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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 22:08
Ils sont impayables!

Je vais vous raconter ma journée.

Aujourd'hui se tenait à Rungis, avenue de Villeneuve au siège de Hop! une cession ordinaire du Comité d'Entreprise. Si cette cession était, ordinaire, le reste de la journée le fut moins.

Ce matin, alors que je tentais après une nuit assez courte d'ingurgiter, sans en mettre partout, une corne de croissant dégoulinante de chocolat, mon attention se vit perturber par l'arrivée d'un collègue Délégué Syndical de l'UNSA, que j'aime bien, en fait. M'étonnant (mollement, mais cette mollesse serait un peu longue à expliquer car lié à un échange assez "intense" de mails la veille au soir avec l'UNSA, la CFDT et la direction), m'étonnant disais-je de cette présence alors qu'aucune réunion syndicale n'était programmée ce jour, je m'entendis alors répondre "je viens signer les accords". Ma chance (et la sienne) a été que le croissant sus-nommé avait déjà été avalé et donc dépassé l'entrée du tuyau conduisant à l'estomac, sinon, je pense que mon pauvre collègue aurait sûrement vu sa magnifique liquette-repassée-pour-la signature, assez généreusement constellée d'auréoles Van Houten.

"Mais, mon bon Didier", lui dis-je, "pourquoi cet empressement?" "Ben c'est aujourd'hui que la direction veut qu'on signe". C'est dans ces moments là que l'on est assez content d'avoir disposé son séant sur une chaise plutôt que sur un tabouret. En effet (moi ça me fait ça, vous je ne sais pas), la réception de propos inattendus a pour conséquence immédiate un mouvement d'inclinaison/effondrement du torse et c'est là que le dossier du mobilier entre de manière salvatrice en action. Ainsi donc, "c'est aujourd'hui que la direction VOULAIT que l'on signe".

Je rêve, j'hallucine, pincez moi, mordez moi, répétez lentement en articulant doucement! Vite, réflexe de multiples stages de managment "faire répéter son interlocuteur afin de s'assurer de la compréhension mutuelle de la phrase" Vous me dites, mon bon, qu'après près de 8 mois de négociations, disposant d'un texte que vous même estimez "à relire avant signature", c'est la direction qui donne le jour et l'heure à laquelle devront être paraphés les documents? C'est çà? J'ai bien entendu? Il y avait de la drogue dans le Cacao?

Didier, tu es en train de me dire, qu'après que la CFDT et l'UNSA aient envoyé un mail à la direction estimant qu'une journée de relecture n'avait pas été suffisante pour relever l'ensemble des points nécessitant corrections, éclaircissements et autres sur LE SEUL accord ADOTT, et que l'accord ASR (rémunérations) n'avait même pas été relu, tu viens, malgré tout, apporter la signature de l'UNSA aux accords? Je pensais, bien innocemment, que l'épisode de la signature de l'accord "réduction des coûts" chez Ex Régional vous avait pourtant servi de leçon! Vous aviez bien paraphé un accord avec la "promesse directoriale" de l'ouverture de négociations sur le CET? Ces négos ont elles un jour été ouvertes? Hein? Qu'est ce que tu dis? Non? ah bon.

Nous avions (oui, "avions") donné notre accord de principe sur la globalité des textes, car, nous les trouvions dans leur globalité, satisfaisants. Hors, "le diable se cache dans les détails", et c'est pour cette raison que nous souhaitions obtenir certaines précisions ECRITES, pas orales, une confiance prudente gouvernant nos relations avec notre direction. Il faut quand même se rappeler que nous "fréquentons" Mr le DRH "Sol" depuis bien longtemps, et que force est de constater que nos fonctions, nos histoires, font, qu'étrangement, souvent, nos interprétations de textes, d'accords sont pratiquement totalement opposées, c'est étonnant non? Il ne s'agit en aucun cas de malhonnêtetés mutuelles, non, certainement pas, nos intérêts sont justes différents.

Quelle mouche (qui a d'ailleurs la vie dure, car ce n'est pas la première fois) a t'elle piquée les représentants de la CFDT et de l'UNSA (les cadres de la CFE CGC ayant d'autres intérêts) pour se trouver "obligés" d'obéir aux injonctions directoriales et de "courir" aller signer les deux accords?? Pour mémoire, et cela n'arrange rien , je vous rappelle qu'à l'ordre du jour du Comité d'Entreprise figuraient: la présentation des comptes de l'entreprise (une paille!), l'intégration de Lyon Maintenance (re-paille), le sort de l'atelier roue de Lyon et divers broutilles ne méritant sûrement, d'après eux, qu'une oreille et une attention limitée, toute force devant être mobilisée vers le fait que "la direction veut qu'on signe"....

Donc, le CE a été interrompu pour la "cérémonie", les Kikis allant même jusqu'à se faire photographier pour immortaliser l’événement. La direction ne revenant pas, la séance du Comité a été levée.

"Mais si, nous pourrons toujours modifier les textes"

On m'a souvent qualifié de naïf-crédule. Mais alors, là ! Croire que la direction modifiera les textes, de la façon que nous souhaitons, alors qu'ils sont applicables car paraphés, je suis largement, très largement battu!!!

"Le texte ne sera pas applicable, nous irons en justice, si jamais les modifs ne sont pas prises en compte"

T'as raison, Toto! Tu me trouveras un juge qui te donneras raison alors que ta signature figure au bas du texte, signature donnant accord sur ce qui est écrit au-dessus...Je l'entends déjà « ben les gars, il ne fallait pas signer »

Aujourd'hui, 29 juin 2017, la CFDT, l'UNSA et la CFE/CGC ont signé les accords ADOTT et ASR.

J'espère de tout cœur que les salariés ne le regretteront pas....

C'était une bien "belle" journée.

Au fait, la butée était fixée au 4 juillet, si mes souvenirs sont bons.

 

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 13:00
"Ces patrons qui dirigent autrement"

Après la vidéo, la lecture, il ne manquait plus qu'un peu d'audio. Cette absence est réparée!

Je soumets à vos oreilles attentives, l'écoute d'une émission sur "ces patrons qui dirigent autrement". C'est plein de bonnes idées! Certes, c'est totalement aux antipodes de ce qui se pratique chez Hop!, mais ça a le gros avantage de démontrer qu'il est tout à fait possible de faire autrement. 

Il est également toujours surprenant de se faire taxer de "passéistes", "ringards", pratiquant les "relations sociales d'un autre siècle", quand on s'aperçoit, en fait, que "c'est-celui-qui-dit qui-y-est!

Comme il n'y a plus de lecteur audio intégré sur Overblog, je vous colle le lien de l'émission ICI

Voilà, il me reste en réserve un article sur un parallèle entre le fascisme et le capitalisme, mais je crois que je vais attendre un peu....

La suite des négos la semaine prochaine à Nantes, où, parait'il, il y a quelqu'un qui souhaite me voir. Ca sera donc avec un plaisir non contenu que j'argumenterai de vive voix, ce que j'ai écrit en réponse à l'un de ses commentaires. 

