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  • : Blog d'information libre de toutes consignes politiques et syndicales, des salariés de HOP! La rédaction est assurée par un collectif composé en grande partie de militants de la CGT, certes, mais totalement libres de leurs propos et de leurs positions.
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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 18:36

C'est bien de voir que la CGT publie des vidéos qui parlent du système social dans sa globalité, et pas seulement du seul sujet des retraites.

A mon avis, c'est LE sujet majeur, LE modèle de société, et c'est là dessus qu'il faut impérativement mobiliser les travailleurs, sinon, nous seront réduit à des manifestations mensuelles, pour défendre la santé, l'assurance chômage, les prestations sociales, le code du travail .... Bref, un peu se que nous avons fait jusqu'à présent.

Le rôle de la CGT ne doit pas être dans une réaction à court terme, tel le boxeur qui prend des coups et que ne fait que se défendre, non! Il est grand temps que ce syndicat reprenne sa place dans la société, dans une indépendance totale vis à vis des partis politiques avec un seul objectif: défendre les travailleurs en prônant l'établissement d'un nouveau modèle de société. Les partis suivront, ils n'auront pas le choix!

J'ai l'impression que, parfois, l'étendu de la tâche submerge nos responsables.

Un petit coup de pouçe?

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 17:22

Vous trouverez çi dessous, un appel dénonçant l’iniquité du système de retraite proposé par le gouvernement.

Signez Mesdames!

L'appel est publié aujourd'hui sur Mediapart : http://blogs.mediapart.fr/edition/les-batailles-de-legalite/article/090913/retraites-les-femmes-demandent-reparation

« Très loin du compte »: c'est ainsi que les 24 signataires de cet appel, syndicalistes, féministes... jugent le projet gouvernemental de réforme des retraites. Des responsables de la CGT, de la FSU, de l'Union syndicale Solidaires, et du CNDF, OLF, Fondation Copernic, Attac, Femmes égalité, etc. appellent « les femmes et les hommes de toutes générations à manifester le 10 septembre pour défendre l’égalité des droits »

Retraites : les femmes demandent réparation !

Le gouvernement avait promis une réforme des retraites « basée sur l’équité », mais le projet qu’il a présenté ne répond pas à sa promesse et poursuit la logique des réformes passées. Les mesures en direction des femmes sont très marginales, alors que les inégalités de pension entre les sexes sont importantes : la pension de droit direct des femmes est inférieure en moyenne de 42 % à celle des hommes, leur pension globale de 28 %. Les femmes ont en moyenne des carrières plus courtes que les hommes ; elles partent plus tard à la retraite (1,4 an plus tard pour les personnes parties en 2008) ; elles sont plus souvent concernées par la décote et bénéficient beaucoup moins de dispositifs comme la surcote ou la retraite anticipée pour carrières longues.

Si la mesure qui permet une meilleure validation de trimestres pour les petits temps partiels est bienvenue, elle ne concerne que les personnes au smic qui ont un emploi à temps partiel de moins de 15 heures par semaine, ce qui représente au maximum 2,6 % de l’ensemble des salarié-es.

La mesure qui permet de mieux prendre en compte la maternité dans le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue ne fait que corriger – à peine – l’injustice du décret pris par… ce même gouvernement en 2012. Elle ne modifiera qu’à la marge l’accès des femmes à la retraite anticipée, dont les bénéficiaires sont à 79 % des hommes.

Enfin, la refonte annoncée depuis plusieurs mois de la majoration de 10 % pour trois enfants relève de l’entourloupe : elle est renvoyée au-delà de 2020, par contre, ce qui est décidé dès 2014, c’est… sa fiscalisation ! Même les retraité-es de revenus modestes verront leur revenu net baisser. Pourtant, il serait juste de modifier cette majoration qui, étant proportionnelle à la pension, profite essentiellement aux hommes puisqu’ils ont des pensions plus élevées, alors que ce sont majoritairement les femmes qui sont pénalisées dans leur carrière par la prise en charge des enfants.

Au final, ces mesures ne permettront pas de réduire les inégalités entre les femmes et les hommes. Il est notable d’ailleurs que le chiffrage officiel des mesures cumulées pour les jeunes, les femmes, les carrières heurtées et les petites pensions fasse apparaître un coût nul jusqu’en 2030 !

Le gouvernement fait le choix de continuer à augmenter la durée de cotisation nécessaire pour une pension sans décote, alors que cette mesure se traduit, en pratique, par une baisse de la pension pour le plus grand nombre. Elle touche plus durement les femmes du fait des carrières plus courtes et les jeunes car ils accèdent de plus en plus tard à un emploi stable.

