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  • : Le blog d'info des salariés de HOP!
  • : Blog d'information libre de toutes consignes politiques et syndicales, des salariés de HOP! La rédaction est assurée par un collectif composé en grande partie de militants de la CGT, certes, mais totalement libres de leurs propos et de leurs positions.
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 10:03
Vers quoi "vole" HOP!

Il en est de l'art de la communication comme de beaucoup de choses : le message que l'on cherche à faire passer n'est pas forcément celui qui est recu par les personnes à qui on le destine.

Ainsi les dernières publications de la direction de HOP !, notre direction, en ont fâché plus d'un(e).

C'est souvent le cas quand on diffuse à l'ensemble des salariés une communication qui, même à mots cachés, à l'aide d'expressions bien propres, vient passer un savon à tout le monde sans distinction, sous-entendant que les salariés « traînent des pieds ».

Quand on parle à tout le monde, la première des conséquences, est la suivante :

Ceux qui "traînent réellement des pieds", qui « n'en jouent pas », se tapent de tous les reproches, avertissements, mises en garde, menaces et autres. Ils sont dans la position du bégonia que l'on arrose et qui pousse, peu importe que l'on manie l'arrosoir avec plaisir ou en faisant la gueule, ils poussent. En gros, ils se tapent comme de leur premier rempotage, pour rester dans les allégories florales, de tout ce que l'on peut dire ou écrire de leur comportement.

La deuxième est nettement plus gênante, car elle vient toucher ceux qui, au quotidien, jours après jours, heures après heures, tentent de continuer à faire leur travail avec engagement et professionnalisme et ce malgré les difficultés souvent d'ailleurs, très largement minimisées par les publications patronales. Ce que nos direction appelle « la conscience professionnelle ». Personnellement, je la nomme autrement, mais ce n'est pas le sujet.

Nous arrivons donc au paradoxe connu en la matière : la communication sensée remettre les pendules à l'heure et remotiver les troupes a l'effet totalement inverse, elle conforte les inutiles et coupe les pattes au plus motivés...

Désastreux !

Nous étions, hier, au siège de l'ancienne compagnie Régional pour entendre les témoignages des salariés de la production PN.

Je dois dire que rarement il m'avait été donné d'assister à un tel déballage de problèmes d'organisation, de personnels, de méthodes de travail et surtout, SURTOUT, à de telles détresses.

PAS UN JOUR sans que quelqu'un ne craque.

Qui aujourd'hui peut ignorer cela ? QUI?!!!!

Comment avons nous pû en arriver là ?

Alors que la fusion n'était pas même évoquée et que nous sortions à peine de la présentation du Pôle Régional Français, nous avions rencontré la direction de HOP !, et en particulier Philippe Micouleau. Je ne me rappelle plus de la date exacte, mais je me souviens très bien de ce que je lui avais dit, nous parlions Maintenance, mais le propos pouvait être étendu à tous les secteurs de l'entreprise. « Dans la tête des salariés, c'est fait. Un jour ou l'autre nous serons amenés à tous travailler ensemble, c'est une évidence. Sur certaines escales techniques, les gars se donnent déjà des coups de main, se prêtent les outillages etc... Rédigez des procédures communes, formez les salariés, faites les travailler ensemble, de la même façon, négocions des accords collectifs communs, le reste coulera de source ».

Dire que nous n'avons pas été entendus est un doux euphémisme...

Quelles sont aujourd'hui les causes des difficultés qui se font jours dans tous les secteurs de l'entreprises ?

- Des procédures différentes qui doivent être appliquées par des gens qui ne les connaissent pas ou mal.

- Des formations inexistantes ou données « sur le vif » alors que la charge de travail ne le permet pas.

- Des accords collectifs et des règles d'emploi totalement différentes qui aboutissent à des erreurs graves sur l'activité du Personnel Navigant.

A cela s'ajoute les « mobilités volontaires » qui ne sont, en fait, dans 90% des cas que des mobilités forcées, ce qui n'arrange certainement pas les dispositions psychologiques des salariés.

Et comme si le tableau n'était pas assez noir, des, comment dire (poliment, c'est là la difficulté), des aberrations managériales qui font que l'on ne place pas la bonne personne au bon endroit pour des raisons... des raisons...je ne sais pas quoi dire, alors je me tais, que l'on ne forme pas une salarié ou qu'on la forme et qu'elle décide de quitter le service, ou qu'on la forme pour qu'ensuite elle se rende compte que le poste ne lui convient pas (la formatrice aurait sûrement pu être plus utile ailleurs si l'étude des candidatures avait été plus attentive).

Que l'on change une salarié de poste sous prétexte d'un refus de mobilité, pour qu'elle s'apercoive, en fait, que de mobilité il n'y a pas, chacun reste à sa place et que c'est d'autres qui tiennent son ex-poste. A t'elle seulement été écartée?

Le traitement des "ressources humaines" est aussi assez... déroutant (je sais, il y a plein de point de suspension, mais parfois les mots me manquent, ou alors ceux qui me viennent ne sont pas forcément publiables).

Elle est partie, donc je peux maintenant vous narrer une belle histoire. Un salariée, compétente sur plusieurs postes, en CDD depuis 7 ans (si, si vous avez bien lu, 7 ans, pas 7 mois ou 7 jours, 7 ans!!!), s'est vue annoncée que l'on mettait fin à son CDD, non pas pour le transformer en CDI, s'eut été parfait, non, que lundi prochain elle commençait dans une société d'intérim !

Son CDD prenait fin aujourd'hui. Elle est partie et ne reviendra pas lundi. Ni dans une société d'intérim, ni autrement d'ailleurs, alors que nous pouvions exiger de la direction une embauche en CDI. « NON » a-t-elle dit. Et on la comprend !

Voilà les « mesures » prises par HOP !

Pour réduire les coûts, sûrement.

Tous les secteurs de l'entreprise sont touchés : Informatique, Maintenance, support, production, PN : pas un endroit où les salariés ne soient totalement démoralisés, certains doutant maintenant sérieusement de la viabilité de HOP !

La « dernière » de la direction vient nous mettre le coup de grâce !

Dans une adresse aux salariés, cette après-midi, la direction générale annonce les premières mesures de « redressement de l'exploitation ».

Allègement du programme : notre activité en régression, encore.

  • Suspension des vols charter : une source complémentaire d'activité et donc de revenu qui disparaît sur une des périodes les plus demandées.

  • Renforcement de l'activité externe : que l'on paye. En plus, bien sûr, de nos avions qui feront du « béton » pendant que les autres voleront.

  • Renforcement des escales de Lyon et de Toulouse : et Orly ! Quelqu'un a pensé aux conditions de travail lamentables de nos Camarades d'Orly ?!!