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Published by Ernesto
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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 18:41
Un intermède plein d'évidence

Vous trouverez dans cette interview, une analyse d'Alain Accardo sur le phénomène "macron" et la façon dont il a été, au minimum, accompagné par certains médias.

"Ca n'a rien à voir avec ce que l'on voudrait lire! Tu commences à nous brouter avec tes machins politiques"

Je sais, n'empêche....

Et d'une, je fais ce que je veux, c'est mon "canapé" à moi et de deux, je voulais juste attirer votre attention sur l'argumentaire développé par le sociologue car je suis sûr que vous y trouverez certaines ressemblances avec des .... méthodes familières.

 

Les médias ne sont plus que très accessoirement des facteurs de l’utilité publique » – un entretien avec Alain Accardo

 

Ludivine Bénard, le 4 mai 2017, 7 :00 AM

 

Le socilologue revient pour nous sur le traitement médiatique de l’élection présidentielle.

« Merdias », « journalopes », « vendus »… Les réseaux sociaux ne sont jamais avares de mots durs envers les journalistes. Pourquoi tant de haine, se demandent ces derniers ? La période qui a précédé les élections présidentielles n'a, de ce point de vue, pas été en reste et la défiance envers les médias a largement été de mise, au fur et à mesure que se multipliaient les unes des magazines consacrées à Emmanuel Macron. Avant le second tour, qui oppose le candidat d'En Marche ! à Marine Le Pen, nous avons donc souhaité nous entretenir avec Alain Accardo, sociologue et maître de conférences à Bordeaux III, afin d'analyser le « système médiatique » à l'œuvre. Ce spécialiste de Pierre Bourdieu vient en effet de faire paraître, dans la collection Cent mille signes des éditions Agone, une réédition d'un de ses textes de 2007, sous le titre « Pour une socioanalyse du journalisme, considéré comme une fraction emblématique de la nouvelle bourgeoisie intellectuelle ».

Si Accardo rappelle la mainmise de grands groupes industriels et financiers sur la majorité des médias, il refuse de faire des journalistes des pantins soumis aux ordres, protégeant sous la contrainte l'ordre (libéral) établi. Au contraire, et c'est là la pertinence de son analyse, qui prend en compte à la fois le poids des structures et la contingence des actions individuelles : sous couvert de démocratie et de pluralisme, les journalistes tiennent, peu ou prou, le même discours car ils pensent tous, peu ou prou, la même chose, et qu'ils viennent tous, peu ou prou, des mêmes milieux. Alain Accardo l'affirme : « Cette dialectique de la diversité dans l'uniformité idéologique tient fondamentalement au fait que les médias journalistiques s'adressent aux différentes fractions des classes moyennes et des classes supérieures, où se recrutent d'ailleurs, très majoritairement, les journalistes eux-mêmes. Il est donc compréhensible que les médias reflètent la diversité effective des intérêts et des valeurs de ces différents groupes sociaux. »

Non, les journalistes ne sont pas des marionnettes soumises aux ordres des actionnaires richissimes qui détiennent leur rédaction. Non, ils ne passent pas leur journée à comploter sciemment pour diffuser des informations erronées. Leur discours est biaisé car leur point de vue l'est de fait, et leur unanimité sur le « phénomène Macron » l'illustre parfaitement : « La représentation médiatique du monde, telle qu'elle est fabriquée quotidiennement par les journalistes, ne montre pas ce qu'est effectivement la réalité mais ce que les classes dirigeantes et possédantes croient qu'elle est, souhaitent qu'elle soit ou redoutent qu'elle devienne. Autrement dit, les médias dominants et leurs personnels ne sont plus que les instruments de propagande, plus ou moins consentants et zélés, dont la classe dominante a besoin pour assurer son hégémonie. » J'ai rencontré Alain Accardo pour en savoir un peu plus.

VICE : Durant la campagne – et même avant– de nombreux observateurs ont évoqué l'omniprésence d'Emmanuel Macron dans les médias, et un traitement, disons, assez favorable. Des unes de magazine aux éditos dithyrambiques – on pensera à celui de Matthieu Croissandeau, directeur de la rédaction de L'Obs – Macron était partout. Selon vous, les journalistes ont-ils fabriqué le présidentiable Macron, pourtant inconnu il y a encore trois ans ?


Alain Accardo : On pourrait effectivement dire que « les journalistes ont fabriqué le présidentiable Macron » comme ils ont fabriqué tout le reste, ou plus exactement que le travail des médias a été décisif dans l'imposition de la figure de Macron comme candidat crédible, capable de « rassembler au-delà des vieux clivages traditionnels », d'abord sur la seule foi des proclamations de l'intéressé lui-même, que l'impatience de ses ambitions avait conduit à court-circuiter le processus habituel de l'adoubement par un grand parti. Étant nouveau venu dans le champ de la politique professionnelle, et n'ayant jamais subi le baptême du feu électoral, il n'avait pas encore accumulé le même capital politique spécifique que ses principaux concurrents. Il a donc fait ce que font parfois les nouveaux entrants dans une compétition sociale : il a tenté un coup de force pour accumuler d'un coup le capital distinctif nécessaire pour figurer dans la compétition avec quelque chance de succès. Mais ne voulant pas avoir à payer en temps et en énergie le droit d'entrée dans le jeu, il a pris le risque de s'inscrire dans la compétition en concurrent indépendant. Ce qui restreignait le choix de sa stratégie à celle du « ni droite, ni gauche », qui dans la France actuelle n'est quand même pas d'une sidérante nouveauté, il faut bien le reconnaître. Giscard déjà, dans les années 1970, reprenait à son compte ce vieux précepte centriste en disant que la France « demande à être gouvernée au centre ». Trente ans d'alternance « gauche-droite » ont fait le reste, c'est-à-dire épuisé la confiance des électeurs de gauche comme de droite. En tout cas, le choix du « ni droite-ni gauche » est presque toujours l'aveu d'une préférence pour la droite, mais dissimulé ou honteux.

Transformer la lutte politique en simple bataille d'idées et la bataille d'idées en simple querelle de mots, choisis pour leur halo sémantique de séduction ou de répulsion (et donc pour leur charge émotionnelle positive ou négative), c'est substituer à la vision crue et réaliste des rapports de classes une vision purement symbolique, très euphémisée, qui tend trop souvent à masquer les véritables enjeux et les contradictions objectives.

Dans des circonstances « normales », les compétiteurs suffisamment « gonflés », ou inconscients, pour tenter le coup de force de court-circuiter la filière de sélection partisane, se font rapidement balayer par les concurrents encartés plus aguerris, plus expérimentés, mieux connus et reconnus, à moins de bénéficier d'énormes appuis (celui de l'Armée par exemple, dans un coup d'État) ou bien d'être servis par des circonstances inattendues et imprévisibles qui bouleversent la donne et ruinent les plans des concurrents les plus dangereux (comme le pourrissement de la vie politique française par la guerre d'Algérie, qui a permis à De Gaulle d'imposer habilement son retour au pouvoir en 1958, encore qu'il ne fût pas vraiment un nouveau venu).