Une autre orientation est possible et nécessaire. Elle suppose d’en finir avec l’austérité, de relancer l’emploi par une réduction du temps de travail, une politique audacieuse d’investissement en matière sociale et écologique et une meilleure répartition des richesses.

Le renforcement des droits directs à pension des femmes est une priorité. Il passe notamment par une meilleure prise en compte du temps partiel. Cette forme d’emploi est souvent imposée par l’employeur pour qui elle est bénéfique : il serait légitime d’instaurer une surcotisation patronale sur le temps partiel, qui permettrait ensuite un meilleur niveau de pension. Le minimum contributif devrait être sensiblement augmenté, la légère revalorisation du plafond qui a été annoncée étant très insuffisante. Il faut non seulement en finir avec l’allongement régulier de la durée de cotisation mais aussi faire en sorte que la durée demandée soit réalisable par l’ensemble des salarié-es. La décote doit en outre être supprimée.

Il faut agir en parallèle sur les inégalités professionnelles, en amont donc de la retraite. La réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes en ce qui concerne les taux d’activité et les salaires améliorerait très fortement les recettes des caisses de retraite ainsi que le droit des femmes à une pension. Cela suppose de lutter contre les discriminations salariales, mener des politiques pour inciter les pères à s’investir dans la prise en charge des enfants, créer un service public de la petite enfance accessible à tou-te-s et à un coût abordable, afin d’éviter aux femmes d’interrompre leur travail à l’arrivée des enfants.

Le projet de réforme qui a été présenté est décidément très loin du compte. Nous appelons les femmes et les hommes de toutes générations à manifester le 10 septembre pour défendre l’égalité des droits.

Geneviève Azam, porte-parole d'Attac
Ana Azaria, présidente de Femmes égalité ;
Sophie Binet, bureau confédéral de la CGT ;
Annick Coupé, porte-parole de Solidaires ;
Solange Cidreira, Féministes pour une autre Europe ;
Monique Dental, présidente du Collectif féministe Ruptures ;
Maryse Dumas, membre du CESE ;
Anne Feray, secrétaire nationale de la FSU,
Clémence Helfter, Osez le féminisme !
Cécile Gondard-Lalanne, secrétaire nationale de Solidaires ;
Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU ;
Esther Jeffers, Économistes atterrés ;
Gaïa Laussaube, porte-parole des efFRONTé-e-s ;
Julie Mandelbaum, secrétaire générale de l’UNEF ;
Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du Planning familial ;
Christiane Marty, Fondation Copernic ;
Julie Muret, porte-parole d'Osez le féminisme!;
Muriel Naessens, Féminisme-Enjeux ;
Martine Noël, Cadac ;
Marie-Josée Pépin, collectif Tenon ;
Suzy Rotjman, porte-parole du CNDF,
Sabine Salmon, présidente de Femmes Solidaires ;
Maya Surduts, porte-parole du CNDF ;
Céline Verzeletti, commission "Femmes Mixité" de la CGT.

Cet appel pourra être signé sur http://www.retraites2013.org/?p=143

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 11:58

Inter-syndical restreint à la CGT, FO et SUD.

Les autres doivent être d'accord avec la réforme....

Comme d'hab'

Communiqué de presse des syndicats d’Air France CGT, FO et Sud Aérien

LE 10 SEPTEMBRE TOUS EN GRÈVE ET DANS LA RUE POUR DÉFENDRE NOS RETRAITES !

Les syndicats d’Air France CGT, FO et Sud Aérien constatent que le Président de la République et le gouvernement ont entamé un processus destiné à remettre en cause les droits des salariés en matière de retraite. Un projet de loi va être rédigé dès le mois de septembre.

Nos organisations syndicales tiennent à rappeler que les nombreuses « réformes » mises en oeuvre depuis 2003 ont conduit à une baisse continue des pensions de retraites, donc de nos salaires indirects, parallèlement à la régression organisée de nos droits. Elles ont accompagné et renforcé l’explosion du chômage et des licenciements, dont une part conséquente de salariés de plus de 55 ans.

Pourtant, à la lecture de ce constat, le gouvernement de Jean‐Marc Ayrault enfonce le clou en préparant une réforme contre‐productive pour le marché du travail français.

Cette réforme vient à la suite de celle du gouvernement Sarkozy en 2010, réforme qui avait acté un allongement de la durée de cotisation. Notons que les membres du Parti Socialiste criaient à l’injustice en 2010 et manifestaient dans les rues françaises aux côtés des salariés…

Trois ans plus tard, ceux‐ci sont pourtant en passe d’amplifier la réforme Sarkozy, preuve s’il en était de la connivence de nos élites politiques avec le monde de la finance qui œuvre à l’allongement constant de la durée du travail dans les pays occidentaux.