  • 8 PNC recrutés : ah zut, dire que l'on nous répète depuis au moins deux ans que nous sommes en sureffectif, au point, d'ailleurs d'ouvrir au PDV des postes de PNC. Ah oui, pardon, ce sont des Chefs de Cabine. Remarquez, avec le nombre d'hôtesses et de stewards qui volent en « faisant fonction Chef de Cabine », vous faites d'une pierre deux coup. Ils assureront les deux fonctions.

  • Renfort de la présence de l'encadrement sur les bases : voilà une p... de bonne décision !

J'avais effectivement remarqué que les chignons tombaient un peu, et que le rouge à lèvre « bavait » au bout de 3 étapes et une nuit courte. « L'encadrement »

redressera la situation. Ce n'est pas ça ? Pourquoi, elles font autres choses ?

Et nous gardons le meilleur pour la fin : étude sur la reprise temporaire de l'activité de CDG par Air France.

Quel splendide message d'encouragement ! Quelle belle mesure ! Elle nous donne une confiance dans l'avenir ! C'est merveilleux !

Alors que les pilotes d'Air France viennent de voir leurs revendications satisfaites, nous « étudions » le transfert d'activité vers Air france. Auriez-vous oublié, Mesdames et Messieurs que l'une des revendications des PNT de la maison mère était « la reprise au sein d'Air France de l'activité » ?

Quel est donc ce signale étrange que vous envoyez aux salariés ?

« L'endroit du réseau qui ne verra jamais son activité diminuer ». Vous vous souvenez de vos propos j'espère ?

Voilà, il y aurait tellement à dire !

La production à Clermont-Ferrand.

La maintenance à Lille, où maintenant, les techniciens (le technicien, pardon), part en dépannage en Allemagne en voiture. Il paraît que ça compte comme séjour touristique.

Les problèmes du MCC, de la formation et des procédures d'utilisation du logiciel Amos, où, là aussi, on demande à un Chef d'équipe d'assurer la formation alors qu'il est en fonction (et qu'il a largement autres choses à faire, lui et les techniciens qu'il est censé former). Pour l'anecdote, il n'a pas été formé non plus d'ailleurs, enfin, certainement pas comme il aurait fallu le faire.

Et tellement encore....et encore....et encore.

Mais tout va bien.

Des chefs ont été nommés.

Des groupes de travail avaient travaillé et préparé la fusion.

Eh ben ! Qu'est-ce que ça aurait été si ça n'avait pas été organisé !

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 14:47

La ministre du travail dit que "les positions de la CGT évolues" et que la loi a, elle aussi, subie quelques modifications. Bastamag précise ce matin par un excellent article la réalité de "l'évolution"...

Merci à eux pour l'exercice presque pédagogique:

Le projet de loi travail a été largement amendé, entend-on, et ne changerait presque rien au quotidien des salariés. Vrai ou faux ? Si certaines dispositions ont été retirées, la loi remet toujours en cause les 35 heures, risque de généraliser les baisses de salaires, facilite les licenciements, complique les recours des salariés qui les jugeraient abusifs, tout en instaurant de fait un dumping social malsain entre entreprises d’un même secteur. Alors que le texte passe devant le Sénat, où la majorité de droite le durcit, Basta ! fait le point.

Après trois mois de contestation, de manifestations, de grèves et de blocages, le texte de la loi travail est arrivé au Sénat le 1er juin. Il y sera discuté jusqu’au 24, avant de revenir à l’Assemblée nationale. Que prévoit le texte dans son état actuel [1] ? A-t-il vraiment été « largement réécrit » comme l’assure la CFDT, qui soutient son adoption, et comme l’avance le gouvernement ? Que changerait cette loi dans la vie des travailleurs si elle entrait en vigueur en l’état ?

C’est le point central de cette nouvelle loi travail. Aujourd’hui, en matière de droit du travail, les dispositions du Code du travail servent de socle commun. Ensuite, les accords conclus au sein d’une entreprise puis au sein d’une branche – qui regroupe les entreprises d’un même secteur d’activité – ne peuvent pas être moins favorables aux salariés. C’est ce qu’on appelle la hiérarchie des normes. Et c’est ce verrou là que la loi travail fait sauter dans son article 2. Or, là-dessus, rien, ou presque, n’a bougé depuis l’avant-projet de loi.

Des heures sup’ moins payées : soumis à un accord d’entreprise

« Ce n’est pas l’accord d’entreprise en lui-même qui pose problème. C’est l’accord d’entreprise qui de fait remplace la loi de manière régressive », explique Fabrice Angei, du Bureau confédéral de la CGT. Et c’est bien dans ce sens-là que va le texte.« L’exemple le plus simple, ce sont les heures supplémentaires », souligne Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière. « Aujourd’hui, seul un accord de branche peut prévoir une rémunération des heures sup’ à moins de 25 % de majoration. Une seule branche a négocié cela, celle des centres de loisir. Mais avec cette loi, demain, la branche sauterait. On pourrait négocier une rémunération moindre des heures sup’ au niveau de chaque entreprise. » À la place des 25 % de majoration obligatoire pour les huit premières heures supplémentaires, puis de 50 % au-delà, la direction d’une entreprise pourra désormais fixer, suite à un accord, un taux à seulement 10 %.

Forfait-jours : soumis à un accord d’entreprise

Avec des heures supplémentaires qui pourront être majorées de seulement 10 % sur simple accord d’entreprise, dépasser les 35 heures coûterait moins cher à l’employeur. Deux autres mesures du texte remettent en cause la loi Aubry. Le projet initial étendait le dispositif des « forfaits-jours », qui calcule le temps de travail non pas en heures mais en jours travaillés. Ce système avait été mis en place avec les 35 heures pour permettre aux cadres en particulier de les contourner [2]. C’est déjà une exception française en Europe. Avec la loi travail, le forfait-jours pourrait concerner davantage de salariés. Sur ce point, le texte a été modifié : la décision d’étendre le calcul du temps de travail en forfait-jours ne pourra être prise de manière unilatérale par l’employeur mais devra faire l’objet d’un accord des représentants syndicaux.

Travailler 12 h par jour, 46 h par semaine : toujours possible

La loi travail donne aussi la possibilité aux accords d’entreprises d’augmenter la durée maximum de travail par semaine à 46 heures, au lieu des 44 heures actuellement. Il sera aussi possible de passer de 10 heures de travail quotidien – la règle aujourd’hui – à 12 heures maximum. « Le principe de faire primer les accords d’entreprises sur les conventions collectives et le Code du travail est pour l’instant limité aux questions de temps de travail et d’heures supplémentaires. Mais l’idée de cette loi, c’est que ça s’applique ensuite partout, sur tous les domaines », précise Jean-Claude Mailly.

