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  • : Le blog d'info des salariés de HOP!
  • : Blog d'information libre de toutes consignes politiques et syndicales, des salariés de HOP! La rédaction est assurée par un collectif composé en grande partie de militants de la CGT, certes, mais totalement libres de leurs propos et de leurs positions.
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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 22:57

Les commentaires à mes articles apportent souvent beaucoup.

Ils ont l'immense propriété, hors les insultes ou les congratulations qui, bien qu’aux conséquences opposées, ne parlent en fait qu’à l’égo (« on peut mieux tuer quelqu’un en lui prodiguant sans cesse des caresses » Bob Dylan.), ils ont donc, disais-je, la faculté d’éclairer le rédacteur, moi en l’occurrence, quand à la vision du lecteur sur le sujet traité. Ils peuvent mettre en évidence le fait que l’analyse, l’article, les réflexions ont « tapé à côté de la plaque ». Ils permettent donc de rectifier mon analyse sur le sujet.

Le dernier et l’unique commentaire suite à l'article sur la situation de l’entreprise en est un bon exemple

Il y a plusieurs choses dans ces quelques lignes qui amènent tout autant de réponses et de réactions. Attention ! il ne s’agit pas pour moi de « régler mes comptes » avec un commentateur anonyme, non, je vais essayer de répondre le plus précisément possible aux reproches qui sont fait à la fois aux personnes qui négocient, aux responsables syndicaux, et finalement à terminer par une mise au point sur un sujet, LE sujet qui me tient le plus à cœur et qui est en fait la raison de cette nouvelle publication.

Commençons par les négociations, et les reproches qui nous sont fait sur la façon dont nous communiquons sur ce sujet.

Avant toutes choses, une précision : suis salarié sur une escale technique de la compagnie et je crains que la vision de la situation sociale de l’entreprise, certes peut-être pervertie par l’isolement, ne me fait pas du tout partager l’analyse du commentateur.

« Il semble que la fronde gagne du terrain ». Pour moi, la révolte des salariés est ancienne. J’ai beaucoup de mal à croire avec ce que j’entends içi et là que la vision serait « jusque-là ça allait, mais maintenant ça suffit ». Je ne crois pas, je ne veux pas croire que des salariés aient pû être assez naïfs pour penser "jusqu’içi tout va bien". Nous étions lundi de la semaine dernière sur l’escale de Nantes, ou des sujets sur lesquels je reviendrai sûrement nous occupent. Nous sommes ensuite passés au siège d’ex-Régional. Toutes les personnes que nous avons rencontrées durant cette journée nous ont fait état des problèmes quotidiens pour faire, simplement, leur travail.

Toutes.

Pas un service n’échappe à cette constatation.

Pas un !

Donc, dire que c’est seulement récemment que la fronde gagne du terrain est, à mon sens, une erreur d'analyse. Ce que je pense, c’est que nous avons atteint les limites, limites physiques, morales, intellectuelles, qui font qu’aujourd’hui, ce n'est simplement plus possible. Ce n’est donc pas "une prise de conscience", mais un raz le bol devant une situation ancienne qui n'évolue pas. La fronde ne gagne pas du terrain. Le terrain est occupé par la fronde bien avant la fusion.

Donc, la grogne est bien ancienne, avant même la fusion que la plupart d'entre nous jugeait inévitable.

C'est d'ailleurs pour cette raison que j'écris que les salariés attendent beaucoup de ces négociations et que cette attente va bien au delà de la seule problématique d'unification des statuts collectifs : un « salarié à 2000 € » malheureux dans son travail, restera malheureux, après une courte période de satisfaction s'il devient « « salarié à 2200€ ». C'est un ensemble de critères qu'il faut satisfaire et les conditions de travail sont largement plus importantes que la rémunération, à long terme.

Par contre, dans l'exemple de cette fusion que je continue à juger « ratée », analyse personnelle mais largement partagée, le problème des rémunérations a une tout autre résonance. On dit « pépette » et l'on entend « justice », « récompense ». « Comment pourrai-je faire le même boulot que cet ex- XXXX, avec un salaire différent ? ». On ne parle souvent pas de montant mais de différence de rémunération.

Cette longue précision sur un court passage du commentaire pour appuyer la dernière partie de mon argumentaire...Tout à l'heure...

La communication.

Je, (je dis "je" parce que c'est un secteur de l'organisation à laquelle j'appartiens que j'ai en charge), communique tous les lundi sur l'actualité de la semaine, sauf quand il n'y en a pas (d'actualité), précision qui a son importance. On ne parle pas pour rien dire, on ne « remplit pas l'espace » pour le remplir. C'est un principe. Ca n'a pas toujours été le cas, mais maintenant c'est comme ça.

Lorsque les négociations ont commencé, nous avons pris la décision de ne communiquer que lorsque nous serions absolument certain que nous étions sur des points actés, confirmés, écrits. Il nous apparaissait totalement irresponsable d'écrire sur un projet en discussion. Il est en effet, et c'est la cas chez les PNC, extrêmement facile de "mettre le feux" avec des positions directoriales totalement inacceptables et de les présenter comme non négociables ou comme "vous vous rendez compte de ce qu'ils osent nous proposer!".

Voilà, notre parti pris de départ: « surtout ne pas rajouter des sujets d'inquiétude à des salariés qui souffrent dejà assez ».

Et ce, malgré ce qu'en pense la direction générale....

Nos adhérents et eux seulement, ce qui est à mon sens quand même un minimum aux vues de leur participation financière à la construction de leur syndicat, reçoivent donc l'actualité de nos négos et les grands points d'accords sur lesquels je prends d'ailleurs bien soin de préciser à chaque fois qu'il « s'agit seulement de relevés de positions et que c'est sur un texte, revu aussi, que nous jugerons, avec leur participation (celle des adhérents), de la possibilité d'avaliser ou non les propositions de la direction.

Donc, nous communiquons. Vers une partie seulement du personnel, mais pour reprendre une comparaison dramatique que l'on m'a fait un jour en mettant en parallèle une organisation syndicale et une assurance ( ce qui est peut-être le cas de certaines, mais pas de la notre...), quand on est assuré à la GMF, on ne demande pas, en cas de sinistre, à être indemnisé par Axa... Ou bien, lorsque l'on est pas assuré et bien on prend ses risques et ses responsabilités. (et on ne reçoit ni les lettres d'informations d'Axa ni celles de la GMF...)