Devant ces nouvelles attaques contre nos retraites, nous vous appelons à vous mettre en grève et à participer aux nombreuses manifestations organisées à travers le pays le mardi 10 septembre. Cet appel national émane des 3 organisations CGT, FO et Solidaires.

40 ans, c’est déjà trop ! Pas un trimestre de plus, pas un euro de moins !

C’est pourquoi, dans l’unité, nous nous opposons fermement :

- à tout allongement de la durée de cotisation, ni aujourd’hui, ni en 2020,

- à tout report de l’âge de départ en retraite à taux plein, retour aux 60 ans,

- à toute augmentation de la CSG des retraités ou des actifs,

- à la désindexation des pensions par rapport à l’inflation, (qui conduirait à une baisse mécanique de celles‐ci)

- à la retraite par capitalisation ou par points,

- à la remise en cause des bonifications pour les femmes ayant interrompu leur activité professionnelle pour mettre au monde un ou des enfants.

Nous ne devons accepter aucune mesure de régression sociale !

Les syndicats d’Air France CGT, FO et Sud Aérien appellent l’ensemble des salariés à se mettre en grève le mardi 10 septembre et à participer massivement aux manifestations organisées dans tout le pays.

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 12:13

Quand il ne faut pas confondre "membres d'un gouvernement", "dirigeants" disposant de quelques pouvoirs que ce soit, et militants honnêtes et engagés.

C'est les premiers qu'il faut dénoncer, et aider les seconds à faire entendre leurs voix!

le NON de socialistes à tout nouveau recul : pas un trimestre de plus, pas un euro de moins !

Bonjour,

Les militantes et militants qui ont lancé cet appel de socialistes, http://www.socialistes-pour-les-retraites.fr/

, remercient les signataires qui ont répondu à leur proposition de manifester le NON de socialistes à tout nouveau recul.

Cet appel réunit déjà 1 200 « premières signatures » alors que, membres de la fédération socialiste des Pyrénées-Atlantiques, nous l'avons lancé à la mi-juillet après avoir fait adopter, par le bureau fédéral 64, une résolution qui refusait toute baisse du montant des pensions.
Maintenant, nous proposons à toutes et à tous les signataires de faire signer toutes les militantes et tous les militants socialistes de leur entourage. Nous voulons que la vigilance socialiste s'exprime parce qu'elle redonnera confiance aux électrices et électeurs de gauche qui doutent, qui manifestent souvent leur déception et parfois leur colère.
Nous savons qu'une position affirmée, venue de l'intérieur du Parti Socialiste et disant « pas un trimestre de plus, pas un euro de moins », facilitera les mobilisations unitaires qui marqueront la rentrée sociale et qui seront nécessaires pour construire le rapport de forces face au Medef et à la droite.

Nous rendons public cet appel par la conférence de presse que nous tiendrons, avec des responsables socialistes signataires, le samedi 24 août, à 18 heures, à La Rochelle (hôtel Mercure). Soyez-y nombreux !
Notre démarche est très simple, elle peut obtenir le soutien de la majorité des socialistes et l'approbation de la majorité du peuple de gauche que nous voulons encourager à se mobiliser contre les exigences du Medef. En effet, l'enjeu immédiat, par rapport auquel nous nous positionnons, se résume dans notre exigence : aucun nouveau recul. Les travailleurs ont assez payé !
Nous n'attaquons pas le gouvernement de François Hollande, qui est notre gouvernement puisque nous l'avons mis en place. Nous nous défendons contre une nouvelle attaque, que programme le Medef depuis longtemps. Exigence contre exigence. Celle du Medef, celle du peuple de gauche.
Nous refusons notamment la mesure qui a la faveur du patronat : l'allongement du nombre d'annuités qui, rendant le taux plein inatteignable, ferait sévèrement baisser les pensions et pousserait les plus riches vers les assurances privées…

Aujourd'hui, ce sont celles et ceux qui ont mis en place le gouvernement et sa majorité, qui se mobilisent. Ce n'est pas comme en 2010, ce n'est pas à la droite que nous demandons la satisfaction de nos revendications. C'est pourquoi, le peuple de gauche, uni, peut et doit gagner.
Le NON socialiste à tout nouveau recul est le signe que cette unité est en marche et qu'elle sera majoritaire. Notre intervention dans le mouvement social qui se prépare est indispensable pour y créer cette confiance. Nous proposons de réunir les signataires dans chaque département, chaque ville, pour faire connaître l'appel.
Nous vous proposons de faire connaître, par communiqué et conférence de presse, les signataires de votre fédération et votre soutien aux manifestations du mardi 10 septembre. Nous vous proposons d'y distribuer massivement le texte de l'appel, de ses signataires départementaux et des responsables nationaux signataires.

