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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 20:31

Je vous ne résiste pas à vous faire partager la jubilation que m'a procuré la lecture de cet article de "Pour La Science". "Jubilation" quand on s'aperçoit que ce que l'on constate au quotidien depuis des années a fait l'objet de travaux scientifiques. Bien plus qu'une simple "impression" d'après Laurence Peter une évidence mathématique. C'est un extrait de l'article, mais l'essentiel y est dit!

Le principe de Peter

La différence entre un texte humoristique et des travaux universitaires sérieux est parfois mince. Le principe de Peter est l'exemple même d'une loi dont le statut reste incertain.

L'auteur: Jean-Paul DELAHAYE est professeur à l'Université de Lille et chercheur au Laboratoire d'informatique fondamentale de Lille (LIFL).

Vous prenez dix dés, vous les lancez. Vous relancez ceux qui n’ont pas donné 1 jusqu’à ce que tous les dés donnent 1.

Un moment viendra où chaque dé montrera 1. Cette évidence appliquée au problème de la promotion dans les entreprises conduit au principe de Peter. Si, à chaque fois qu’un employé remplit correctement sa fonction, on le promeut à un poste où il aura à faire une tâche différente, alors arrivera un moment où l’employé occupera une fonction où il fera mal son travail ; il n’aura alors plus de promotion et restera dans cet emploi mal adapté.

Exprimé avec le langage de l’Américain Laurence Peter (1919-1990) : dans une hiérarchie, toute personne finit par atteindre son niveau d’incompétence. De ce principe de Peter découlent deux corollaires :

– plus le temps passe, plus grande est la proportion de postes occupés par des incompétents.

– la charge de travail des personnes compétentes ne cesse de croître.

Si le livre de Peter coécrit avec Raymond Hull (paru en 1969) fut un succès mondial, c’est sans doute dû à ce double aspect de sa thèse centrale : elle apparaît parfaitement logique, mais, bien sûr, elle ne peut pas être vraie... ce serait absurde.

Peter expliquait dans son livre que si « tout va toujours mal » (sous-titre de l’ouvrage de 1969), c’est parce que rien ne peut s’opposer à son implacable logique.

Comment y voir clair ? Comment évaluer l’impact réel des cas où le principe de Peter est l’explication correcte ? Comment aussi organiser la gestion du personnel et les promotions d’une structure hiérarchique pour contrer et annuler ses éventuels effets ?

Plusieurs catégories de travaux sérieux sur le principe de Peter ont été menées dans de nombreuses disciplines : économie, sociologie, psychologie, management, théorie des jeux, sciences politiques et, plus étonnant, en physique, informatique et biologie.

Intrépide recherche universitaire

Il y a d’abord les études concrètes : dans une entreprise sélectionnée, on mesure à coup de pourcentages et de courbes synthétiques tirées des statistiques disponibles si les effets du principe de Peter sur la productivité sont patents. C’est ainsi qu’on a pu établir que la productivité scientifique des universitaires américains baisse à la suite de leur recrutement ferme (la célèbre tenure)... mais que ce n’est pas général, comme le montre une étude de Mareva Sabatier publiée en 2009 à propos des promotions dans les universités françaises.

Le deuxième type de travaux est celui des études à bases mathématiques. Il se fonde sur des modèles à équations continues où les variables sont des nombres réels, et où, comme on le fait en économie et en physique, sont introduits des paramètres globaux (productivité de l’entreprise, aptitude des agents, difficulté des tâches, etc.) et leurs relations. Devenus équations et résolus, ces modèles montrent ce qu’on craignait : la productivité baisse inexorablement au cours du temps alors qu’augmente l’incompétence moyenne dans les hiérarchies pratiquant la promotion interne au mérite. Bien sûr, les mises en équations simplifient la réalité des organisations hiérarchiques et il est souvent possible de compliquer les modèles en ajoutant quelques paramètres supplémentaires qui amènent alors à des conclusions... opposées à celles du modèle initial.

La baisse de productivité constatée chez les sujets qui viennent de bénéficier d’une promotion ne résulte-t-elle pas de la régression vers la moyenne ? Le phénomène a été observé par le Britannique Francis Galton, au xixe siècle, à propos de la comparaison entre les tailles des parents et des enfants (les enfants des géants sont plus petits que leurs parents, les enfants des nains sont plus grands). L’efficacité d’un employé occupant une fonction où il vient d’être promu est statistiquement moins bonne que sa...***(suite sur la version abonnée du site)

Voilà. Alors, est ce que tout comme moi, des noms vous sont apparus immédiatement à l'esprit? Oui, je pense.

Entre ceux qui sont arrivés à leurs limites de compétences et qui resteront à sévir dans leurs services, aigris pour la plupart, d'être en définitive, trop c...s pour faire mieux et ceux à qui l'on donne des postes parce qu'il n'y a personne qui postule (je sais, c'est comme ça que je me suis retrouvé là où je suis), nous voilà propre!

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commentaires

Gluck 12/09/2014 19:44

et toi tu te situe où la dedans ? mdr....

Ernesto 13/09/2014 10:40

Juste avant le drame! J'ai refusé une promotion.
PTR