Ce n'a pas toujours éte ma vision des choses mais sans tomber dans la vulgarité, et pour rester un tant soit peu correct "chat échaudé craint l'eau froide", « tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse » etc … etc...

Par contre, et plusieurs salariés le savent, quand je suis interrogé lors de déplacements professionnels ou autres, je réponds toujours aux questions que l'on me pose, et ce, quelque soit mon interlocuteur (ce qui représente parfois un véritable effort, particulièrement quand on sait que la personne que l'on a en face de soi vous critique dès le dos tourné).

Les visites

C'est un reproche constant des salariés : « on ne vous voit jamais ».

Anecdote : « il faut absolument que vous passiez nous voir à XXXX, on ne vous voit que pendant les campagnes électorales. », « on est complètement délaissés » « personne ne s'occupe de nos problèmes ».

Ok, nécessité fait loi : on annule deux déplacements prévus de longue date, je pose un délégation un peu à l'arrache, d'autres s'arrangent avec leurs conjoints pour faire garder les enfants et, en avant ! Mails, annonces locales de notre passage. Résultat magnifique et extraordinaire : sur un service de près de 70 salarié(e)s, 1 personne est venue nous rencontrer. Sujet principal de son intervention : les machines à café, les prestations du Comité d'Entreprise.... Comment vous dire, l'envie que j'ai d'y retourner....

Attention, je ne dis pas que les actions « sociales » du CE n'ont pas leurs importances et ne justifieraient pas le déplacement d'élu(e)s, non, ce que je dis seulement, c'est qu'à la vue de la situation de l'entreprise, et à entendre les « appels au secours » des salariés, je m'attendais à autres choses.

Nous avons tous et toutes une activité professionnelle. J'ai toujours pensé qu'il était indispensable à un élu, à un mandaté, de ne pas se détacher complètement de la réalité du terrain, et donc, de ne pas devenir un « permanent syndical ». Il y en a dans toutes les organisations, la transformation des relations sociales dans les entreprises est la cause des « plannings de ministres » des élus et des mandatés. Dans le même temps, il faut donc que nous occupions aussi nos postes de travail afin, justement de ne pas être totalement « largués » et, pour certains, de garder leurs compétences sur avions, de rester au courant des évolutions des procédures, des logiciels etc... Celà limite aussi les disponibilités.

La compagnie est multi-site, encore plus depuis la fusion. Comment voulez vous que nous puissions rendre des visites régulières sur l'ensemble des sites!? De plus, les salariés sont exigeants, ils ne veulent voir que les Délégués Syndicaux ! Les autres, Délégués du Personnel, élus au CHSCT, « n'existent » pas : « on veut voir les chefs », sauf qu'à la CGT HOP ! il n'y a pas de chefs et les DS encore moins que les autres. Nous sommes dirigés par une Commission Exécutive d'une vingtaine d'adhérents seule habilitée à prendre les décisions finales. Les DS obéïssent. Donc, vous vous trompez de « cible » mes bons ! Un élu DP, CH ou CE peut répondre et traiter vos soucis de la même manière que nos Délégués Syndicaux, encore mieux parfois car eux sont moins occupés que certains de nos DS.

Et puis, les reproches envers les élus et mandatés ne devraient ils pas être adressés à la direction de la compagnie ?

Est ce les syndicalistes qui ont mis l'entreprise dans l'état que l'on connaît ? Dois-je rappeler la façon dont nous avons été traité à l'annonce de la création du Pôle Régional Français ? J'espère que ceux qui nous insultaient à l'époque sont satisfaits du résultat..

En conclusion et pour terminée, la réflexion qui me fâche vraiment dans le commentaire. Ainsi, j'aurai « besoin des non-adhérents » et je ferrai « ...appel à tous ». Ce qui me désespère dans cette remarque car c'est exactement le sentiment que j'ai ressenti en lisant, c'est que des salariés puissent encore penser que nous « recrutons des bras » !

Nous sommes en train de négocier des accords collectifs pour près de 3000 salariés et vous pensez encore qu'il est nécessaire de « rameuter » pour VOUS défendre !!!

Il y a encore des salariés qui pensent que nous devons « ratisser » !!!

Ce sujet capital ne concerne t'il que la petite dizaine de négociateurs toutes organisations confondues !

Pensez vous que nous avons besoin de ceux qui, aujourd'hui, ne se sentiraient pas concernés et qu'il faille donc obligatoirement aller les chercher, les prendre par la main ?

Il y a encore des salariés qui ne se sentent pas concernés ??!!

Mon cher, pour répondre à l'auteur du commentaire, mais je pense qu'il n'est pas le seul à penser ce qui est écrit, je ne milite pas à la CGT pour faire le « rabatteur » et ainsi, manipuler les consciences pour les amener à suivre des positions que j'estimerai bonnes pour eux (ou pour moi si l'on va un peu plus loin dans l'extrapolation), et ce quoi qu'en pense mes adversaires qui cumulent souvent provocation, erreurs de jugement et méconnaissance des gens avec qui ils discutent.

Si j'écris et si je prends tout ce temps pour expliquer c'est simplement, béatement peut-être pour informer justement les salariés qui ont choisis et c'est tout à fait respectable, de ne rejoindre aucune organisation syndicale sur la situation actuelle de nos discussions, du climat dans lequel elles se déroulent (ce qui est significatif de beaucoup de choses). Ce que j'écris c'est seulement ce que je peux dire !

J'informe. Que certains estiment que je ne dis rien est de leur responsabilité. J'explique en long et en large ce qui est entrain de se passer dans l'entreprise concernant l'avenir, mais "je ne dis rien" !

Jamais nous n'avons été dans une telle situation, j'explique, mais je ne dis « rien de concret ! » » « du blabla », en somme.

Vous voulez le projet d'accord de la direction sur l'organisation du travail? Pas de souci, je vous l'envoi sur simple demande sur l'adresse de contact. Lisez le bien, apprenez le par cœur et quand la version finale sera mise en application, si vous le voulez bien, nous en rediscuterons. Dans l'intervalle, vous aurez toutes latitudes pour critiquer les Organisations Syndicales qui « négocient de la m.... », « qui ne communiquent pas » « que l'on ne voit jamais ».

