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Internationalisation 2006
Superbe réponse du ministre brésilien de l'éducation
interrogé par des étudiants aux Etats-Unis.
A faire suivre car la presse nord-américaine a refusé
de publier ce texte
Discours du ministre brésilien de l'Éducation aux
Etats-Unis pendant un débat dans une université aux
Etats-Unis :
Le ministre de l'éducation brésilien, Cristovam Buarque,
fut interrogé sur ce qu'il pensait au sujet
de l'internationalisation de l'Amazonie. Le jeune
étudiant américain commença sa question en précisant
qu'il espérait la réponse d'un humaniste et non d'un
Brésilien.
Voici la réponse de M.Cristovam Buarque :
« En effet, en tant que Brésilien, je
m'élèverais tout simplement contre
l'internationalisation de l'Amazonie. Quelle que soit
l'insuffisance de l'attention de nos gouvernements
pour ce patrimoine, il est nôtre.
En tant qu'humaniste, conscient du risque de
dégradation du milieu ambiant dont souffre
l'Amazonie, je peux imaginer que l'Amazonie soit
internationalisée, comme du reste tout ce qui a de
l'importance pour toute l'humanité.
Si, au nom d'une éthique humaniste, nous
devions internationaliser l'Amazonie, alors nous
devrions internationaliser les réserves de pétrole du
monde entier. Le pétrole est aussi important pour le
bien-être de l'humanité que l'Amazonie l'est pour
notre avenir. Et malgré cela, les maîtres des
réserves de pétrole se sentent le droit d'augmenter ou de
diminuer l'extraction de pétrole, comme d'augmenter
ou non son prix.
De la même manière, on devrait internationaliser le capital financier des pays
riches. Si l'Amazonie est une réserve pour tous les
hommes, elle ne peut être brûlée par la volonté de son
propriétaire, ou d'un pays.
Brûler l'Amazonie, c'est aussi grave que le chômage provoqué par les décisions
arbitraires des spéculateurs de l'économie globale.
Nous ne pouvons pas laisser les réserves financières
brûler des pays entiers pour le bon plaisir de la spéculation.
Avant l'Amazonie, j'aimerai assister à
l'internationalisation de tous les grands musées du
monde. Le Louvre ne doit pas appartenir à la seule
France. Chaque musée du monde est le gardien des plus
belles oeuvres produites par le génie humain. On ne
peut pas laisser ce patrimoine culturel, au même
titre que le patrimoine naturel de l'Amazonie, être
manipulé et détruit selon la fantaisie d'un seul propriétaire
ou d'un seul pays. Il y a quelque temps, un
millionnaire japonais a décidé d'enterrer avec lui le
tableau d'un grand maître. Avant que cela n'arrive,
il faudrait internationaliser ce tableau.
Pendant que cette rencontre se déroule, les
Nations Unies organisent le Forum du Millénaire, mais
les Présidents de certains pays ont eu des
difficultés pour y assister, à cause de difficultés aux
frontières des Etats-Unis.
Je crois donc qu'il faudrait que New
York, lieu du siège des Nations Unies, soit
internationalisé. Au moins Manhattan devrait
appartenir à toute l'humanité, comme du reste Paris,
Venise, Rome, Londres, Rio de Janeiro, Brasília ou
Recife. Chacune de ces villes, avec sa beauté
particulière et son histoire du monde, devrait
appartenir au monde entier.
Si les États-Unis veulent internationaliser
l'Amazonie, à cause du risque que fait courir le fait
de la laisser entre les mains des Brésiliens, alors
internationalisons aussi tout l'arsenal nucléaire des
Etats-Unis. Ne serait-ce que par ce qu'ils sont
capables d'utiliser de telles armes, ce qui
provoquerait une destruction mille fois plus vaste
que les déplorables incendies des forêts Brésiliennes.
Au cours de leurs débats, les actuels
candidats à la Présidence des États-Unis ont soutenu l'idée
d'une internationalisation des réserves forestières
du monde en échange d'un effacement de la dette.
Commençons donc par utiliser cette dette pour
s'assurer que tous les enfants du monde aient la
possibilité de manger et d'aller à l'école.
Internationalisons les enfants en les traitant, où
qu'ils naissent, comme un patrimoine qui mérite
l'attention du monde entier.
Davantage encore que l'Amazonie.
Quand les dirigeants du monde traiteront
les enfants pauvres du monde comme un Patrimoine de
l'Humanité, ils ne les laisseront plus travailler
alors qu'ils devraient aller à l'école; ils ne les
laisseront plus mourir alors qu'ils devraient vivre.
En tant qu'humaniste, j'accepte de défendre
l'idée d'une internationalisation du monde.
Mais tant que le monde me traitera comme un Brésilien,
je lutterai pour que l'Amazonie soit à nous.
Et seulement à nous! »
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