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  • : Le blog d'info des salariés de HOP!
  • : Blog d'information libre de toutes consignes politiques et syndicales, des salariés de HOP! La rédaction est assurée par un collectif composé en grande partie de militants de la CGT, certes, mais totalement libres de leurs propos et de leurs positions.
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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 14:57

Voilà ce que pourrait écrire le gouvernement aux directions des différentes confédérations syndicales:

"Nous tenons à remercier chaudement les directions Confédérales et Fédérales de la CGT (et autres) pour leurs appels successifs à la grève depuis ces dernières semaines.

Ils ont pour effet de décourager ceux de leurs adhérents les plus impliqués pour qui les pertes de salaires commencent à lourdement peser sur leurs engagements.

Merci de ne pas appeler à la grève générale, mais d'user les salariés avec ces mouvements à répétition"

Cordialement

F. Hollande, E. Valls, E. Macron, M. El Khomri, L. Berger

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 21:40

Je vous l'ai souvent dit, on vit dans les les sociétés où nous travaillons les mêmes choses que dans la société ou nous vivons. En plus petit...

Ainsi, c'est le "matraquage" médiatique autour des déclarations de F. Hollande qui ont aujourd'hui réenclenché cette envie de pousser un coup gueule et l'extraction de l'un de mes nombreux brouillons, aidé en celà par le visionnage d'un petit film que notre direction avait bien voulu nous transmettre par courrier spécial.

Un peu con de nature, je n'avais pas compris au début que ce petit bout de plastique à l'effigie de notre belle compagnie contenait autant de choses. Il est vrai, j'avoue, que je ne l'avait pas déballé, le réservant pour une activité ultérieur, dans le plat ou l'on trouve en vrac et bien mélangés, des piles usagées, des piles neuves, des chewing gum, toutes les "serviettes rafraîchissantes" que je ne manque pas d'accepter à chaque fois que je me déplace en avion et que donc, je n'utilise jamais, trois ou quatre cléfs Ikea, des punaises, un stylo qui ne marche pas et que je pense foutre à la poubelle à chaque fois que j'en fais le constat, etc.. etc.. vous voyez de quel récipient je parle. Donc, la petite carte se trouvait là dedans. Ayant des joints de salle de bain à refaire, je m'étais dit que ca ne serait pas mal comme raclette à silicone.

C'était sans compter sur mes Camarades de travail dont la vivacité d'esprit est universellement connus (enfin presque tous). " c'est une clef USB, ta raclette à mastic. Regarde, tu vas passer un bon moment".

A vrai dire, j'ai pensé qu'ils se foutaient de moi, néanmoins, ayant dans ma carrière qui commence maintenant à être un peu longue, été tellement surpris à maintes occasions par l'imagination des publicitaires, j'ai quand même eu un doute et arrivé à la maison, j'ai donc déballé ce joli cadeau et ai inscrit sur ma liste de courses "acheter une palette pour les joints silicone".

Effectivement, il fallait retourner le présent et dégager la petite languette.

Mon dieu!! (auquel je ne crois pas, mais c'est une expression, et puis que dire...), je connaissais la loi de Moore sur la capacité de stockage des supports informatiques, mais alors là! Je ne pensais pas qu'autant d'auto-satisfaction pouvait tenir en si peu de place! Un peu plus d'un p 'tit giga et voiçi la présentation d'une compagnie dans laquelle les salariés doivent être heureux, on parle tellement d'eux, "nos collaborateurs", "nos équipes"!

Néanmoins, petit bémol d'un grincheux, on parle d'eux, mais ce sont les cadres, les chefs de projets qui sont interrogés... Ça doit être un manque de temps (il reste pourtant de la place sur la petite carte...).

Je dis "les salariés doivent être heureux dans cette compagnie", car même si j'y reconnais certains points communs avec celle ou j'exerce mon activité professionnelle, ce n'est manifestement pas la même.

Oui le chemin parcouru est immense!

Oui, beaucoup étaient pour cette fusion. Vous oubliez quand même que ce n'était pas le cas pour une grande partie et que, tristement (?), ca ne l'ai toujours pas.