Moduler les 35 heures : soumis à un accord de branche

Depuis la mise en place des 35 heures, les entreprises peuvent, par accord, moduler le temps de travail d’une semaine sur l’autre, pour éviter de payer des heures supplémentaires. Actuellement, sans accord de branche ou d’entreprise, la modulation se fait au maximum sur quatre semaines. Avec accord, sur un an. La loi travail prévoit qu’avec un accord collectif, la modulation pourra aller jusqu’à… trois ans. La nouvelle version renvoie la négociation sur cette question au niveau de la branche.

Cette question révèle un des enjeux centraux de cette loi : s’attaquer au temps de travail légal des salariés. « Dans les faits, les 35 heures sont déjà mises à mal de toutes parts. Mais cette loi, aussi bien avec l’extension des forfaits-jours que sur la question des congés et des horaires décalés, va encore déréguler le temps de travail, souligne Eric Beynel, porte-parole de Solidaires. Ces mesures vont dégrader les conditions de travail des salariés, et aussi empêcher les chômeurs de travailler en augmentant le temps de travail au lieu de le réduire. Ce qu’il faudrait pourtant faire pour lutter contre le chômage. »

Concurrence malsaine entre PME : toujours possible

« La loi et les accords de branche, c’est la garantie de protection collective et de l’égalité des salariés. Les remettre en cause, c’est encore renforcer la concurrence entre les entreprises, en particulier dans des branches particulièrement concurrentielles comme le commerce, le BTP, les transports… et tout spécialement chez les sous-traitants, qui sont souvent de très petites entreprises », analyse Eric Beynel. Risque d’effets pervers : le dumping social entre entreprises françaises d’un même secteur.

« Déjà, beaucoup de PME nous disent que leurs donneurs d’ordre leur demandent de baisser leur prix quand elles ont reçu des Crédits d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Aujourd’hui, dans la chimie ou la métallurgie, l’accord de branche précise que les heures sup’ doivent être payées à 25 % de majoration. Mais si on peut faire baisser la rémunération des heures sup’ à 10 % par simple accord d’entreprise, les donneurs d’ordre vont faire pression sur les sous-traitants pour l’exiger et faire ainsi baisser leurs coûts. Ce sera pareil pour le temps de travail », craint Jean-Claude Mailly.

Licenciement pour cause réelle et sérieuse : toujours facilitée

De nouveaux types d’accords d’entreprise, dits de « préservation et de développement de l’emploi » (article 11), permettraient de modifier les rémunérations et le temps de travail. Aujourd’hui, ce type d’accord n’est possible qu’en cas de difficultés économiques de l’entreprise. Ce ne sera plus le cas si la loi travail est adoptée en l’état. Le texte fait sauter cette protection. Si le salarié refuse, il serait licencié, « pour cause réelle et sérieuse ». Cela rendra beaucoup plus compliqué une éventuelle contestation aux prud’hommes si le salarié estime son licenciement abusif ou injustifié.

Licenciement économique : toujours facilité

En plus d’autoriser le licenciement « pour cause réelle et sérieuse » des salariés qui refuseraient de se soumettre aux nouvelles conditions de travail imposées par accord d’entreprise, le projet de loi facilite les licenciements dits économiques. Aujourd’hui, un plan de licenciement économique n’est valable qu’en cas de fermeture d’entreprise, de réorganisation, de mutations technologiques ou de difficultés économiques. Avec la nouvelle loi (article 30), une simple baisse des commandes ou du chiffre d’affaires pendant quelques mois suffira à justifier des licenciements économiques. « Avec ce texte, on déconnecte le licenciement économique d’une réelle difficulté économique qui mettrait en jeu la viabilité de l’entreprise. Ce sont les salariés qui ont le moins de protection, ceux des plus petites entreprises, qui vont être le plus soumis à la précarisation. », analyse Fabrice Angei, de la CGT. Pour les très petites entreprises, un seul trimestre de baisse des commandes suffira à justifier les licenciements.

Indemnités plafonnées : supprimées

Les licenciements seront aussi facilités en cas de transferts d’entreprise (article 41). Plus besoin de faire pression sur les salariés comme à Free quand le groupe de téléphonie a racheté Alice. Dans le cas d’un licenciement économique déclaré nul aux Prud’hommes, les indemnités versées au salariés baisseraient : 6 mois de salaires minimums pour les salariés avec au moins deux ans d’ancienneté, au lieu de 12 mois aujourd’hui. Un licenciement abusif coûtera donc deux fois moins cher à l’employeur ! Dans la deuxième version du texte, les montants plancher de dommages et intérêts en cas de licenciement non justifié ont été supprimés [3].

Accord d’entreprise validé contre les syndicats majoritaires : toujours possible

Aujourd’hui, un accord d’entreprise n’est valable que s’il est signé par un ou plusieurs syndicats représentant au moins 30 % des votes exprimés aux élections. Cet accord peut cependant être refusé par les autres organisations syndicales si celles-ci pèsent au moins 50 % des votes aux élections professionnelles. Exemple ? La direction de la Fnac avait proposé un accord sur l’extension du travail le dimanche et en soirée. La CFTC, la CFDT et la CGC (cadres), syndicats minoritaires, l’avaient signé. La CGT, SUD et FO, majoritaires, ont pu le faire invalider en janvier. Un mois plus tard, le projet de loi travail était prêt. Ce contre-pouvoir des syndicats majoritaires ne sera plus possible.

Le projet de loi modifie ces conditions (article 10 dans la nouvelle version). Si les syndicats majoritaires s’opposent à un accord d’entreprise, les syndicats minoritaires et l’employeur pourront organiser une « consultation » – ce terme a remplacé celui de « référendum d’entreprise » – directe des salariés pour faire valider un accord minoritaire. Vive la démocratie directe pourrait-on croire... La seule chose qui a changé sur ce point dans la deuxième version du projet : ces consultations ne pourront valider pour l’instant que des accords concernant les questions d’organisation du temps de travail. Mais l’idée est bien d’élargir par la suite.

Un progrès pour la démocratie sociale ? Faux

Le projet de loi parle du « renforcement » de la légitimité des accords collectifs…Mais s’agit-il vraiment d’un progrès de la démocratie sociale ? Le syndicat des avocats de France n’est pas de cet avis. « Le projet de loi est politiquement incohérent puisque, alors qu’il prétend renforcer le dialogue social, les salariés sont instrumentalisés pour affaiblir les syndicats dont ils ont pourtant eux-mêmes déterminé la représentativité aux dernières élections. Les salariés sont donc utilisés pour désavouer les syndicats majoritaires qu’ils ont élus », résume le syndicat des avocats [4]. « Le gouvernement met en avant la question de la démocratie sociale. Mais les référendums de ce type, en général, se font sur des régressions sociales, comme chez Smart, où une consultation de ce genre a été organisée sous la menace de perte d’emploi », déplore Éric Beynel.

