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  • : Le blog d'info des salariés de HOP!
  • : Blog d'information libre de toutes consignes politiques et syndicales, des salariés de HOP! La rédaction est assurée par un collectif composé en grande partie de militants de la CGT, certes, mais totalement libres de leurs propos et de leurs positions.
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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 18:09
L'argent, toujours l'argent!

Alors que, jusqu'à présent, nous avions décidé de ne communiquer qu'auprès de nos adhérents sur « l'avancée » des négociations Organisations Syndicales/direction, des événements lors des cessions des deux dernières semaine font que c'est au plus grand nombre d'être informé, même si cette information sera toujours qualifiée de « partielle » et de « partiale ».

Certes, mais si le caractère incomplet peut être mis sur le compte de la fainéantise épistolaire, par contre, je revendique haut et fort la partialité, car je sais où est mon camp, je sais où sont mes Camarades et il y a au moins une chose de sûr, il ne seront jamais dans le camp de nos dirigeants et de leurs serviteurs.

Car oui, ne vous en déplaise, il y a des « camps ». Il y le camp de ceux qui font la compagnie au jour le jour, tentant depuis avril 2016 d'accomplir leurs tâches avec toutes les difficultés crées par les évènements résumés plus bas, et puis, il y a le camp des serviteurs, qui, pour la plupart souffrent tout autant, mais qui, le petit doigt sur la couture du pantalon, comme j'en ai connu tant, pensent que leur zéle, leur empressement à servir les décisions de leurs Patrons leur apportera quelques considérations pour les plus naïfs, une promotion pour les cyniques.

C'est à la première forme de ces comportements pathétiques que nous avons été confronté ces deux dernières semaines, je pense.... (enfin, j'espère, ...encore...)

La fusion des trois compagnie Airlinair, Britair, Régional a entrainé la dénonciation des accords collectif des trois compagnies. Voiçi donc plusieurs mois que nous sommes entrés en négociations avec la direction concernant l'établissement de nouveaux textes.

Nous nous étions entendus sur le découpage en plusieurs sujets: organisations du travail, rémunérations etc.. Si nous n'avions pas rencontrés de trop grandes difficultés lors du chapitre "Organisation du travail", le climat à totalement changé depuis que nous sommes entrés dans des sujets qui fâchent encore et toujours: l'argent.

Je dis "qui fâchent toujours", à vrai dire, ce n'est pas tout à fait exact. Assez étrangement, quand il s'agit d'accorder aux dirigeants stock option, primes et gratifications diverses, il est vrai que nos « décideurs » sont assez peu regardant et défendent d'ailleurs fort bien leurs positions quand à la justification des dites primes. Par contre, quand il s'agit comme dans le sujet qui nous intéresse, de trouver une méthode pour équilibrer les salaires des employés et des cadres de trois compagnies aux histoires, aux origines différentes et donc, aux accords sociaux et aux rémunérations différentes, là, les liens de la bourse sont nettement plus difficile à desserrer et les justification pour ne rien lâcher deviennent, là, évidentes.

Ainsi, nos demandes se voient le plus souvent taxées « d'irréalistes », ou « de surenchère » la direction accompagnant celle-çi de déclarations plus ou moins fleuries sur notre santé mentale, et sur notre sens des « réalités ». (Il faudra une jour que je vous parle de la différence entre réalité et vérité, c'est un sujet à la fois vaste et passionnant, mais pas aujourd'hui).

C'est drôle comme les réalités de la direction sont à géométrie variable. Cela doit venir du fait que nous sommes dans une compagnie aérienne.

La fusion :

Pour comprendre un peu mieux la situation qui est aujourd'hui vécu par les salariés de HOP!, il faut savoir que, contrairement à l'image portée par la direction et par ses cadres les plus serviles, la fusion est un échec! Un échec social, certes, mais également un échec opérationnel (et il faudra un jour que la DGAC explique comment elle a pû fermer les yeux, ignorer totalement les divers dysfonctionnements de l'exploitation des avions de HOP!). Les annulations de vols ne se compte plus, les modifications continuels de plannings ont fatigués les équipages. Les agents chargés de la gestion de leur activité ont pris de pleine face le manque de préparation pré-fusion de leur services. Durant plusieurs mois, quotidiennement, des salariées quittaient leurs postes en pleurs! 