Donc, je ne fais pas monter la mayonnaise parce que j'ai besoin de « vous », j'écris parce que ça me détend, que ça m'économise une consultation chez mon Psy, que ça plaît à certains.

Mais c'est comme tout, on ne peut plaire à tout le monde, et franchement, ça me rassure !

Philippe Guégan-Benadel

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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 00:23
Et si l'on se passait des syndicats?

L'anecdote date du 6 juillet dernier, mon bon, vous savez ce que c'est..
Je vous laisse lire, je vous proposerai remarques et commentaires ensuite.

Débrayage surprise du personnel d'Air France ce matin à l'aéroport de Toulouse-Blagnac

La Dépêche 6 juillet 2016

Un débrayage surprise du personnel d'Air France a eu lieu tôt ce matin à l'aéroport de Toulouse-Blagnac, entraînant une belle pagaille dans la zone d'embarquement et le retard de plusieurs vols.

Les agents du service client d'Air France débrayent

Ce mercredi matin, les agents du service client d'Air France ont cessé de travailler de 7h20 à 8h45 lors d'une assemblée générale spontanée, hors syndicats. Ce mouvement fait suite à l'annonce ce matin même de la sous-traitance de l'accompagnement d'enfants par la boîte toulousaine City One mais aussi face aux conditions de travail de plus en plus dégradés et aux cadences accrues dues aux départ en vacances pour la période estivale. 33 personnes ont pris part à ce débrayage surprise, soit 90% du personnel qui devait travailler ce matin.

Lors du cet arrêt, une queue d'une centaine de mètres s'est formée devant l'enregistrement des bagages d'Air France. Certains vols on été retardés de plusieurs heures.

Voilà."les agents du service client d'Air France ont cessé de travailler de 7h20 à 8h45 lors d'une assemblée générale spontanée, hors syndicats".


C'est la fin de cette phrase qui me vaut le plaisir permanent, mais pas constant, certes, de vous écrire.
"hors syndicats", quelle victoire!


Fervent partisan et ardent défenseur de la libre expression, de l'auto-gestion et de toutes formes d'initiatives permettant à l'individu de prendre en main son destin, dans un cadre collectif, plutôt qu'à le déléguer à "ceux qui savent", (mais qui s'avèrent être, en fait, "ceux qui veulent en tirer le plus d'intérêt personnel"), j'aurai très bien pu garder cette information pour moi.
Hors, elle est venue en écho avec une situation que je vous décrivait il y a peu.

.
La désorganisation de services provoquée par une fusion mal estimée, mal "jaugée", une gestion des êtres humains plus que perfectible (je déteste le terme désormais établit de "ressources humaines". Prenez deux minutes, et pesez les mots, vous verrez...), des salariés qui craquent, fondent en larmes, j'en passe et des pas forcément meilleures...
Certains d'entre eux nous posent donc la question suivante: "qu'est ce que l'on peut faire?".
Nous arrivons là à la VRAIE question! Celle que nous devrions toutes et tous nous poser:

"Qu'est ce que l'on peut faire?", "Qu'est ce que l'on doit faire" surtout.

Souvent, la réaction des salariés consiste à déléguer aux seules organisations syndicales les actions à mener. Pourtant, c'est une grave erreur, car les syndicalistes, les meilleurs soient'ils (et ce n'est pas la majorité), ne sont rien, absolument rien sans l'aide, le soutien formel des personnes qu'ils sont chargés de défendre. C'est une notion fondamentale: les syndicalistes "représentent", il ne "sont" pas la masse des salariés.

Cette notion doit être parfaitement comprise dans la période fort mouvementée que vit notre Compagnie. D'importantes échéances nous attendent toutes et tous et les négociations qui se tiendront durant les prochains mois auront des conséquences directes sur vos vies et, par répercussions bien évidentes, sur celles de vos familles. Plannings, rémunérations, congés, conditions de travail, tous ces sujets seront revus, révisés. Les nouvelles mesures s'appliqueront à tout le monde et pas seulement à la dizaine de personnes qui assisteront aux négociations.

Alors, comment comprendre qu'en de telles circonstances la "passivité", la "délégation" persiste?

Rien ne se ferra sans vous!

Vous représentez le vrai pouvoir. Il suffit seulement que vous en preniez conscience.

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 21:36

Laisser moi vous faire participer à quelques constatations et aux réflexions qu'elles me causent.

Il y a peu, j'avais une discussion forte intéressante bien que très peu décontractée avec l'une de mes Camarades. Nous parlions de la situation sociale en France et de notre préavis de grève.

En effet, et certains d'entre vous ne le savent peut'être pas, mais la CGT HOP! a déposé un préavis de grève illimitée contre la loi travail. Je n'aime pas dire "loi El Khomri", car je pense que cette dame n'est certainement pas la rédactrice du projet surtout quand on sait l'expérience qu'elle a sur le sujet « travail », puisqu'elle n'a pratiquement jamais travaillé dans le privé. Elle avait pû, d'ailleurs, montrer tout l'étalage de ses connaissances sur le CDD dans une émission télévisée.

Cette discussion tournait autour de "l'image" de l'organisation syndicale à laquelle j'ai l'honneur d'appartenir, et je dis ça sans rire, mais je dirai sûrement plus loin pourquoi. Et puis si j'oublie, vous vous contenterez de ça.

En gros, je répète sans caricaturer ce qui m'a été dit, la CGT est un syndicat "sol", entièrement gouverné par les représentants syndicaux "sol" et entièrement soumis, donc, aux décisions syndicales du "sol".Un syndicat d'extrémiste, de brûleurs de palettes qui ne signe jamais rien.

Commençons par ça. Si être extrémiste consiste à réagir pour éviter de se faire tondre et d’essayer de préserver, un peu, l'avenir des générations suivantes, celles de nos enfants, je revendique cet extrémisme. Si les salariés font le choix de se laisser traîner dans la boue pendant que certains des plus grands dirigeants d'entreprise gagne en une journée ce que eux mettront une vie à gagner, peu importe, à chacun son niveau de fierté.

Et enfin, la CGT est le deuxième syndicat en France à signer des accords collectifs.

Voilà.