C'est ce qui s'est passé pour Macron. Il a bénéficié d'un concours de circonstances inimaginable, qu'aucun institut de sondage n'aurait pu anticiper, à la fois l'effondrement de Fillon à cause des « affaires » et la défaite de Valls battu à la primaire socialiste. Du coup, les deux grands partis favoris de l'alternance se retrouvaient sans représentant patenté. Saisissant l'occasion aux cheveux, les forces conservatrices se sont jetées sur Macron pour le mettre en selle. À défaut du label LR ou PS, il présentait toutes les qualités et les garanties requises aux yeux des chiens de garde du Capital. Comble de bonheur pour la droite républicaine et l'establishment, le second concurrent exigé par la règle du jeu au deuxième tour de la présidentielle risquait fort d'être la candidate de l'extrême droite, ce qui permettait d'envisager une réédition de la stratégie du « rassemblement républicain » qui avait si bien marché lors du duel Chirac-Le Pen. Macron promettait d'être parfait en candidat providentiel et consensuel, seul capable de sauver la République de l'affreuse menace extrémiste-populiste du FN.

Il ne restait plus qu'à laisser la presse aux ordres, les grands médias, parfaitement rodés, faire leur travail, c'est-à-dire affoler les électeurs, ameuter les foules et préparer la venue du nouveau rédempteur Macron.

 

VICE: Si les journalistes ont fabriqué ce candidat, comment expliquer qu'il soit au second tour, eu égard à l'hostilité quasi-générale dont font preuve les citoyens à l'égard des médias ?

C'est une banalité aujourd'hui de dire que le fonctionnement « heureux » des rapports sociaux, spécialement la reproduction pas trop grinçante des structures de domination au bénéfice des puissances économiques et financières, implique la production et la diffusion d'une information appropriée. Toute in-formation est une mise-en-forme de la réalité. Donc une mise dans un certain ordre, un état de relative cohérence et d'harmonie fonctionnelle. C'est pourquoi on peut parler de « système social ». Il y a un agencement, un assemblage des parties pour former un tout fonctionnant selon une certaine logique, capitaliste ou autre, donc conformément à des règles et des stratégies qui sont pour une part délibérées, théorisées par les agents, et pour une part plus grande encore inconscientes, vécues pratiquement sans avoir besoin d'être pensées expressément. Contrairement d'ailleurs à ce que beaucoup de gens croient, le travail de production et de distribution de l'in-formation nécessaire à la bonne marche du système n'est pas assuré seulement par les médias de presse. D'autres appareils et institutions, non moins importants, y participent – comme l'École par exemple.

S'agissant des médias de presse, il y a longtemps que les classes possédantes et dirigeantes ont compris l'impérieuse nécessité de s'en emparer. Et elles l'ont fait, en quasi-totalité pour la presse papier, à l'exception d'une presse marginale, valeureuse mais asphyxiée financièrement. Pratiquement tous les grands titres, de même que les grandes chaînes et stations de l'audiovisuel, sont tombés aux mains de groupes capitalistes qui se sont mis à produire une information pour le marché en même temps qu'ils produisent un marché pour l'information, exactement comme ils le font pour le béton, les avions, les parfums ou les autos. On fabrique en même temps le barbecue en tôle, le sac de sarments à brûler, les saucisses de porc aux antibiotiques et la famille de classe moyenne qui « s'éclate » à faire des barbecues avec ses amis sur son petit bout de gazon, comme dans une série hollywoodienne.

Évidemment, cette presse capitaliste a pour mission essentielle d'assurer la défense et l'illustration du système capitaliste (de ses intérêts économiques, de sa philosophie libérale, de son mode de vie, etc.) en toutes circonstances, sur tous les sujets, mais dans le cadre imposé par la loi fondamentale de la République, c'est-à-dire par sa Constitution. Or cette Constitution impose à la République un fonctionnement « démocratique ». Dans le principe au moins. Il faut donc que les médias donnent l'apparence de respecter les principes et les valeurs de la démocratie et de la laïcité (pas de discrimination entre les différentes catégories de citoyens, etc.). D'où une teinture de pluralisme et de diversité qui répond en même temps à la nécessité d'élargir au maximum les publics touchés afin de maximiser l'audience et par là la rente publicitaire. On donnera la parole à un Mélenchon, mais on associera constamment son nom à celui de Chavez, traité de « dictateur » ; on invitera un Poutou à s'exprimer, mais en le présentant comme un « petit candidat » sans envergure, etc., alors que les « bons » candidats font l'objet de commentaires positifs ou neutres, sans connotation dévalorisante. Tous ces procédés et opérations, considérés ponctuellement, peuvent sembler dépourvus d'importance. Leur répétition et leur accumulation (pilonnage) finissent par créer un climat favorable ou défavorable, une perception sympathique ou hostile relativement à une personne ou à une idée.

Pour faire ce travail de mise en forme de l'opinion, les médias recrutent des salarié(e)s sélectionné(e)s et formé(e)s de façon que toutes leurs propriétés (origine sociale, classe d'âge, parcours scolaire, diplôme universitaire, bagage culturel, goûts esthétiques, préférences morales, etc.) contribuent à les faire adhérer activement aux différentes expressions de l'idéologie dominante (hédonisme consommatoire, individualisme libertaire, écolo-humanitarisme, américano-tropisme, européanisme bruxellois inconditionnel, préférence pour le privé contre le public, hostilité envers le syndicalisme de classe et spécialement envers la CGT, favoritisme pour la CFDT, etc.), de même qu'ils adhèrent à cette forme d'analphabétisme politique caractéristique de la classe moyenne moyennement instruite qui consiste à réduire la politique à ce que les personnalités politiques, et en particulier celles occupant des responsabilités dans les appareils et les institutions, proclament qu'elles font, qu'elles ont fait ou qu'elles vont faire. La presse, avec ses journalistes et ses sondeurs, n'a de cesse de transformer la vie politique en une scène théâtrale où se déroule une joute verbale ininterrompue, ce qu'on pourrait appeler – pardon pour ce néologisme barbare – une parlocratie qui, faute de pouvoir empêcher radicalement toute critique sérieuse du système, a au moins pour effet de noyer et de désamorcer toute opposition.

Il faudrait être très jeune en politique pour croire un seul instant que si le hasard de la conjoncture n'avait pas placé Macron au bon moment sur la bonne case de l'échiquier, la droite vraie et la fausse gauche s'en seraient trouvées décapitées et mises hors-jeu.

Transformer la lutte politique en simple bataille d'idées et la bataille d'idées en simple querelle de mots, choisis pour leur halo sémantique de séduction ou de répulsion (et donc pour leur charge émotionnelle positive ou négative), c'est substituer à la vision crue et réaliste des rapports de classes une vision purement symbolique, très euphémisée, qui tend trop souvent à masquer les véritables enjeux et les contradictions objectives. La croyance petite-bourgeoise à la magie des mots (la « communication ») est un des principaux ingrédients du prétendu consensus républicain, fantasmé par les médias, dont l'inconsistance ne résiste pas une seconde là où on voit clairement apparaître les rapports ultimes des forces en présence, c'est-à-dire dans toutes les situations d'affrontement des intérêts de classes à visage découvert et sans phrases. Il arrive ainsi toujours un moment où la grande « démocratie » de Washington et de Wall Street choisit de soutenir un Pinochet contre un Allende, un moment où le grand patronat, la City et le gouvernement thatchérien « démocratique » à leur service font donner sans pitié la troupe contre les mineurs en grève. Il arrive toujours un moment où la République française doit choisir entre la Commune de Paris et le gouvernement versaillais de M. Thiers. Il est significatif que, dans tous ces moments historiques sans exception, la « grande presse » de France comme d'ailleurs, se retrouve immanquablement dans le camp des fusilleurs de prolétaires, auquel elle n'a jamais cessé d'appartenir.

