit de grève. Une proposition de loi en ce sens, déposée en octobre dernier par le député UMP Éric Diard, doit être examinée le 24 janvier prochain. Elle prévoit trois choses : l'obligation pour les personnels de déclarer individuellement 48 heures à l'avance leur intention de participer à la grève ; le droit pour les passagers d'être informés par les compagnies aériennes 24 heures à l'avance des vols assurés et, enfin, un mécanisme d'alarme sociale qui incite à ouvrir des négociations dès qu'un conflit est signalé. Mais, comme le dit l’auteur du projet de loi : « Je ne suis pas sûr que les employeurs aient mis tous les moyens sur la table pour négocier (…) Mon texte n'a rien à voir avec la grève actuelle », (Eric Diard, l’Humanité, 21 décembre 2011).
La communauté aéroportuaire
L’éclatement du travail se traduit par des relations de dépendance, une interaction permanente qui s’inscrit dans des contrats de sous-traitance soumis au droit commercial. Ces contrats créent une temporalité aéroportuaire particulière, toute relation étant remise en cause à l’issue des trois ans du contrat de sous-traitance. Le conflit de la sûreté aéroportuaire a ouvert une brèche en actant la reprise de tous les salariés en cas de reprise de marché. Ce droit, essentiel pour permettre aux salariés de se situer dans le temps long du travail, doit être étendu à tous les emplois. Il reste de même à créer une responsabilité collective des employeurs, à travers une norme sociale s’imposant dans ces contrats de sous-traitance, en limitant aussi sans doute la cascade d’employeurs par l’instauration d’un seul niveau de sous-traitance.
Le travail rassemble, sur ces lieux étendus et multiples, des personnels aux statuts diverses, qui se croisent et s’entremêlent autour de leur mission partagée : faire partir les avions à l’heure, en toute sécurité, avec des passagers sécurisés à bord. Cette « communauté aéroportuaire », qui s’exprime à travers des luttes fréquentes et solidaires, demande à être construite, notamment à travers des droits collectifs.
Mais seule une autorité supérieure, réunissant les différentes entreprises et services de l’Etat peut imposer une véritable avancée sociale sur l’aéroport. L’Etat intervient davantage sur l’aéroport pour contrôler le droit de grève ou les badges aéroportuaires, que le droit du travail et le droit de la négociation collective. L’Etat doit remplir son rôle de garant des droits des plus faibles et de fondateur du droit collectif émancipateur.
Le 6 février 2012.
Louis-Marie Barnier est sociologue du transport aérien et syndicaliste. Il est co-auteur avec P. Rozenblatt de « Ceux qui croyaient au ciel, enjeux et conflits à Air France », Syllepse, 1997. Textes disponibles sur le transport aérien : http://lmbarnier.free.fr
Annexe
PROTOCOLE DE FIN DE CONFLIT
Entre Syndicat des Entreprises De Sûreté Aérienne et Aéroportuaire (SESA), d’une part, Et: Fédération des services CFDT, SNEPS-CFTC, CFE-CGC SNCS, FETS-FO, UNSA-FMPS, d’autre part,
Il a été convenu ce qui suit.
Le présent protocole intervient entre les signataires à l’issue d’une médiation réalisée à la demande des partenaires sociaux, lesquels ont par ailleurs souhaité que le périmètre de négociation soit étendu à l’échelon national professionnel. Ce protocole couvre donc l’ensemble des préavis de grève et mouvements sociaux déposés par les organisations syndicales de salariés à partir du 8 décembre 2011.
Article I
Les parties conviennent que les différents préavis déposés auprès des directions des entreprises à compter du 8 décembre 2011 sont immédiatement levés par les organisations syndicales signataires, permettant la reprise immédiate du travail par les salariés.
Article 2 : Mesures salariales
2.1 PPI
Le montant de la PPI visée à l’article 3.06 de l’annexe VIII de la CCN des ERS est porté à un mois de salaire brut de base par an pour un salarié présent une année complète.
Ce montant se décompose comme suit:
- Un demi mois de salaire versé selon les critères définis à l’actuel article 3.06 de l’annexe VIII de la CCN des EPS
- Une part fixe d’un montant de 500€ annuels bruts (pour un salarié à 151 .67H ) versé au prorata du temps de travail contractuel pour les salariés à temps partiel.