Dans l’usine Smart de Moselle, la direction a organisé à l’automne une consultation des salariés pour augmenter le temps de travail. Les cadres l’approuvent en majorité mais pas les ouvriers. Au total, le oui l’emporte. Mais la CGT et la CFDT, majoritaires à elles deux, refusent l’accord. Menaçant de fermer le site, la direction fait cependant signer des avenants à leur contrat de travail à la quasi-totalité des 800 salariés du site. Ces avenants prévoient une augmentation du temps de travail et une baisse de salaire. Avec la loi travail, le référendum voté par les cadres auraient eu valeur d’accord d’entreprise tel quel, sans possibilité pour les syndicats majoritaires de s’y opposer. « Plus les négociations se font au plus près des entreprises, plus elles sont soumises au chantage des employeurs. Voilà la réalité qui remonte du terrain aujourd’hui », rapporte Fabrice Angei. « Le référendum tel qu’il est prévu dans le projet de loi est là pour faire valider des accords minoritaires. Cela signifie bien que le gouvernement souhaite faire passer des régressions. »

Médecine du travail : la santé des salariés sacrifiée sur l’autel de la sélection ?

L’article 44 du projet de loi s’appelle « moderniser la médecine du travail ». Selon Alain Carré, médecin du travail et vice-président de l’association Santé et médecin au travail, il s’agit en fait bien plutôt « d’affaiblir la médecine du travail et de la transformer en médecine de sélection de la main d’œuvre ». La loi prévoit de supprimer l’obligation de visite d’embauche par un médecin. Un infirmer pourrait la faire. « Or, c’est essentiel pour un médecin de faire des consultations. En faisant faire les visites par un tiers, on empêche le médecin d’exercer son activité clinique », souligne Alain Carré.

Surtout, la réforme envisagée dans cette loi transformerait le rôle même de la médecine du travail. « L’examen médical d’aptitude permet de s’assurer de la compatibilité de l’état de santé du travailleur avec le poste auquel il est affecté, afin de prévenir tout risque grave d’atteinte à sa santé ou sa sécurité ou à celles de ses collègues ou des tiers évoluant dans l’environnement immédiat de travail », édicte le point 65 de l’article 44 du texte. « Normalement, la mission du médecin du travail, c’est d’aménager les postes afin que tout salarié puisse travailler. Avec cette réforme, vous devez au contraire décider si le salarié est apte ou inapte, explique Alain Carré. C’est intenable. Par exemple, aujourd’hui, pour un salarié qui subit une maltraitance au travail de la part de son employeur, vous allez, en tant que médecin du travail, intervenir pour que quelque chose change dans les tâches qu’on lui confie, dans la manière dont on lui parle. C’est le poste qu’on modifie. Mais avec cette loi, dire “le salarié est en danger”, c’est le déclarer inapte, et l’employeur peut le licencier pour motif personnel. ». D’une médecine destinée à protéger la santé des salariés, la loi travail veut faire une médecine de sélection de la main d’œuvre, dénonce Alain Carré.

« Cette loi va faciliter les licenciements de salariés qui ont des problèmes de santé. C’est ce que demande le Medef depuis longtemps, analyse Jean-Michel Sterdyniak, secrétaire générale du Syndicat national des professionnels de la santé au travail (SNPST). Et si les médecins du travail empêchent les salariés de travailler, ceux-ci vont tout simplement taire leurs problèmes de santé. La nouvelle loi prévoit par exemple que pour certains postes à risque, la visite d’embauche se fasse en fait avant l’embauche. Cette visite sera donc susceptible d’écarter quelqu’un d’un poste. En conséquence, le salarié va évidemment cacher ses antécédents, taire le fait qu’il prend des médicaments, etc. » Les médecins du travail se retrouveraient dans la position de décider si quelqu’un sera embauché ou pas, sera licencié, ou pas. « On va avoir des atteintes à la santé des travailleurs et on construit en plus l’invisibilité de ces atteintes », déplore Alain Carré.

Le médecin du travail attire l’attention sur une autre mesure dangereuse à ses yeux prévue dans la loi travail, qui a même été ajoutée dans la deuxième version : « Il y a un passage de l’article 44 tout à fait stratégique, qui dit que pour contester l’avis du médecin du travail, le salarié devra aller aux Prud’hommes. Aujourd’hui, si le médecin prend une décision qui ne convient pas au salarié, celui-ci saisit l’inspection du travail, qui saisit le médecin inspecteur. Faire passer la contestation de l’avis du médecin du travail du côté du conflit privé, cela signifie que l’État se démet de cette garantie de la santé au travail. » « Cette mesure est un non-sens », s’indigne aussi Jean-Michel Sterdyniak. Qui ne baisse pas les bras devant cette nouvelle attaque contre la médecine du travail, déjà mise à mal par les lois Macron et Rebsamen.« Nous allons trouver des façons de résister à ce système s’il est mis en place. »

Les mobilisations des syndicats et du mouvement social ont déjà abouti à quelques modifications significatives du projet de la loi entre sa première et sa deuxième version, même sil elles sont peu nombreuses. Le premier texte prévoyait que les apprentis de moins de 18 ans pourraient travailler jusqu’à 10 heures par jour. Cette mesure a été retirée. De même que l’augmentation prévue de la durée maximum de travail de nuit. Par ailleurs, le congé minimum en cas de décès d’un proche restera garanti par la loi.

Au Sénat, suppression des 35 heures et travail de nuit des mineurs

Mais même là-dessus, rien n’est sûr. Les premiers amendements votés la semaine par le Sénat, en majorité de droite, reviennent sur plusieurs points de la loi à la première version du texte. Les sénateurs ont par exemple réintroduit le barème des indemnités prud’homales en cas de licenciement injustifié. Ils sont même allés plus loin que le premier projet dans la déréglementation du temps de travail.

La commission des affaires sociales du Sénat a ainsi voté un amendement pour faciliter le travail de nuit des apprentis mineurs. Elle a aussi supprimé la durée minimum de 24 heures par semaine pour les temps partiel. Surtout, les sénateurs ont tout bonnement fait sauter les 35 heures. « À défaut d’accord, la durée de référence est fixée à 39 heures par semaine », ont voté les sénateurs. Cet amendement scelle-t-il la fin définitive des 35 heures ? Non. Le Sénat va examiner ce texte en séance plénière à partir du 13 juin. Mais ensuite, le projet reviendra à l’Assemblée nationale, en juillet. Et là, tout peut encore changer.

« Après le passage au Sénat, le jeu du gouvernement, ce sera de montrer que si ce n’est pas lui, ce sera pire. C’est un jeu de dupe », analyse Eric Beynel, porte-parole de Solidaires. « Nous, nous concentrons nos forces sur la manifestation du 14 juin et sur la votation citoyenne. », organisée par l’intersyndicale opposée à la loi travail.

Rachel Knaebel

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 21:36

Laisser moi vous faire participer à quelques constatations et aux réflexions qu'elles me causent.