Bref, nous vous proposons de faire campagne pour l'intérêt des travailleurs et pour l'honneur du socialisme et de la gauche.

Amitiés socialistes.
Pierre Ruscassie
(membre du BF 64), pour les initiateurs de l'appel

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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 11:45

Contre la double peine des femmes en matière de retraite

Les inégalités entre les femmes et les hommes en termes de salaires, autour de 22%,explosent au moment de la retraite : l’écart monte alors à 47%. En effet, actuellement la pension moyenne de droit direct des femmes est d’environ 900 euros contre environ 1600 euros pour les hommes.

Incriminer la décote n’est pas faux mais la décote est loin d’expliquer l’essentiel du différentiel : elle ne s’applique que depuis 2004 dans la fonction publique et par ailleurs 30% des femmes attendent 65 ans pour liquider leur pension afin précisément de ne pas subir la décote (1). L’explication principale de la double peine des femmes, ce sont les annuités (et les points dans le régime complémentaires) qui conditionnent la hauteur de la pension au nombre d’années travaillées. Même en tenant compte des bonifications pour enfants, compter les trimestres validés (dans le régime général), les années de service (dans la fonction publique) ou les points accumulés au long de la carrière (dans les régimes Agirc-Arrco), revient à pénaliser les femmes une seconde fois. Non seulement, du fait de la double journée, elles arrivent à 60 ans avec un salaire inférieur aux hommes parce que, bien qu’étant plus diplômées, elles accèdent à des postes moins qualifiés faute de pouvoir mener leur carrière ; mais, en plus, cette discrimination (qui en soi leur vaudrait une pension inférieure de 22% à celle des hommes) leur est imputée pour doubler la peine : elles n’ont pas une « carrière complète », donc leur pension sera encore considérablement amputée.

1. supprimer les annuités (et le compte des cotisations, qu’il soit en points comme à l’Arrco ou notionnel comme en Suède) dans le calcul de la pension.

On voit bien que le retour aux 37,5 annuités ne réglera pas cette inadmissible discrimination, pas plus que la comptabilisation des années d’études dans les annuités, ou le retour aux 10 meilleures années pour le calcul du salaire de référence. C’est le principe même des annuités (ou des points, car il s’agit fondamentalement de la même chose : tenir compte de la durée de la carrière pour calculer la pension) qu’il faut récuser. Grâce à une reprise de la hausse régulière du taux de cotisation, abandonnée depuis plus de 15 ans, chacun doit, à 55 ans, avoir à vie une pension équivalant à 100% de son meilleur salaire net (avec le Smic comme plancher), quels que soient le montant et la durée de ses cotisations (2) :

- reprise de la hausse régulière du taux de cotisation : si le taux de remplacement (3) a pu considérablement progresser entre 1945 et 1995, au point que les salariés du secteur privé nés en 1930 sont partis en retraite (entre 1990 et 1995) avec, pour une carrière complète, un taux de remplacement de 84% (la première pension nette est en moyenne 84% du dernier salaire net), c’est parce que le taux de cotisation a connu une croissance régulière au cours de ces cinquante années, passant de 8% du salaire brut plafonné à 26% du salaire brut total. Cette progression est totalement interrompue depuis le milieu des années 1990 et le taux de remplacement régresse dans le silence syndical sur la nécessaire hausse du taux de cotisation : facteur décisif de la réussite des pensions dans le demi-siècle qui a suivi la naissance de la
sécurité sociale, elle ne figure en tête d’aucun programme revendicatif ;

- à 55 ans : rien ne légitime le recul revendicatif en matière d’âge légal, qu’il s’agisse du passage de 55 à 60 ans dans les revendications de la CGT ou du slogan réactionnaire contre « la retraite couperet » : l’âge de retraite est un âge politique, le même pour tous, auquel les salariés entrent dans une seconde carrière de salaire à vie et peuvent enfin travailler en étant libérés du marché du travail et donc des employeurs et des actionnaires (d’où leur bonheur au travail, constaté dans toutes les enquêtes), et le plus tôt est le mieux ;

- 100% du net : la revendication traditionnelle de 75% du brut (soit 100% du net compte tenu des 23% de cotisation salarié) est aujourd’hui source d’équivoque autour de la formule « 75% du salaire de référence » qui conduit trop souvent à revendiquer 75% du net4, quand ce n’est pas un « niveau décent » de pension, ce qui fait disparaître de la revendication le critère décisif du taux de remplacement ;

- le meilleur salaire : notre système de pension ne s’est pas construit sur le « j’ai cotisé j’ai droit » (ce sur quoi s’appuient les réformateurs pour préconiser que ce soit le salaire moyen de toute la carrière qui devienne le salaire de référence, ou la somme des cotisations qui soit la mesure du droit à pension), mais sur la conquête d’une pension qui soit le remplacement à vie du salaire de fin de carrière. C’est le cas de la fonction publique, des entreprises publiques avant la réforme, et il s’agit de l’étendre à tous ;