- La différence entre la FR1 totale due et le total des deux alinéas précédents est conditionnée à des critères liés à la qualité qui seront définis entre les partenaires sociaux à l’occasion de la modification dudit article.
Le versement de cette prime s’effectue au terme de chaque trimestre de calcul. Cette mesure est applicable au titre de la PPI qui sera versée pour l’année 2012.
Exemples par hypothèses
Coef 160 (salarié à temps complet ayant plus d’une année d’ancienneté):
> Montant PPI annuel : 1616.45€
> Montant conditionné aux critères actuels : 808.22€
> Base fixe garantie : 500€
> Montant soumis aux nouveaux critères à définir: 308.22€
Coef 160 (salarié à temps partiel ayant plus d’une année d’ancienneté durée contrat 75,83H)
Montant PPI annuel (1/01/2012) : 808,22€
> Montant conditionné aux critères actuels : 404,11€
> Base fixe garantie : 247,25€
> Montant soumis aux nouveaux critères à définir: 156,86€
2.2 Indemnité de panier :
Le montant de l’indemnité de panier visée à l’article 3.02 de l’annexe VIII de la CON des EPS est majoré de 1.60€. Cette majoration s’applique è partir du 1er janvier 2012 et s’ajoute au montant en vigueur à cette date.
Pour les entreprises pratiquant une indemnité de panier d’un montant supérieur au montant conventionnel, l’augmentation de 1,60€ s’applique au montant en vigueur dans ces entreprises, dans la limite du plafond d’exonération de cotisations sociales fixé pour les indemnités de repas sur le lieu de travail.
Article 3 Conditions de travail
Une négociation sera ouverte sur ce thème, au titre de ‘Annexe VIII, au cours du 1 trimestre 2012, portant plus précisément sur:
a. Aspect planification
Ces discussions pourront se faire sur deux axes:
- donner de la visibilité aux salariés sur leur planning prévisionnel
- améliorer l’équilibre vie privée/vie professionnelle
b. État des lieux sur les conditions de vie au travail
Un état des lieux sera réalisé en association avec les représentants du personnel (membres du CHSCT ou, à défaut, délégués du personnel) et portera principalement sur les points suivants : Parkings, Salles de repli, Vestiaires, Sanitaires, Navettes. Cet état des lieux permettra de recenser les points d’amélioration souhaités et sera transmis aux principaux donneurs d’ordres au début du mois de février afin que ceux- ci puissent apporter les améliorations souhaitables.
Nous souhaitons aussi que ce recensement soit l’occasion de demander qu’il soit permis à notre personnel d’accéder à certaines infrastructures collectives, telles que les salles de restauration.
Article 4: reprise du personnel en cas de transfert de marché
Les parties conviennent que dans le cadre des procédures de transfert de personnel le taux de reprise sera porté à 100% des personnels transférables sur le périmètre de l’entreprise sortante.
Une négociation sera ouverte sûr ce thème, au titre de l’Annexe VIII, au cours du 1& trimestre 2012.
Article 5: retenues pour jours de grève
Les jours de grève feront l’objet d’une retenue sur salaire étalée sur une durée de 4 mois.
Article 6 : entrée en vigueur du présent protocole
Le présent protocole n’entrera en vigueur que si
- il recueille la signature de plus de la moitié des organisations syndicales représentatives au niveau de la branche, ayant déposé un préavis de grève auprès d’une entreprise de sûreté à compter du 8 décembre 2011.
- Ces signatures sont obtenues au plus tard le samedi 24décembre à 12H.
- Le SESA constate la reprise généralisée du travail
Les représentants des salariés signataires du présent protocole s’engagent à ce que le travail reprenne dès sa signature. La reprise du travail à cette heure et date constitue une condition d’application du présent accord et, en particulier, des garanties et concessions faites par le SESA au nom des entreprises de sûreté aérienne et aéroportuaire.
D’une façon générale, le présent protocole sera exécuté par les parties de façon loyale et de bonne foi.