A la suite de cette discussion fort animée, ma Camarade a donc publié un article sur son blog « les ailes des PNC » et c'est en le lisant, en ressassant ses remarques, et en discutant avec des amis ce matin devant le tribunal de Bobigny en soutien à nos Camarades d'Air France inculpés dans « l'affaire de la chemise », que je me suis décidé à faire autres choses sur ce blog, que de recopier et transférer ce que l'on lit ici et là sur l'actualité sociale de notre pays.

Donc, pauvres navigant(e)s commerciaux, (PNC pour le reste du texte), vous voilà donc "soumis au SOL". La première réaction qui me viens serait de dire "oui, et alors". En effet, n'ayant pas adhéré à la CGT par le simple fait du hasard, parce que j'aimais bien les couleurs du logo, ou parce que mon Grand-père, ouvrier aux chantiers de l'Atlantique de Saint Nazaire y était lui même adhérent (alors que mon père avait horreur des syndicats...Ah tiens tiens, un début de piste... Freudienne en plus...), j'ai toujours du mal à comprendre cette triste division que les salariés établissent, entre eux, sans l'aide de personne. Un syndicat c'est fait pour unir, non?

Voiçi donc, et ne croyez pas que cela soit typique aux seuls salariés des compagnies aériennes c'est partout la même.

Un salarié dans une usine de production de cocotte minute ( les puristes ne m'en voudront pas de simplifier, le processus de fabrication de ce magnifique moyen de cuisson), affecté au polissage des cuves en aluminium. Peu qualifié, ce travail est salissant et pas très agréable.

Deux postes plus loin, l'opérateur sur une machine numérique, propre sur lui, le regarde avec condescendance. "Normal voyons". Voilà, à deux postes de différences, la ségrégation s'installe. Je ne parle pas, des "administratifs-qui-circulent-sur-la-passerelle" avec les chefs et pour qui, même le programmeur, très beau, très propre, n'est et ne restera qu'un "manard" dans la fosse (ah oui, vous avez remarqué comment sont souvent construits les sites de production? Les bureaux en haut et fenêtres, ou passerelle pour surplomber la fosse...).

A la SNCF les conducteurs de train. Même métier consistant à conduire une masse de ferraille entre deux rails du même métal et bien, même ségrégation, même différence de discours entre les salariés. Ceux qui conduisent les trains régionaux ne sont pas considérés du tout comme les conducteurs de TGV, ceux qui font les manœuvres entre dépôts, souvent dans des conditions nettement plus pénibles en plus, non plus. A tel point, que c'est maintenant un autre syndicat, créé pour l'occasion qui défend les chauffeurs de luxe par rapport "à la masse".

Le plus étonnant c'est que le quidam moyen trouve celà tout à fait normal: “ben, le conducteur de TGV, c’est normal qu’il soit mieux considéré” Ah bon, pourquoi? Parce que le train va plus vite? À cause de la formation plus difficile? Plus longue? Demandant un autre niveau d'étude? Nous rentrons là dans des détails pas même évoqués ou analysés par les “gens”, non, c’est comme ça, il faut une hiérarchie et la différence entre salariés est normal. Cela rassure de se savoir « mieux » que l’autre, ou moins bien, d’ailleurs, et de procéder à une auto flagellation culturellement défendu par certains.

Et puis “c’est comme ça”.

Revenons au sujet qui m’occupe.

Les représentants syndicaux du sol ne pourrait pas comprendre les “navigants” et donc ne pourrait pas les défendre.

Bien, pensez vous, par hasard, qu'il s'agisse d'une question de capacité intellectuelle? Non je l'espère, car je vous assure pour participer régulièrement à de nombreuses réunions “sociales” ou toutes les catégories de personnels et donc, tous les métiers sont représentés, voilà un critère, une qualité dont la répartition n'est effectivement pas très uniforme, mais je vous assure que cette répartition n'a rien à voir avec le métier de l'élu. Je vous assure également, que la proximité des oiseaux, du bleu azur ou des étoiles selon l’interprétation onirique du métier, n'amène ni à une amélioration de l'agilité intellectuelle, ni à l'attribution de quelques points en plus de QI. Pour certains dont je vois les visages en écrivant ces quelques mots, la tendance serait même plutôt inverse...

Donc, écartons les capacités intellectuelles défaillantes en fonction que l'on soit navigant ou pas.

Le boulot est différent.

Ah, ça oui, le boulot est différent.

Mais dites moi, les PNC sont bien gérées par un accord collectif?

Qu'est ce qui rendrait cet Accord Collectif du Personnel Navigant non-compréhensible au commun des mortels?

Il est écrit en Araméen?

Je sais, les abréviations ! Savez vous que sur un Maintenance Manuel d’Ejet la section concernant les acronymes contient une dizaine de pages...10 pages d'abréviations et leur signification ! Des “p’tits joueurs” vous êtes. Je vous le dis car moi, je l’ai lu l’ACPN complet, avec les annexes.

Mais de toutes façons, que je sache, il n'est pas demandé aux représentants syndicaux ”navigants” de connaître le bouquin par cœur, pas d'interrogation écrite ( et tant mieux, car je vous jure que l’on rigolerai 5 mn, c'est une chose de critiquer l'action de ses adversaires sur Facebook ou dans certaines publications, c’est autres choses, VRAIMENT autres choses, de savoir négocier et défendre les salariés. En fait, c’est en gros la différence entre une peste et une Délégue(e) Syndical(e)).

Donc je ne comprends toujours pas, pourquoi nous ne pourrions être polyvalent et se défendre tous et toutes. Je ne parle pas des syndicats de chauffeurs d'avion, qui, par construction, à l'exception d’une petite dizaine de vrais bons gars, sont génétiquement programmés pour ne défendre que leurs intérêts, il s’agit, d'après la faculté, d’un blocage comportemental appelé syndrome « d’il-n’y-a-que-moi” aggravé parfois par “les-autres-ne-servent-à-rien”. Ce n’est pas très grave et pas contagieux. Ils triplent d'ailleurs parfois ces deux syndromes avec un autre plus commun dans certaines sociétés, le « Je-ne-peux-manger-que-si-on-me-sert » mais c'est plus rare....

Tout ça pour dire que dans le cas qui nous occupe, bien égoïstement, ce n'est tout simplement pas le sujet !