Il y a peu, j'avais une discussion forte intéressante bien que très peu décontractée avec l'une de mes Camarades. Nous parlions de la situation sociale en France et de notre préavis de grève.

En effet, et certains d'entre vous ne le savent peut'être pas, mais la CGT HOP! a déposé un préavis de grève illimitée contre la loi travail. Je n'aime pas dire "loi El Khomri", car je pense que cette dame n'est certainement pas la rédactrice du projet surtout quand on sait l'expérience qu'elle a sur le sujet « travail », puisqu'elle n'a pratiquement jamais travaillé dans le privé. Elle avait pû, d'ailleurs, montrer tout l'étalage de ses connaissances sur le CDD dans une émission télévisée.

Cette discussion tournait autour de "l'image" de l'organisation syndicale à laquelle j'ai l'honneur d'appartenir, et je dis ça sans rire, mais je dirai sûrement plus loin pourquoi. Et puis si j'oublie, vous vous contenterez de ça.

En gros, je répète sans caricaturer ce qui m'a été dit, la CGT est un syndicat "sol", entièrement gouverné par les représentants syndicaux "sol" et entièrement soumis, donc, aux décisions syndicales du "sol".Un syndicat d'extrémiste, de brûleurs de palettes qui ne signe jamais rien.

Commençons par ça. Si être extrémiste consiste à réagir pour éviter de se faire tondre et d’essayer de préserver, un peu, l'avenir des générations suivantes, celles de nos enfants, je revendique cet extrémisme. Si les salariés font le choix de se laisser traîner dans la boue pendant que certains des plus grands dirigeants d'entreprise gagne en une journée ce que eux mettront une vie à gagner, peu importe, à chacun son niveau de fierté.

Et enfin, la CGT est le deuxième syndicat en France à signer des accords collectifs.

Voilà.


A la suite de cette discussion fort animée, ma Camarade a donc publié un article sur son blog « les ailes des PNC » et c'est en le lisant, en ressassant ses remarques, et en discutant avec des amis ce matin devant le tribunal de Bobigny en soutien à nos Camarades d'Air France inculpés dans « l'affaire de la chemise », que je me suis décidé à faire autres choses sur ce blog, que de recopier et transférer ce que l'on lit ici et là sur l'actualité sociale de notre pays.

Donc, pauvres navigant(e)s commerciaux, (PNC pour le reste du texte), vous voilà donc "soumis au SOL". La première réaction qui me viens serait de dire "oui, et alors". En effet, n'ayant pas adhéré à la CGT par le simple fait du hasard, parce que j'aimais bien les couleurs du logo, ou parce que mon Grand-père, ouvrier aux chantiers de l'Atlantique de Saint Nazaire y était lui même adhérent (alors que mon père avait horreur des syndicats...Ah tiens tiens, un début de piste... Freudienne en plus...), j'ai toujours du mal à comprendre cette triste division que les salariés établissent, entre eux, sans l'aide de personne. Un syndicat c'est fait pour unir, non?

Voiçi donc, et ne croyez pas que cela soit typique aux seuls salariés des compagnies aériennes c'est partout la même.

Un salarié dans une usine de production de cocotte minute ( les puristes ne m'en voudront pas de simplifier, le processus de fabrication de ce magnifique moyen de cuisson), affecté au polissage des cuves en aluminium. Peu qualifié, ce travail est salissant et pas très agréable.

Deux postes plus loin, l'opérateur sur une machine numérique, propre sur lui, le regarde avec condescendance. "Normal voyons". Voilà, à deux postes de différences, la ségrégation s'installe. Je ne parle pas, des "administratifs-qui-circulent-sur-la-passerelle" avec les chefs et pour qui, même le programmeur, très beau, très propre, n'est et ne restera qu'un "manard" dans la fosse (ah oui, vous avez remarqué comment sont souvent construits les sites de production? Les bureaux en haut et fenêtres, ou passerelle pour surplomber la fosse...).

A la SNCF les conducteurs de train. Même métier consistant à conduire une masse de ferraille entre deux rails du même métal et bien, même ségrégation, même différence de discours entre les salariés. Ceux qui conduisent les trains régionaux ne sont pas considérés du tout comme les conducteurs de TGV, ceux qui font les manœuvres entre dépôts, souvent dans des conditions nettement plus pénibles en plus, non plus. A tel point, que c'est maintenant un autre syndicat, créé pour l'occasion qui défend les chauffeurs de luxe par rapport "à la masse".

Le plus étonnant c'est que le quidam moyen trouve celà tout à fait normal: “ben, le conducteur de TGV, c’est normal qu’il soit mieux considéré” Ah bon, pourquoi? Parce que le train va plus vite? À cause de la formation plus difficile? Plus longue? Demandant un autre niveau d'étude? Nous rentrons là dans des détails pas même évoqués ou analysés par les “gens”, non, c’est comme ça, il faut une hiérarchie et la différence entre salariés est normal. Cela rassure de se savoir « mieux » que l’autre, ou moins bien, d’ailleurs, et de procéder à une auto flagellation culturellement défendu par certains.

Et puis “c’est comme ça”.

Revenons au sujet qui m’occupe.

Les représentants syndicaux du sol ne pourrait pas comprendre les “navigants” et donc ne pourrait pas les défendre.

Bien, pensez vous, par hasard, qu'il s'agisse d'une question de capacité intellectuelle? Non je l'espère, car je vous assure pour participer régulièrement à de nombreuses réunions “sociales” ou toutes les catégories de personnels et donc, tous les métiers sont représentés, voilà un critère, une qualité dont la répartition n'est effectivement pas très uniforme, mais je vous assure que cette répartition n'a rien à voir avec le métier de l'élu. Je vous assure également, que la proximité des oiseaux, du bleu azur ou des étoiles selon l’interprétation onirique du métier, n'amène ni à une amélioration de l'agilité intellectuelle, ni à l'attribution de quelques points en plus de QI. Pour certains dont je vois les visages en écrivant ces quelques mots, la tendance serait même plutôt inverse...

Donc, écartons les capacités intellectuelles défaillantes en fonction que l'on soit navigant ou pas.

Le boulot est différent.

Ah, ça oui, le boulot est différent.

Mais dites moi, les PNC sont bien gérées par un accord collectif?

Qu'est ce qui rendrait cet Accord Collectif du Personnel Navigant non-compréhensible au commun des mortels?

Il est écrit en Araméen?

Je sais, les abréviations ! Savez vous que sur un Maintenance Manuel d’Ejet la section concernant les acronymes contient une dizaine de pages...10 pages d'abréviations et leur signification ! Des “p’tits joueurs” vous êtes. Je vous le dis car moi, je l’ai lu l’ACPN complet, avec les annexes.