- quels que soient le montant et la durée des cotisations : cette revendication n’a jamais été posée clairement dans le syndicalisme de transformation sociale alors même qu’elle seule peut en finir avec la double peine des femmes en matière de pension. Elle est évidemment très fermement récusée par les réformateurs, qui veulent tourner le dos à l’histoire du combat pour les pensions en abandonnant toute revendication de hausse du taux de cotisation et toute référence à un âge légal, à un salaire de référence et à un taux de remplacement pour fonder le droit à pension sur la durée et le montant des cotisations, à taux de cotisation constant fixé sur la longue durée, comme dans le modèle suédois. L’entreprise réformatrice ne peut être mise en échec que si, précisément, les trois critères qu’elle abandonne sont réaffirmés, et qu’est totalement abandonnée la référence qu’elle promeut à la durée et au montant des cotisations en même temps qu’est revendiquée une hausse massive du taux de cotisation pour rattraper le gel des quinze dernières années.

Quel est en effet l’enjeu ?

Les réformateurs veulent imposer un autre projet pour la pension5 : non plus la continuation du salaire dans un salaire à vie, mais la contrepartie des cotisations passées, en faisant des cotisations de toute la carrière (y compris dans la fonction publique) l’assiette des pensions. Il ne sera possible de s’opposer victorieusement à cette entreprise qu’en récusant explicitement le réactionnaire « j’ai cotisé, j’ai droit » (ou, ce qui revient au même, la thématique de la solidarité intergénérationnelle : notre génération a cotisé, elle a droit à récupérer par les cotisations des actifs actuels l’équivalent de ce qu’elle a donné aux retraités quand elle était active (6)).

L’innovation considérable des régimes bismarckiens, en opposition aux régimes beveridgiens qui prévalent en Europe du Nord et dont se réclament les réformateurs, c’est qu’ils ne sont pas une prévoyance en répartition mais une socialisation du salaire qui attribue de la valeur économique à l’activité des retraités (7). Il est temps d’assumer « pour soi » cette nouveauté « en soi » en posant la pension comme les prémices du salaire à vie pour tous. La pension n’a pas comme contrepartie les cotisations des actifs mais la valeur économique attribuée à l’activité des retraités dès lors qu’ils sont payés à vie, tout comme le grade des onctionnaires les paie à vie et reconnaît leur participation à la création de valeur économique.

Ce point décisif mérite explication.

2. assumer la nouveauté révolutionnaire de la cotisation sociale finançant un salaire à vie.

La cotisation sociale fait l’objet d’un contresens très répandu : la solidarité et le salaire différé. La lecture spontanée de la feuille de paie, qui met en évidence un salaire total composé de 55% de salaire direct et de 45% de cotisations et CSG (8), est la suivante : « ma force de travail vaut 3700 euros, mais je n’en touche directement que 2000, et je verse les 1700 autres à des caisses qui vont exprimer ma solidarité avec les retraités, les malades, les parents et les chômeurs ; par la même occasion, ce versement de solidarité fonde mon droit à percevoir ce salaire non consommé comme un revenu différé quand moi-même je serai retraité, malade, parent ou chômeur ». « Salaire différé » : chacun sait qu’il ne touchera pas l’exacte contrepartie de ses cotisations, comme dans toute démarche d’assurance, mais il pense que sa légitimité à percevoir demain une pension financée par les cotisations vieillesse des actifs vient de ce que lui-même est en train de financer par ses propres cotisations la pension des retraités actuels. Cette représentation de la cotisation comme salaire différé (y compris quand « salaire différé » est remplacé dans les textes syndicaux par « salaire socialisé », comme le recommande par exemple la CGT) n’assume pas la dynamique selon laquelle s’est construit le système des retraites, même si le pragmatisme de cette construction, interrompue depuis la fin des années 1980, n’était pas exempt d’ambiguïté.