Pourquoi ? Et bien parce que à la CGT HOP ! Les Camarades PNC se débrouillent, tout seul. Ils nous tiennent au courant de leurs discussions, des dossiers personnels, de ce qui se passe en CHSCT, nous adressent leurs Compte Rendu DP, mais personne, PERSONNE , n'interviens dans leurs affaires.

Une preuve ? PNC,adhérents, avez vous été appelées à la gréve par la CGT HOP !?

Vos responsables sont contre, je ne suis pas d'accord avec elles, d’où la discussion dont nous parlions plus haut, mais elles, ils, connaissent les salariés qu'ils, qu'elles défendent, jugent le moment peu propice à la mobilisation, elles, ils, décident.

Je ne suis pas d'accord sur le fond car nous seront toutes et tous touchés par cette loi si un jour elle s'applique !

Sol et navigants : le paiement des heures supplémentaires, le temps de travail, les temps de repos, il n'y aura aucun distingo entre salariés du sol et des étoiles ! Pour les dirigeants, tout cela c'est de l'argent, de la productivité, alors en avant !!!

Je vous joins une analyse des responsables de la CGT concernant ces conséquences, vous comprendrez....

Et puis, il faut arrêter avec ces histoires de syndicats sol/PNC.

Quizz : qui sont aujourd'hui les syndicats seulement PNC ?

Réponse : aucun ! La CGT, c'est la CGT. Le SNPNC est affilié à FO (qui est également contre la loi travail, d'ailleurs), l'UNAC c'est la CFE-CGC, syndicat de cadres dont le responsable chez Air France a salué le départ de De Juniac comme « celui d'un grand patron ». L'UNSA qui soutient également la loi travail est un syndicat Sol, la CFDT se cache maintenant derrière la création de l'Union Nationale PNC, SUD, c'est SUD.

Voilà la réalité.

Que les pilotes (certains) fassent « campagne » contre la CGT, cela se comprend, s'explique et s'analyse en faisant appel aux qualités précédemment citées. Je vous laisse quelques jours.

Pour terminer, ils sont vraiment biens vos syndicats « navigants » !

Ils ont laisser faire et pour certains milités, réclamés, la séparation des droits du travail. Il fallait sortir les navigants de la gestion par le Code du Travail. « Pensez donc, comment est-ce possible ! Nous n'allons pas continuer à être gérés comme les « rampants », beurk... » Et les patrons, « vous avez raison, et puisque vous le demandez... »

Bilan :

  • Durées maximum de temps de travail plus importantes pour les navigants, amplitude aussi.

  • Introduction de la notion de temps de service en vol à la place de la définition du code du travail : « temps pendant lequel le salarié est soumis à son employeur et ne peut librement vaquer à ses occupations »

  • Temps forfaitaire à la place du temps réel de travail

  • Temps de repos réduits (c'est bien les nuits courtes, hein!)

  • Publication, modification des plannings plus « souple »

  • Protection médicale sans cesse réduite

    Etc...etc...

« Merci nos syndicats. Heureusement que vous êtes là ! »

De l'avis même de certains responsables de l'Aviation Civile, la carrière d'un PNC doit être courte. Ces salariés doivent être jeunes et disponibles. « Ce n'est pas un métier, c'est un job » déclarent certains.

Et vous savez quoi, et bien il y a plein de gens qui trouvent ça normal et évident.

Comme pour les chauffeurs de trains.

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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 21:09

Deux fois en un jour! Non, vous ne rêvez pas.

Je viens de tomber sur un article du Monde Diplomatique, journal que je recommande d'ailleurs chaudement à ceux qui pense que la tête n'est pas là seulement pour servir de support aux oreilles et au reste, article signé de Serge Halimi son rédacteur en chef.

Lisez donc, mes bons...

Vous réaliserez, sans doute, que rien n'arrive par hasard:

Eloge des syndicats

par Serge Halimi, avril 2015

Puisque chacun prétend se soucier de l’envol des inégalités, pourquoi cette analyse du Fonds monétaire international (FMI) est-elle passée à ce point inaperçue (1) ? En raison de ses conclusions ? Dans une étude présentée en mars dernier, deux économistes issues de ce temple du libéralisme relèvent « l’existence d’un lien entre la baisse du taux de syndicalisation et l’augmentation de la part des revenus les plus élevés dans les pays avancés durant la période 1980-2010 ». Comment expliquent-elles ce lien ? « En réduisant l’influence des salariés sur les décisions des entreprises », l’affaiblissement des syndicats a permis d’« augmenter la part des revenus constitués par les rémunérations de la haute direction et des actionnaires ».

Selon ces économistes du FMI, « une moitié environ » du creusement des inégalités que les libéraux préfèrent traditionnellement attribuer à des facteurs impersonnels (mondialisation, technologies, etc.) découlerait du déclin des organisations de salariés. Doit-on s’en étonner ? Quand le syndicalisme, point d’appui historique de la plupart des avancées émancipatrices, s’efface, tout se dégrade, tout se déplace. Son anémie ne peut qu’aiguiser l’appétit des détenteurs du capital. Et son absence, libérer une place qu’envahissent aussitôt l’extrême droite et l’intégrisme religieux, s’employant l’une comme l’autre à diviser des groupes sociaux dont l’intérêt serait de se montrer solidaires.

Or l’effacement du syndicalisme ne tient ni du hasard ni de la fatalité. En avril 1947, alors que l’Occident s’apprête à connaître trente ans de prospérité un peu mieux partagée, Friedrich Hayek, un penseur libéral qui a marqué son siècle, dresse déjà la feuille de route de ses amis politiques : « Si nous voulons entretenir le moindre espoir d’un retour à une économie de liberté, la question de la restriction du pouvoir syndical est une des plus importantes. » Hayek prêche alors dans le désert, mais quelques décennies plus tard, grâce à l’intervention directe — et brutale — de deux de ses admirateurs, Ronald Reagan et Margaret Thatcher, lors de conflits du travail marquants (les contrôleurs aériens américains en 1981, les mineurs britanniques en 1984-1985), le « pouvoir syndical » a rendu l’âme. Entre 1979 et 1999, le nombre annuel de grèves impliquant au moins mille salariés passe aux Etats-Unis de deux cent trente-cinq à dix-sept, celui des jours de travail « perdus », de vingt millions à deux millions (2). Et la part du salaire dans le revenu national recule... En 2007, sitôt élu président de la République, M. Nicolas Sarkozy fait à son tour voter une loi restreignant le droit de grève dans les services publics. L’année suivante, il pavoise tel un gamin hilare : « Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit. »

En bonne logique, l’étude du FMI aurait dû insister sur l’urgence sociale et politique de renforcer les organisations de salariés. Elle estime plutôt qu’« il reste à déterminer si l’accroissement des inégalités dû à l’affaiblissement des syndicats est bon ou mauvais pour la société »...Ceux qui ont déjà une petite idée de la réponse en tireront sans effort la conclusion qui s’impose.