Mais de toutes façons, que je sache, il n'est pas demandé aux représentants syndicaux ”navigants” de connaître le bouquin par cœur, pas d'interrogation écrite ( et tant mieux, car je vous jure que l’on rigolerai 5 mn, c'est une chose de critiquer l'action de ses adversaires sur Facebook ou dans certaines publications, c’est autres choses, VRAIMENT autres choses, de savoir négocier et défendre les salariés. En fait, c’est en gros la différence entre une peste et une Délégue(e) Syndical(e)).

Donc je ne comprends toujours pas, pourquoi nous ne pourrions être polyvalent et se défendre tous et toutes. Je ne parle pas des syndicats de chauffeurs d'avion, qui, par construction, à l'exception d’une petite dizaine de vrais bons gars, sont génétiquement programmés pour ne défendre que leurs intérêts, il s’agit, d'après la faculté, d’un blocage comportemental appelé syndrome « d’il-n’y-a-que-moi” aggravé parfois par “les-autres-ne-servent-à-rien”. Ce n’est pas très grave et pas contagieux. Ils triplent d'ailleurs parfois ces deux syndromes avec un autre plus commun dans certaines sociétés, le « Je-ne-peux-manger-que-si-on-me-sert » mais c'est plus rare....

Tout ça pour dire que dans le cas qui nous occupe, bien égoïstement, ce n'est tout simplement pas le sujet !

Pourquoi ? Et bien parce que à la CGT HOP ! Les Camarades PNC se débrouillent, tout seul. Ils nous tiennent au courant de leurs discussions, des dossiers personnels, de ce qui se passe en CHSCT, nous adressent leurs Compte Rendu DP, mais personne, PERSONNE , n'interviens dans leurs affaires.

Une preuve ? PNC,adhérents, avez vous été appelées à la gréve par la CGT HOP !?

Vos responsables sont contre, je ne suis pas d'accord avec elles, d’où la discussion dont nous parlions plus haut, mais elles, ils, connaissent les salariés qu'ils, qu'elles défendent, jugent le moment peu propice à la mobilisation, elles, ils, décident.

Je ne suis pas d'accord sur le fond car nous seront toutes et tous touchés par cette loi si un jour elle s'applique !

Sol et navigants : le paiement des heures supplémentaires, le temps de travail, les temps de repos, il n'y aura aucun distingo entre salariés du sol et des étoiles ! Pour les dirigeants, tout cela c'est de l'argent, de la productivité, alors en avant !!!

Je vous joins une analyse des responsables de la CGT concernant ces conséquences, vous comprendrez....

Et puis, il faut arrêter avec ces histoires de syndicats sol/PNC.

Quizz : qui sont aujourd'hui les syndicats seulement PNC ?

Réponse : aucun ! La CGT, c'est la CGT. Le SNPNC est affilié à FO (qui est également contre la loi travail, d'ailleurs), l'UNAC c'est la CFE-CGC, syndicat de cadres dont le responsable chez Air France a salué le départ de De Juniac comme « celui d'un grand patron ». L'UNSA qui soutient également la loi travail est un syndicat Sol, la CFDT se cache maintenant derrière la création de l'Union Nationale PNC, SUD, c'est SUD.

Voilà la réalité.

Que les pilotes (certains) fassent « campagne » contre la CGT, cela se comprend, s'explique et s'analyse en faisant appel aux qualités précédemment citées. Je vous laisse quelques jours.

Pour terminer, ils sont vraiment biens vos syndicats « navigants » !

Ils ont laisser faire et pour certains milités, réclamés, la séparation des droits du travail. Il fallait sortir les navigants de la gestion par le Code du Travail. « Pensez donc, comment est-ce possible ! Nous n'allons pas continuer à être gérés comme les « rampants », beurk... » Et les patrons, « vous avez raison, et puisque vous le demandez... »

Bilan :

  • Durées maximum de temps de travail plus importantes pour les navigants, amplitude aussi.

  • Introduction de la notion de temps de service en vol à la place de la définition du code du travail : « temps pendant lequel le salarié est soumis à son employeur et ne peut librement vaquer à ses occupations »

  • Temps forfaitaire à la place du temps réel de travail

  • Temps de repos réduits (c'est bien les nuits courtes, hein!)

  • Publication, modification des plannings plus « souple »

  • Protection médicale sans cesse réduite

    Etc...etc...

« Merci nos syndicats. Heureusement que vous êtes là ! »

De l'avis même de certains responsables de l'Aviation Civile, la carrière d'un PNC doit être courte. Ces salariés doivent être jeunes et disponibles. « Ce n'est pas un métier, c'est un job » déclarent certains.

Et vous savez quoi, et bien il y a plein de gens qui trouvent ça normal et évident.

Comme pour les chauffeurs de trains.

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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 14:57

Voilà ce que pourrait écrire le gouvernement aux directions des différentes confédérations syndicales:

"Nous tenons à remercier chaudement les directions Confédérales et Fédérales de la CGT (et autres) pour leurs appels successifs à la grève depuis ces dernières semaines.

Ils ont pour effet de décourager ceux de leurs adhérents les plus impliqués pour qui les pertes de salaires commencent à lourdement peser sur leurs engagements.

Merci de ne pas appeler à la grève générale, mais d'user les salariés avec ces mouvements à répétition"

Cordialement

F. Hollande, E. Valls, E. Macron, M. El Khomri, L. Berger

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 21:40

Je vous l'ai souvent dit, on vit dans les les sociétés où nous travaillons les mêmes choses que dans la société ou nous vivons. En plus petit...

Ainsi, c'est le "matraquage" médiatique autour des déclarations de F. Hollande qui ont aujourd'hui réenclenché cette envie de pousser un coup gueule et l'extraction de l'un de mes nombreux brouillons, aidé en celà par le visionnage d'un petit film que notre direction avait bien voulu nous transmettre par courrier spécial.

Un peu con de nature, je n'avais pas compris au début que ce petit bout de plastique à l'effigie de notre belle compagnie contenait autant de choses. Il est vrai, j'avoue, que je ne l'avait pas déballé, le réservant pour une activité ultérieur, dans le plat ou l'on trouve en vrac et bien mélangés, des piles usagées, des piles neuves, des chewing gum, toutes les "serviettes rafraîchissantes" que je ne manque pas d'accepter à chaque fois que je me déplace en avion et que donc, je n'utilise jamais, trois ou quatre cléfs Ikea, des punaises, un stylo qui ne marche pas et que je pense foutre à la poubelle à chaque fois que j'en fais le constat, etc.. etc.. vous voyez de quel récipient je parle. Donc, la petite carte se trouvait là dedans. Ayant des joints de salle de bain à refaire, je m'étais dit que ca ne serait pas mal comme raclette à silicone.

C'était sans compter sur mes Camarades de travail dont la vivacité d'esprit est universellement connus (enfin presque tous). " c'est une clef USB, ta raclette à mastic. Regarde, tu vas passer un bon moment".

