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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 11:55

Le personnel de bord sera en grève ce vendredi et samedi, à l’appel du SNPNC-FO. Ce dernier dénonce un « dumping social ».

«Il y a beaucoup de choses qui créent aujourd’hui un malaise dans notre compagnie », témoigne Laurent Nicolas, du SNPNC-FO (Syndicat national du personnel navigant commercial-Force ouvrière), qui appelle à une mobilisation du personnel d’EasyJet, ce week-end. En cause, le « dumping social » pratiqué par la compagnie à bas coût : alors même qu’elle réalise 20% de ses bénéfices en France et y emploie plus de 900 salariés, la compagnie britannique n’a pas d’établissement fiscal dans le pays et refuse d’en créer un. Elle parvient de cette manière à s’affranchir d’obligations dues normalement par les entreprises françaises. Ainsi, EasyJet n’est pas obligée de payer l’impôt sur les sociétés. Elle n’est pas non plus obligée de verser une prime d’intéressement à ses salariés, tout comme elle ne garantit ni l’accès à la formation ni l’insertion des travailleurs handicapés.

Vide juridique

Déjà en 2010, la compagnie avait été reconnue coupable d’employer 170 salariés travaillant à l’aéroport d’Orly sous statut britannique (lire ci-dessous). Malgré cette condamnation, EasyJet continue d’exploiter au maximum cette situation qui la place entre le droit français et le droit britannique: «Le Code du travail français est obsolète dans le cadre de l’Union européenne, explique Jean-Philippe Barra, délégué SNPNC-FO, car il fait référence à l’établissement fiscal, sans prévoir les situations comme celle d’EasyJet.» Ce vide juridique amène l’entreprise à appliquer la législation «qui l’arrange».

Dernier exemple en date : soumettre les promotions des employés à l’adoption d’une «planification ultraflexible». «Avec ce système, il deviendra difficile de connaître ses jours de repos à l’avance, explique Laurent Nicolas, ce qui est préjudiciable aux familles des salariés. Normalement, nous devons toujours avoir six jours de vol, suivis de trois jours de repos. Avec ce nouveau système, nous ne pourrons connaître nos jours de repos que 45 jours à l’avance.» Pour le syndicaliste, cette mesure revient à dire «si vous voulez une promotion, il va falloir changer de rythme de travail. C’est comparable à du chantage». Le syndicat voit cette grève comme un moyen de montrer son mécontentement. «Cet appel à la grève prouve l’échec des discussions», souligne Laurent Nicolas.

Le « dumping social » comme fonds de commerce. En 2006, la compagnie avait été mise en examen en raison de ses pratiques suspicieuses : 170 de ses salariés travaillant à Orly étaient sous contrat britannique, alors qu’un décret prévoit que les salariés des compagnies aériennes étrangères installées en France sont soumis au Code du travail français. Une façon pour l’entreprise de profiter du droit britannique, plus avantageux. Elle avait pour cela été condamnée, en 2010, à verser 1,4 million d’euros à Pôle emploi, et à payer une amende de 150 000 euros. Ce qui ne l’a pas empêché de réaliser un bénéfice de 394 millions d’euros en 2012.

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