Les termes essentiels de la construction sont : taux de remplacement, âge légal, salaire de référence, taux de cotisation, indexation sur les salaires, durée de cotisation. Les quatre premiers – ceux précisément que les réformateurs veulent éliminer – expriment clairement l’ambition de faire de la pension un remplacement à vie du salaire, et la revendication syndicale constante d’une hausse du taux de remplacement, d’une indexation sur les salaires tant des pensions liquidées que des salaires portés au compte, d’une baisse de l’âge légal et du rapprochement du salaire de référence du meilleur salaire conduit évidemment à une pression constante à la hausse du taux de cotisation. L’ambiguïté s’exprime dans le maintien, à côté de ces autres dimensions, de la durée de cotisation, qu’il s’agisse des annuités dans le régime général et des fonctionnaires, ou des points dans les régimes complémentaires, qui renvoie à une tout autre logique, celle de la prévoyance. La logique de la prévoyance et celle du salaire continué sont contradictoires. La première construit un droit à pension qui est la contrepartie des cotisations passées et donc des emplois passés du retraité, alors que la contrepartie d’un salaire à vie est la contribution actuelle du retraité à la production de valeur économique alors même qu’il est libéré de l’emploi. Taux de remplacement à 100% du meilleur salaire net à un âge politique le plus bas possible financé par une croissance du taux de cotisation : la logique est ici la lutte contre le marché du travail et la subordination à un employeur, l’affirmation d’une autre convention de valeur que le carcan capitaliste du travail dans l’emploi. Durée de cotisations (annuités), montant des cotisations (évalué en points ou dans un compte notionnel), stabilité sur le long terme du taux de cotisation : la prévoyance du revenu différé affirme au contraire que ce n’est qu’en passant par le marché du travail et la subordination à un employeur qu’on produit de la valeur. Dans le premier cas, la cotisation est la reconnaissance d’une valeur économique créée par les retraités en-dehors de la convention capitaliste de valeur (9), c’est un supplément ajouté à la valeur capitaliste dans le PIB. Dans le second cas, la cotisation est une ponction sur la valeur capitaliste servant à financer des retraités non productifs.

Nous sommes ici au coeur de la lutte de classes. La pugnacité de la classe ouvrière en matière de salaire a construit un système de retraite porteur avec le salaire continué de la nouveauté d’une convention de valeur alternative à celle du capital mais encore marqué par la convention capitaliste avec la référence à la carrière, par les points ou les annuités. Cette ambiguïté, liée au fait que le marxisme mobilisé par le mouvement syndical naturalisait la valeur capitaliste, a conduit à un salaire à vie certes « en soi » anticapitaliste, mais pas assumé « pour soi » par une classe ouvrière décidée à changer la définition de la valeur et sa maîtrise. La classe ouvrière a lu cette construction avec les lunettes du récit capitaliste : il n’y a de valeur que capitaliste, et on va en soustraire une partie à des fins de solidarité. Cette sous estimation par ses initiateurs de la portée révolutionnaire de la sécurité sociale, lue comme la construction d’un espace de « solidarité » au nom de la « justice » et non pas comme la mise en cause de la convention capitaliste de la valeur, n’est plus tenable depuis qu’à la fin des années 1980 a commencé l’offensive réformatrice. Son projet de remplacer le salaire continué par le revenu différé, de réaffirmer donc la convention capitaliste de la valeur contre sa, convention salariale en cours d’affirmation, laisse ses opposants démunis s’ils continuent à ne pas lire l’affrontement comme un conflit de conventions de valeur et à mener la mobilisation au nom de la solidarité et de la justice.

Dire que le projet réformateur met en cause la « solidarité intergénérationnelle » alors qu’au contraire il repose sur le postulat que les retraités, n’ayant pas d’emploi, ne peuvent pas produire de valeur et donc doivent être financés par les cotisations des actifs ; dire que le régime par comptes notionnels met en cause la « solidarité intragénérationnelle » alors que le minimum de pension suédois est supérieur à la pension de droits directs moyenne des femmes en France et que des réformateurs comme Piketty veulent tenir compte dans le calcul des pensions de la différence d’espérance de vie par CSP, condamne d’avance les opposants à la réforme à l’échec. Les réformateurs ne pourront être mis en échec que si leurs opposants assument explicitement que ce qui a été construit au 20ème siècle n’est pas un correctif de la convention capitaliste de valeur au nom de la solidarité et de la justice, mais une alternative à cette convention qui ne demande qu’à être généralisée en remplaçant le marché du travail par la qualification des personnes et donc le salaire à vie à compter de la majorité, en remplaçant la mesure de la valeur par le temps de travail abstrait par sa mesure par la qualification des producteurs, en supprimant la propriété lucrative et en généralisant la propriété d’usage de tous les lieux de travail par des salariés maîtrisant l’investissement grâce à une cotisation économique se substituant au profit et au crédit.