Fait à Paris, le…
1 A. Supiot, 2002, Critique du droit du travail, Paris, Puf, p. XV.
2 Entretien avec Danièle HANRYON http://www.chronique-ouvriere.fr/spip.php?article417.
3 D. Golberg, D. Gonzales, Rapport d’information sur la sûreté aérienne et aéroportuaire, Assemblée nationale, 13 décembre 2011. http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i4068.asp
4 D. Golberg, D. Gonzales, idem p 52 et 53.
5 Ces citations sont extraites de la brochure : « Roissy, Salariés de la propreté, de la sûreté, des pistes : l’envers du décor. Un état des lieux inquiétant. » Document rédigé dans le cadre du plan régional de santé, par UL CGT Roissy, Union régional CGT, cabinet Emergences, décembre 2011.
7 D. Golberg, D. Gonzales, idem p 54
De plus, si les médias présents sur place, prenaient la peine d'écouter jusqu'au bout les revendications des grévistes!
Non surtout pas, quand l'intervention du salarié dérange où qu'elle ne va pas dans le sens que "le reporter" (bien loin de la notion de rapporteur au sens noble du terme), souhaite et bien on coupe et l'on passe à un autre manifestant qui aura surement quelque chose de plus exploitable (croustillant?) à dire. (Expérience vécue ce matin à Roissy)
Plus que jamais dans le "moule" et dans le "croustillant-sensationnel"... De quoi charmer l'électeur qui prend l'avion et celui qui ne le prend pas mais qui râlera de toutes façons après ces "métèques gauchistes de la CGT qui ne sont bon qu'à foutre le bordel".
Ces comportements deviennent franchement honteux.
Notre démocratie n'en est pas une, je vous le répète!
Manipulés, orientés, dirigés...
Prises d'otages et géométrie variable
Cette fois, ça suffit. On va sévir ! Pour mater la grève des employés de sécurité dans les aéroports, une réunion de crise s'est tenue lundi à l'Elysée, annonce
France Inter. Avec le président, le Premier ministre, et les ministres concernés (à l'exception du ministre des Transports, rappelé en urgence de Londres, mais malencontreusement retenu par un
retard de train). Oui, une réunion de crise, comme pour la Libye (mais où est donc BHL ?) Pour suppléer les grévistes, 500 CRS et gendarmes seront mobilisés dès mercredi. "Ce sont des
personnels de sécurité, ils seront donc parfaitement aptes à efffectuer des tâches de sécurité", explique l'ineffable Frédéric Lefebvre, sur France Inter. Nicolas Sarkozy veut qu'on arrête
d'embêter les Français, relate avec conviction Jean-François Achilli, journaliste politique de France Inter. C'est vrai, enfin. "Les Français", qui ont trimé toute l'année dans des conditions
difficiles, ont bien le droit de "souffler un peu" (Sarkozy encore, cité par Achilli).
Le journaliste de la radio publique ne fait là que relayer la parole présidentielle. Mais sans aucune distance, aucun recul. Il y adhère
parfaitement. Sans par exemple jamais se demander si l'expression "les Français" est la mieux adaptée pour désigner les passagers des aéroports lors des départs de Noël. Sans jamais se poser
cette question: quelle est la proportion exacte de Français qui prennent l'avion pour aller "souffler quelques jours" pour les congés de fin d'année ? En d'autres termes, quelle fraction
de la population exactement est affectée par cette grève ?
Poser la question, c'est y répondre. A leur décharge, Sarkozy et Achilli sont victimes d'un effet d'évidence: les JT ouvrent sur les grèves des
aéroports. Si l'impression de pagaille est si forte à chaque grève du transport aérien, c'est parce que ces grèves sont surmédiatisées par la télé. Ce qui déplace la question: pourquoi cette
surmédiatisation ? Evidemment, parce que ce sujet est un marronnier. Mais aussi, disons-le, parce que les journalistes sont au coeur de cette fraction de la population, qui a les moyens de
s'envoler pour les fêtes de fin d'année vers des cieux plus cléments. Imagine-t-on, par exemple, le même dispositif de crise quand une CAF ferme pendant deux semaines (1), pour résorber les retards de dossiers ? Imagine-t-on les envoyés
spéciaux de Pujadas, en direct pendant quinze jours devant les grilles fermées ? Imagine-t-on des "rmistes pris en otage", pestant au micro contre la RGPP ? Jamais l'alliance, inconsciente mais
objective, d'un système médiatique aux mains des dominants, et d'un pouvoir de droite, n'a été si évidente.