Avez vous, Messieurs, les vraies remontées du terrain? Connaissez vous la situation alarmante de certains services en sous-effectifs, obligés parfois de former leurs collègues alors que la charge de travail a été multiplié par trois!

On parle beaucoup des systèmes d'information dans ce documentaire. Vous a t'on mis au courant des multiples coupures, ralentissement des réseaux, applications inaccessibles et cela souvent au pire des moments?

Savez vous que le transfert dû à une idée de génie, du contact entre les Personnels Navigants et Logistique/régulation vers des serveurs vocaux a une véritable influence sur la sécurité des vols?

Savez vous qu' à la question "ca va?"le mot le plus prononcé aujourd'hui entre "collaborateurs" de HOP! , c'est "Boff, comme toi.."

On ne peut exiger d'un film de propagande, pardon, de publicité qu'il présente les défauts du sujet qu'il est sensé encenser, néanmoins et celà sera ma vraie question:

Etes vous seulement conscients du 1/4 de ce que vivent présentement (même) les salariés de la compagnie?

Vos cadres, chefs de projets et patin couffin limonade, ont'ils eut la franchise que commande la situation de vous informer des difficultés vécues par "vos équipes", "vos collaborateurs" au quotidien en cette post fusion?

Je vous dis ça, car quand j'entends les propos d'au moins l'un d'entre eux, j'ai des doutes, de sérieux doutes et quand le doute m'assaille (comme dirait un copain Kenyan), ça me rends nerveux.

Pour en revenir à ce qui a réveillé mon envie d'écriture, j'ai pensé à vous en entendant Hollande qui déclarait "depuis que je suis au pouvoir, la France va mieux".

Lui c'est un menteur...

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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 08:46

Je continue dans le partage d'émissions...

Un peu moins, largement moins, spectaculaire que "le grand journal" voiçi la rediffusion d'Agora (et oui..) émission animée par Pascal Paoli. Elle date de dimanche dernier.. mais bon...

L'invité était Bernard Thibault, ancien secrétaire général de la CGT. Je ne suis pas un grand fan du personnage,loin de là, mais il faut reconnaître qu'il connait son sujet. Il vient de publier un ouvrage "La "3ème guerre mondiale est sociale" qui replace de manière assez impartiale, ce qu'est "le travail" dans la société de "libre échange" dans laquelle nous vivons et les conséquences directes sur les travailleurs des dérives de ce système économique.

L'émission est longue (plus d'une heure..) et la diction de l'invité parfois agaçante, mais si je vous propose de passer un peu de temps à écouter la radio c'est que cette émission est en relation directe avec ce qui se passe aujourd'hui en Françe, en particulier, mais pas seulement sur la loi EL Khomri. Rien n'arrive par hasard.

Et tant que l'on y est, sur le rôle des médias, des "experts" style "c'est dans l'air", des chroniqueurs économiques divers et variés, à voir d'urgence (même si celà date un peu), le film "les nouveaux chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat tiré du livre de Serge Halimi (rédac chef du Monde Diplomatique). Vous comprendrez beaucoup de choses là aussi.

Après, la question fondamentale reste toujours la même: avez vous envie de savoir...?

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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 10:36

Il y a tellement à dire en ce moment sur l'actualité sociale du pays et, bien entendu, sur la notre, très égoïstement, que je commence des foultitudes d'articles sans jamais pouvoir les terminer!

Aussi, quand des gars comme Mickaël Wamen, CGT ex-Goodyear, condamné à de la prison ferme par le gouvernement "socialiste" (personne n'arrivera à me convaincre dans ce cas comme dans bien d'autres de l'indépendance de la justice) disent ce que m’escrime à essayer de faire passer, et bien, je pense que j'aurai bien tord de ne pas en profiter.

"L'altercation" entre Xavier Mathieu et le journaliste est, elle aussi à analyser. "Je ne fais que donner les chiffres du ministère de l'intérieur" dit le journaliste-récitant. Voilà l'ensemble de cette profession dédouanée par cette déclaration! Et l'information! la vraie! L'autre côté! Jamais?

Regarder, écouter, Michaël ne s'emporte pas, il parle avec passion...

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 05:36

A regarder et surtout à écouter attentivement avant de partir à la manif.