Serge Halimi

(1) Florence Jaumotte et Carolina Osorio Buitron, « Le pouvoir et le peuple » (PDF),Finances & Développement, Washington, DC, mars 2015.

(2) George Melloan, « Whatever happened to the labor movement ? », The Wall Street Journal, New York, 4 septembre 2001.

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 21:00

"Prendre les choses en main: convertir l'indignation en mouvement politique"

"Podemos!" Nous pouvons!

Regardez donc cette de Pablo Iglesias Turrion, figure du parti Espagnol Podemos.

Il propose une "façon de faire" à laquelle j'adhère totalement. Un VRAI changement est possible, et ce n'est pas par la politique-politicienne qu'il passera mais bien par le Citoyen. Il suffit juste d'en prendre conscience...

"Prendre les choses en main: convertir l'indignation en mouvement politique"

"Podemos!" Nous pouvons!

Regardez donc cette vidéo de l'intervention de Pablo Iglesias Turrion, figure du parti Espagnol Podemos.

Il propose une "façon de faire" à laquelle j'adhère totalement. Un VRAI changement est possible, et ce n'est pas par la politique-politicienne qu'il passera mais bien par le Citoyen. Il suffit juste d'en prendre conscience...

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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 14:47

Les chômeurs: l'armée de réserve du capitalisme!

Ce n'est pas de moi...

C'est un peu comme chez Régional pour certains techniciens. Tu es libre de partir, mais on passe des coups de fil pour t'empêcher de trouver du boulot.

La liberté du travail en somme...

Ryanair réplique à la formation d’un syndicat

Suite à la formation du premier conseil exécutif du Ryanair Pilot Group, Ryanair affirme dans un communiqué ne pas reconnaître son existence en tant que « groupe de pilotes Ryanair ».

« Le RPG n’est pas un groupe de pilotes Ryanair et est en réalité un groupe de pilotes non-Ryanair. Les cinq membres du conseil « Ryanair » incluent quatre pilotes de compagnies concurrentes – Aer Lingus, KLM, Air France et Southwest, a déclaré Jonathan Brisy, directeur vente et marketing sur la Belgique, France et Maroc. Ce conseil montre que le European Cockpit Association n’a pas assez de pilotes Ryanair pour même former un comité. N’importe quel pilote Ryanair qui n’est pas satisfait est libre de quitter l’entreprise vu que nous avons une liste d’attente de 5000 pilotes et membres d’équipages souhaitant se joindre à Ryanair. »

Rappelons que plus de la moitié des 3500 pilotes de Ryanair aurait rejoint le groupe RPG, fondé à l’automne 2012, selon ce syndicat. Le commandant de bord en activité chez Ryanair, l’Irlandais John Goss, les commandants de bord Evert Van Zwol (777, Hollande – président) et Carl Kuwitzky (737 chez Southwest Airlines, USA), l’officier pilote Samuel Giezendanner (France) et l’ancien dirigeant d’ALPA Irlande Ted Murphy viennent d’être élus au tout nouveau conseil exécutif intérimaire. RPG a en outre fait savoir dans le quotidien allemand Die Zeit que si la direction refusait de les reconnaître dans de prochaines négociations, elle n’excluait pas de préparer une grève. Ce qui serait un événement plus qu’historique, et même une petite révolution au sein de la low cost irlandaise.

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 21:17
Communiqué de la CGT-Air France

Des avantages d’un côté, désavantages de l’autre

“Je partage en 2 : les riches auront de la nourriture,les pauvres de l’appétit.” (*)

(*) Michel COLUCCI alias Coluche


N° 18 ‐2013 ‐ Roissy,Juin 2013


Notre PDG se plait à informer la presse de ses intentions avant de le faire auprès
des Organisations Syndicales de l’entreprise.

Ainsi le cadre est donné et la direction n’a plus qu’à formaliser ce que nous lisons dans les
différents journaux. C’est dire la qualité du dialogue social, la haute considération des
dirigeants pour les salariés Air France.
Nous marteler par tous moyens que « nous coûtons trop cher » :
Alexandre de Juniac a annoncé dans la presse qu’il fera un point de la situation Air France avec les syndicats de la compagnie avant le mois de juillet. Ce fut chose faite dès le lendemain de la parution de ces articles en session de CCE.


Alors que Transform’2015 est loin d’avoir produit tous ses effets néfastes pour les
salariés, un nouveau plan de mesures d’économies et de restructuration est
annoncé pour septembre. Pourtant, la direction était formelle, le plan Transform était bien
calibré et suffisait à ramener Air France vers le chemin de la profitabilité….
La CGT avait raison, ce plan à courte vue, sans perspective d’avenir pour les salariés, n’est pas adapté. Selon Alexandre de Juniac, Air France devra entamer une nouvelle phase de restructuration de son activité Court et Moyen Courrier ainsi que de la branche Cargo.
Le lancement des bases de province de Marseille, Nice et Toulouse et l’augmentation de la productivité des personnels, sont présentés comme insuffisants pour ramener le réseau Court et Moyen Courrier à l’équilibre. Même chose pour l’activité Fret d’Air France et de KLM, dont la flotte d’avions tout Cargo a été fortement réduite.


Le PDG présente les choses ainsi : «…nous présenterons en septembre un ensemble de
mesures soumises à la négociation. Il ne s’agira pas de mesure
ttes ».
Dans ce contexte, des transferts d’activités vers Transavia, la filiale low cost et Hop, le pôle régional d’Air France,sont fortement envisagés.
« Il faut davantage de flexibilité au sein du groupe, qui doit fonctionner comme une grande
fa
mille », lance à la presse Alexandre de Juniac.