Daniel Schneidermann
Un article de "L'Humanité" qui fait réfléchir...
Il serait grand temps que nos concitoyens comprennent enfin que ces soit disants privilégiés, n'ont plus ni sécurité de l'emploi, ni de quoi vivre décemment...
Il est tellement facile de trouver toujours et encore un bouc émissaire...
La haine plus forte que l'union...
"Réfléchir", ce n'est pas seulement l'action de voir un miroir restituer sa propre image.
"S'informer", ce n'est pas regarder JP Pernaut tous les midi sur Tf1 (il passe bien tout les midi???)
L'Humanité du 6 décembre:
Après l’augmentation de 2,1 % du Smic en décembre, le gouvernement est contraint d’accorder une indemnité différentielle à près de 900 000 agents du public dont les revenus, sinon, se situeraient en dessous du salaire minimum.
C’est une vraie bombe sociale que François Sauvadet a lâchée. La semaine dernière, le ministre de la Fonction publique écrivait aux syndicats de fonctionnaires pour leur annoncer que, le Smic augmentant de 2,1 % au 1er décembre, il allait devoir verser à certains agents de la fonction publique une « indemnité différentielle ». Il en explique la raison : « Comme vous le savez, la rémunération globale d’un agent public ne peut être inférieure au Smic. » On se doutait bien que certains salariés du public étaient rémunérés aux environs du salaire minimum. Ce qu’on apprend de l’aveu même du ministre, c’est l’ampleur du phénomène. « Cette indemnité va conduire à augmenter les plus bas salaires de la fonction publique de 27,88 euros », annonce-t-il. Et il précise qu’elle « bénéficiera à plus de 890 000 agents ».
Gel du point d’indice trois années consécutives
Cela signifie clairement que, pour près de 900 000 agents publics, un sur cinq, le revenu global, une fois l’indemnité différentielle versée, atteindra 1 095 euros net par mois, le montant actuel du salaire minimum. C’est seulement 141 euros au-dessus du seuil de pauvreté ! Le Smic est désormais l’équivalent de l’indice 301 de la grille des rémunérations dans la fonction publique. « Pour les agents de catégorie C, celle des ouvriers et des employés, l’indice 301 est atteint au bout de onze ans de carrière. Le sommet de la catégorie C, atteint en fin de carrière, ne représente plus que 1,38 Smic », commente Gilles Oberrieder, du secrétariat de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires CGT.
On peut donc parler d’une véritable « smicardisation » de la fonction publique. Avec le gel du point d’indice trois années de suite et la reprise de la hausse des prix, cette tendance risque de s’accélérer. Elle est déjà très spectaculaire. Les chiffres officiels montrent (voir le tableau) qu’un agent des services hospitaliers, par exemple, (catégorie C sans concours) qui débutait sa carrière à 115 % du Smic en 1983, la commence aujourd’hui à 98 % du Smic (avant l’octroi de l’indemnité différentielle). Une secrétaire dans une administration d’État (catégorie C, entrée sur concours) débutait en 1983 avec 123 % du Smic. Elle commencerait au Smic aujourd’hui. Un technicien d’une collectivité territoriale (catégorie B) débutait à 133 % du Smic en 1983. Sa rémunération de départ équivaudra aujourd’hui à 103 % du Smic. Pour la catégorie A, celle des cadres ou des enseignants, la rémunération de départ de carrière, qui représentait 175 % du Smic en 1983, n’en représente plus que 116 %.
Jusqu’où poussera-t-on cette dépréciation ?
C’est bien l’ensemble des rémunérations de la fonction publique qui se sont ainsi tassées vers le minimum légal. Il est pratiquement certain que le début de la grille des salaires de la catégorie B, celle des agents recrutés sur concours au niveau du bac, sera dépassé par la prochaine augmentation du Smic, qui pourrait être annoncée pour le mois d’avril compte tenu de la hausse des prix. Aujourd’hui, dans la fonction publique, le niveau bac est reconnu comme valant un Smic. À bac + 3, la qualification vaut 16 % de plus que le Smic. Jusqu’où poussera-t-on cette dépréciation ? « La situation devient intenable, même pour le gouvernement », estime Gilles Oberrieder.