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Published by Ernesto
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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 04:39
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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 21:08

Deux choses:

Un texte de la Fondation Copernic qui replace les choses appelant pour cela l'Histoire. C'est important.

Ensuite, prenez donc le temps d'écouter cette émission diffusée sur France Inter samedi dernier. C'est édifiant! Et nous sommes loin, mais alors très loin d'une émission ayant pour invités de dangereux révolutionnaires...

La réforme du Code du travail ne fera pas loi

JEUDI, 3 MARS, 2016 L'HUMANITÉ


Photo : CGT

Le projet El Khomri doit être retiré. Non pas reporté, retiré. Son article premier suffit à le disqualifier, lui qui subordonne les droits et libertés des salariés au « bon fonctionnement de l’entreprise ». Il scelle la remise en cause historique, théorique, juridique d’un siècle entier de Code du travail.

Qu’est-ce que ce Code ? Qu’est-ce que la politique, sinon la mémoire qui informe l’action ? Ne jamais oublier. Et à gauche, se souvenir des désastres et des crimes, des vies brisées au nom du profit insatiable, pour cette « apothéose du coffre-fort » qu’évoque Balzac. Ne pas oublier, par exemple, que le Code du travail naît en 1910 après l’horreur de Courrières, dans le Pas-de-Calais. Après qu’en 1906, 1 099 mineurs avaient perdu la vie au fond des puits. Le patron exige alors que le travail reprenne immédiatement. Il stoppe la recherche des victimes. Cachez ces misères qui entravent l’entreprise. Et puis, douze jours plus tard, 14 survivants enfouis réapparaissent. Après des nuits de terreur et d’efforts. Miraculés. Enterrés vivants. Ouvriers morts avant d’être morts.

L’émotion est immense. Elle force à créer le ministère du Travail. Pourquoi ? Pour que ce ministère échappe aux diktats des employeurs et au ministère de l’Économie. Avec quel point d’appui, quelle barricade juridique pour résister ? Le Code du travail.

L’inverse est à l’œuvre : le ministère de l’Économie règle de nouveau la politique du ministère du Travail, réduit à n’être que son DRH.

Notre choix de civilisation fut depuis Courrières d’adapter le travail aux humains et non pas les humains au travail. Quand F. Hollande veut « adapter le droit au travail aux besoins des entreprises », il écrit l’histoire à l’envers.

Cela boostera l’embauche ? Par ordonnance, de 2004 à 2008, la mission Combrexelle a passé le Code du travail à l’acide, supprimant 500 lois, le réduisant de 10 %, en prétendant le simplifier. Cela n’a pas créé d’emploi.

Dans le contrat de travail, il y a inégalité. Le salarié subit un « lien de subordination juridique permanent ». C’est pourquoi il existe une « contrepartie » : un code spécifique. Les lois du travail sont, et doivent rester, universelles, car elles sont attachées aux droits humains, quelles que soient la taille de l’entreprise, sa spécificité, sa branche. Elles doivent l’emporter sur les contrats d’entreprise particuliers, les accords d’entreprise particuliers, les dérogations. C’est ce que garantissent la Déclaration des droits de l’homme de 1948, la charte européenne des droits fondamentaux de 1999, les conventions de l’OIT en leurs nos 81 ou 158.

Le droit du travail doit être un garde-fou par rapport au droit de la concurrence et non pas piétiné suivant le libre cours de la concurrence.

En ne voulant plus de durée légale pour tous, en actant le règne des dérogations, les projets El Khomri, Badinter, Macron, cassent les relations de travail au détriment du corps humain, de sa santé, de la vie de famille et de l’emploi pour tous.

La notion de durée légale est de facto supprimée, les patrons en décideront, au cas par cas, le pistolet sur la tempe de leurs salariés. Les syndicats majoritaires (élus avec un quorum !) pourront même être court-circuités par les syndicats minoritaires qui auront le droit d’en appeler au patron pour qu’il monte un référendum à ses ordres. C’est le come-back de l’employeur-maître !

La commission Badinter en finit d’ailleurs avec un Code du travail spécifique et le remplace par un mixte avec le Code civil, où les contrats commerciaux et les statuts d’indépendants sont mis sur le même plan que l’ex-contrat de travail. Dans ce texte, la « personne » remplace le salarié. Le salarié est traité comme l’indépendant. Et demain quoi ? L’ubérisation généralisée ? Pas d’horaires ? Pas de Smic ?