A vrai dire, j'ai pensé qu'ils se foutaient de moi, néanmoins, ayant dans ma carrière qui commence maintenant à être un peu longue, été tellement surpris à maintes occasions par l'imagination des publicitaires, j'ai quand même eu un doute et arrivé à la maison, j'ai donc déballé ce joli cadeau et ai inscrit sur ma liste de courses "acheter une palette pour les joints silicone".

Effectivement, il fallait retourner le présent et dégager la petite languette.

Mon dieu!! (auquel je ne crois pas, mais c'est une expression, et puis que dire...), je connaissais la loi de Moore sur la capacité de stockage des supports informatiques, mais alors là! Je ne pensais pas qu'autant d'auto-satisfaction pouvait tenir en si peu de place! Un peu plus d'un p 'tit giga et voiçi la présentation d'une compagnie dans laquelle les salariés doivent être heureux, on parle tellement d'eux, "nos collaborateurs", "nos équipes"!

Néanmoins, petit bémol d'un grincheux, on parle d'eux, mais ce sont les cadres, les chefs de projets qui sont interrogés... Ça doit être un manque de temps (il reste pourtant de la place sur la petite carte...).

Je dis "les salariés doivent être heureux dans cette compagnie", car même si j'y reconnais certains points communs avec celle ou j'exerce mon activité professionnelle, ce n'est manifestement pas la même.

Oui le chemin parcouru est immense!

Oui, beaucoup étaient pour cette fusion. Vous oubliez quand même que ce n'était pas le cas pour une grande partie et que, tristement (?), ca ne l'ai toujours pas.

Avez vous, Messieurs, les vraies remontées du terrain? Connaissez vous la situation alarmante de certains services en sous-effectifs, obligés parfois de former leurs collègues alors que la charge de travail a été multiplié par trois!

On parle beaucoup des systèmes d'information dans ce documentaire. Vous a t'on mis au courant des multiples coupures, ralentissement des réseaux, applications inaccessibles et cela souvent au pire des moments?

Savez vous que le transfert dû à une idée de génie, du contact entre les Personnels Navigants et Logistique/régulation vers des serveurs vocaux a une véritable influence sur la sécurité des vols?

Savez vous qu' à la question "ca va?"le mot le plus prononcé aujourd'hui entre "collaborateurs" de HOP! , c'est "Boff, comme toi.."

On ne peut exiger d'un film de propagande, pardon, de publicité qu'il présente les défauts du sujet qu'il est sensé encenser, néanmoins et celà sera ma vraie question:

Etes vous seulement conscients du 1/4 de ce que vivent présentement (même) les salariés de la compagnie?

Vos cadres, chefs de projets et patin couffin limonade, ont'ils eut la franchise que commande la situation de vous informer des difficultés vécues par "vos équipes", "vos collaborateurs" au quotidien en cette post fusion?

Je vous dis ça, car quand j'entends les propos d'au moins l'un d'entre eux, j'ai des doutes, de sérieux doutes et quand le doute m'assaille (comme dirait un copain Kenyan), ça me rends nerveux.

Pour en revenir à ce qui a réveillé mon envie d'écriture, j'ai pensé à vous en entendant Hollande qui déclarait "depuis que je suis au pouvoir, la France va mieux".

Lui c'est un menteur...

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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 08:46

Je continue dans le partage d'émissions...

Un peu moins, largement moins, spectaculaire que "le grand journal" voiçi la rediffusion d'Agora (et oui..) émission animée par Pascal Paoli. Elle date de dimanche dernier.. mais bon...

L'invité était Bernard Thibault, ancien secrétaire général de la CGT. Je ne suis pas un grand fan du personnage,loin de là, mais il faut reconnaître qu'il connait son sujet. Il vient de publier un ouvrage "La "3ème guerre mondiale est sociale" qui replace de manière assez impartiale, ce qu'est "le travail" dans la société de "libre échange" dans laquelle nous vivons et les conséquences directes sur les travailleurs des dérives de ce système économique.

L'émission est longue (plus d'une heure..) et la diction de l'invité parfois agaçante, mais si je vous propose de passer un peu de temps à écouter la radio c'est que cette émission est en relation directe avec ce qui se passe aujourd'hui en Françe, en particulier, mais pas seulement sur la loi EL Khomri. Rien n'arrive par hasard.

Et tant que l'on y est, sur le rôle des médias, des "experts" style "c'est dans l'air", des chroniqueurs économiques divers et variés, à voir d'urgence (même si celà date un peu), le film "les nouveaux chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat tiré du livre de Serge Halimi (rédac chef du Monde Diplomatique). Vous comprendrez beaucoup de choses là aussi.

Après, la question fondamentale reste toujours la même: avez vous envie de savoir...?

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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 10:36

Il y a tellement à dire en ce moment sur l'actualité sociale du pays et, bien entendu, sur la notre, très égoïstement, que je commence des foultitudes d'articles sans jamais pouvoir les terminer!

Aussi, quand des gars comme Mickaël Wamen, CGT ex-Goodyear, condamné à de la prison ferme par le gouvernement "socialiste" (personne n'arrivera à me convaincre dans ce cas comme dans bien d'autres de l'indépendance de la justice) disent ce que m’escrime à essayer de faire passer, et bien, je pense que j'aurai bien tord de ne pas en profiter.

"L'altercation" entre Xavier Mathieu et le journaliste est, elle aussi à analyser. "Je ne fais que donner les chiffres du ministère de l'intérieur" dit le journaliste-récitant. Voilà l'ensemble de cette profession dédouanée par cette déclaration! Et l'information! la vraie! L'autre côté! Jamais?

Regarder, écouter, Michaël ne s'emporte pas, il parle avec passion...

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 05:36

A regarder et surtout à écouter attentivement avant de partir à la manif.

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Published by Ernesto
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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 04:39
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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 21:08

Deux choses:

Un texte de la Fondation Copernic qui replace les choses appelant pour cela l'Histoire. C'est important.

Ensuite, prenez donc le temps d'écouter cette émission diffusée sur France Inter samedi dernier. C'est édifiant! Et nous sommes loin, mais alors très loin d'une émission ayant pour invités de dangereux révolutionnaires...

La réforme du Code du travail ne fera pas loi

JEUDI, 3 MARS, 2016 L'HUMANITÉ


Photo : CGT

Le projet El Khomri doit être retiré. Non pas reporté, retiré. Son article premier suffit à le disqualifier, lui qui subordonne les droits et libertés des salariés au « bon fonctionnement de l’entreprise ». Il scelle la remise en cause historique, théorique, juridique d’un siècle entier de Code du travail.