En ce moment en France, on n'en est pas encore tout à fait là. Le pays chloroformé par des décennies d'alternance se réveille à peine de son anesthésie. Les épées ne sont pas encore tout à fait tirées du fourreau, mais les mains sont sur la poignée. Le grand patronat du CAC 40, des multinationales et des banques s'inquiète de voir se multiplier un peu partout, pas seulement en France, les signes d'un rejet de plus en plus explicite de la domination du grand Capital mondialisé. En France, plus de trente années de « consensus républicain » entre une droite déclarée et une droite déguisée en « gauche de gouvernement » ont démontré qu'il n'y avait plus grand-chose à attendre du régime de la Ve République, régime présidentialiste avec De Gaulle, essentiellement affairiste avec ses successeurs, et aujourd'hui devenu véritable foire d'empoigne pour le grand Capital. Il n'est pas nécessaire d'être grand clerc en politique pour comprendre que l'heure va sonner où la grande bourgeoisie devra une fois de plus « tout changer pour que rien ne change », comme l'auteur du Guépard le fait dire à son héros. La bourgeoisie capitaliste s'y prépare depuis un moment déjà, et sa presse pousse les opinions dans cette voie du faux changement, seul capable de sauvegarder la suprématie de la classe possédante et dirigeante sans tomber dans la guerre civile, toujours très dommageable.

Dans ce contexte de crise généralisée, il devient clair dans la plupart des esprits qu'il faut jouer la carte du changement. Oui, mais pas n'importe lequel. Les grands médias, tous acquis, sauf exception, à cette idée qu'il faut sauver le système en péril, ont entrepris de soutenir et promouvoir, dans tous les domaines, tout ce qui ne constitue pas une réelle menace pour l'ordre capitaliste établi, même les démarches ou les individus qui ont un petit air de subversion (des indignations, des frondes sans lendemain, des prurits de contestation, des jaillissements de printemps qui s'étiolent l'été venu), et à l'inverse de canonner à boulets rouges tout ce qui risquerait de compromettre la reproduction de l'ordre établi, toutes les expériences nouvelles, toutes les formes de mécontentement, de colère et de protestation que les journalistes de marché recouvrent de l'étiquette globale, qu'ils veulent stigmatisante, de « populisme » – appellation qui dit bien, à sa façon, que la fraction médiatique de la classe moyenne est une fois de plus en train de tomber du côté de son employeur, la bourgeoisie, et pas du côté des classes populaires. Rien n'est pire pour le petit-bourgeois épris de distinction que d'être englouti dans l'anonymat populaire ou de devoir y retourner.


 

VICE: Alors que le second tour verra s'opposer Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le premier est souvent présenté comme le « candidat de la modernité ». Vous notiez dans le numéro du Monde diplomatique daté d'août 2005 que « contrairement aux apparences, ce monde "développé" moderne ne connaît ni la paix, ni la prospérité, ni la liberté pour tous, sinon en trompe-l'œil comme privilèges de minorités dominantes, masquant une réalité fondamentalement faite de violence, d'inégalité et d'oppression ». Quel regard portez-vous sur le candidat d'En Marche ! ?


Eh bien, comme je l'ai dit précédemment, Macron a eu tout bonnement la chance d'être là, en train d'entamer sa « résistible ascension » de politicien professionnel au moment précis où l'homme providentiel que les médias prévoyaient de tirer du chapeau après les primaires de droite et de gauche, un Fillon ou un Valls, ou même un Hamon, vidait piteusement les étriers. Il fallait d'urgence remettre quelqu'un en selle. On avait sous la main un jeune ambitieux, transfuge du gouvernement en place, déjà bien formaté par le système, ses grandes Écoles et ses banques, et qui était loin d'avoir la candeur d'un premier communiant, mais qui avait par une ruse de marketing élémentaire enfourché le dada à la mode du « ni droite, ni gauche », et le voilà aussi sec intronisé candidat providentiel, preux chevalier et sauveur de la République, par le ralliement bien orchestré de la droite libérale classique et de la droite libérale-socialiste. Où est le mystère là-dedans ? Il n'y a aucun mystère ; il n'y a que la logique bien éprouvée d'un système de domination bien agencé.

Il faudrait être très jeune en politique pour croire un seul instant que si le hasard de la conjoncture n'avait pas placé Macron au bon moment sur la bonne case de l'échiquier, la droite vraie et la fausse gauche s'en seraient trouvées décapitées et mises hors-jeu. Le système capitaliste est une hydre aux multiples têtes, qui ne cessent de repousser. Il y a des centaines de Macron, c'est-à-dire d'individus « providentiels » formés en série dans nos écoles et nos cabinets, prêts à prendre la relève si nécessaire, chacun dans son style. Quand l'ordre bourgeois a besoin d'un sabre, il n'a pas forcément un Bonaparte sous la main, mais à défaut il peut s'accommoder d'un Boulanger. Mais pour comprendre cela, il faut appréhender le social sous l'angle de sa logique structurelle, de ses rapports de classes et de son fonctionnement objectif plutôt que sous l'angle privilégié par les écoles de journalisme et les IEP, l'angle des interactions personnelles et des trajectoires individuelles. Ce ne sont pas les journalistes ni les Macron qui font le règne du grand Capital (même s'ils y contribuent en retour). C'est plutôt le grand Capital qui fabrique ces Macron-là et ces journalistes, avec leur propre consentement. Et ils se servent en le servant.

 

VICE: Avant la présidentielle, deux des principaux partis français ont décidé de recourir au système des primaires, sur le modèle des États-Unis. Que dit cette pratique de l'évolution de la politique française ?


Elle est un indice de plus que la France devient toujours un peu plus politiquement ce qu'elle est déjà devenue culturellement : une espèce de colonie des États-Unis. La mise en cohérence, ou la mise au gabarit, de l'ensemble du système capitaliste mondialisé se poursuit et continuera tant que l'american way of life sera le modèle préféré de développement des populations occidentalisées. Il n'y aura bientôt plus que la langue qui permettra de distinguer une population européenne, par exemple, d'une population américaine. Mais là encore nos médias et leurs journalistes qui parlent franco-américain à longueur d'émissions et d'articles se chargent d'y mettre bon ordre en jargonnant tant et plus.