Dans ces conditions, supprimer les annuités et les points dans le calcul de la pension est impératif non seulement pour lutter contre la discrimination dont les femmes sont victimes mais pour mettre en échec les réformateurs et retrouver la dynamique de la sécurité sociale interrompue depuis bientôt trente ans. Mener la nouvelle bataille des pensions annoncée pour 2013 avec cette revendication permettrait d’être enfin à l’offensive et de lier la bataille pour les pensions à celle contre la CSG, à celle de la promotion de la fonction publique et à la revendication du nouveau statut du salarié et de la sécurité sociale professionnelle. Il faut proclamer un droit universel à la qualification de la personne, c’est-à-dire à la reconnaissance de sa contribution à la définition, à la mesure, à la production et à la répartition de la valeur économique. Chacun, à sa majorité politique, se verrait attribuer trois droits politiques inséparables10 : le premier niveau de qualification et le salaire à vie qui va avec, par exemple 1500 euros, premier temps d’une carrière salariale de quatre niveaux de qualification par exemple comme le propose la CGT (et donc un salaire mensuel net maximum de 6000 euros) ; la propriété d’usage de son lieu de travail, et donc la codécision de ce qui va être produit et comment ; la maîtrise de l’investissement et de la création monétaire par participation à la délibération des caisses d’investissement alimentées par la cotisation économique et des caisses créant la monnaie à l’occasion de l’attribution des qualifications.

annexes

1 Rappelons que la décote disparaît si la salariée liquide sa pension à l’âge légal, soit 65 ans jusqu’à la réforme Sarkozy-Fillon de 2010 qui a organisé son report progressif à 67 ans.

2 Pour d’autres développements, voir Bernard Friot, L’enjeu du salaire, La Dispute, 2012 ; La révolution du salaire, entretien dans RdL La revue des Livres, n° 7, septembre-octobre 2012 ; et le site de l’association d’éducation populaire Réseau salariat : reseau-salariat.info, en particulier Tout le PIB à la cotisation ! et Pour un statut politique du producteur.

3 Pourcentage du dernier salaire net dans la première pension nette. Le taux de remplacement de la cohorte 1930 cité ici provient de l’échantillon inter régimes des retraités (DREES, 1997)

4 Sauf démenti qui serait évidemment le bienvenu, il semble (car le flou est tel qu’il est impossible de recueillir des informations cohérentes y compris de militants en charge du dossier) que la CGT revendique aujourd’hui non plus 75% du brut mais 75% du net, soit, si c’est confirmé, dix points de moins que le taux observé dans les années 1990-95, début de la réforme.

5 L’entreprise réformatrice en matière de retraite et les réactions syndicales sont longuement analysées dans Nicolas Castel, La retraite des syndicats, La Dispute, 2009, où l’on trouvera un dossier exhaustif sur la période 1970-2008.

6 Sur les effets dévastateurs de la problématique de la contributivité dont se prévalent les réformateurs, voir le livre incisif de Christine Jakse, L’enjeu de la cotisation sociale, Le Croquant, 2012.

7 Les lecteurs désireux de connaître la façon dont les régimes des retraites se sont construits en France au 20ème siècle dans une logique bismarckienne de salaire socialisé à l’échelle interprofessionnelle, contre la logique beveridgienne additionnant un (faible) premier pilier universel à financement fiscal et un (fort) second pilier professionnel à financement en capitalisation, trouveront un dossier très documenté dans Bernard Friot, Puissances du salariat, La Dispute, 2012.

8 Pour un salaire net de 2000 euros mensuels, il y a près de 1700 euros de cotisations et CSG : elles représentent 45% du salaire total, 65% du salaire brut et 83% du salaire net.

9 Pour un exposé de l’opposition entre convention capitaliste et convention salariale de la valeur économique et donc du travail, voir Bernard Friot, L’enjeu du salaire, dont c’est la thématique principale.

10 Pour des développements sur ce droit, voir Réseau Salariat, Pour un statut politique du producteur, et Bernard Friot, Un droit fondateur de la démocratie économique, Le sujet dans la cité, n° 3, janvier 2013

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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 20:34

Lu chez Politis,içi

24 propositions du Medef pour démolir les retraites

Le Medef a publié le 25 juillet un brûlot autour de l’actuel système de retraite. Et met en évidence le non-dit des réformes : la retraite par répartition est mise en péril pour développer la capitalisation.

Dans le document de 28 pages, intitulé : « 24 propositions pour équilibrer durablement nos régimes de retraite », rendu public le 25 juillet, le nouveau patron du Medef, Pierre Gattaz, le dit sans détour :

« Il convient de développer la retraite par capitalisation de manière complémentaire au "système cœur" par répartition. En effet, même si toutes les mesures qui s’imposent sont prises pour la pérennité des régimes obligatoires par répartition, il reste que leur équilibre financier dépend pour partie de la croissance. Dans le même temps, le taux de remplacement est plus bas chez les cadres que chez les non cadres. Encourager un complément de retraite par capitalisation notamment chez les jeunes cadres permettrait donc de leur assurer un meilleur taux de remplacement et donnerait une souplesse supplémentaire pour équilibrer le régime général. »

Certes, rien de nouveau dans la position du Medef et dans le camp des ultralibéraux. Dès le mois de mai, le think tank ultralibéral Ifrap a publié ses « 15 clés de la réforme » et défendu une « réforme [qui] devra forcément s’accompagner d’un partage des efforts entre actifs et retraités, y compris d’un recul de l’âge de la retraite, à l’image de ce qui se pratique partout en Europe, et de l’introduction d’une part de capitalisation obligatoire ».