Qu’est-ce que ce Code ? Qu’est-ce que la politique, sinon la mémoire qui informe l’action ? Ne jamais oublier. Et à gauche, se souvenir des désastres et des crimes, des vies brisées au nom du profit insatiable, pour cette « apothéose du coffre-fort » qu’évoque Balzac. Ne pas oublier, par exemple, que le Code du travail naît en 1910 après l’horreur de Courrières, dans le Pas-de-Calais. Après qu’en 1906, 1 099 mineurs avaient perdu la vie au fond des puits. Le patron exige alors que le travail reprenne immédiatement. Il stoppe la recherche des victimes. Cachez ces misères qui entravent l’entreprise. Et puis, douze jours plus tard, 14 survivants enfouis réapparaissent. Après des nuits de terreur et d’efforts. Miraculés. Enterrés vivants. Ouvriers morts avant d’être morts.

L’émotion est immense. Elle force à créer le ministère du Travail. Pourquoi ? Pour que ce ministère échappe aux diktats des employeurs et au ministère de l’Économie. Avec quel point d’appui, quelle barricade juridique pour résister ? Le Code du travail.

L’inverse est à l’œuvre : le ministère de l’Économie règle de nouveau la politique du ministère du Travail, réduit à n’être que son DRH.

Notre choix de civilisation fut depuis Courrières d’adapter le travail aux humains et non pas les humains au travail. Quand F. Hollande veut « adapter le droit au travail aux besoins des entreprises », il écrit l’histoire à l’envers.

Cela boostera l’embauche ? Par ordonnance, de 2004 à 2008, la mission Combrexelle a passé le Code du travail à l’acide, supprimant 500 lois, le réduisant de 10 %, en prétendant le simplifier. Cela n’a pas créé d’emploi.

Dans le contrat de travail, il y a inégalité. Le salarié subit un « lien de subordination juridique permanent ». C’est pourquoi il existe une « contrepartie » : un code spécifique. Les lois du travail sont, et doivent rester, universelles, car elles sont attachées aux droits humains, quelles que soient la taille de l’entreprise, sa spécificité, sa branche. Elles doivent l’emporter sur les contrats d’entreprise particuliers, les accords d’entreprise particuliers, les dérogations. C’est ce que garantissent la Déclaration des droits de l’homme de 1948, la charte européenne des droits fondamentaux de 1999, les conventions de l’OIT en leurs nos 81 ou 158.

Le droit du travail doit être un garde-fou par rapport au droit de la concurrence et non pas piétiné suivant le libre cours de la concurrence.

En ne voulant plus de durée légale pour tous, en actant le règne des dérogations, les projets El Khomri, Badinter, Macron, cassent les relations de travail au détriment du corps humain, de sa santé, de la vie de famille et de l’emploi pour tous.

La notion de durée légale est de facto supprimée, les patrons en décideront, au cas par cas, le pistolet sur la tempe de leurs salariés. Les syndicats majoritaires (élus avec un quorum !) pourront même être court-circuités par les syndicats minoritaires qui auront le droit d’en appeler au patron pour qu’il monte un référendum à ses ordres. C’est le come-back de l’employeur-maître !

La commission Badinter en finit d’ailleurs avec un Code du travail spécifique et le remplace par un mixte avec le Code civil, où les contrats commerciaux et les statuts d’indépendants sont mis sur le même plan que l’ex-contrat de travail. Dans ce texte, la « personne » remplace le salarié. Le salarié est traité comme l’indépendant. Et demain quoi ? L’ubérisation généralisée ? Pas d’horaires ? Pas de Smic ?

On comprend que les jeunes s’indignent. Que leur promet-on ? La précarité en début, au milieu et en fin de vie active. L’avenir bouché, interdit. Des jeunes méprisés au travail.

Que permettra la loi El Khomri, avec un simple accord d’entreprise, facile à arracher grâce au chantage à l’emploi ? Fini les 35 heures, les heures supplémentaires seront compensées et non plus majorées : on travaillera plus pour gagner moins. Il sera possible de travailler 12 heures par jour par « simple accord ». Le repos quotidien de 11 heures pourra être fractionné. La forfaitisation par accord individuel pourra aller au-delà de toute durée maximale, y compris 48 heures et 60 heures. L’annualisation du calcul des horaires se fera sur trois ans ! Les congés payés ne sont plus obligatoires, le salarié aura « le droit » d’y renoncer pour de l’argent. Un apprenti pourra travailler 40 heures. Il n’y a même plus d’âge plancher pour le travail des enfants, lesquels dès 14 ans sont moins protégés contre les chutes ou les machines dangereuses. Trois CDD de suite sont autorisés au lieu de deux. Payer à la tâche sans référence au Smic ne sera plus interdit. Il n’y aura plus de plancher de 24 heures pour les temps partiels. Le patron décidera quand commence la semaine, de sorte qu’il évitera la majoration du dimanche. Les femmes seront les plus pénalisées.

Le Medef a coécrit ce projet de loi. Il lance d’ailleurs une pétition pour le soutenir.

Si ses profits et dividendes baissent, l’employeur pourra modifier les horaires à la hausse et sur une année les rémunérations à la baisse. La loi Warzmann l’autorisait pour un an, la loi Sapin plus encore, la loi El Khomri abaisse les possibilités pour les salariés de le contester.

La médecine du travail, les prud’hommes, l’indépendance de l’inspection du travail, les institutions représentatives du personnel sont laminés. Les licencieurs abusifs verront leurs condamnations baisser.

À quoi sert de faciliter les licenciements ? À faciliter les licenciements ! Pas à faire de l’embauche. Ce projet de loi vaut déclaration de guerre à 18 millions de salariés.

Le gouvernement entend repousser la présentation de cette loi, ce recul doit déboucher sur le retrait. Ensemble, nous appelons les salariés, les jeunes, les retraités, les privés d’emploi, les précaires, les féministes, à rejoindre ce mouvement qui monte et qui exige le retrait de la loi El Khomri. La réforme du Code du travail ne fera pas loi.

Cent ans durant ce Code a été construit pour que les salarié-e-s échappent à la dictature de la rentabilité à courte vue. C’est un Code exceptionnel, une œuvre juridique rare, faite des luttes, des sueurs, des larmes, des grèves, des manifestations, bref de toute notre histoire sociale. Certes, on peut le modifier, le fortifier, renforcer les droits des salarié-e-s, rien n’est intangible. Nous allons d’ailleurs faire ensemble des propositions. Mais nul comité de technocrates ne peut, entre soi, hors du monde, le réécrire seul, tant il est le fruit, dans ses mille détails, des rapports de forces sociaux. En cela, le Code du travail est l’indice de mesure de la qualité d’une civilisation.

Texte collectif

Premiers signataires : Fabrice Angei, membre du bureau confédéral de la CGT, Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble !, Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, Éric Beynel, porte-parole de Solidaires, Noël Daucé, secrétariat national de la FSU, Gérard Filoche, membre du BN du PS, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, William Martinet, président de l’Unef, Willy Pelletier, coordinateur général de la Fondation Copernic, Danielle Simonnet, coordinatrice nationale du PG






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