Le dispositif des primaires semble bien adapté à un système politique comme celui des États-Unis, caractérisé par le fédéralisme et le bipartisme, où le jeu des institutions, démocratique dans le principe, est profondément biaisé (avec l'accord du plus grand nombre) par le poids combiné de plusieurs facteurs de ségrégation, au premier rang desquels la fortune personnelle et l'appartenance religieuse. Il semblerait que la pratique des primaires convienne moins à des pays comme la France, du fait de l'attachement à la laïcité de l'État et du morcellement de l'offre politique. Du fait aussi de la radicalité plus forte de la critique sociale et de l'opposition politique. Aux États-Unis, des individus comme Besancenot, Poutou, ou même Mélenchon, ne feraient sans doute pas une longue carrière.


 

 Les médias ne sont plus que très accessoirement des facteurs de l'utilité publique.

VICE: Vous écrivez dans votre livre que « le recrutement bourgeois et petit-bourgeois largement majoritaire de la population journalistique entraîne que les journalistes non seulement répugnent à s'engager dans des luttes sociales et sont hostiles à l'action syndicale, mais encore qu'ils sont incapables de percevoir le bien-fondé de ces luttes quand elles sont le fait d'autres salariés, ce qui se ressent clairement dans la couverture médiatique des mouvements sociaux, généralement présentés sous l'angle de la nuisance, de la division et du désordre. » Dans cette optique, qu'avez-vous pensé du traitement médiatique réservé à Jean-Luc Mélenchon ?


Je dois préciser, avant de répondre à cette question, que je ne suis nullement un mélenchoniste, même si je regarde plutôt avec intérêt le mouvement de « la France insoumise ». Je n'en suis que plus à l'aise pour dire que le traitement que les grands médias lui ont réservé jusqu'ici me paraît indigne. Mais il ne me surprend pas. C'est le contraire qui me surprendrait.

À partir du moment où il a commencé à être évident, les sondages aidant, que Mélenchon incarnait une possible alternative à gauche, et qu'il le faisait avec un incontestable talent, il est devenu clair pour les conservateurs au pouvoir et pour leurs challengers de droite qu'il fallait lui barrer la route. Et pour cela tous les moyens sont bons. S'agissant des médias, les moyens classiquement utilisés sont tous ceux qui visent à discréditer l'adversaire par le commentaire malveillant, le dénigrement systématique, le propos insidieux, le procès d'intention permanent, le mensonge, la caricature et la calomnie. Les rédactions ont depuis longtemps cessé d'être des ateliers où se fabrique une information de bon aloi, pour devenir des officines de faux-monnayeurs sans vergogne. À cet égard le traitement réservé à Mélenchon est fondamentalement le même, dans son principe, que celui que les médias appliquent à tout ce qui leur paraît constituer, de près ou de loin, dans un domaine ou dans un autre, un obstacle, un danger ou une atteinte pour l'hégémonie tous azimuts du Capital.

La plus grande et la plus répandue des erreurs qu'on puisse commettre au sujet des médias, c'est de considérer qu'ils remplissent une fonction utile au bénéfice de toute la population, même s'ils ne la remplissent pas très bien : fournir de l'information aux citoyens, comme on leur fournit aussi de l'eau, du gaz et de l'électricité. Les médias ne sont plus que très accessoirement des facteurs de l'utilité publique. Ils constituent en fait aujourd'hui une partie, et non la moindre, du dispositif de défense du système capitaliste, un des plus solides remparts de l'ordre établi. Et les journalistes, à l'exception d'une minorité courageuse jusqu'à l'héroïsme, (et par là même condamnée à se sentir malheureuse), sont des militants, des soldats mi- mercenaires mi- partisans, enrôlés au service du néolibéralisme, qui veillent sur ce rempart pour empêcher que ne s'introduise dans la Cité, ou que ne s'y développe, tout germe de contestation, tout risque de dissidence qui mettrait en péril le règne des nouvelles féodalités. Aux yeux de ces chiens de garde, tout souci relatif au sort des serfs ne peut apparaître que comme un abject aveu de « populisme », et un Mélenchon que comme un « émule de Chavez », et un Chavez que comme un détestable « dictateur ». C'est indigne, mais ce travail de falsification est malheureusement très bien toléré par la majorité de notre classe moyenne, toute heureuse de pouvoir envoyer ses enfants « faire une école de journalisme » ou un IEP, pour accéder à « l'élite ».

Merci, M. Accardo.

 

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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 09:40
Il avait prévu la crise des subprims....

Dans le cadre des intermèdes d'informations sur l'actualité de nos négociations collectives, écoutez donc ce grand témoin...

Paul Jorion, avait prévu la crise économique qui perdure encore... 

 

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 18:39
Négociations? Monologue, plutôt...

Je ne suis, parait'il, intellectuellement pas plus mal doté que la pluspart de mes collègues. Pas plus mal, certes, mais pas mieux non plus et c'est bien là le problème car c'est bien de cette seconde affirmation que découle ma totale incompréhension devant la situation sociale de l'entreprise dont je suis le salarié. 

Je précise "sociale", je ne sais pas pourquoi, car en fait, je ne comprends plus rien du tout. Cette fusion nous aura amené tellement de situations inédites, que je pense et heureusement je ne suis pas le seul, que nous avons non seulement touché le fond en matière d'exploitation, de maintenance, de traitement des passagers, des salariés, mais que notre direction, persuadée d'être sur la bonne voie, creuse, creuse, encore et encore, si bien que, nous nous posons tous les jours la questions de savoir quand nous toucherons le fond. 

Etrange sensation que celle de penser que l'on ne ferra jamais "plus mal" et que, malgré tout, chaque jour nous prouve que c'est possible, qu'au lieu d'apprendre de ses erreurs et bien, l'"on" persiste, signe et affiche des attitudes d'étonnements béas quand on vous rapporte les situations "anormales".

Qu'attendre en fait de salariés plus occupés à tenter de corriger en permanence une désorganisation patente plutôt qu'à faire au mieux ce pour quoi ils sont payés (le tout commenté par direction et managers comme étant désormais une situation "normale". On rêve!)

Ce n'est pas pour dénoncer, une fois de plus les conséquences de la fusion que je me permets de vous écrire, longuement, encore (je précise).

Non, ce qui me m'interpelle, m'interloque, et pour tout dire, me scie la nouille (certaines expressions argotiques traduisent beaucoup mieux les sentiments que l'on peut ressentir devant certaines situations..), c'est l'attitude notre direction devant la soit-disante "avancée" des négociations concernant les accords collectifs des salariés du "sol".

Pour Ph. Micouleau, notre président, tout semble aller pour le mieux, les affaires avancent, bref, nous sommes à la veille d'une conclusion.

Dans les faits, et c'est ce que nous lui avons écrit la semaine dernière, nous n'avons concrètement avancé sur RIEN! C'est aussi simple que ça. Nous n'avons, à minima, certainement pas la même notion de l'imminence. 

En fait, concernant par exemple, l'accord dit "ADOTT" (organisation du travail), les deux premières réunions datant de fin 2016 ont défini les grands principes, un projet a été écrit par les RH de Hop! et depuis AUCUNE négociation ne s'est tenues autour du texte!

La direction a bien demandé aux syndicats de fournir des remarques écrites, (alors qu'en préambule des négociations, elle s'était engagée à négocier seulement durant les réunions plénières...) mais  à l'exception de trois ou quatre points, elle n'a intégrée aucune des remarques des organisations syndicales. 