Les salaires tirés vers le bas entraînent les pensions de retraite dans leur chute. Le rapport annuel sur l’état de la fonction publique 2010-2011, publié par le ministère, nous apprend que le montant moyen des pensions en paiement de l’ensemble des fonctionnaires se monte à 2 069 euros dans la fonction publique d’État, 1 287 euros dans la fonction publique territoriale et 1 420 euros dans la fonction publique hospitalière. Pour les 10 % de fonctionnaires dont la pension est la plus faible, elle s’élève à 1 031 euros dans l’État, 677 euros dans la territoriale, et 758 euros à l’hôpital. Quand on vous dit que les fonctionnaires sont des privilégiés !
les «engagements» de Sarkozy
« À tous les fonctionnaires de France, à tous les agents du service public, je veux dire mon respect. » En septembre 2007 à Nantes, Nicolas Sarkozy, nouvellement élu président, avait tenu ces propos pleins de promesses. « Pour moi, il n’y a pas de réforme de l’État et de la fonction publique envisageable sans une revalorisation des carrières des fonctionnaires. » « Je souhaite une fonction publique moins nombreuse mais des fonctionnaires mieux payés, avec de meilleures perspectives de carrière. » « Je veux faire la réforme par la motivation, non par la tension. » On peut aujourd’hui mesurer la sincérité de ces engagements. Mieux, le président de la République nous y invitait lui-même à l’époque : « Cela ne se fera pas en un jour. Mais l’ensemble de ces engagements devront être tenus durant mon quinquennat. » Nous y sommes !
"Les nuls" ... Rien de péjoratif, bien au contraire.
Les "désinformés", "les abusés", "les manipulés" serait plus juste...
C'est pédagogique mais tellement édifiant!
Il y a peu, je vous rapportais un article du Monde Diplomatique sur la casse programmée du service public et sur l'obstacle que constituait, pour l'offensive libérale, les acquis sociaux et le droit du travail des états.
Les responsables syndicaux ont souvent bien du mal (pour peu qu'ils en aient la volonté), à faire comprendre que les "petits" problèmes vécus au jour le jour dans leurs entreprises sont en relation direct avec la situation économique mondiale et les stratégies mises en place par les pouvoirs financiers et leurs serviteurs fidèles que sont les états.
Ces oublis, où défauts d'explications politiques, sont de véritables échec du monde syndical.
Jamais la situation économique n'a été aussi favorable aux thèses économiques alternatives au système capitaliste!
Tous les jours, des exemples nous sont donnés: nous fonçons dans le mur!
Selon Karl Marx, la recherche incessante du profit et de la valorisation du capital, incite à produire toujours plus alors que la consommation reste limitée. Les crises résultent des contradictions inhérentes au capitalisme.
C'est ce que nous vivons aujourd'hui, une contradiction.
Et pourtant, entendons nous les syndicats se lever contre cette fuite en avant et contre la faillite du modèle incontournable?
Non, loin de là.
Journée d'action par çi, diffusion de tracts par là... Comme le fait très bien remarquer Michel Onfray lors de son intervention au théâtre du Rond Point sur le Post-Anarchisme "...ce n'est pas militer ce genre d'actions, c'est prier..."
Une manif de Bastille à Nation, on plie les drapeaux et on rentre gentillement à la maison "Salut Robert, à la prochaine"!
Qui prends le temps dans les entreprises d'expliquer que la revendication portée pour l'amélioration des conditions de travail dans l'atelier est directement liée et conditionnée aux stratégies économiques internationales?
Il est beaucoup plus facile de satisfaire l'exigence immédiate et souvent corporatiste plutôt que faire faire comprendre à tous que les employés de bureau ont aussi les mêmes problèmes et que ceux de la boite d'à côté auraient bien aimés, eux aussi, se mobiliser et "faire ensemble".
C'est un peu ce que nous vivons aujourd'hui entre les "grands" syndicats et ceux de leurs filiales ou de leurs sous-traitants.