Pierre Gattaz ne fait que décrire en quelques mots la volonté, ancienne, des assureurs et des banquiers de voir se développer le très profitable marché de l’épargne retraite et des fonds de pension. Un marché financier aussi très profitable pour les épargnants les plus aisés.

Les 24 propositions de l’organisation patronale vont donc dans ce sens, c’est-à-dire vers cet objectif de la privatisation et de la financiarisation du système par répartition au profit des investisseurs privés et des grandes entreprises qui ont besoin d’une épargne de long terme. A nouveau réformé, le système de retraite deviendra de plus en plus inégalitaire et soumis aux aléas des marchés financiers.

Lire le dossier de Politis : « Retraites : capitalisation contre solidarité »

D’où vient cette inspiration très libérale ? Des recommandations de la Commission européenne, rédigées sous l’influence des industriels de la finance, validées par les conseils européens, dans lesquels les chefs d’État et de gouvernements n’ont pas opposé de veto.

Ainsi, les analyses du Medef rejoignent les récentes recommandations de « réformes » présentées le 29 mai à la France par la Commission européenne. Chargé d’appliquer les nouvelles procédures de contrôle budgétaire, regroupées sous le nom de « semestre européen », l’exécutif européen exige de « nouvelles mesures » qui doivent « être prises d’urgence » pour remédier aux importants déficits du système de retraite. Dans tous les cas de figure préconisés, le taux de remplacement sera faible. En clair le niveau des pensions baissera assurément.

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault devrait à tout le moins l’admettre. De fait, la future entreprise de démolition des retraites par répartition sera accompagnée d’un développement de la capitalisation. Par exemple, sous Sarkozy, la réforme des retraites de 2010 a favorisé l’essor de l’épargne retraite collective (le deuxième pilier de la retraite, selon la Commission européenne, voir plus bas). Il n’est donc pas inutile de rappeler que se joue en coulisse la place laissée à la capitalisation. Le Medef ne fait que donner le coup d’envoi des grandes manœuvres. Pour le gouvernement, il s’agit de faire passer, discrètement, le diktat de la Commission, pas forcément dans la réforme des retraites, ce qui serait trop visible.

A la suite des recommandations de la Commission qui a fixé un délai réduit pour résorber le déficit public, le Premier ministre a estimé que les préconisations de Bruxelles sont dans « la droite ligne de ce qui avait été annoncé ». Mais les réformes seront faites « à notre manière », a-t-il ajouté. Oui à la baisse des pensions du régime général, qu’il faudra bien compenser par des mesures qui concerneront l’épargne financière (chez les socialistes, on ne dit pas épargne retraite), laquelle assure à peine 3 % des revenus des retraités français.

Ainsi, les « objectifs généraux » du document du Medef fixe le cap : il s’agit de « garantir la soutenabilité du système de retraite par répartition, en contribuant au rééquilibrage des finances publiques tout en assurant un bon niveau de retraite pour les jeunes générations, à conforter par une part de retraite par capitalisation ».

Le long chapitre du document consacré au « nécessaire développement de la retraite par capitalisation » est révélateur de la proximité de vue entre la Commission européenne et les lobbyistes patronaux. Le développement de la capitalisation passe par les trois piliers définis par la Commission européenne : des régimes obligatoire par répartition (une sorte de minima social), des régimes collectifs par capitalisation et des régimes individuels par capitalisation (la fameuse retraite « supplémentaire » pour éviter de désigner ces systèmes par leur vrai nom : les fonds de pension).

Le commissaire européen en charge des services et du marché intérieur, Michel Barnier, a récemment rappelé cette architecture dans une proposition de directive destinée à « améliorer la gouvernance et la supervision des fonds de pension professionnels à l’automne 2013 » (pour les généraliser), c’est-à-dire les régimes collectifs, qui constituent le deuxième pilier de la retraite.

Au pouvoir depuis plus d’un an, François Hollande et Jean-Marc Ayrault n’ont pas affronté la Commission européenne sur ce terrain de la réforme des retraites et de la capitalisation. Pourtant, sans la capitalisation, point de salut, défendent l’exécutif européen comme le Medef. Encore une pilule amère à faire avaler au peuple de gauche…

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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 15:25
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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 11:53
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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 15:05
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