La mobilité était la réponse de la direction à la non-fermeture de certains sites. La réorganisation avaient essaimé les services entre ces différents sites afin justement d'essayer de « trouver du travail pour tout le monde ». Il s'agissait, et la CGT l'avait dit et répèté à plusieurs reprises d'une véritable mesure sociale et nous avions salué cette volonté. Malheureusement, les décideurs ne sont pas les organisateurs. En fait, encore une fois, mal préparée, mal organisée, se heurtant à des comportements individualistes, carriéristes, passéistes, de « citoyen de village gaulois », à une manque de compétence flagrant des responsables de certains services, cette mobilité soit géographique, soit professionnelle, parfois les deux, est un échec ! Elle a engendré souffrance, mal être au travail.

Quelle fut la réaction de la direction devant ces situations maintes fois rapportées par les Syndicats de l'entreprise: mise en place de n° vert "aide psychologique". Enquête d'organismes "neutres" sur le sujet des RPS.

Un salarié se suicide à Lyon. Réaction : "Il avait des problèmes personnels". Celà vous rappelle sûrement les méthodologies de dirigeants d'autres entreprises ayant connus de semblables drames...

La situation n'a pas évolué, les problèmes restent les mêmes et s'aggravent même dans certains secteurs, les erreurs d'organisations entraînées par la fusion n'ont pas été corrigé , RIEN n'a changé, les erreurs ne peuvent venir des dirigeants, voyons!

En toute honnêteté, je me demande encore s'ils se rendent compte de l'état réel de la compagnie, réel, pas celui que rapporte la cour...

Négociations difficiles :

Ce long préambule sur la fusion alors que je souhaitais vous parler de l'actualité des négociations sur les accords collectifs pour une raison simple, devant tous ces événements, les salariés sont frustrés. Pour les salariés exBritair, "ce n'est pas une fusion, c'est une absorption (par Régional)". Pour les salariés exAirlinair traités comme les enfants pauvres de cette opération, (les comportements de salariés de Régional et de Britair ont d'ailleurs été à la limite de l'acceptable à leur encontre), c'est la résignation. Pour les exRégional considéré par certains comme les "bons élèves de l'histoire" c'est une régression, "20 ans en arrière" disent certains, dans la réalisation quotidienne de leur travail.

Il ne reste qu'une chose, UN SEUL et UNIQUE point qui permettrait de faire "passer la pilule": des accords collectifs et des rémunérations décentes.

Ainsi, la négociations actuelle va bien au delà, très très au delà de celle de simples textes organisant le travail dans une entreprise. Sa conclusion favorable pourrait être une forme de récompense du travail fournit pendant de bien noirs moments. C'est le sentiment de beaucoup de salariés.

Côté direction, même si ce n'est certainement pas à moi de me mettre à leur place, voilà une occasion unique d'unir les travailleurs des anciennes entreprises encore bien campés sur « l'histoire » de chacune. Celà pourrait avoir un coût, c'est vrai, mais, le jeu n'en vaut'il pas largement la chandelle ?

Pourquoi, alors, le climat des discussions s'est il brusquement dégradé ?

Pourquoi la direction, ses réprésentants en la personne de Mr L. Charbonnier et Mr B. Delahousse, refuse t'elle de nous dire à quelle masse salariale de référence rattacher nos discussions ?

Pourquoi n'arrivons nous pas à savoir quelle est l'enveloppe globale de la discussion ?

Pourquoi, alors que le départ des pilotes de HOP ! vers Air France coûte à notre compagnie (et seulement en terme de formation technique des remplaçants) plusieurs millions d'euros (ce qui est quand même extraordinaire quand on pense que la responsable de cette fuite de conducteurs d'avion est entièrement de la responsabilité de notre propriétaire, Air France et que c'est HOP qui en assume une partie de la charge financière. La double peine !), pourquoi refuser des mesures à quelques milliers d'euros ?

Comportement d'autant plus incompréhensible, que mardi soir, Mr Christophe Noël DRH de la Compagnie n'a eut aucune peine, lui, à lâcher l'enveloppe de négociations prévue pour le personnel navigant.

Nos représentants ont très logiquement demandés la même chose, ce qui semble avoir recueilli l'assentiment du Monsieur. Pourquoi alors, être resté sur « nous ne pouvons nous permettre de dérive de la masse salariale . Nous négocions à masse salariale constante »... ???

Nous sommes en train de mourir à petit feu.

Chaque mois nous apprenons que nous perdons des appareils du fait du manque d'équipage. Air France est en train de réfléchir à la place de HOP au sein de ses futurs plans et nos forces, nos capacités à effectuer le « boulot » diminuent chaque mois. Nous arrivons bientôt les trois compagnies réunies au nombre d'avion d'exRégional il y a quelques années. Si je parle de « nombre d'avion » sans parler de capacité, c'est dans une compagnie aérienne le nombre d'avion conditionne aussi un nombre d'emplois « support », ainsi, cette lente agonie touche bien tous les secteurs et nous attendons à d'autres annonces concernant l'emploi après les prochaines échéances électorales.