"Défendons les intérêts de nos syndiqués, les autres peuvent subir les dommages collatéraux, pourvu que l'on ne touche pas à nos acquis"
Quand ce n'est pas les "syndicalistes" eux mêmes qui crés la division corporatiste ou catégorielles par la simple et incontrôlable haine de "l'autre qui gagne plus", "qui est chaud pendant que je suis dehors", "qui a des primes alors que je n'en ai pas". Les patrons se régalent.
Il est loin le "Prolétaires de tous pays unissez vous!"
Et pourtant, deux exemples dans l'actualité qui devraient donner à réfléchir, le sujet du déploiement d'Air France en est un.
Voilà un groupe qui décide, bien tard, mais ce n'est pas le sujet, de reployer son activité en province.
Les conséquences sur ces propres filiales sont importantes: perte de lignes, fermetures d'escales techniques.
De plus, la direction d'Air France ne cache pas sa volonté de sous traiter une partie des activités sur ces bases.
Je pense qu'un signe syndical fort aurait pû être adressé aux salariés du groupe tout entier en disant
"aucun travailleurs ne quittera sa base. Nous exigeons que l'emploi dans le groupe soit la priorité absolu au plan de réorganisation".
Et bien assez bizarrement, rien du genre... Chacun son problème semble t'il.
"Prolétaires du groupe Air France, unissez vous"...même pas...
Il y a pourtant à dire!
La direction veut avoir recours à la sous traitance et les propres salariés du groupe se retrouvent avec comme seule perspective "la mobilité".... sur Paris...
De plus, les dernières annonces du nouveau directeur d'Air France font bien états de possibilité de suppression d'emplois.
On arrive donc à transférer du travail aux sociétés extérieurs et à supprimer des emplois au sein même de la compagnie, et peut'être bientôt de ses filiales.
Et ce pour une unique raison: les acquis sociaux des salariés d'Air France coûtent. Et comme le disait le
président de la banque centrale européenne, les acquis sociaux sont un frein aux développement économique et à la libre concurrence.
Le second sujet revient sur le corporatisme et son "petit" intérêt de son "petit" boulot bien coincé dans sa "petite" vie:
La grève du personnel navigant commercial d'Air France.
Il y avait là un vrai boulevard revendicatif, avec des liaisons politiques importantes.
Et malheureusement, la seule revendication portée ("entendue" serait plus juste) a été celle de la réduction d'équipage à l'intérieur des avions dont les pilotes ont appris à voler oiseaux.
Le boulevard changea de côté...
La direction n'eut qu'à expliquer que les autres compagnies volaient avec moins de PNC et que, c'était une simple application de la réglementation européenne et voilà, l'affaire était dans le sac.
Il y avait un boulevard car, et c'est là que je rejoins l'article du Monde diplo, ce sujet était (est) un vrai sujet politique, et la revendication y trouvait toute sa légitimité.
Depuis de nombreuses années, le lobying effectué par les compagnie aérienne auprès de la commission européenne n'a qu'un objectif: la réduction des coûts et la disparition des réglementations nationales protégeant les salariés du transport aérien.
Ainsi, le code du travail ne s'applique plus aux personnels navigants français ce qui a eu pour conséquence grave de dé-réglementer les temps et amplitudes de travail et donc, d'entrainer le risque d'une dégradation importante du niveau de sécurité.
Quelle est donc l'un des autres effets de la destruction des réglementations nationales?
Les compagnies souhaitent que le métier de PNC, à l'origine tourné principalement vers la sécurité, devienne un métier précaire de "serveuses de bar" (sans déprécier, bien sûr, cette profession), afin une fois encore de baisser les coûts d'exploitation.
Il aurait suffit pendant cette grève d'expliquer aux passagers que c'était avec leur sécurité que jouait aujourd'hui Air France avec la complicité des autorités européenne, d'expliquer qu'en cas de soucis, le nombre réduit de personnels chargés de leur sécurité à bord de l'avion ne garantissait pas leur sauvegarde, que parfois, les pilotes qui, au petit matin, les emmenaient vers leurs lieux de rendez vous ou en vacances, avaient dormit 4h dans la nuit (et pas parce qu'ils étaient attablés au bar de l'hôtel).
A la place de ça nous avons eu droit au "vous vous rendez compte, on va être à 3 au lieu d'être à 4. On va travailler plus".
Quel gâchis!!