Nous sommes donc à 15 jours de la fin des accords collectifs et, dans les faits, dans le concrets, nous n'avons pas commencé les négociations!

Je ne pousserai pas ce que certains appellent "la provocation" jusqu'à vous fournir des extraits du projet d'accord dont certains des termes sur lesquels nous étions d'accord en réunion, ont été étrangement modifiés à l'écrit...

De même, comment comprendre, que sur des sujets aussi basiques que la définition du temps de travail, ils aient procédé à une rédaction que je qualifierais gentiment de, pour le moins "obscure"... A moins que nous n'ayons à faire à une véritable manoeuvre délibérée de la part des RH ex-Régional qui consiste à fournir un texte tellement confus, qu'il permet ainsi toutes les interprétations. Nous voiçi donc partit pour une organisation du travail conflictuelle... Quelle bonne base de départ de la part d'une direction dont le but est, soit-disant, d'unir les salariés autour d'un même but!  

Unis dans la colère, quelle réussite!

Concernant la rémunération, je n'ose même pas vous rapporter nos discussions... Si, comme je vous le disais il y a peu, le principe de créations de primes "métiers" s'entendait assez bien, sa mise en oeuvre se révèle un véritable casse tête... Casse-tête compliqués par les erreurs dans certaines bases de calcul de la direction (si si...).

C'est donc avec ces arguments, et d'autres, que les syndicats ont écrit à Philippe Micouleau pour lui faire part de leurs inquiétudes à moins de trois semaines de la fin des accords collectifs des ex-compagnie.

Que croyez-vous qu'il répondit?

"j'ai bien reçu, on se voit la semaine prochaine"...

On parle d'urgence, on nous répond "eh, les kikis, vous êtes bien mignons, mais votre truc, là, ça attendra un peu"

Toujours assez étonnant, quand on sait que jeudi dernier un courrier a été envoyé aux syndicats de pilotes concernant la prolongation des accords. Aux pilotes, et c'est tout. En fait c'est un peu logique: si "ça peut attendre une semaine", ce n'est pas non plus la peine d'écrire.

Donc, en conséquence et comme il ne sert à rien de prévenir,  la base même de la dissuasion étant la possibilité de mettre ses menaces à exécution, "direction", nous vous informons, qu'à moins d'un retournement d'attitudes et de méthodes spectaculaires et néanmoins constructifs, la CGT Hop! appellera l'ensemble des salariés à cesser le travail (ou autres, d'ailleurs, ca sera la surprise..) et ce jusqu'à ce que, enfin, vous vous engagiez à commencer à négocier. Pas à seulement à "discuter", pas à "monologuer" pas à "imposer", non, à négocier, simplement.

Il arrive parfois que l'on perde ses "bases". afin de vous aider à en retrouver une partie, je me permets de vous rappeler la définition de ce qu'est, selon les académiciens, une négociation:

" La négociation est l'action de négocier, c'est-à-dire de : traiter une affaire avec quelqu'un, de faire du négoce, discuter sur les conditions d'un arrangement afin de parvenir à un accord ou une convention satisfaisante pour toutes les parties, que ce soit dans le domaine privé ou public."

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 23:10

Voilà deux vidéos de personnes pour qui j'ai une profonde admiration.

Il faut à Gérard Filoche plus qu'un certain courage pour continuer à être un des responsable du parti socialiste, même atypique.

De même, il faut une incroyable volonté à Mr Edwy Plenel pour continuer à tenter d'informer, on peut le dire, contre vents et marées (et encore, si ça n'était que contre les éléments!). 

Les positions de l'un et de l'autre "résonnent" étonnement en cette période si particulière... L'intervention de Filoche est ancienne, celle de Plenel toute récente et pourtant....

 

Et voilà, et avec ça, fait ton choix Camarade....

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 23:02

Hi hi... Et ce n'est pas un dangereux Gauchiste qui le dit, mais le fondateur d'une école de managment, Gary Hamel. (wiki)

Profiter donc de la récréation précédemment citée, pour affûtter vos argumentations lors des repas de famille où beau frère, ou belle soeur, vous balancent leur situation professionnelle à la figure.

 

Gary Hamel : « La catégorie des "managers" va bientôt disparaître »

Les Echos-Business,  Léa Surugue

 
(En savoir plus sur https://business.lesechos.fr/directions-generales/strategie/idees/0211829287771-gary-hamel-la-categorie-des-managers-va-bientot-disparaitre-306526.php?cloTvIf5m5T0uKQW.99 )

Ce conférencier international, qui enseigne à la London Business School, n’a de cesse de dénoncer les dérives de l’encadrement traditionnel. Auteur notamment de « La Conquête du futur » et de « La Fin du management », il est le fondateur du cabinet Strategos.

Vous dites souvent, Gary Hamel, que la bureaucratie est le plus grand obstacle des entreprises pour grandir et pour ­innover. Qu’entendez-vous par là ?

La plupart des grandes entreprises ont des fondements bureaucratiques. Les individus sont divisés en équipes, séparées entre elles par des couches de management. Chacun a une fonction précise, des compétences et des responsabilités strictement définies. A petite dose, la bureaucratie peut être une bonne chose, car les entreprises ont besoin d’un certain niveau de contrôle et de continuité, mais quand elle conduit à entraver la capacité et l’envie des employés à se dépasser et à innover, les conséquences peuvent être désastreuses.

A mesure que les entreprises grandissent, un phénomène que j’appelle « bureau-sclérose » émerge. De nouvelles couches de management sont ajoutées, les cycles de décisions deviennent plus longs, les règles prolifèrent. Toute velléité d’innovation et toute prise d’initiatives sont étouffées. Si cela ne change pas, si nous ne nous attaquons pas à la bureaucratie, les entreprises n’arriveront plus à susciter l’enthousiasme de leurs membres. Déjà aujourd’hui, des études – dont un sondage Gallup – suggèrent que seuls 13 % des employés se disent motivés par ce qu’ils font, et engagés pleinement dans leur travail.

Que préconisez-vous alors pour endiguer ce phénomène ?

De s’attaquer à deux caractéristiques de l’entreprise : son idéologie et son architecture. Demandez à quiconque, quelle que soit sa profession et/ou son pays d’origine, de vous dessiner un organigramme de son entreprise, et vous obtiendrez un dessin de pyramide. Cette pyramide, c’est l’exosquelette de la bureaucratie ! Les entreprises ne savent pas s’adapter aux changements, car les grandes décisions importantes sont le plus souvent prises en haut de la pyramide, par des personnes hostiles au changement. Je pense donc qu’il faut fondamentalement transformer l’architecture des entreprises pour donner plus de chances aux talents individuels de s’exprimer. Les managers se considèrent souvent comme pragmatiques, mais en fait, leurs actions sont gouvernées par une idéologie forte, celle du contrôle et des règles. Nous sommes arrivés à un moment clef dans l’histoire du management. Il ne nous faut plus simplement réinventer les pratiques, mais dépasser cette idéologie en développant de nouveaux paradigmes de management qui mettent l’accent sur le travail en réseau plutôt que sur le contrôle managérial et sur la hiérarchie.

