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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 02:00

"Perd sa chemise" seront t'on tenté de rire si la situation n'était pas aussi tragiquement sérieuse.

Personnellement, je n'aime pas la violence. Je n'aime plus, devrai-je dire. J'ai été longtemps partisan du recours à cette méthode quand rien n'avançait ou, plus précisément, quand les choses n'avançaient pas dans la direction que je pensais être la bonne. Et puis, je me suis rendu compte, assez bizarrement en même temps que mes dispositions à déguerpir rapidement devant des CRS ou des gardes mobiles qui chargeaient, diminuaient, que ce n'était pas la seule solution. J'ai réalisé également que ce que JE pensais n'était peut'être forcément LA solution.

On impose rien par la force. Rien de durable en tout cas.

Néanmoins, "l'affaire" Air France met en lumière une forme de violence pratiquée par des dirigeants, non seulement dans cette entreprise, mais de manière bien plus générale dans la société. Pour résumer ma pensée, il y a les coups de matraques, et il y a les plans dit "sociaux". Maintenir les salariés durant des mois dans des des situations d'incertitudes, appliquer des plans de réduction d'effectifs, de réorganisations, imposer la mobilité à des salariés et à leur famille, bouleverser la vie d'êtres humains alors que l'on se permet, comme Mr De Juniac, de partir en vacances à Shanghai pour 20€ se faisant en plus surclasser en "première", je trouve qu'il y a là une forme de violence, certes moins spectaculaire que celle qu'ont montré, en boucle, les médias, mais une forme de violence tout aussi condamnable.

Je vous propose de suivre donc cette vidéo et de lire le tract en ayant une pensée plus pour les 3000 salariés concernés par le plan B de la direction d'AF, que pour la chemise de Mr Brosseta.

Un lien également sur BFM: http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/air-france-la-direction-a-ete-agressee-lors-du-comite-d-entreprise-652192.html

Migel Fortea Secrétaire Général CGT Air France

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commentaires

le bras armé 07/10/2015 06:48

Edito Libé :

Faut-il vraiment avoir à choisir entre la violence inadmissible à l’encontre des deux dirigeants d’Air France et celle infligée aux 2 900 salariés de la compagnie aérienne, promis, en cas d’échec de la négociation, à rejoindre les statistiques de Pôle Emploi ? Ce qui reviendrait à sélectionner cette photo du DRH de la compagnie, obligé d’escalader torse nu une grille pour échapper à des manifestants prêts à en découdre, plutôt que cette vidéo postée sur YouTube (et vue hier par près de 500 000 personnes) où une employée au bord des larmes interpelle des membres de la direction de la compagnie pour leur demander «respect», «dialogue», et «transparence».

Dans les deux cas, il y a une forme d’humiliation insupportable imposée à chaque camp. Plus spectaculaire dans le premier cas, plus sourde dans le second. D’abord, un corps dénudé obligé de fuir les insultes et les coups d’un groupe de salariés. Ensuite, un silence méprisant d’une direction qui renvoie la colère digne de cette employée à un anonymat sans visage. Le gouvernement a, lui, choisi son camp. Au nom de l’image de la France à l’étranger, Manuel Valls et François Hollande n’ont retenu que la photo choisie par la presse internationale pour mieux railler la «violence française». Et en creux son indécrottable «gauchisme».

Mardi matin, le Premier ministre s’est rendu au siège de la compagnie aérienne pour se placer sans ambiguïté du côté de la direction : «La violence est inadmissible dans notre société. Elle doit être condamnée et il faudra des sanctions lourdes à l’égard de ceux qui se sont livrés à de tels actes.» Certes. Le Premier ministre a raison de condamner des comportements injustifiables. Mais il a tort de faire comme s’il découvrait, là, au détour d’une négociation qui tourne mal, une violence sociale dans un pays traumatisé par presque dix ans de hausse du chômage et de montée de la précarité. Déclarer une violence «inadmissible» ne la fera pas disparaître pour autant.

Dans cette France qui a de plus en plus de mal à se parler à elle-même, beaucoup de nos citoyens vivent la peur au ventre. Celle de tomber dans cette trappe du chômage, de la relégation sociale et de la pauvreté. D’autant que sans reprise économique, se projeter dans un avenir meilleur, pour soi et ses enfants, est aujourd’hui un exercice très compliqué. Mais aujourd’hui, étrangement, on ne voit rien ou pas grand-chose de toute cette violence rentrée. Au mieux, un malaise. Voire un dégoût vis-à-vis de la classe politique et des élites.

Voilà pour la partie émergée, celle qui s’exprime notamment dans le vote frontiste. «Les Français sont prêts à en découdre, nous confiait récemment un député socialiste. Ils veulent se faire du mal et faire du mal à leur voisin.» On aurait aimé entendre de la part d’un gouvernement de gauche, non pas de la mansuétude vis-à-vis de comportements condamnables, mais cette simple reconnaissance : un plan social est d’abord une violence pour les salariés concernés.