Pour ces raisons, et pour tellement d'autres, nous devons nous emparer du débat.
Ne pas laisser les initiatives aux seuls "responsables" syndicaux .
La seule expression doit venir de la base et notre devoir est d'informer, d'expliquer à tous le monde dans lequel nous évoluons.
Pendant que nous perdons du temps, les manigances de l'état et des pouvoirs économiques sont à l'oeuvre et c'est une stratégie globale qu'ils mettent en place.
La riposte ouvrière doit prendre la même dimension et le manque de soutien des organisations syndicales au mouvement des indignés est, à mon sens, une erreur majeure.
Dire qu'ils y en a pour penser que ce mouvement est "petit bourgeois"...
Ils regrettent sûrement de voir s'éloigner le grand soir et de n'avoir jamais réussit à susciter la même mobilisation spontanée autour de leurs thèses.
Une communication des élus du CHSCT de Régional, avec à sa suite, la décision rendu par le Tribunal de Grande Instance de Nantes.
Mauvaise perdante, la direction de Régional se pourvoit donc en appel.
Quel drôle de "signe" à ses salariés...
Cette enquête n'étant demandée que dans l'intérêt des dits salariés...
(Désolé pour la mise en page parfois anachronique selon les navigateurs, mais le document d'origine a été
converti du .pdf et retapé à la main pour certains passages mal scannés. L'original du jugement sur simple demande à l'adresse du blog)
IV - MOTIFS DE LA. DÉCISION DU JUGE
Attendu que la décision du comité d'hygiène et de sécurité de recourir à une expertise extérieure à l'entreprise en raison des risques psychosociaux graves qui pèseraient sur les
salariés de la direction "administration et escales" de la compagnie REGIONAL a éte prise
lors des réunions du comité des 18 janvier et 14 mars 2011;
Attendu que si les procès-verbaux de ces deux réunions ne décrivent pas de manière
circonstanciée les risques graves pour lesquels le comité a décidé de recourir à une expertise sur, et ne les caractérisent donc pas, ils ont été complétés lors d'une nouvelle réunion extraordinaire du
CHSCT du 21 juin 2011, au cours de laquelle les trois membres élus du comité ont voté, contre l'avis du président, une résolution qui indique les signes et indicateurs qui traduisent des signes de souffrance au travail constituant, selon les élus, un risque grave « pour la santé des salariés de la DES et des personnels administratifs du siège en lien avec l'exposition aux risques psychosociaux » ; que cette resolution fait référence à une augmentation de l'absentéisme, à une augmentation du turn-over dans certains services, notamment du poste de chef de l'escale de Nantes, à une décompensation de certains des salariés, faisant état d'une intervention du médecin du travail de Nantes lors d'une réunion du CHSCT du 28 septembre 2010 , à la survenue d'accidents de trajet qui seraient dus à des problèmes de pénibilité du planning des agents des escales, sujet présenté comme
conflictuel lors des réunions du CHSCT et du comité d'entreprise, au nombre de demandes de rendez-vous des salariés avec les médecins du travail, à l'intrusion alléguée du personnel encadrant dans la vie privée des agents de l'escale de Lyon, à des problèmes de communication entre les salariés et leur hiérarchie, à des pressions sur certains représentants du personnel et à une enquête en cours, suite à un droit d'alerte du mois d'avril 2010 sur les conditions de travail d'un salarié du service de formation enquête demandée par l'inspecteur du travail de Nantes ;
Attendu que cette liste est la simple reprise de points qui ont été soulevés et discutés lors des réunions précédentes du CHSCT ;
Attendu sue la lecture des procès-verbaux du CHSCT des trois dernières années qui sont versées aux débats fait ressortir un manque évident de confiance entre la direction de
l'entreprise et les représentants des salariés au sein du comité, toutes tendances syndicales confondues ; que les difficultés récurrentes sur le seul établissement des procès-verbaux des réunions du CHSCT est une illustration de cette défiance réciproque, certains des procès-verbaux constituant une relation parcellaire des échanges, qui ne se concluent pas sur des synthèses ou des résolutions argumentées claires ;
Attendu, d'autre part , que les initiatives prises par la direction, notamment par la mise en