A-t-on encore besoin des managers ?

Je me pose de plus en plus souvent la question. J’ai travaillé avec des entreprises innovantes qui réussissent, sans qu’il n’y ait de managers à proprement parler. Je pense notamment à Morning Star, la plus grande entreprise de transformation de tomates au monde, dans laquelle il n’y a pas de postes de managers fixes. En revanche, tous les employés ont des responsabilités managériales.

En France, je pense aussi à Michelin et à ses expérimentations avec de nouveaux modèles de management. Dans certaines usines que j’ai visitées, le groupe laisse vraiment la liberté aux employés de décider de leur propre organisation. A mesure que les entreprises se transformeront, il n’y aura bientôt plus une catégorie séparée d’employés appelés « managers ». Les tâches de management seront distribuées plus équitablement entre tous les employés.

Certains vantent les mérites de l’hola­cratie.(Wiki) Pensez-vous qu’il s’agisse d’une bonne alternative à nos modèles actuels ?

Il est dangereux de penser qu’il n’y a qu’une seule bonne méthode pour dépasser le système bureaucratique, car nous risquons de stopper net des expérimentations intéressantes qui pourraient avoir lieu. Il n’y a pas qu’un modèle unique qui puisse remplacer l’entreprise bureaucratique. Les entreprises qui ont essayé l’holacratie ont eu des résultats mitigés, et je crois que ceci est dû au fait que les changements sont impulsés par la hiérarchie et non pas par les employés pour les employés. Mon autre réserve, à propos de l’holacratie, c’est qu’il s’agit d’un modèle qui implique, d’un coup, beaucoup de changements déstabilisants pour l’entreprise. Pour se transformer en profondeur, les entreprises doivent plutôt y aller progressivement, en expérimentant avec tous les acteurs, pas à pas.

Comment les leaders des entreprises ­peuvent-ils se préparer à tous ces changements ?

Faire évoluer nos entreprises bureaucratiques et changer leur architecture et leur idéologie ne signifie pas qu’il n’y aura plus aucune hiérarchie. Simplement, les leaders de demain seront ceux qui seront reconnus par leurs pairs comme ayant une véritable valeur ajoutée pour l’entreprise. Ils devront travailler à conserver leur influence chaque jour, grâce à leurs contributions. Les leaders actuels doivent comprendre que leur autorité future ne sera plus liée à leur position hiérarchique, mais qu’elle sera plutôt l’exact corollaire de leur capacité à mobiliser et à faire consensus. Un grand défi à venir sera justement de former ces leaders à assumer ce rôle.


 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 22:51

Cette semaine, pas de négociations.

Petite récréation: Lordon et Mélenchon.

On pense ce que l'on veut du personnage, il apporte toujours matière à réflexions...

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 19:48
C'est un peu le chemin que ça prend...

C'est un peu le chemin que ça prend...

Je vais vous parler "grève".

Non, lecteur pressé, le fait que je sois largement plus proche de la fin que du début d'une vie, ma foi, forte intéressante jusque là, n'altère pas (encore) mes capacités intellectuelles. Je pense que cela viendra, j'ai des exemples....

Non, je voulais, très brièvement parce que mon plumard (et la couette) me fait de l’œil, simplement vous faire partager ce qui fut, dans un premier temps, une belle colère, puis un événement qui m'a plongé dans une profonde prostration. Ça me fait ça quand je ne comprends pas, ou alors quand la bêtise atteint des sommets qui me laissent sans aucune possibilité d'en trouver la moindre justification.

Ores donc, mes Camarades et les autres représentants syndicaux étaient en négociations cette semaine à Rungis. (Ils étaient aussi au ministère des transports, jeudi, ou ils ont rencontré le Secrétaire d’État, mais je réserve le CR de cette réunion aux adhérents. Et oui...) Cette cession devait présenter les propositions de la direction concernant le sujet rémunérations et la quadrature du cercle (Wiki), il faut le reconnaître, que représente l'harmonisation salariale entre les salariés des trois ex-compagnies fusionnées au sein de HOP!

C'est là que les bras m'en tombent, que la chaise, sous mon fessier, se dérobe, que yeux et langue se voient pris dans un mouvement TexAveresque.!

Vous savez ce que nous avons vécu? Ce que fut la réalité de la mobilisation des salariés en grève durant les deux jours de notre mouvement? "Historique", c'est bien le mot qui décrivait le mieux ce qui c'est passé vendredi et samedi dernier. Et bien, croyez le, ou pas, Dimanche, Lundi, deux petits jours... Mardi, qu'est donc venue proposer la direction en la personne du gouleyant responsable des "ressources humaines" détaché sur le site de Nantes? Accrochez-vous: un mécanisme "d'harmonisation" entraînant, dans un premier temps, une baisse du taux horaire des salariés!

Pour ceux qui ne sont pas très au fait des conséquences de la moindre diminution du taux horaire sur un salaire, c'est la base de calcul du salaire! toutes les majorations d'heures de nuit, de jour fériés, de dimanche, supplémentaires, éventuellement sont calculées avec cette base. Imaginez! Nous entrons très clairement dans un dispositif de baisse des salaires, on ne parle même plus de "maintien"! Bien sûr, la direction vient, comment dire, parce que ce mot ne se prête pas du tout à la situation, "tempérer" sa proposition en parlant de mise en place de primes différentielles et donc de conservation de la rémunération.

Et puis, j'oubliais, noix de coco sur le baba au rhum le dispositif s'appliquerait (le "...querait", est capital) aux techniciens de l'escale de Roissy-CDG... "Parce que ça serait là que le problème est le plus probant du fait de la "juxtaposition" de salariés ex-DB et ex-YS"... C'est vrai, c'est probant, ça doit être sûrement le seul endroit ou il y a "juxtaposition"!

L'exemple est vraiment bien choisit!

Voilà une escale ou la plus grande partie des techniciens est régulièrement en grève, défendent, avec les conséquences financières que cela entraîne pour eux, leurs conditions de travail et une certaine éthique professionnelle, escale dont je suis, accessoirement salarié, et bien, il n'y a qu'un exemple à prendre sur les, quoi, 1200, 1300 salariés du Sol et c'est celui là!

Je ris, car je sais que le monsieur précédemment cité va sûrement me taxer de "manipulateur", de, comme quoi "je déforme totalement la réalité", "que c'était l'exemple le plus parlant" etc... etc...

Je sais, non, je pense, que vous ne l'avez peut-être pas fait sciemment, mais que, conduit par votre logique de maniaco-dépressif de la réduction des coûts, vous ayez choisit ce qui était, peut-être, cela, d'ailleurs, reste à démontrer, l'exemple, avec un grand E, deux jours après notre mouvement....Ce qui me navre, me désespère, m'exaspère, m'use, m'attriste, m'énerve, me révolte et au bout du compte, me laisse complètement anéantis, c'est que vous n'avez même pas la décence, dans un soucis, à minima, d'apaisement, de respecter le message envoyé par les salariés!