La référence à la « famille » du groupe AF n’est pas anodine. Elle prépare les consciences à la mobilité au sein du groupe.
Pourtant, les syndicats signataires de Transform’2015 annonçaient triomphalement l’avoir repoussée au profit d’une mobilité interne à
Air France uniquement… Au regard de cette mobilité imposée pour les salariés, l’immobilisme règne au sein de la direction qui tend à devenir un club de cadres
dirigeants se redistribuant les bonnes places.
Rompre le contrat social entre les salariés et l’entreprise :
Nous le savons depuis plusieurs semaines, nos GP sont insidieusement remis en cause. De plus en plus de plaintes émanent des personnels de la
compagnie. La direction impose au Revenue Management des quotas de GP par vol pour
parvenir à maximiser les recettes. Nombre de vols partent sans qu’aucun R1 ne soit disponible sur GpNet. Il semblerait que des pistes soient recherchées pour limiter, à l’année, le nombre de GP par salarié…
MAIS ON NE NOUS DIT PAS TOUT…

Pourtant,la direction était formelle,le plan Transform était bien calibré et suffisait à ramener Air France vers le chemin de la profitabilité…Ah ?

- Tous les directeurs et membres des comités
exécutifs du groupe AF/KLM ne paient sur leurs GP que les taxes aéroportuaires sans quota de billets, cela vaut aussi pour leurs familles,
- Les dirigeants ayant quitté l’entreprise jouiraient toujours, ainsi que leur famille, de
ces droits: J‐C C. ancien CDB AF et ex PDG d’Airlib, B A. PDG débarqué suite à un certain
conflit en 1993, C B. grand amateur de cigares, P‐H G. viré/remercié pour mauvaise gestionavec 1,5 M€, P d I. ex patron de l’exploitation AF et actuellement PDG de Corsair,
- Avec la mise en place de la holding AF/KLM le nombre de bénéficiaires de ces avantages exorbitants du droit commun augmente aussi vite que nos droits diminuent,
- Tous ces dirigeants disposent d’une carte de crédit AF pour la prise en charge des
hébergements, frais de restaurations et invitations diverses et variées,
- La plupart dispose d’une voiture dont AF paie la location,quand ils/elles n’ont pas un chauffeur,
- Pour certains, une partie de leurs frais de logement est prise en charge par la compagnie,
- Les plus hauts dirigeants continuent de s’octroyer des retraites‐chapeau avec
l’argent de la Compagnie, fruit de notre travail à tous, malgré les promesses de notre
PDG d’engager un chantier destiné à revoir ce système. Notre PDG part vers la Holding, le chantier est toujours en chantier!


Pendant que ces grands pontes naviguent sur le registre de la lutte des classes en première classe, des salariés sont laissés à l’abandon, sans poste, d’autres sont licenciés sous des prétextes fallacieux, cadres et non cadres, sans droit aux GP, parfois après 40 ans de travail au sein d’Air France…


Il est nécessaire de s’indigner et d’agir :
Si nous continuons de laisser faire, l’entreprise ne sera jamais rentable pour ses salariés. Nous sommes entrés dans un cercle vicieux où il nous sera demandé toujours plus d’efforts pour un contrat de travail sans cesse dévalué.


Mais des efforts au service de quelle cause et pour qui ?
Si nous laissons faire, nous n’aurons à terme aucun retour sur notre travail et notre
engagement, nous ne travaillerons que pour servir les intérêts d’une minorité. Tout ceci est choquant et indécent, surtout quand notre ceinture est serrée d’office de plusieurs crans par ceux qui portent des bretelles!


Tous nos efforts ne serviraient‐ils qu’à maintenir leurs privilèges ?
Où est l’éthique ? Où est la morale ? Où est la justice ?
Quand on veut faire la leçon, il faut déjà donner l’exemple. Si nombre de personnels sont démotivés et n’entrevoient que de tristes perspectives à l’horizon, cela démontre que la stratégie en place n’est ni juste ni équitable. Les acteurs de l’entreprise ne sont
pas des figurants, la pièce ne peut se jouer sans celles et ceux dont les qualifications et
investissements font vivre l’entreprise. Nous refusons clairement de devenir des salariés low‐cost, nous refusons un Transport Aérien tiré vers le moins disant social et sécuritaire.


Échangeons, parlons, réfléchissons, emparons-nous de notre avenir avant qu’il ne s’empare de nous !

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 07:44

Ah les bons garçons!

Qu'ils sont mignons tout plein les signataires de l'accord sur la réduction des coûts.

Je trouvais, après réflexion, que les responsables de la CFDT étaient malhonnêtes, je vous ais expliqué pourquoi. Je ne disais rien sur le SNMSAC car cette organisation syndicale n'avait pas communiqué sur le sujet, et comme expliqué précédemment, même s'ils décidaient de signer le document, ou tout au moins d'y apposer leur paraphe, la CGT n'y trouvait rien à redire, nos analyses étant différentes, mais nous respections leur choix.

Bref! Mes chers Amis! J'aurai dû me méfier!

Il est vrai que si la CFDT a diffusé le lendemain même de la séance de négociation, faisant preuve d'une étonnante rapidité, j'aurai dû me rappeler que concernant le SNMSAC, il faut leur laisser un peu de temps...

Donc leur tract est tombé. Oh vingt dieux la Marie!

Salariés mes frères, vous êtes sauvés!

Ce n'est plus un, mais deux syndicats qui viennent de vous sauver la vie! Les champions de la sauvegarde de l'emploi, nos petits Montebourg à nous sont sur terre et j'ai l'insigne honneur d'avoir eu le privilège de leur parler et même, si, si, je vous jure, de leur serrer la main.

Porca miseria! Et dire que nous aurions pû écouter ces fumiers de la CGT! Brûleurs de palettes! Tout juste bons à hurler dans une sono!

Peut'être vont'ils demander la nationalisation de Régional?