place d'un projet dénommé "ÉQUILIBRE", visant à mesurer et qualifier la pénibilite des différents postes de travail et de leur organisation, ne parviennent pas à recueillir l'adhésion ou, à tout le moins, la compréhension des représentants du personnel, dont les interventions, telles que rapportées dans les procès-verbaux des réunions du CHSCT, paraissent indiquer que l'outil est plutôt destine, selon eux, à améliorer la gestion de l'entreprise au profit de celle-ci qu'à garantir les conditions de travail des salariés ; que si cette seule appréciation des représentants des salariés ne suffit évidemment pas à traduire l'existence du risque psychosocial invoqué par les élus du CHSCT, elle constitue cependant un signe supplémentaire des difficultés de cohésion sociale de l'entreprise ;
Attendu qu'il résulte du bilan social de l'entreprise pour l'année 2010 que si le nombre total
des journées d'absence pour accidents de trajet et de travail n'a que faiblement augmenté, passant de 1961 en 2008 à 2119 en 2010, le nombre des journées d'absence pour maladie a, lui, connu une augmentation significative, passant de 21843 en 2008 à 22419 en 2009 et à 29.179 en 2010; que l'augmentation de ces absences est particulièrement nette chez les agents de maîtrise, où leur nombre était de 4.303 en 2008 et de 5.201 en 2009, pour s'élever à 7,279 en 2010 ; que cette augmentation de l'absentéisme est susceptible de constituer un signe objectif d'une augmentation de la pénibilité au travail et de la difficulté ressentie pour les salariés à faire face à leurs tâches et obligations, dans les conditions qui leur sont offertes par l'entreprise ;
Attendu, par ailleurs, que la demande du CHSCT s'inscrit dans le cadre général particulièrement concurrentiel du transport aérien européen ; que les pressions économiques qui s'exercent sur la compagnie REGIONAL peuvent avoir des traductions de gestion des ressources humaines, comme en témoigne le projet de la direction, abandonné depuis, de spécialisation des filiales REGIONAL et BRIT AIR de la compagnie AIR FRANCE ; que les risques d'accentuation des pressions de rentabilisation et de rationalisation du travail évoqués par les élus du CHSCT, s'ils ne sont pas complètement établis en l'état du débat, ne peuvent toutefois pas être écartés dans ce contexte économique particulier;
Attendu que l'ensemble de ces éléments justifie, au regard des dispositions de l'article l'article L 4614-12 du Code du travail, la décision du juge de recourir à une expertise extérieure à l'entreprise; qu'il n'y a pas lieu d'annuler les décisions critiquées ;
Attendu que le CHSCT, qui ne dispose pas d'un budget de fonctionnement propre, produit la facture détaillée des honoraires de son avocat, qui n'est pas critiquée ; qu'il convient de faire droit à ce chef de demande;
Attendu que la nature de l'affaire justifie le prononcé de l'exécution provisoire de la présente décision ;
PAR CES MOTIFS LE JUGE DES RÉFÉRÉS,
Statuant publiquement et en premier ressort,
Rejette les demandes de la compagnie REGIONAL en annulation des délibérations du
CHSCT ADMINISTRATION & ESCALES des 18 janvier, 14 mars et 21 juin 2011 et dit quecelles-ci recevront effet dans les termes où elles ont été prises.
Condamne la compagnie REGIONAL à payer au CHSCT ADMINISTRATION & ESCALES la somme de 8.932,76 euros au titre des frais de procédures.
Ordonne l'éxécution provisoire
Condamne la compagnie REGIONAL aux dépends.
Une communication de la CGT-Régional.
Le 1er décembre avait été choisit par la direction du site de Clermont-ferrand pour fêter le Saint patron des techniciens, St Eloi.
A cette occasion, elle avait invité force médias.
Les Camarades de la CGT-Régional avaient proposé aux salariés, parallèlement à l'opération de communication de la direction, un repas réellement fraternel loin des faux semblants et des discours démagogiques. (vous remarquerez d'ailleurs que la direction de cette filiale d'Air France le reconnaît elle même: "devant le risque d'étalage inoportun de nos tensions internes").
Car, depuis le dernier conflit du mois de juin dernier, les conflit subsistent et la situation actuelle du groupe Air France-KLM ne vient
rien arranger, c'est le moins que l'on puisse dire...
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