Pour ne pas « empêcher les actes de carrière des pilotes », nous nous dirigeons grâce à notre propriétaire, vers une lente agonie. J'espère que ceux qui ont un jour piloté Embraer, Bombardier et ATR se souviendront de ce qu'ils doivent et à qui ils le doivent.

Résistance côté financier, comportement de l'un de nos interlocuteurs durant les réunions, aussi.

Ex Directeur des Ressources Humaines de exRégional, Mr Laurent Charbonnier semble confondre « négociations » et « compétition entre Syndicat et Direction ». Lutte de mâles.

Notre histoire avec ce Monsieur est ancienne. Nous nous sommes beaucoup affronté lors de maintes réunions de négociations, mains Comité d'Entreprise ou il assistait Mme Selezneff, directrice de la compagnie.

A t'il lui aussi mal digéré la fusion ? Est'il tout simplement sous pression ?

Ne voilà t'il pas que ce Monsieur est persuadé que nous voulons l'éliminer (la CGT HOP!).

Une petite crise de paranoïa, Monsieur ?

La CGT HOP ! Ne veut la tête de personne ! Vous allez vous enfoncer ça dans la tête une bonne fois pour toute !

D'ailleurs, vous êtes largement assez grands, les cadres, pour vous « décapiter » entre vous ! Vous n'avez certainement pas besoin des OS pour ça.

Vous êtes un salarié, Monsieur, et même si nous n'avons aucun amour particulier pour vous, figurez vous que nous avons, vous et moi, aux yeux de la loi, le même statut de subordination à un employeur que nous avons aussi en commun.

Que vous ayez, comme beaucoup, compris que cette subordination s'accompagnait d'une certaine servilité, cela vous regarde. Ce n'est pas mon cas. Là ne s'arrête certainement pas nos divergences de vues sur de nombreux sujets.

Ainsi, nos interventions en séances ne sont certainement commandée par le fait de vous « dézingué » ou de faire de la figuration, encore moins du théâtre, Monsieur.

Si j'ai choisi le Syndicalisme, Monsieur, et celui, ce n'est pas anodin, de la Confédération Générale du Travail, ( je vous en communiquerais si vous le souhaitez les statuts enfin que vous vous rendiez bien compte des valeurs qui m'animent), ce n'est certainement pas pour jouer (malgré tout le respect que j'ai pour les professionnels du spectacle) ! Je ne passe pas des journées entières avec des personnes avec qui je n'ai d'ailleurs, le plus souvent, pas plus d'affinités que ca (et pas seulement dans votre camp), pour « jouer » !

Je n'ai, nous n'avons, qu'un unique soucis, un seul objectif : défendre du mieux possible les intérêts des salariés des TROIS Compagnies ! Un point c'est tout !

Vous savez ce qu'est un Syndicaliste Monsieur, me semble t'il ? Vous avez bien connu ce qu'est un engagement, un vrai. Alors de grâce, même très énervé, ne décrivez plus jamais le comportement de la délégation CGT comme celle de Comédiens en représentation !

Plus jamais !

Parce que là, je vous promets solennellement que le « spectacle » auquel vous assisterez n'aura rien à voir avec « au théâtre ce soir".


 



 

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 20:37

Observez bien les réactions des cadres présents.... Le dédain, ce n'est pas de la violence?!

Voiçi encore quelques vidéos et un article des Echos sur les "événements" d'Air France.

La propagande des dirigeants semble avoir un peu de mal à prendre. Et Vals qui répète,serviteur zélé des patrons, les arguments de De Juniac. Pas un mot, PAS UN MOT, pour les 3000 postes supprimés! Il tente la division des catégories de salariés en stigmatisant, comme l'autre s......ie, les pilotes.Je me souviens de Georges Marchais parlant de "l'ennemi socialiste", il avait foutrement raison, le bougre! Ce gouvernement, comme le précédent, est l'acteur direct des difficultés que connait la Compagnie Nationale. Aucune intervention vis à vis des Low-cost, où pourtant des aides publiques subventionnent directement la concurrence, ventes des avions de Mr Dassault en contrepartie d'accès facilités aux compagnies du golfe sur les aéroports français etc...

Revenons sur l’élément médiatique central de cette propagande gouvernemento-patronale.