On comprend que les jeunes s’indignent. Que leur promet-on ? La précarité en début, au milieu et en fin de vie active. L’avenir bouché, interdit. Des jeunes méprisés au travail.

Que permettra la loi El Khomri, avec un simple accord d’entreprise, facile à arracher grâce au chantage à l’emploi ? Fini les 35 heures, les heures supplémentaires seront compensées et non plus majorées : on travaillera plus pour gagner moins. Il sera possible de travailler 12 heures par jour par « simple accord ». Le repos quotidien de 11 heures pourra être fractionné. La forfaitisation par accord individuel pourra aller au-delà de toute durée maximale, y compris 48 heures et 60 heures. L’annualisation du calcul des horaires se fera sur trois ans ! Les congés payés ne sont plus obligatoires, le salarié aura « le droit » d’y renoncer pour de l’argent. Un apprenti pourra travailler 40 heures. Il n’y a même plus d’âge plancher pour le travail des enfants, lesquels dès 14 ans sont moins protégés contre les chutes ou les machines dangereuses. Trois CDD de suite sont autorisés au lieu de deux. Payer à la tâche sans référence au Smic ne sera plus interdit. Il n’y aura plus de plancher de 24 heures pour les temps partiels. Le patron décidera quand commence la semaine, de sorte qu’il évitera la majoration du dimanche. Les femmes seront les plus pénalisées.

Le Medef a coécrit ce projet de loi. Il lance d’ailleurs une pétition pour le soutenir.

Si ses profits et dividendes baissent, l’employeur pourra modifier les horaires à la hausse et sur une année les rémunérations à la baisse. La loi Warzmann l’autorisait pour un an, la loi Sapin plus encore, la loi El Khomri abaisse les possibilités pour les salariés de le contester.

La médecine du travail, les prud’hommes, l’indépendance de l’inspection du travail, les institutions représentatives du personnel sont laminés. Les licencieurs abusifs verront leurs condamnations baisser.

À quoi sert de faciliter les licenciements ? À faciliter les licenciements ! Pas à faire de l’embauche. Ce projet de loi vaut déclaration de guerre à 18 millions de salariés.

Le gouvernement entend repousser la présentation de cette loi, ce recul doit déboucher sur le retrait. Ensemble, nous appelons les salariés, les jeunes, les retraités, les privés d’emploi, les précaires, les féministes, à rejoindre ce mouvement qui monte et qui exige le retrait de la loi El Khomri. La réforme du Code du travail ne fera pas loi.

Cent ans durant ce Code a été construit pour que les salarié-e-s échappent à la dictature de la rentabilité à courte vue. C’est un Code exceptionnel, une œuvre juridique rare, faite des luttes, des sueurs, des larmes, des grèves, des manifestations, bref de toute notre histoire sociale. Certes, on peut le modifier, le fortifier, renforcer les droits des salarié-e-s, rien n’est intangible. Nous allons d’ailleurs faire ensemble des propositions. Mais nul comité de technocrates ne peut, entre soi, hors du monde, le réécrire seul, tant il est le fruit, dans ses mille détails, des rapports de forces sociaux. En cela, le Code du travail est l’indice de mesure de la qualité d’une civilisation.

Texte collectif

Premiers signataires : Fabrice Angei, membre du bureau confédéral de la CGT, Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble !, Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, Éric Beynel, porte-parole de Solidaires, Noël Daucé, secrétariat national de la FSU, Gérard Filoche, membre du BN du PS, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, William Martinet, président de l’Unef, Willy Pelletier, coordinateur général de la Fondation Copernic, Danielle Simonnet, coordinatrice nationale du PG






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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 23:01
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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 22:54
"il faut réduire les charges des entreprises!" Devine!

"il faut réduire les charges des entreprises!" Devine!

Comment Pierre Gattaz se sucre sur l’argent public

THOMAS LEMAHIEU

MARDI, 1 JUILLET, 2014

En quelques années, Radiall, l’entreprise dirigée par le patron des patrons, a réduit à néant, ou presque, sa contribution fiscale en France, tout en bénéficiant des crédits et en multipliant les dividendes. De quoi susciter une vraie bronca, loin du faux bras de fer avec le gouvernement.

