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Il y a peu, je vous rapportais un article du Monde Diplomatique sur la casse programmée du service public et sur l'obstacle que constituait, pour l'offensive libérale, les acquis sociaux et le droit du travail des états.
Les responsables syndicaux ont souvent bien du mal (pour peu qu'ils en aient la volonté), à faire comprendre que les "petits" problèmes vécus au jour le jour dans leurs entreprises sont en relation direct avec la situation économique mondiale et les stratégies mises en place par les pouvoirs financiers et leurs serviteurs fidèles que sont les états.
Ces oublis, où défauts d'explications politiques, sont de véritables échec du monde syndical.
Jamais la situation économique n'a été aussi favorable aux thèses économiques alternatives au système capitaliste!
Tous les jours, des exemples nous sont donnés: nous fonçons dans le mur!
Selon Karl Marx, la recherche incessante du profit et de la valorisation du capital, incite à produire toujours plus alors que la consommation reste limitée. Les crises résultent des contradictions inhérentes au capitalisme.
C'est ce que nous vivons aujourd'hui, une contradiction.
Et pourtant, entendons nous les syndicats se lever contre cette fuite en avant et contre la faillite du modèle incontournable?
Non, loin de là.
Journée d'action par çi, diffusion de tracts par là... Comme le fait très bien remarquer Michel Onfray lors de son intervention au théâtre du Rond Point sur le Post-Anarchisme "...ce n'est pas militer ce genre d'actions, c'est prier..."
Une manif de Bastille à Nation, on plie les drapeaux et on rentre gentillement à la maison "Salut Robert, à la prochaine"!
Qui prends le temps dans les entreprises d'expliquer que la revendication portée pour l'amélioration des conditions de travail dans l'atelier est directement liée et conditionnée aux stratégies économiques internationales?
Il est beaucoup plus facile de satisfaire l'exigence immédiate et souvent corporatiste plutôt que faire faire comprendre à tous que les employés de bureau ont aussi les mêmes problèmes et que ceux de la boite d'à côté auraient bien aimés, eux aussi, se mobiliser et "faire ensemble".
C'est un peu ce que nous vivons aujourd'hui entre les "grands" syndicats et ceux de leurs filiales ou de leurs sous-traitants.
"Défendons les intérêts de nos syndiqués, les autres peuvent subir les dommages collatéraux, pourvu que l'on ne touche pas à nos acquis"
Quand ce n'est pas les "syndicalistes" eux mêmes qui crés la division corporatiste ou catégorielles par la simple et incontrôlable haine de "l'autre qui gagne plus", "qui est chaud pendant que je suis dehors", "qui a des primes alors que je n'en ai pas". Les patrons se régalent.
Il est loin le "Prolétaires de tous pays unissez vous!"
Et pourtant, deux exemples dans l'actualité qui devraient donner à réfléchir, le sujet du déploiement d'Air France en est un.
Voilà un groupe qui décide, bien tard, mais ce n'est pas le sujet, de reployer son activité en province.
Les conséquences sur ces propres filiales sont importantes: perte de lignes, fermetures d'escales techniques.
De plus, la direction d'Air France ne cache pas sa volonté de sous traiter une partie des activités sur ces bases.
Je pense qu'un signe syndical fort aurait pû être adressé aux salariés du groupe tout entier en disant
"aucun travailleurs ne quittera sa base. Nous exigeons que l'emploi dans le groupe soit la priorité absolu au plan de réorganisation".
Et bien assez bizarrement, rien du genre... Chacun son problème semble t'il.
"Prolétaires du groupe Air France, unissez vous"...même pas...
Il y a pourtant à dire!
La direction veut avoir recours à la sous traitance et les propres salariés du groupe se retrouvent avec comme seule perspective "la mobilité".... sur Paris...
De plus, les dernières annonces du nouveau directeur d'Air France font bien états de possibilité de suppression d'emplois.
On arrive donc à transférer du travail aux sociétés extérieurs et à supprimer des emplois au sein même de la compagnie, et peut'être bientôt de ses filiales.
Et ce pour une unique raison: les acquis sociaux des salariés d'Air France coûtent. Et comme le disait le
président de la banque centrale européenne, les acquis sociaux sont un frein aux développement économique et à la libre concurrence.
Le second sujet revient sur le corporatisme et son "petit" intérêt de son "petit" boulot bien coincé dans sa "petite" vie:
La grève du personnel navigant commercial d'Air France.
Il y avait là un vrai boulevard revendicatif, avec des liaisons politiques importantes.
Et malheureusement, la seule revendication portée ("entendue" serait plus juste) a été celle de la réduction d'équipage à l'intérieur des avions dont les pilotes ont appris à voler oiseaux.
Le boulevard changea de côté...
La direction n'eut qu'à expliquer que les autres compagnies volaient avec moins de PNC et que, c'était une simple application de la réglementation européenne et voilà, l'affaire était dans le sac.
Il y avait un boulevard car, et c'est là que je rejoins l'article du Monde diplo, ce sujet était (est) un vrai sujet politique, et la revendication y trouvait toute sa légitimité.
Depuis de nombreuses années, le lobying effectué par les compagnie aérienne auprès de la commission européenne n'a qu'un objectif: la réduction des coûts et la disparition des réglementations nationales protégeant les salariés du transport aérien.
Ainsi, le code du travail ne s'applique plus aux personnels navigants français ce qui a eu pour conséquence grave de dé-réglementer les temps et amplitudes de travail et donc, d'entrainer le risque d'une dégradation importante du niveau de sécurité.
Quelle est donc l'un des autres effets de la destruction des réglementations nationales?
Les compagnies souhaitent que le métier de PNC, à l'origine tourné principalement vers la sécurité, devienne un métier précaire de "serveuses de bar" (sans déprécier, bien sûr, cette profession), afin une fois encore de baisser les coûts d'exploitation.
Il aurait suffit pendant cette grève d'expliquer aux passagers que c'était avec leur sécurité que jouait aujourd'hui Air France avec la complicité des autorités européenne, d'expliquer qu'en cas de soucis, le nombre réduit de personnels chargés de leur sécurité à bord de l'avion ne garantissait pas leur sauvegarde, que parfois, les pilotes qui, au petit matin, les emmenaient vers leurs lieux de rendez vous ou en vacances, avaient dormit 4h dans la nuit (et pas parce qu'ils étaient attablés au bar de l'hôtel).
A la place de ça nous avons eu droit au "vous vous rendez compte, on va être à 3 au lieu d'être à 4. On va travailler plus".
Quel gâchis!!
Pour ces raisons, et pour tellement d'autres, nous devons nous emparer du débat.
Ne pas laisser les initiatives aux seuls "responsables" syndicaux .
La seule expression doit venir de la base et notre devoir est d'informer, d'expliquer à tous le monde dans lequel nous évoluons.
Pendant que nous perdons du temps, les manigances de l'état et des pouvoirs économiques sont à l'oeuvre et c'est une stratégie globale qu'ils mettent en place.
La riposte ouvrière doit prendre la même dimension et le manque de soutien des organisations syndicales au mouvement des indignés est, à mon sens, une erreur majeure.
Dire qu'ils y en a pour penser que ce mouvement est "petit bourgeois"...
Ils regrettent sûrement de voir s'éloigner le grand soir et de n'avoir jamais réussit à susciter la même mobilisation spontanée autour de leurs thèses.
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