Non, ça c'est impossible! Il faut en "remettre une couche", rappeler leur "place" aux employés. "Ils appellent "ça" une victoire, on va leur montrer qui c'est qui commande", provoquer, avoir le dernier mot! Même si vous venez, deux jours plus tard, préciser que la proposition n'était qu'une "hypothèse de travail"... Y'en a pas d'autres à trouver des hypothèses!??

Je le répète, et cette répétition n'est pas plus que précédemment le fruit d'une affection neurodégénérative, NOUS, Direction et Salariés (vous aurez remarqué la majuscule, c'est un signe typographique historiquement unique sur ce blog, il salut la fonction idyllique parfois d'ailleurs tenue avec succès par des ouvriers), NOUS, avions l'occasion unique de réaliser du "grand", pas une vague d'augmentation générale, les salariés pensaient le projet irréalisable, mais une harmonisation salariale cohérente, une vraie mise à plat des statuts professionnelles, des anciennetés! Cette solution avait une avantage majeur: elle obéissait à une démarche logique, justifiée, basée sur des points concrets connus et partagés, les "jalousies" et autres positions égoïstes se seraient facilement "diluées" avec le temps.

Au lieu de ça, la solution du siècle: des primes différentielles. La prime Proteus, le retour!!

Direction, aveugle! Sourde! Tu continues à te comporter comme si rien ne s'était passée! Je ne dirai qu'une chose, continue, le cap est le bon! Toutes ces années passées à défendre les intérêts des travailleurs, m’ont appris une chose: les meilleurs Syndicalistes, ce sont les patrons qui les font!...

Les Patrons, et les RH...

 

les suites.... mais certainement pas la fin!
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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 20:13
Et après..?

Bon, on a vécu quelque chose d'incroyable.

Malheureusement (ou heureusement, d'ailleurs), un trait de caractère particulièrement pénible, parfois, compose l'ensemble de la personnalité complexe qui tente de vous faire partager ses réflexions sur, entre autre, la Compagnie: il se trouve que j'ai tendance, après la joie ou la peine causée par un événement quelconque, à éviter de rejoindre l'opinion général... En fait, je me satisfait rarement des élans fanatiques du "groupe", idem pour les séances d'affliction. 

En l'occurrence, nous avons vécu un moment historique. Oui, et après?

Ce n'est pas tant aux salariés, qu'ils faut d'ailleurs encore féliciter pour leur mobilisation, que je souhaite adresser mes réflexions, mais plus aux "syndicalistes" de tous bords, et quelque soit leur appartenance, leur étiquette, plutôt.

Je pense que le signal qu'envoie cette mobilisation ne s'adressait pas seulement à la direction de Hop! ou d'Air France. Elle met l'ensemble du "corps social" (c'est pompeux, non? Surtout quand on sait ce que, parfois, il représente...), devant ses responsabilités. Beaucoup d'entre nous se sont un peu reposés sur "l'effet fusion", beaucoup aussi, ont passé du temps à se déchirer entre ex Machin, ex Truc. On a entendu des "choses" concernant les salariés des autres sociétés qui ne devrait jamais se retrouver dans la bouche de "syndicalistes" (vous me passerez, j'en suis sûr, les guillemets... j'ai tellement de respect pour ce qu'est le Syndicalisme, tellement d'admiration pour ceux qui souffrent, poursuivis par les tribunaux, harcelés par leur patrons, que je ne peux utiliser sans prévenir le même mot pour désigner ce que je pense être fondamentalement différent).

Les salariés se sont mobilisés, nous nous devons être à leur côté. Pour ceux qui en doutaient, je crois que le signal est fort: ce sont eux qui commandent. 

Je ne vais parler que pour l'Organisation dont je suis adhérent, militant, plus exactement.  Nous avions, à la demande des salariés, d'ailleurs, laissés de côté nos ex-pratiques que certain(e)s qualifiaient de "positions de blocage" (quand on confond "blocage" et "détermination"). Il fallait laisser, nous disait t'on, du temps pour que la nouvelle société se mette en place.

Je pense que les événements qui ont immédiatement suivis la fusion de Hop!, ont largement contribué à la perte de contact avec les salariés. Si dans un premier temps, chacun s'est vraiment concentré sur son activité professionnelle, tentant d'arranger les choses à son niveau, très rapidement, dans certains services ils et elles ont perdu pieds. Informés, nous avons réagit de façon très sage, en fait, alertes auprès de la direction, en CE, en DP,  avec les CHSCT. C'est là, en fait, que nous aurions dû comprendre!

Au lieu de prendre nos remarques fonctionnelles en compte, ce qu'aurait fait n'importe lequel dirigeant pragmatique qui souhaite "avancer", les méthodes pratiquées dans les compagnies avant fusion ont perduré. Celà aurait dû nous alerter. Comment, alors que nous étions censés tous avancer dans le même sens, avec le même objectif et que nous apportions des remarques et des solutions pour faire avancer le projet, des critiques souvent constructives, comment la direction pouvait t'elle maintenir "le cap", ne changeant rien, ni a ses méthodes de négociations, ni dans la prise en considération des alertes?

En fait, il s'agissait d'une véritable stratégie! Nous nous sommes laissés embobinés, enfermés dans des réunions, des "groupes de travail", chacun pensant avoir des relations privilégiées avec la direction. Nous n'avons pas (la CGT) échappé aux conséquences de cette pratique.

Entre les difficultés au Comité d'Entreprise, (élus ne se connaissant pas, rivaux au sein de la même organisation syndicale parfois), l'organisation des nouvelles instances, et de nombreuses petites "broutilles" habituelles dans la vie d'une organisation quelle qu'elle soit, nous n'avions plus le temps nécessaire pour entendre et écouter. De plus, la diversité géographique des sites représente aussi une difficulté, il est de plus en plus difficile d'aller à la rencontre des salariés.

Ors, pourtant, la solution est bien là. Le Secrétaire Générale de la CGT, l'homme dont le monde entier nous envie la moustache nous le disait lors de son passage à CFE "nous devons reprendre le contact direct avec les salariés.../... nous nous sommes trop laissés enfermer dans ces réunions... c'est un véritable changement de comportement des patrons, nous le voyons dans toutes les boites..."

Donc, syndicalistes,  il faut absolument se mettre au boulot, TOUS et TOUTES! Bien faire comprendre à nos dirigeants que l'on à cesser de rire et que, maintenant, on va réellement discuter! C'est d'autant plus facile que l'on sait maintenant qui nous avons derrière nous. 

Serrons nous à la hauteur de la situation?  Je n'en doute pas. Il faudra seulement arrêter de négocier "étroit" en ne pensant qu'à son ancienne société, ou à son métier, à son service. Il faudra aussi ne pas limiter sa participation à une action syndicale au simple envoi de son Logo (fusse t'il "déposé" d'ailleurs).

"Tout ça pour ça". Patron(e)s, vous auriez dû être sincères, travailler dans le véritable intérêt des salariés et de la compagnie, avec une CGT qui pour une fois était bien disposée, c'est dommage... C'était possible, je vous l'assure.

Et dire que tout celà a démarré lors des négociations "Sol"....

Et après..?
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