François Hollande tend la main et le patronat arrache le bras. Les épisodes se suivent et se ressemblent. À une semaine de la conférence sociale, le Medef rassemble toutes les autres organisations patronales pour exiger, en plus des 35 milliards d’euros de cadeaux sociaux et fiscaux baptisés « pacte de responsabilité », une série de moratoires sur des mesures comme le compte pénibilité qui, selon lui, mettent la « compétitivité » en péril. Hier matin, sur Europe 1, Pierre Gattaz est allé jusqu’à menacer de boycotter le grand rendez-vous annuel entre le gouvernement et les partenaires sociaux, programmé la semaine prochaine. « Il y a une proposition ou un projet de loi antiéconomique tous les quinze jours, avec toujours plus de contrainte, de fiscalité, ce n’est plus possible », se plaint le patron des patrons. Alors qu’à l’Assemblée de plus en plus de députés socialistes rentrent dans la « fronde » contre l’absence de toute contrepartie dans le pacte de responsabilité, cette surenchère patronale commence à susciter l’embarras jusque dans les rangs du gouvernement. « Il faut bien comprendre que nous sommes les seuls à pouvoir créer de l’emploi et de la richesse, se vante encore Pierre Gattaz. L’entreprise va très mal en France depuis des mois, des années. Il faut baisser la charge fiscale et instaurer un climat de confiance. »

L’Humanité lève le voile sur les pratiques comptables du patron du Medef Avec nos révélations issues des rapports comptables officiels d’un groupe français pour le moins emblématique, Radiall, l’embarras pourrait bien s’accroître encore dans la majorité. Car, derrière les envolées rituelles sur « l’enfer fiscal » qu’est la France, selon le Medef, l’Humanité lève un coin du voile sur les pratiques comptables et financières qui permettent de réduire à néant, ou presque, son imposition dans l’Hexagone. À travers le mécanisme d’optimisation fiscale dit des prix de transfert, l’entreprise dirigée par Pierre Gattaz affecte une bonne partie des marges réalisées sur les ventes des connecteurs qu’elle produit dans ses usines françaises pour l’aéronautique ou les télécoms à des filiales à l’étranger. Ce qui, en une poignée d’années, a permis au groupe de réduire de 25 % à 3 % la part de ses impôts payés en France. Dans la comptabilité du groupe, qui a réalisé un bénéfice de près de 25 millions d’euros l’année dernière, la « charge fiscale » en France culmine à 202 000 euros. Et cela, au moment où Radiall bénéficie des largesses fiscales du gouvernement : l’entreprise a touché 876 000 euros de crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), un cadeau accordé aux entreprises sans aucun contrôle, ni aucune contrepartie. Et, dans le même temps, la famille Gattaz qui contrôle le groupe fait valser les dividendes : ils ont presque doublé entre 2010 et 2014 pour s’établir à 2,8 millions d’euros.

Au printemps dernier, Pierre Gattaz avait soulevé l’indignation en affirmant que les fonds publics issus du pacte de responsabilité pourraient tout à fait finir dans les poches des actionnaires... Là, chacun peut le constater avec nos informations sur sa propre entreprise, il ne se contente plus de le dire, il le fait ! Les masques tombent.