Quelles sont donc nos hypothèses de travail:

- HOP se casse la figure. Ca ne marche pas. Pensez vous réellement que la direction d'AF continuera à payer à "pertes" les salaires des salariés de Régional au nom du respect de ce qui a été signé dans un accord? Quand, dites moi, quand Air France à t'elle tenue compte de ce qui se passait dans les filiales? Un exemple, un seul, la spécialisation, et vous vous souvenez pourquoi le plan avait été retiré à l'époque? Parce que la CFDT et le SAC avaient signé des accords? Je ne crois pas non.

- seconde hypothèse: HOP fonctionne du feu de dieux. Les ATR arrêtent de tomber en panne, on monte des galeries pour transporter les bagages. Bref, le paradis. Alors, juste une question, ça aura servi à quoi de signer des accords garantissant le maintien de l'emploi pendant deux ans?

Ce chantage aux licenciements, la direction le pratique depuis le départ. Si elle ne respect pas sa parole, qui ira au tribunal porter plainte pour contester les suppressions de postes? Des procédures judiciaires dont la durée entre recours, appel, cassation, "je n'ai pas reçu les pièces, donc je demande le renvoi" etc... etc.. durent souvent plusieurs années. Qui tiendra, ne serait ce que financièrement une telle procédure? Les salariés "virés" n'auront qu'à attendre sagement que la justice suive son cours? Peut être qu'à ce moment là, on reviendra chercher les brûleurs de palettes et ceux qui parlent forts dans la sono...

C'est drôle quand même, on a foutu le feux une fois en onze ans et pour une bonne raison, il fallait faire cuire la soupe, UNE FOIS! Et dire qu'il y a des gens qui continuent à ne voir la CGT que par cet action somme toutes, juste culinaire, à peine festive.

Décidemment, c'est vrai, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.

C'est ça aussi, quand on ne sait plus quoi écrire dans ses tracts pour se "singulariser", on dit des bêtises, des grosses bêtises...

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 06:50

Les négociations sur la baisse des coûts se sont achevées hier mercredi 24 avril à Nantes. Elles ont abouti.

Même si l'accord fruit de ces négociations n'est pas pour nous un bon accord au sens littéral du terme, nous l'avons jugé acceptable et n'étions pas disposés à y mettre une opposition.

Pourquoi n'est ce pas un bon accord ? Pour nous un document qui prive les salariés de Régional de toutes augmentations de salaire durant près de trois ans, dans la période que l'on connaît, qui réduit un certain nombre d'avantages sociaux et en limite d'autres, n'est pas, ne peut pas être pour notre Organisation Syndicale, considéré comme bon.

Néanmoins, et nous en avons fait état durant le tour de table qui a conclu nos discussions avec la direction, il est acceptable dans la mesure ou, comme dirait certains, « il sauve les meubles ».

Sauf que la CGT ne peut pas se contenter de sauver les meubles.

Cet accord même si nous n'y étions pas favorable, nous l'avons négocié depuis la première séance de discussion. Aprement ! Sur chaque point ! Et le texte que nous avons fait parvenir aux adhérents de la CGTqui reprend la version initiale du projet et la compare à ce que nous avons obtenu en final est édifiant.

Nous voulions faire avancer cette discussion.

Elle a été menée par tous les syndicats, unis dans un même but : l'intérêt des salariés de la compagnie.

Au moment de la conclusion de l'accord, nous avions exposé notre position aux autres organisations syndicales et à la direction : l'ouverture de discussions sur le périmètre d'activité de Régional sont demandées par la CGT, en effet, nous pensons que les deux sujets sont liès. Comment discuter réduction des coûts sans savoir dans quel but et pour quelles raisons les salariés doivent consentir aux efforts qu'on leur demande. Quelle est l'objectif ?

Notre position était extrêmement claire: on discute du périmètre et on verra ensuite la réduction des coûts.

Nous savions que certains des délégués syndicaux étaient prêts à signer le projet d'accord. Peu importe. Nous respections leur position.

Quelle n'a pas été notre surprise, au retour du Tribunal de Grande Instance de Nantes, de nous apercevoir que la CFDT avait signé le document et communiqué sur le sujet, les rédacteurs se présentant comme les sauveurs des salariés de l'entreprise et comme les seuls auteurs du projet de négociation !

C'est non seulement un mensonge, mais un véritable coup de couteau dans le dos à ceux qui ont travaillé dans ce qu'ils pensaient être une véritable Union syndicale.

S'approprier le bénéfice d'une négociation COMMUNE de cette façon, on se croirait revenu au temps de l'ancien secrétaire du CE et par ailleurs Délégué Syndical de cette organisation.

La discussion a été menée par la CFDT mais aussi par FO, le SNMSAC et la CGT et c'est grâce à leurs actions communes qu'il est aujourd'hui ce qu'il est. La CGT Regional a même adressé un courrier à la direction de Régional, précisant fermement ses revendications.

Le plus grave, c'est que le tact de la CFDT reprend AU MOT PRES l'argumentation qui a été développé par le représentant de la direction pendant ces négociations! Au mot près !

« Soyez les premiers à signer, communiquez , vous apparaîtrez comme le sauveur des salariés de l'entreprise »

J'ai trop de respect pour l'un au moins des représentants de la CFDT pour penser que c'est de la malhonnêteté.

Naïf et manipulé, sans doute. J'espère encore.

N'empêche, si les petites discussions entre amis ont des limites, mon gars, les talents de manipulateurs de nos interlocuteurs n'en ont pas.

Tu ne les intéresse que parce que tu représente un peu moins de 11% des salariés de l'entreprise et qu'ils ont la nécessité de recueillir, pour valider leur accord, l'avis d'Organisations Syndicales représentant, additionnés, au moins 30%.

Quand il n'auront plus besoin de toi, tu te retrouveras comme certains aujourd'hui, dans le rôle « d'ex interlocuteur privilégié » et s'ils doivent se débarrassez de toi, ils le feront sans aucun état d'âme et sans même une grimace.

Méfie toi et réfléchi bien.

Et je serai à ta place, je modifierai le titre de mon tract....et j'enlèverai la coupe de la victoire.

Car si tu estime que « ça » c'est une victoire, je voudrai bien voir ce que tu appelle une défaite.

A moins que dans un mimétisme bien coupable, tu calque tes positions de négociations et tes satisfactions, sur celles des représentants de ta Confédération qui ont signé cette ignominie qu'est l'Accord National Interprofessionnel et qui tentent encore de nous faire croire que c'est un bon accord.

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