"100 heures de travail de plus par an, ce n'est pas grand chose". Sauf qu'il ne s'agit pas de 100 heures de travail mais de 100 heures de vol, ce qui est totalement différent! En gros, 1 mois et demi de travail de plus par an. Dites moi, qui pourrait accepter ça aujourd'hui sans protester? QUI!

Allons juste derrière cette "demande" présentée comme essentielle au redressement d'Air France par Gagey et De Juniac. Faire travailler plus dans un moment où l'on réduit l'activité, dites-moi,ça aboutit à quoi? Et oui, il ne faut pas avoir fait de grandes écoles de commerce pour trouver le résultat de cette équation "productiviste": création de sureffectif. C'est pour cette raison que nous disions depuis le début de l'histoire du plan A (travailler plus, pas licenciements), plan B (licenciements) n'était rien d'autre que de la poudre aux yeux. Ils voulaient licencier, et ce depuis le début!

Je vous propose quelques lectures et visionnages. Oui, il vont tous dans le même sens. Comme allait dans le même sens "l'information" des médias nationaux lundi dernier...

L'article des Echos de ce matin:

Air France : « On n’en arrive pas là sans que la direction ait aussi des responsabilités »
Les Echos du 08/10/2015

Chercheur en sciences politiques et spécialiste des conflits sociaux et des syndicats, Jean-Marie Pernot a accepté de répondre aux questions des « Echos » suite aux violences chez Air France. Entretien.

Comment expliquez-vous et jugez-vous les violences intervenues à Air France ?

Je suis avant tout surpris de tout l’engouement et du déchaînement médiatique autour de cette affaire. Il faut remettre les choses à leur juste proportion : c’est un conflit social qui dérape, comme il y en a déjà eu et comme il y en aura encore. Certains ont pété les plombs, c’est un incident d'une triste banalité mais il n’y a pas mort d’homme, il faut passer à autre chose et arrêter le défilé des bien-pensants.

Il est aussi facile de ne tourner les regards que vers les syndicats. On n’en arrive pas à de telles situations sans que le management ait aussi des responsabilités. La direction porte une part assez lourde dans la dégradation du climat social, notamment dans sa gestion des annonces, voire sur la versatilité de sa stratégie.

Je note aussi que le climat s’est nettement dégradé à Air France depuis que la nouvelle direction est en place (en juillet 2013, ndlr). Peut-être parce que Jean-Cyril Spinetta prenait le temps de discuter avec les syndicats et n’affichait pas le même dédain qu’Alexandre de Juniac. Il faut rendre la complexité de la situation et regarder des deux côtés de la table lorsque ce genre de relations se développe.

Philippe Martinez, le leader de la CGT, a refusé de condamner ces actes. Cela ne risque-t-il pas de dégrader encore plus l’image du syndicat ?

La CGT, sans les cautionner, n’a jamais pour autant condamné ce type d’évènements. Souvenez-vous de Bernard Thibaut, qui ne l’avait pas fait lors du conflit des « Conti » à Clairoix. La CGT considère qu’elle défend les travailleurs et n’a pas à se joindre au concert des bien-pensants. Je ne pense pas que son image en souffrira beaucoup auprès des populations qu’elle entend représenter et défendre.

Ces violences peuvent-elles être un point de départ pour d’autres conflits ?

Non je ne pense pas, c’est un évènement isolé. Il y en a eu d'autres, avec des salariés menaçant de faire exploser leur entreprise avec des bouteilles de gaz par exemple, au début des années 2000 ou en 2009. Cette « recherche de la négociation par l'émeute » comme l’ont énoncé les historiens Edward Shorter et Charles Tilly en 1971 est assez courante dans nos relations sociales.

Sur le fond, ce qui me surprend, c'est plutôt qu’il n'y en ait pas davantage dans le climat actuel. Il ne faut pas sous-estimer la violence sociale d’aujourd'hui : on nous répète que la situation va mieux et que la croissance revient mais le chômage continue d’augmenter et les plans sociaux de rythmer l’actualité. Les gens ont conscience que, passé 50 ans, le chômage équivaut à une quasi-mort sociale. On ne peut pas s’étonner ensuite que certains craquent par désespoir.

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Deux liens qui ne s'affichent malheureusement pas directement dans l'interface du Blog:

http://rmc.bfmtv.com/mediaplayer/video/guenole-du-concret-air-france-je-refuse-de-condamner-les-violences-des-manifestants-0710-653751.html

http://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/021385369286-manifestation-dair-france-philippe-martinez-ne-condamne-pas-les-violences-1163100.php

Interview de Migel Fortéa, SG de la CGT Air France

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