Ce sont quelques lignes, trois à peine sur des milliers, dans le rapport financier annuel 2010 de Radiall. Elles sont signées par Yvon Gattaz, cofondateur, avec son frère, de l’entreprise familiale, ex-dirigeant du CNPF de 1981 à 1986. En tant que président du conseil de surveillance, il fixe, avant de passer la main à son fils, Pierre Gattaz, chez Radiall, mais aussi, en quelque sorte, au Medef, le cap pour les années suivantes. Parmi les « axes » du « plan d’action », le patriarche réclame, en particulier, de « finaliser les nouvelles procédures de comptabilisation des prix de revient industriels et d’évaluation des prix de transfert » et de « mettre en place des procédures homogènes sur les différents sites du groupe ». Ce sont quelques lignes, trois à peine, qui disparaîtront dans les éditions ultérieures des comptes annuels de Radiall, mais, derrière le langage crypté, la référence directe aux « prix de transfert » explique comment une entreprise emblématique qui emploie les deux tiers de ses effectifs permanents en France et qui y réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires peut en quelques années choisir de transférer la majeure partie de la plus-value, et donc de ses profits, à ses filiales dans le monde entier, réduisant ainsi à la portion congrue son taux d’imposition avant de les renvoyer sous forme de dividendes à la maison mère française. Mais ne brûlons pas les étapes! Fondé en 1954, Radiall est, selon une expression chérie dans la famille propriétaire, une entreprise de taille intermédiaire, entre PME et CAC 40, spécialisée dans la connectique pour l’aéronautique et les télécoms. Une espèce rare en France, à la fois bien implantée avec plusieurs sites industriels dans le pays (Château-Renault, Isled’Abeau, Voreppe, Dole) et complètement mondialisée pour ses marchés.

En 2013, le groupe dirigé par Pierre Gattaz emploie 1 153 salariés permanents et 209 intérimaires dans l’Hexagone, contre 625 permanents et 762 précaires dans le reste du monde. Au-delà de l’ouverture d’usines au Mexique ou en Chine, avec « transferts de production », justifiée dans l’un des derniers rapports annuels par « de fortes pressions sur les prix », le groupe dispose surtout de «bureaux de vente » à l’étranger: c’est le cas en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suède, en Grande-Bretagne, aux États-Unis, au Brésil, en Inde, au Japon et à Hong Kong.

La part des impôts sur les bénéfices payée en France passe de 25 % à 3% Après quelques années difficiles lors de l’éclatement de la crise financière mondiale, Radiall voit son chiffre d’affaires global augmenter de 27 % entre 2010 et 2013, et ses profits explosent pour s’établir l’année dernière juste en dessous de 25 millions d’euros (+ 167 % par rapport à 2010). Pendant ces quatre années, la part du chiffre d’affaires réalisée par les unités françaises de Radiall reste à peu près stable, aux alentours de 70 % du chiffre d’affaires global mais, en revanche, celle des profits imputés à la France dans les profits totaux diminue fortement: selon les présentations comptables de Radiall, la part du résultat opérationnel France passe de 46 % du total en 2010 à 15 % en 2013.

Idé

Comment est-ce possible? C’est à ce stade qu’interviennent les prix de transfert, réclamés par Yvon Gattaz lui-même il y a quelques années et manifestement appliqués par son fils depuis lors. Mécanisme d’« optimisation fiscale » extrêmement prisé par les multinationales (lire aussi cicontre), ils permettent à un groupe de fixer le prix des biens ou des services qu’il vend en son sein entre ses différentes filiales implantées dans le monde entier. Tout l’intérêt réside dans la liberté pour l’entreprise de casser les prix en interne et d’affecter l’essentiel de ses marges dans un pays où la fiscalité sera la plus avantageuse. Dans ses rapports annuels, Radiall souligne, lui-même, l’importance de ces « flux intercompagnies »: la moitié du chiffre d’affaires de Radiall en France provient ainsi des ventes des usines françaises à ses propres filiales de « commercialisation » dans le reste du monde. Or, d’après une experte comptable spécialisée dans l’assistance auprès des comités d’entreprise, consultée par l’Humanité, « dès qu’il y a des ventes intragroupes à l’étranger, c’est bien pour pratiquer les prix de transfert ». Et, une fois les marges affichées sous des cieux fiscaux plus cléments, le groupe peut ensuite faire revenir à la maison mère en France sous la forme de dividendes, non imposables ni soumis au calcul de l’intéressement, les profits réalisés dans ses filiales à l’étranger : par exemple, Radiall America, la filiale implantée dans l’Arizona, aux États-Unis, réalise, en 2013, un résultat net de 6,8 millions d’euros et reverse en dividendes 6,8 millions d’euros à Radiall en France.

« Je me sens d’une sérénité, vous n’imaginez même pas à quel point. » PIERRE GATTAZ, DÉBUT MAI, RÉPONDANT AU SUJET DE SON SALAIRE D’UN MONTANT DE 458 570 EURO.

