Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog d'info des salariés de HOP!
  • : Blog d'information libre de toutes consignes politiques et syndicales, des salariés de HOP! La rédaction est assurée par un collectif composé en grande partie de militants de la CGT, certes, mais totalement libres de leurs propos et de leurs positions.
  • Contact

Recherche

21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 21:56

Placé du point de vue du consommateur, on pourrait croire en fait que la liberté d'entreprendre sans régulation est une chance.
Malheureusement, elle est génératrice de dumping social, de régression pour l'ensemble des salariés d'un secteur d'activité. Le reportage passé sur M6 (eh oui...) dimanche soir qui concernait le transport routier était édifiant. Une masse de travailleurs extérieurs à la France exploitée par un grand groupe de transport national qu'il était bien facile d’identifier.


Dans l'aérien, c'est bien ce qui se dessine. Pour les salariés les conditions de travail se dégradent au nom de la sacro-sainte réduction des coûts. Pour les usagers, les clients, le billet à 19€ risque bien de devenir dans peu de temps, un vague souvenir quand la concurrence aura justement fait disparaître les plus faibles et que les plus forts régneront en maîtres sur le secteur.

Air france, HOP, ne seront jamais des compagnies low-cost, c'est un fait et tenter de nous faire croire l'inverse n'est qu'un leurre destiné a avoir, momentanément, la paix sociale.

Vous connaissez l'histoire de la grenouille dans la casserole d'eau froide? On fait faire cuire la grenouille sans qu'elle saute de la casserole. Alors, plutôt que de l'y jeter brusquement on chauffe l'eau progressivement, et la grenouille se dit "bof, jusqu'içi tout va bien...jusqu'içi tout va bien...".

En espérant n'avoir pas trop de grenouilles parmi mes lecteurs, lectrices, voiçi deux articles sur des sujets totalement différents mais dont les conséquences se rejoignent:

Défier le low cost en développant des filiales… à bas coût

Pour Emmanuel Combe, vice-président de l’Autorité de la concurrence française, le transport aérien low cost a encore de beaux jours devant lui, au moins sur le segment du court-courrier, voire, plus tard, sur celui du long-courrier. Les compagnies classiques ont donc tout intérêt à prendre le taureau par les cornes. La piste la plus simple est de procéder à des rachats, comme l’a fait IAG en prenant le contrôle de l’espagnol Vueling. Mais c’est un cas particulier. Car, d’une part, Iberia était un des cofondateurs de Clickair, qui avait fusionné avec Vueling en 2009, et, d’autre part, IAG détenait déjà une part significative du capital de la compagnie avant d’en prendre le contrôle. Mis à part cette opération spécifique, les compagnies traditionnelles ne peuvent, pour le moment, plus se permettre de racheter des compagnies low cost, pointe un analyste. En effet, en Bourse, la capitalisation d’Easyjet ou de Ryanair a de quoi faire pâlir les majors européennes du secteur.

Croissance organique

C’est donc en donnant plus de capacités à leurs filiales low cost qu’Air France-KLM, Lufthansa ou IAG réagissent. « Sur le court-courrier, les compagnies traditionnelles augmentent la voilure de leurs filiales low cost en interne. Par exemple, Air France-KLM veut agrandir la taille de Transavia », appuie Didier Bréchemier, associé chez Roland Berger. Air France-KLM a également créé la filiale Hop !, offrant des tarifs moins élevés pour les vols courts à l’intérieur de l’Hexagone. De son côté, Lufthansa a officiellement lancé la nouvelle formule de sa filiale low cost, Germanwings, en juillet. La flotte de cette dernière va monter en puissance pour passer de 38 appareils aujourd’hui à 87 à fin 2014. Par ailleurs, Germanwings récupérera progressivement, d’ici fin 2014, les vols courts et moyen-courriers de sa maison mère, hormis ceux transitant par ses hubs de Munich et Francfort. Le pendant de ces stratégies est, pour les compagnies classiques, de faire monter en gamme leurs filiales long-courriers. S’il est peu probable qu’une compagnie classique rachète Easyjet ou Ryanair, ces dernières ne sont pas vouées à rester éternellement célibataires. Selon une note du Capa, société d’étude spécialisée, datée du 15 mai, Ryanair pourrait être intéressé par un rachat du hongrois Wizz Air pour se renforcer en Europe centrale et optimiser encore sa structure de coûts. De quoi se consoler après trois tentatives infructueuses de gober l’irlandais Aer Lingus.

L’UE allonge le temps de travail dans l’aérien

Le 9 octobre dernier, la Commission européenne a adopté un texte allongeant le temps de travail des personnels de l’aérien. Un texte dangereux, pourtant rejeté au préalable par la commission transports du Parlement. Sourd à la mobilisation des personnels du transport aérien, pilotes, hôtesses et stewards, le Parlement européen a entériné, le 9 octobre dernier, une nouvelle réglementation concernant les temps de travail en vol. Un texte « qui permet des temps de travail excessifs et dangereux pour la sécurité », explique la CGT. Dans le détail, la proposition de la Commission européenne préconise que les personnels navigants travaillent en continu dix-sept heures, sans pause ni repos à bord, et, par accumulation des périodes travaillées et des périodes dites de stand-by, puissent rester éveillés jusqu’à vingt-deux heures d’affilée. Opposés à ce texte depuis le départ, les syndicats pointent les conséquences en matière de sécurité, s’appuyant entre autres sur quatre expertises scientifiques pourtant demandées par la Commission européenne et l’Agence européenne de sécurité aérienne (Aesa), « qui préconisent de ne pas dépasser un temps de travail quotidien (temps de service en vol) maximum de treize heures le jour et dix heures la nuit », souligne la CGT. De son côté, Jacky Hénin, député européen PCF-Front de gauche, rappelle qu’« une étude britannique menée sur 500 pilotes de ligne a révélé que la moitié se seraient déjà endormis aux commandes de leur avion ».Pourtant, au terme d’un épisode parlementaire ubuesque, ce texte qui allonge le temps de travail des personnels navigant a finalement été adopté. En effet, le 30 septembre dernier, consciente des risques que comporte le texte sur « la limitation des temps de vol », la commission transport du Parlement européen a ratifié par 21 voix contre 13 une motion de rejet. En toute logique, le rejet aurait dû être validé en séance plénière le 9 octobre. « Mais pour des raisons scandaleuses, l’assemblée plénière a voté contre le rejet », s’indigne Valérie Delage, de la fédération des transports CGT, membre de la section aviation de l’ETF (branche transport de la Confédération européenne des syndicats - CES). Un retournement de situation qui « s’explique par de basses manœuvres de la Commission européenne et de certains députés socialistes à la veille du vote, qui ont fait pression sur des représentants de l’ETF afin qu’elle retire son soutien au rejet du texte », détaille la CGT dans un communiqué.Résultat, « ce texte inacceptable a été voté à cause d’une négociation de couloir minable et aujourd’hui les rythmes de travail des personnels de l’aérien sont au niveau du low cost », renchérit Valérie Delage. Interrogé à ce sujet il y a quelques jours par l’Humanité, Frédéric Cuvillier, ministre des Transports, a souligné qu’une clause de non-régression avait été obtenue par la France à ce sujet et qu’en d’autres termes les préconisations de l’Europe ne pouvaient s’appliquer en cas de règles nationales plus protectrices, ce qui est le cas en France. Mais pour Valérie Delage, « cette clause n’est absolument pas contraignante. Les États membres peuvent tout à fait respecter la législation nationale, mais les employeurs, eux, peuvent passer outre et n’appliquer que le droit européen ».

Partager cet article

Repost 0

commentaires