Avec un tel schéma financier, les conséquences pour le fisc français, et donc la collectivité nationale, de cette stratégie d’« optimisation » mise en oeuvre par Radiall ces dernières années, apparaissent très lourdement. Les chiffres sont particulièrement éloquents là encore: d’une manière générale, à l’échelle mondiale, le taux d’imposition moyen de Radiall diminue de 31 % à 24 % entre 2010 et 2013. C’est plus frappant encore quand on regarde la part des impôts sur les bénéfices payée en France par Radiall : elle passe de 25 % à 3%. Alors que le chiffre d’affaires et les bénéfices ont beaucoup augmenté, le groupe ne s’est acquitté que de 202000 euros en France, sur 6 millions d’euros d’impôts sur les bénéfices payés au total de par le monde. Une somme assez dérisoire en soi, mais plus encore quand elle est comparée aux dispositifs de crédits d’impôt dont bénéficie pleinement le groupe Radiall en France. L’année dernière, à côté d’un crédit d’impôt recherche de plus d’un million d’euros et d’autres crédits d’impôt ou taxations à taux réduits évalués à 623000 euros, l’entreprise de Pierre Gattaz a touché, pour la première fois, le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) pour un montant de 876000 euros.

De quoi festoyer pour les actionnaires qui, eux, ne sont pas disséminés sur toute la planète, mais concentrés presque exclusivement autour de la seule famille Gattaz ! Après une grosse opération de rachat d’actions effectuée en 2010, les Gattaz ont encore renforcé leur contrôle: à travers deux holdings familiales, ils détiennent 87 % des actions (contre 73,4 % en 2009). La valse des dividendes complète le tableau. Car, entre 2010 et 2014, les dividendes versés aux actionnaires ont presque doublé pour s’établir à 2,8 millions d’euros et, en tant que telle, la simple augmentation du montant des dividendes payés en 2013 et 2014 (+ 646843 euros) absorbe les trois quarts du CICE versé! De quoi mettre beaucoup de beurre dans les épinards du patron du Medef, qui, après la polémique sur son augmentation salariale, mise en lumière début mai par le Canard enchaîné, se gargarisait, avec ses 458570 euros de salaires fixe et variable chez Radiall, de ne pas dépasser la limite fixée pour les patrons des entreprises publiques! Mais avec le million de titres qu’il détient indirectement, via ses parts dans les holdings familiales, Pierre Gattaz, 341e fortune de France au dernier classement de Challenges, a pu encaisser, au bas mot, 1,5 million d’euros de dividendes... Une paille ! « Je me sens d’une sérénité, vous n’imaginez même pas à quel point », répondait, début mai, le patron des patrons au sujet de son salaire, réclamant même des « félicitations »: « Je me bats pour maintenir des emplois en France », fanfaronnait-il.

À la veille de la conférence sociale, s’il pouvait se battre pour maintenir ses contributions fiscales en France, et pas simplement les crédits d’impôt et les dividendes, il aiderait, au-delà des parodies de bras de fer, sans doute un peu mieux un gouvernement si bien disposé à son égard.

SELON LE MEDEF, LA FRANCE DEMEURE UN « ENFER FISCAL »

Pour le Medef, la France est un cauchemar pour les entreprises. Pas un point presse, pas un meeting, pas une université d’été sans que, surfant sur la vague des Pigeons, Pierre Gattaz ne dépeigne le pays comme un « enfer fiscal ». Certes, depuis le lancement du pacte de responsabilité, qui va se traduire par un cadeau de 35 milliards d’euros aux entreprises, le président de l’organisation patronale a remisé ses trémolos, mais il laisse Geoffroy Roux de Bézieux, le vice-président du Medef, tirer à boulets rouges contre l’impôt. Récemment, le bras droit, et armé, de Pierre Gattaz a qualifié dans le Figaro la baisse de la fiscalité promise par le gouvernement Valls de « supercherie totale »... Comme l’illustrent nos révélations aujourd’hui, en matière de supercherie fiscale, le patronat en connaît un rayon.

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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 22:38

Regardez donc celà..

En plus, pour une fois, ce ne sont pas de vieux syndicalistes grincheux qui interviennent...

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